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Vivre, c'est naître lentement. Il serait un peu trop aisé d'emprunter des âmes toutes faites !    {Antoine de Saint-Exupéry}

Mercredi 4 mai 2011{par Sonia}

10 mai 2011 : journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions

10 mai 2011 : journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions

Le 10 mai 2011 est la sixième journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions et du dixième anniversaire de la reconnaissance par la France de la traite et de l’esclavage en tant que crime contre l’humanité (loi Taubira de 2001).  Cette loi importante a défini l’esclavage comme crime contre l’Humanité et a instauré, tous les 10 mai, une journée de commémoration.

La République française reconnaît que la traite négrière transatlantique ainsi que la traite dans l’océan Indien d’une part, et l’esclavage d’autre part, perpétrés à partir du xve siècle, aux Amériques et aux Caraïbes, dans l’océan Indien et en Europe contre les populations africaines, amérindiennes, malgaches et indiennes constituent un crime contre l’humanité. (Article 1, Loi n°2001-434 du 21 mai 2001 tendant à la reconnaissance de la traite et de l’esclavage en tant que crime contre l’humanité)

Nous ne devons pas, oublier cette période de l’histoire ou l’Homme, légalement était sélectionné et acheté comme une vulgaire marchandise. Il faut se souvenir des massacres, de la séparation des familles, des conditions de voyage à fond de cale, du travail forcé, des sanctions, des mutilations, des viols, de l’impossibilité de conserver sa langue originelle et sa culture… Sans oublier qu’aujourd’hui l’esclavage perdure dans de nombreuses régions du monde.

Une page de l’histoire qui ne renvoie en rien à une quelconque volonté de culpabilisation, d’autoflagellation comme l’affirment certains politiciens ou chroniqueurs d’émissions de télévision. Mais une réflexion qui se veut partagée sur l’histoire et sur le devoir de mémoire.

l'Arbre de l'Oubli - Ouidah, au Bénin, la Route de l’esclavel’Arbre de l’Oubli – Ouidah, au Bénin, la Route de l’esclave. Rituel au cours duquel les esclaves tournaient autour de l’arbre afin d’oublier leur patrie. Les hommes tournaient autour de l’arbre 9 fois, les femmes – 7 fois. + d’infos : UNESCO la route des esclaves

Sans racines, l’Homme se meurt. Ce qui lui manque, c’est « le plaisir que l’arbre prend à ses racines, le bonheur que l’on éprouve à ne pas être nés de l’arbitraire et du hasard, mais sorti d’un passé, héritier, floraison, fruit – ce qui excuserait et justifierait même l’existence». (Friedrich Nietzsche, Seconde considération intempestive 1874)

Faut-il oublier pour se donner la possibilité d’un avenir ? « Quand le sens historique ne conserve plus vie, mais qu’il la momifie, c’est alors que l’arbre se meurt» (Friedrich Nietzsche, Seconde considération intempestive 1874). Comme dans une psychanalyse, l’événement refoulé doit passer de l’inconscient au conscient afin de ne plus encombrer notre psychisme et nous empêcher de vivre normalement, d’aller en avant. Est-ce que pour être assumé il doit autant être dépassé, oublié ? On ne construit soi-disant rien avec le passé ? On nous répète souvent : Oublie le passé pour avancer, concentre-toi sur le présent. Le passé c’est du passé.

Pourquoi vouloir oublier ? L’Homme sans passé, sans héritage, béatement déraciné, devient surtout la proie de toutes les tentatives de manipulation, qu’elles soient politiques ou commerciales comme le précise philomag (dans Faut-il oublier le passé pour se donner un avenir ?) et de poursuivre « Dans La Condition de l’homme moderne, Hannah Arendt redoute l’avènement de cette désaffiliation qui se fait passer pour une nouvelle innocence. Détaché de ses racines, dégoûté des leçons du passé, le consommateur contemporain risque, perdu dans l’infini des possibles, de n’avoir plus rien de précis à se donner. Si la mémoire paralyse, l’oubli désintègre. Il faut donc découvrir une conception de la mémoire qui échappe à ces écueils. »

La différence est notable entre ne pas être écrasé par le poids du passé, ne pas réussir à s’en extirper, mais être capable à la fois de vivre avec et de savoir en tirer des leçons. Cette dimension de devoir de mémoire est à mon sens un devoir collectif, elle permet de lier passé individuel et collectif. La lutte pour la reconnaissance, pour une place assumée et acceptée dans la société passe par un regard sur le passé. C’est la reconnaissance publique des crimes du passé, qui détermine la sortie de l’état de victime. Ce que rappellent les historiens, c’est que le devoir de mémoire, ne doit pas pour autant oblitérer le travail de mémoire. L’histoire est là pour développer une connaissance, pas pour faire de la morale. La discussion pourrait être interminable autour de la notion de morale. Mais sommes-nous aujourd’hui, incapables de reconnaître que l’on ne doit pas oublier certains crimes pour ne pas les commettre à nouveau ? Ne pas oublier des évènements historiques afin d’éviter qu’ils ne se reproduisent ? Discuter, se réunir, pour éviter une sorte de prêt à penser dogmatique, conduisant aux dérives ?

Malheureusement, la sixième journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions à l’air de passer en quelque sorte à la trappe, par manque de communication et de relais des médias. Outre la journée nationale du 10 mai, le calendrier officiel des commémorations comporte :

  • Les journées fériées célébrant la fin de l’esclavage dans les territoires d’outre-mer : le décret n°83-1003 du 23 novembre 1983 relatif à la commémoration de l’abolition fixe le 27 avril pour Mayotte, le 22 mai pour La Martinique, le 27 mai pour la Guadeloupe, le 10 juin pour la Guyane et le 10 décembre pour la Réunion.
  • La journée à la mémoire de la souffrance des esclaves le 23 mai ;
  • Les journées internationales du 23 août (« journée internationale du souvenir de la traite et de son abolition » initiée par l’UNESCO en 1998) et du 2 décembre (« journée internationale pour l’abolition de l’esclavage » de l’ONU en référence à l’adoption de la « Convention pour la répression et l’abolition de la traite des êtres humains et l’exploitation de la prostitution d’autrui » adoptée le 2 décembre 1949)

Vous trouverez ci-dessous, des informations et évènements proposés. N’hésitez pas à nous faire part d’autres évènements.

  • Colloque de l’association SOS Racisme : « 10 mai, enfin une loi pour tous ? » Lundi 9 mai 19h00-21h00, Sciences Po – Amphi Boutmy, 27, rue Saint Guillaume
  • France 3 esclavage, la nuit de l’abolition 23h50. émission spéciale, constituée de quatre documentaires relatant l’histoire de l’abolition de l’esclavage, entrecoupés de conversations entre Christiane Taubira, Daniel Maximin, Lilian Thuram et un enfant de 10 ans curieux des questions d’esclavage, d’abolition et de mémoire.
  • Le site du Comité pour la Mémoire et l’Histoire de l’Esclavage (CPMHE) qui édite le 10 mai une exposition « L’esclavage, un crime contre l’humanité » ainsi qu’un livret éducatif
  • La marche des esclaves 2011 à Nantes, 17h30 sur le parvis de la Cathédrale St Pierre. Marquée par la participation de Malaak Shabazz, fille de Malcom X

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  1. + autres informations : cérémonie de commémoration de l’abolition de l’esclavage à Paris. Mardi 10 mai 2011 à 18h place du général-Catroux 75017

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