Pensée & société

Un monde au masculin – It’s A Man’s World

Écrit par Alizée Carn

Depuis 2017, la parole des femmes s’est libérée grâce à la viralité d’envergure internationale du mouvement #MeToo sur les réseaux sociaux. Cette révolution touche tant la sphère privée que professionnelle et l’homme semble passer du statut de prédateur à celui de proie. La roue a-t-elle enfin tourné ? Cela n’est pas si certain.

Un monde au masculin - It's a man's world - me too

Au fond, à quelles inégalités se réfère-t-on lorsqu’on parle des « inégalités femmes-hommes » et quelles en sont leurs origines ? À cette vaste question, des éléments de réponse existent d’ores et déjà, et ce depuis des siècles, il suffit d’abandonner les idées préconçues. Déconstruire l’évidence. Les stéréotypes de genre, profondément ancrés au sein de l’inconscient collectif d’une société donnée, expliquent en grande partie le maintien de situations inégalitaires et discriminantes. Ils sont très durs à déconstruire, car de façon inconsciente, ils agissent comme un repère structurant pour les individus et la société. Les femmes devraient devenir des épouses exemplaires, des mères de famille impliquées et responsables de leur foyer familial.

Un monde au masculin - It's a man's world - photo de Pierre Bourdieu

Pierre Bourdieu en 1991. © Pierre Olivier Deschamps / Agence VU

Les hommes, plus forts physiquement que les femmes, et disposant d’un statut professionnel supérieur à celui de leur épouse, sont eux, les principaux pourvoyeurs de ressources du foyer. Ces rôles sociaux attendus, structurés et construits autour de la notion de genre, ont longtemps régi les rapports entre hommes et femmes. Selon Pierre Bourdieu, la notion de genre renvoie aux significations et aux valeurs socialement rattachées au masculin et au féminin. Ces dernières décennies, les évolutions en faveur de la reconnaissance du statut des femmes sont incontestables. Néanmoins, elles résultent d’un long mouvement de lutte de la part des femmes pour accéder à l’égalité, et ce mouvement est encore loin d’être révolu.

La femme originellement reléguée en seconde zone

Partons d’un constant qui saute aux yeux : les femmes ont moins de force physique que les hommes. Peut-on expliquer ce constat simplement par une répartition naturelle de facteurs biologiques et hormonaux ? Encore une fois, cela n’est pas si sûr. Priscille Touraille, anthropologue, s’est posé la question et a conduit une thèse à ce sujet. Les apports de sa thèse tendent à prouver que cette différence morphologique ne serait pas simplement naturelle, mais plutôt liée à des questions d’accès à la nourriture, et ce depuis la nuit des temps.

En effet, depuis la préhistoire, les hommes se réservent protéines et graisses nécessaires au renforcement des os alors que les femmes elles, n’avaient accès qu’aux féculents, des aliments caloriques qui donnent des rondeurs. Cette alimentation différentielle a progressivement, au fil des millénaires, façonné les différences physiques et « anormalement » développé le corps des femmes. Autrement dit, selon l’anthropologue, c’est la culture – dont les habitudes alimentaires font partie – qui façonne les processus biologiques et donc les différences biologiques entre les hommes et les femmes. Le corps des femmes se fragilise d’une part, du fait des mauvais traitements infligés par les hommes et d’autre part, de ces carences en nourriture.

D’ailleurs, il est prouvé qu’à une certaine époque, les hommes et femmes Sapiens n’avaient pas réellement de différences physiques : même taille, même pilosité et même force. Et bien que la domination masculine ait existé dès la préhistoire, il n’a pas été scientifiquement établi qu’elle existait à l’époque des premiers Homo Sapiens. Par exemple, à l’époque néolithique, la majorité des divinités étaient des féminines, cela est certainement associé à la capacité d’enfanter considérée comme magique et lié à la fertilité de la terre. La légende de l’homme chasseur de mammouth et de la femme confinée à la caverne pourrait bien être une représentation imaginée par les hommes au fil des siècles. Si la chasse était effectivement réservée aux hommes, il était possible que les femmes prennent part aux battues en rabattant les animaux chassés par exemple. En outre, les femmes préhistoriques réalisaient un travail certes minutieux, mais tout autant utile à la vie de la communauté : la cueillette des fruits. Ce cliché de l’homme chasseur de mammouth pourrait donc être une invention de l’homme moderne pour légitimer dès la genèse de l’humanité, sa supériorité par rapport à la femme. Alors que la cueillette de fruits contribue tout autant que la chasse à la subsistance de la communauté, minimiser cette tâche est une construction sociale de l’homme, une sorte de représentation des masculinités à la préhistoire. C’est ce que le sociologue Pierre Bourdieu appelle le processus de « déshistoricisation », dans son ouvrage La Domination masculine. La domination masculine se perpétue par ce processus qui consiste à justifier de façon naturelle certaines préférences, activités ou attitudes comme « naturellement » dévolues aux femmes.

En revanche, il est important de noter que si la thèse de Priscille Touraille a été validée par l’anthropologue Françoise Héritier, elle est à contre-courant de tout ce qui a été produit scientifiquement aujourd’hui et reste très controversée dans le milieu scientifique. Une théorie plus solide et historique préfère expliquer les différences morphologiques entre hommes et femmes par la théorie de la sélection sexuelle. Cette théorie s’accorde à dire que les femmes auraient naturellement favorisé le choix d’un partenaire masculin de plus grande taille. Que les femmes plus petites, atteignant la puberté plus tôt, pouvaient donc enfanter également plus tôt que les femmes de grande taille. En effet, chez les femmes, la grande taille est négativement corrélée au succès reproductif, ce qui n’est pas le cas chez l’homme.

Autant dire que les hommes n’ont eu de cesse par tous moyens, depuis des siècles, de légitimer leur supériorité, naturelle ou sacrée, en subordonnant les femmes et en les convainquant de leur « infériorité ». La masculinité est devenue hégémonique, car la société tout entière a été pensée sans les femmes, en résulte aujourd’hui, un monde du travail, un système économique, politique et culturel construit par et pour les hommes, sans place pour les femmes.

Un monde au masculin - It's a man's world - Bonaparte franchissant le Grand-Saint-Bernard par Jacques-Louis David

Bonaparte franchissant le Grand-Saint-Bernard par Jacques-Louis David (musée du château de Malmaison).

Les femmes rendues invisibles

Un peu d’histoire. En 1804, Napoléon crée le Code civil, fondement du droit français qui réunit l’ensemble des règles déterminant le statut des personnes. Un socle pour la démocratie, mais une catastrophe pour les femmes. Le Code napoléonien consacre l’incapacité juridique totale des femmes et donc leur enfermement au  sein  de  la  sphère  familiale.  Considérées  comme  des  « éternelles  mineures »,  elles  sont  totalement soumises à l’autorité du père ou du mari. L’article 1124 du Code civil dispose que « Les personnes privées de droits juridiques sont les mineurs, les femmes mariées, les criminels et les débiles mentaux ». Interdiction d’accès aux lycées et universités, exclusion des droits politiques, interdiction de travailler sans l’autorisation du mari (et de toucher son propre salaire) ou encore défense de voyager à l’étranger sans l’accord du mari sont tout autant d’interdictions auxquelles les femmes doivent se conformer. La femme devient juridiquement l’objet de l’homme : « La femme et ses entrailles sont la propriété de l’homme » ; elles sont sévèrement réprimées en cas d’adultère. Un peu plus tard, en 1816, une nouvelle obligation pour les femmes est ajoutée : l’interdiction de divorcer. La société est pensée, dans ses fondements, sans qu’elles aient leur mot à dire. Il faudra d’ailleurs attendre plus d’un siècle, soit 1938, pour que l’incapacité civile des femmes soit retirée.

Un monde au masculin - It's a man's world - Lewis Henry Morgan

Lewis Henry Morgan

Après la domination masculine, la femme entre dans la société patriarcale. Le patriarcat se définit comme « une forme d’organisation sociale et juridique fondée sur la détention de l’autorité par les hommes ». Selon l’anthropologue américain Lewis Henry Morgan, l’émergence de la famille, comme noyau de l’organisation sociale « avancée », aurait vu apparaître la famille patriarcale. Et selon l’analyse marxiste de l’évolution des sociétés, l’émergence de la société patriarcale serait également liée à l’avènement de la propriété. Le rôle de la mère est valorisé, ce qui permet d’entériner la place de la femme dans le foyer familial tout en la rappelant à ses fonctions procréatrices.

Au-delà de l’aspect juridique, ce sont aussi des siècles de connaissances desquels les femmes n’ont pu profiter. Privée d’accès à l’école, cette mise à l’écart des femmes n’a fait que renforcer les inégalités et asseoir leur incapacité : toute l’histoire des femmes reste à écrire. Alors que les hommes ont mis des siècles à construire la société telle que nous la connaissons aujourd’hui, les femmes ont dû en quelques années se battre pour se faire une place dedans. Et dans la mesure où l’Histoire a toujours été retranscrite par des lettrés ou des religieux, donc majoritairement des hommes, les femmes sont totalement absentes des écrits historiques, agissant comme un filtre masculin.

Et bien que parfois les femmes aient tenté d’entrer dans l’Histoire, le sempiternel filtre masculin occulte les femmes même lorsqu’elles sont brillantes. Combien de savantes ont été évincées par l’effet Matilda ? Lise Meitner, Rosalind Franklin, Jocelyn Bell, Marthe Gautier, Chien-Shiung Wu, Hedy Lamarr, Ada Lovelace et bien d’autres. L’effet Matilda se définit comme la minimisation voire le déni, de la contribution des femmes à la recherche scientifique. Théorisée par l’historienne Margaret Rossiter au début des années 1980, c’est en étudiant l’effet Matthieu, qui consiste en la reconnaissance des travaux de certains personnages au détriment de leurs collaborateurs à l’origine de cette renommée, qu’elle fait une curieuse découverte. Elle remarque que cet effet est décuplé lorsqu’il s’agit de femmes, en effet, elles profitent moins des retombées de leurs recherches, et ce souvent au profit des hommes qui s’attribuent leurs travaux. Ces femmes savantes seront, pour la plupart, reconnues pour leur travail des années voire des siècles plus tard.

Des stéréotypes de genre profondément ancrés dans l’inconscient collectif

Les garçons sont soumis au diktat de la virilité souvent associé à la force physique, la multiplication des expériences sexuelles et la rétention des sentiments. Les filles, quant à elles, doivent adhérer à l’image de la « femme-objet séduisante » (sans pour autant tomber dans celle de la « fille facile ») soit dans celle-là « fille bien ». Ces stéréotypes attribués aux femmes peuvent paraître anodins, voire naturels aux yeux de certains, hommes comme femmes. Pourtant, ils sont socialement construits et lourds de conséquences sur les rapports entre les deux sexes, car ils influencent notamment les comportements de façon inconsciente. Les rôles sexuels attribués agissent comme une norme sociale et d’autant plus auprès des jeunes, particulièrement enclins à se plier aux normes de leur groupe d’appartenance afin de s’y intégrer. Si les jeunes n’adhèrent pas à ces rôles sexuels stéréotypés, cela peut entraîner une baisse de l’estime de soi et de confiance en soi voire un rejet de la part des autres. Ce sont ces stéréotypes qui conditionnent les jeunes filles et jeunes garçons à la réalisation de tâches, loisirs et plus tard, métiers qui leur seront « dévolus ». De plus, les stéréotypes associés à la « fille bien » ou à la figure opposée de la « fille séduisante » ne permettent pas aux filles de valoriser leurs qualités intellectuelles ou de caractère. Ces archétypes peuvent également entraîner une relation inégalitaire au sein du couple : les filles vont accepter plus facilement les rapports de domination de la part des garçons.

Un monde au masculin - It's a man's world - Élise Gravel - Les filles peuvent

© Élise Gravel – Les filles peuvent

Les représentations sociales des rôles et comportements attendus selon le sexe ont un impact certain sur la réalité. Ils affectent les comportements et les trajectoires des individus qui en sont inconsciemment victimes. Ces idées toutes faites acquises dès le plus jeune âge déterminent les attitudes et les actions des personnes. Avant même que l’enfant soit en capacité de parler, il évolue dans un environnement pensé autour de son genre : la décoration de sa chambre, ses jouets, activités, loisirs, lectures ou encore les vêtements… Les stéréotypes de genre sont partout et ils sont intériorisés par les individus : ce qui les rend d’autant plus banals et donc inconscients. Mais plus largement, la persistance des stéréotypes dans l’inconscient collectif permet notamment la reproduction des inégalités sociales, et ce même au sein de cultures considérées comme égalitaires. Si nous nous recentrons sur les stéréotypes de genre, les inégalités sociales entre les sexes se traduisent par des positions sociales, économiques et politiques plus avantageuses pour les hommes que les femmes. La domination masculine est tellement intériorisée par les hommes et même les femmes qu’il est compliqué d’en faire totalement abstraction. Les individus opèrent des choix, réalisent des actions et ont une certaine attitude influencée par les stéréotypes de genre. Les représentations collectives du masculin et du féminin font partie de l’identité de genre, concept qui associe les caractéristiques biologiques à la notion de genre – renvoyant toujours à une construction sociale. Des recherches démontrent que très tôt, les enfants prennent  conscience que  les hommes sont  dotés d’un statut  social supérieur à celui  des femmes. Les différences de sexe résultent également des pressions exercées par les individus afin de se conformer au stéréotype culturel de leur sexe, et cela est d’autant plus vrai pour les groupes disposant d’un faible statut social, comme les femmes par rapport aux hommes. Cette asymétrie de statut reflétant les différences de sexe, se perpétue par la suite dans le monde de l’éducation, du travail et bien d’autres sphères, plus privées, comme les relations conjugales. Plus les individus adhèrent aux stéréotypes, plus ils vont se conformer à la représentation sociale normée de leur sexe.

Un monde au masculin - It's a man's world - Élise Gravel - Les garçons peuvent

© Élise Gravel – Les garçons peuvent

Les stéréotypes de genre expliquent donc la persistance des discriminations et inégalités sociales. Le fameux sexisme, devenu un sujet plus que d’actualité, est le terme par excellence qui traduit le rapport de domination exercé sur les femmes. Alors que le patriarcat est symptomatique d’une organisation sociale et juridique, le sexisme lui, met davantage l’accent sur la sphère privée « comme lieu privilégié de la domination masculine ». On peut parler finalement d’une barrière culturelle à laquelle les femmes font face.

Ces stéréotypes liés au genre engendrent implicitement des inégalités qui aujourd’hui, ont des répercussions sur de multiples sphères, comme les choix de spécialisation durant les études ou encore les trajectoires sur le marché du travail – avec le fameux « plafond de verre ». Une chose est sûre, 2018 a rendu le sexisme moins politiquement correct, mais cela ne le rend pas moins compliqué à éliminer. Disséminés dans toutes les fractions de la société, les stéréotypes de genre sont véhiculés par le langage, les attitudes, les compliments, l’humour, la galanterie, le travail, la politique, l’école, les médias, le cinéma, la littérature, la religion, la sexualité et même… la bienveillance ; mais surtout, tout cela est orchestré par la domination masculine. La dimension protéiforme que les stéréotypes de genre peuvent incarner les rendent d’autant plus compliqués à combattre. Encore faut-il les voir pour en prendre conscience. Afin de parvenir à l’égalité, au-delà des mesures étatiques imposant des quotas, un travail fastidieux est à réaliser en faveur de la déconstruction des stéréotypes de genre. Tout comme les archétypes, l’égalité femmes-hommes s’apprend, et elle doit se réaliser dans une démarche de co-construction entre les deux sexes. D’autant plus que la notion de « genre » jusqu’ici pensée sur la binarité du sexe évolue elle-même pour s’étendre au-delà du masculin et du féminin.

À propos de l'auteur

Alizée Carn

Étudiante en management et communication des marques, j'aime apporter aux choses un regard critique et sociologique. Je suis passionnée - et à la fois révoltée - par les questions d'inégalités de genre, de race et de classe.

En parallèle, les expressions des marques, ce qu'elles incarnent et leur symbolique, leur capacité à donner du sens, sont tout autant de matières que j'aime analyser.

Commentaires

  • C’est un peu gênant , ce matraquage perpétuel sur une sorte de maltraitance adressée perpétuellement aux femmes, j’ai envie de dire où est la domination masculine?, je veux dire les femmes exercent une autorité aussi forte quand leurs revenus leurs permettent de le faire, une femme avec un métier valorisant sur le plan économique et social (une avocate par exemple) possède une autorité plus élevé que n’importe quel ouvrier masculin sur un chantier, alors l’autorité masculine est ici relative , ce qui est absolu en revanche c’est le fait qu’une femme qui devient mère devra effectivement accordé plus de temps à l’enfant pendant ses premières années, déjà car biologiquement il y a prédestination à l’allaitement…je vois pas d’autres mots. Les enfants séparés très tôt de leurs mère ont souvent des retards sur le plan cognitif , le développement se trouve ralenti, il peut avoir fragilité précose, j’ose dire que l’affection, le touché, les soins donnés qui dépassent le langage sont essentiels aux développement du nourrisson . mon propos est de dire qu’ il ne peut y avoir d’égalité dans la mesure ou il y a fonction différente, mais elle n’est pas ici posé par l’autorité “masculine” mais par la nature, c’est une contrainte nécessaire, et ce qui en donne une vision péjorative c’est l’interprétation moderne issu de la société marchande, où la finalité de l’individu est sa propre personne, et qui forcément passe par une réussite professionnel exigée, on remplace une autorité naturelle par une artificielle qui est toute aussi violente, car elle est construction humaine et la distinction des sexes n’a pas ici d’importance, une femme peut prendre la décision de licencier, envoyer au casse pipe un nombre élevé d’hommes. La société marchande fait entrer la femme de force dans des rapports humains violents dans la gestion du salariat, elle perd l’aura de la femme gestionnaire de son foyer, et bâtisseuse civilisationnelle à celui d’executif pour des intérêts de grand groupe…., et ça c’est pour celle qui font des études , les autres sont obligés de cumulé un emploi peu valorisant et un rôle de mère conjointement, double emploi, double peine, double fatigue.
    Il y a un matraque idéologique dans lequel l’article s’inscrit également qui ne consolide pas les être mais les amoindrit, car la pire chose c’est présenté un groupe de personne comme victime, car la base de son combat sera de demander une valorisation à ceux même qui sont accusé de ne pas l’accorder, alors c’est un piège, car on entretient un dialogue qui profite uniquement à ceux qui discutent. Si on pose l’homme comme un allié au femme, ce qu’il est définitivement, dont l’entente est primordiale pour obéir à un dessin supérieur qui est celui de l’humanité, on rend la femme telle qu’elle l’a toujours été, un être respectable et admiré car capable de sacrifice.

    • Bonjour David, cela peut semblé être du matraquage car je propose un regard critique et le sujet des femmes est toujours sensible. J’aurais pu faire un article optimiste disant “nous allons dans la bonne direction”, mais lorsqu’on est une femme aujourd’hui, il suffit parfois de traverser la rue pour nous rappeler que nous sommes des femmes avant d’être des êtres humains.
      Je pense que le rôle de la mère est tout aussi important que celui du père pour le développement d’un enfant, mais je me pose une question, y a-t-il eu autant d’études sur la construction de l’enfant sans la présence du père ? Sa présence est-elle moins essentielle ? Cette injonction de la mère à redoubler de présence par rapport au père n’est-elle pas une construction sociale ? Alors oui, ce sont les femmes qui enfantent, mais pourquoi l’éducation relèverait-elle plus de la mère que du père ?
      Il y a clairement un parti pris dans l’article, un choix de ne pas rester neutre et un souhait de mettre en exergue la dimension historique à l’origine des inégalités que les femmes vivent encore aujourd’hui. Cela peut sembler alarmiste, être du matraquage idéologique, peut-être. Mais que penser de la presse, du cinéma, des médias, du monde politique et tant d’autres institutions qui pratiquent un sexisme banalisé à l’égard des femmes ? Nous ne sommes certes plus dans une société patriarcale, il y a une volonté d’égalité, mais en pratique c’est une autre chose, quand il s’agit de “laisser la place” aux femmes. Certaines femmes ont du pouvoir, encore heureux dans le pays “des droits de l’Homme” et où l’on revendique “liberté, égalité, fraternité” (“fraternité” ? du latin dérivé de frater, frère). Cela peut sembler anecdotique mais les mots ont du sens. Voilà où est la domination masculine, tellement intériorisée qu’elle en devient invisible. On ne peut parler d’égalité quand il faut préciser que certaines femmes ont autant de pouvoir que les hommes, on pourra parler d’égalité le jour où tout cela semblera normal. Nous en sommes encore loin, il faut se mettre à la place des femmes (qui elles-mêmes d’ailleurs ne voient pas la domination masculine pour certaines) et comprendre que nous avons toujours eu à nous battre pour parvenir à cette égalité. Rares ont été les hommes qui se sont ralliés à la cause des femmes, et il est vrai, aujourd’hui, et heureusement, que le sexisme semble moins banal et que certains hommes souhaitent l’égalité aux côtés des femmes. Encore faut-il que cet acte de bienveillance ne soit pas lui-même inconsciemment emprunt de stéréotypes sexistes.

  • Notre divergence vient du vocabulaire que nous empruntons, Je ne veux pas l’égalité comme croyance, le fond reste le même, le bien être pour le temps qui nous est donné. L’égalité est un idéal qui n’amène qu’à des catastrophes car elle est outrancière, et nécessite des artifices d’une violence organisée avec comme arme l’accusation et la culpabilité.., la technique est toujours la même, expliqué à l’autre par des mots comme “sexiste, macho,…etc” qu’il est en tort, tu parles de la rue, moi j’y vis, j’y vois des femmes belles qu’on regardent, d’autres élégantes qu’on accostent…; tout les hommes regardent les femmes et toutes les femmes regardent les hommes, il y a égalité…que doit on faire exactement, interdire qu’on regarde les culs, qu’on se laisse allez à un bonjour, une blague, un regard insistant, le projet final c’est quoi, les écouteurs pour tous, l’écran à chaque seconde, et l’interdiction strict d’importuner une femme en jupe durant l’été…?, sous couvert d’affiche avec des mannequins lèvres pulpeuses et soutien gorge visible, il y a comme une contradiction là, si il faut s’en prendre à quelqu’un c’est aux agences de pub, à tous ceux qu’i mettent uniquement les atouts physiques des femmes en avant, ça va être compliqué car toutes notre système de vente est basé sur ce désir…, mais au moins on tire sur les bonnes cibles ( à défaut de les toucher). Sans prendre aux hommes ça n’a aucun sens, surtout que les charmes des femmes sont utilisés consciemment par celles-ci pour de multiples situations, elles en jouent et il y a rien de mal là dedans à moins que cela devienne abusif mais Dieu merci les hommes savent encore bien se tenir, car ils ont eu des mères…, si on veut vraiment l’égalité ,et bien comment va se gérer le conflit entre sexe, avec l’idée d’égalité sans arrêt, la même qu’entres les hommes, à savoir des coups de poing, c’est à ne pas souhaiter, mais si on pousse l’idée d’égalité jusqu’au bout alors pourquoi pas…, je trouve que ça craint . La gêne de celle qui se fait accoster est proportionnel à celle de ceux qui se font rembarrer, acceptons le caractère déplaisant de ces sensations semblables…et n’en demandons pas plus, comme l’intervention de la lois ou autres brigades de répression.
    Amicalement
    David

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