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Je méprise ceux qui marchent au pas.   {Albert Einstein}

Lundi 7 dĂ©cembre 2009{par Emeric}

Interdire les minarets en France ?


Après le vote Suisse qui a secouĂ© la France, le dĂ©bat se propage aux plus hautes sphères dans notre pays. Quel mauvais timing pour cette polĂ©mique qui apparaĂ®t au plus mauvais moment, en plein « dĂ©bat sur l’identitĂ© nationale » (ou en pleine crise de dĂ©bat ?).

La France est depuis très longtemps, et pour diverses raisons une terre d’accueil de peuples aux origines diverses, et au religions diverses. Ne nous voilons pas la face : une « couleur » nous fait peur, celle qui n’est pas la notre. Et c’est valable pour tous les pays, France, Angleterre, Etats-unis, Irak, Iran, Chine, IndonĂ©sie, Afrique du sud.
Nous sommes ici dans une peur infĂ©conde de « l’autre », de ce qui n’est pas comme nous.
Cela va au-delĂ  de la couleur de peau Ă©videmment, l’homme Ă©prouve gĂ©nĂ©ralement tout au moins de la rĂ©ticence Ă  partager avec ce qui ne lui ressemble pas. A l’heure de la mondialisation on devrait tous se ressembler, donc. Sauf que ce n’est pas si simple de vouloir faire se mĂ©langer les peuples pour rĂ©er une cohĂ©sion mondiale.

Foutaises ! Balivernes !

Après le voile, voilĂ  un autre bourrage de crâne ; on essaye de nous faire croire qu’ĂŞtre Français c’est ĂŞtre blanc, bien Ă©levĂ©, et chrĂ©tien. Je ne pense pas que les pères de la RĂ©publique (si souvent citĂ©e lors de ces dĂ©bats) avaient derrière la tĂŞte de fonder une nation intolĂ©rante et fondĂ©e sur la peur de l’autre. C’est mĂŞme plutĂ´t l’inverse, nous avons fondĂ© la France comme une terre d’accueil, de comprĂ©hension et d’ouverture. Ce genre d’idĂ©e nous permet par exemple de dire au monde entier « non, nous ne participerons pas Ă  la guerre en Irak ». Sous entendu « nous acceptons les diffĂ©rences des autres et n’intervenons pas dans leurs affaires, nous laissons les peuples souverains ».

« LibertĂ©, ÉgalitĂ©, FraternitĂ© » est Ă©crit comme devise de notre pays. Nous n’allons certainement pas remettre cela en cause maintenant, mais chercher Ă  l’appliquer, Ă  le concrĂ©tiser chaque jour serait Ă  mon sens un bien meilleur objectif. Ce qui est bien avec cette devise c’est qu’elle s’applique Ă  tous les domaines de la vie courante, et encore plus Ă  la religion. N’oublions pas que la religion est une des prĂ©occupation majeure, et le questionnement sur notre existence est en nette progression dans les pays EuropĂ©ens. Il existe parallèlement une forte volontĂ© d’appartenance Ă  un groupe, n’en dĂ©plaise Ă  ceux qui nous rabâchent sans cesses qu’ils luttent contre le communautarisme : « Commence par lutter contre l’hĂ©rĂ©ditĂ© de ton pouvoir » pourrait-on rĂ©pondre.

LibertĂ© de choisir et de pratiquer sa religion, ÉgalitĂ© dans les moyens d’accès Ă  cette religion, FraternitĂ© des peuples par la religion.
C’est certes une interprĂ©tation possible, parmi d’autres, mais je ne pense pas qu’elle s’applique Ă  la nĂ©gation de son prochain.
Pour ouvrir le débat, je citerais les propos de Franck Fregosi, directeur de recherche au CNRS :
« Le minaret participe Ă  la vision que l’on a de la mosquĂ©e, il permet d’identifier un lieu de culte. La prĂ©sence d’une minaret favorise, Ă  mon sens, une pratique apaisĂ©e du culte musulman et rassure les fidèles: ils font partie du paysage urbain. Souvent installĂ© en pĂ©riphĂ©rie des villes, l’Islam semble, Ă  tort, relĂ©guĂ© Ă  une « religion de marge ». »

commentaires : 4Commentaire

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4 réponses


  1. Aujourd’hui le racisme et le sentiment d’insĂ©curitĂ© constituent le fond de commerce de la politique française et du reste du monde. InquiĂ©tant non ? Un article que j’ai trouvĂ© intĂ©ressant sur rue89.

    http://www.rue89.com/2009/12/03/identite-nationale-sarkozy-piege-par-le-gros-rouge-qui-tache-128595

    Pour citer un passage de Badiou « De quoi Sarkozy est-il le nom ? »

    « Aujourd’hui, il n’y a pas de monde des humains, au sens prĂ©cis oĂą, derrière la propagande sur la mondialisation, la thèse qui gouverne des politiques de plus en plus violentes et fermĂ©es est qu’il y a deux mondes, au moins. […]» « Il est aujourd’hui entre le Nord capitaliste riche et le Sud dĂ©vastĂ© et pauvre […]» « La conviction la plus rĂ©pandue, et que les politiques gouvernementales ne cessent de vouloir renforcer, est que ces gens viennent d’un autre monde. VoilĂ  le problème. Ils sont la preuve vivante que notre monde dĂ©mocratique et dĂ©veloppĂ© n’est pas, pour les tenants de l’ordre capitaliste dominant, le monde unique des femmes et des hommes. Il existe chez nous des femmes et des hommes qui, quoiqu’ils vivent et travaillent ici comme tout un chacun, n’en sont pas moins considĂ©rĂ©s comme venus d’un autre monde. La monnaie est partout la mĂŞme, le dollar ou l’euro sont partout les mĂŞmes ; les dollars ou les euros que possède cet Ă©tranger venu d’un autre monde, tout le monde les accepte volontiers. Mais lui, ou elle, dans sa personne, sa provenance, sa façon d’exister, on s’efforce de nous faire dire qu’il, ou elle, n’est pas de notre monde. Les autoritĂ©s de l’État et leurs suivants aveugles le contrĂ´leront, lui interdiront le sĂ©jour, critiqueront sans merci ses coutumes, sa façon de s’habiller, ses pratiques familiales ou religieuses. Bien des gens, animĂ©s par la peur, et organisĂ©s dans cette peur par l’État, se demanderont avec anxiĂ©tĂ© combien il y en a chez nous, combien de ces gens qui viennent d’un autre monde ? Des dizaines de milliers ? Des millions ? Question horrible, quand on y pense. Question qui prĂ©pare forcĂ©ment la persĂ©cution, l’interdiction, l’expulsion en masse. Question qui, dans d’autres circonstances, a prĂ©parĂ© des exterminations. […]»

    Je m’arrête là, lol, sinon je pourrais citer tout le livre. Une dernière petite chose. Arrêtez de demander aux personnes que vous jugez différentes de vous, par leurs couleurs de peau, leurs tenues vestimentaires : « hé toi, tu viens d’où ?» Moi j’ai au moins cette question 1 fois par jour… JE SUIS FRANCAISE ! Je suis née ici, je vote, je travaille, je défends les valeurs de mon pays… Arrêtez avec ce débat sur l’identité nationale, qui ne fait qu’exclure encore plus… quand on voit certains commentaires. Il n’y a qu’un monde, celui des humains… liberté, égalité, fraternité.

  2. C’est marrant, parce que j’ai justement fini ce livre hier… Très intĂ©ressant en tout cas.

    Sarkozy s’est payĂ© une tribune dans le monde sur le sujet, pour « se rĂ©approprier le dĂ©bat ». Moi je pensais que le FN se rĂ©approprierait ce dĂ©bat… mais bon, c’est Sarko qui l’a fait!

    J’ai bien aimĂ© ce passage : « Les peuples d’Europe sont accueillants, sont tolĂ©rants, c’est dans leur nature et dans leur culture. Mais ils ne veulent pas que leur cadre de vie, leur mode de pensĂ©e et de relations sociales soient dĂ©naturĂ©s. et le sentiment de perdre son identitĂ© peut ĂŞtre une cause profonde de souffrance. La mondialisation contribue Ă  aviver ce sentiment. »

    Autrement dit on voudrait transformer chaque migrant en lui faisant abandonner tout ce qu’il est. Bonjour l’accueil, bonjour la tolĂ©rance, bonjour l’ouverture, bonjour la comprĂ©hension, bonjour le dialogue entre les peuples.
    La mondialisation pour « l’homme aux rats » (A. Badiou) n’est que et avant tout libre circulation des biens, marchandises et capitaux. C’est bien plus simple d’accueillir de l’argent : il n’a pas de culture, il n’a pas de tradition, il n’a pas de valeurs, c’est juste un chiffre, un billet, du quantifiable.
    Par contre accueillir une personne dans son unicitĂ©, c’est bien plus difficile…

    Je rejoindrais les propos de Badiou : on passe de « libertĂ©, Ă©galitĂ©, fraternitĂ© » Ă  un retour fracassant du « travail, famille patrie » du gouvernement de Vichy sous PĂ©tain.
    Bien décevante cette tribune en tout cas.

    Au passage j’en profite pour souligner que les athĂ©es ne sont pas mentionnĂ©s par Sarkozy, ce qui est bien dommage. Je cite « ChrĂ©tien, juif ou musulman, homme de foi quelle que soit sa foi, croyant, quelle que soit sa croyance, chacun doit savoir se garder (…) »

  3. Sur ce sujet : j’aime bien la vision (schĂ©matique bien sĂ»r) donnĂ© par le film « La crise » de Coline Serreau. C’est tout le problème entre ceux qui sont dans l’intellectualisation (la raison, on va dire) et l’Ă©motion (et je ne parle pas d’Ă©motionalisme). Bah oui, moi je suis pour la tolĂ©rance, accepter l’autre tel qu’il est avec sa religion, ses coutumes et ses habitudes, mais jusqu’oĂą je suis prĂŞt Ă  changer pour l’accueillir.

    Je propose Ă  tout le monde de faire un exercice Ă  la maison, chez vous. Vivez Ă  2 et vous allez voir que c’est pas facile d’accepter l’autre tel qu’il est ou de faire des concessions sans oublier ce que l’on est. Alors vous prenez ça, vous multiplier ça par bcp bcp de gens qui en plus ne se sont mĂŞme pas choisi… bah vous voyez que ce dĂ©bat n’est pas politique et que ce n’est pas une question de racisme. Je veux bien vivre dans la raison le problème c’est que je vis aussi et surtout dans l’Ă©motion.

  4. [...] Il suffit de voir les nombreux débats : débat sur l’interdiction des minarets en France (Voir l’article Interdire les minarets en France par Emeric), le débat sur l’identité nationale, le port de la [...]

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