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On ne lègue pas la terre à nos enfants, c'est eux qui nous la prenne.   {Proverbe Indien}

Vendredi 25 septembre 2009{par Emeric}

le grand « on » d’Apple


Le lancement en grande pompe du logiciel phare de la soci√©t√© californienne, Itunes 9 en septembre dernier a instaur√© son lot de nouveaut√© « r√©volutionnaires », comme d’habitude (marketing quand tu nous tiens…). Alors on peu se demander pourquoi parle-t-on d’un logiciel d’√©coute, de gestion et de t√©l√©chargement de musique sur xulux ?
Réponse.

Lanc√© en 2008 par Apple (avec Itunes 8), la gestion des playslist « Genius » √©tait une petite r√©volution musicale, qui changeait la mani√®re dont nous pouvions g√©rer et √©couter notre musique. En effet en activant « g√©nie » en fran√ßais, on pouvait se cr√©er une playlist d’√©coute dynamique √† la vol√©e. On lance G√©nie, on met son lecteur audio en al√©atoire, ensuite lorsque l’on tombe sur un morceau qui pla√ģt √† notre humeur du moment on peut l’ajouter simplement √† cette liste de lecture. Cela aboutie donc √† des listes de lecture r√©alis√©es en fonction de l’humeur et des go√Ľts.

Maintenant, donc un an apr√®s cette premi√®re version, les morceaux ont √©t√©s √©tudi√©s et diss√©qu√©s par Apple (car oui, les informations des listes d’√©coutes sont envoy√©s √† Apple), et la soci√©t√© nous « propose », nous cr√©√© une liste de lecture dans un genre bien pr√©cis en fonction de la musique que l’on a d√©j√†. Une fa√ßon d’imposer un peu plus une certaine id√©e de la culture. Alors c’est s√Ľr, nous avons le choix de passer la chanson « propos√©e » par Apple. Mais au del√† du service, certes pratique, que peut-on attendre de la part d’Apple (leader incontest√© de la musique en ligne) quant √† l’√©volution de cette m√™me culture musicale ?

Les donn√©es recueillies n’ont-elles servie qu’√† cr√©er des listes de lectures ? D√©finissent-elles √©galement des tendances d’√©coute, et partant, des √©tudes sur l’avenir de la musique et des futurs tubes ? En effet rien n’emp√™che Apple de vendre ces informations √† qui elle le souhaite ou d’utiliser ces informations comme elle le souhaite. Et quand on voit comment la soci√©t√© cultive le secret (on se souvient de cette affaire de suicide, ou bien de cette affaire √©touff√©e), voire m√™me le culte de la personne (Steve Jobs absent = une chute de l’action Apple), on est en droit de se demander que deviennent les informations envoy√©es et surtout, qu’en est-il du respect de l’anonymat. Pourquoi ne pas analyser les titres les plus √©cout√©s pour en cr√©er des version « synth√©tiques » qui formeront le titre parfait, le plus vendu, le plus √©cout√© et le plus aim√© ? Mine de rien, en rapprochant les sons de nos √©motions, de nos ressentis, nous pouvons peut-√™tre d√©finir un son qui repr√©senterait une √©motion. Nous avons d√©j√† ce cas d’√©tude avec des images, pourquoi pas des arch√©types d’√©motions pour tous nos sens ?
Je me souviens d’un projet qui avait d√©j√† pris cette forme il¬† a quelque temps. Apr√®s avoir √©tudi√© de nombreux morceaux musicaux dans de nombreux pays, Komar & Melamid avaient compos√© un « mix » de ce que devait √™tre la meilleure musique du monde, mais aussi la pire musique du monde.

Cette fonctionnalit√© Genius d√©velopp√©e par Apple est certes pratique, mais elle pose tout de m√™me question. A force de nous vendre des innovations r√©volutionnaires, que l’on utilise sans trop les √©tudier ou les comprendre, nous ne pouvons plus nous en passer. Arrivera-t-on √† une certaine forme de musique, impos√©e, mais plaisante au plus grand nombre ? et surtout, s’en rendra-t-on compte ? √† l’heure o√Ļ les d√©bats sur le contr√īle du net prennent de plus en plus d’ampleur (hadopi 2, loppsi, etc) on peut se demander si nous ne sommes pas en train de se diriger dans une sorte de mondialisation de l’information approuv√©e et autoris√©e par certains puissants, qu’ils soient gouvernements, lobby ou bien multinationales. Une forme de culture rentable, √©tudiant les tendances √©motives de la population mondiale, et la restituant pour qu’elle soit re√ßue, √©cout√©e, dig√©r√©e,¬† appr√©ci√©e… et donc achet√©e.

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