philosophie, design, philo, arts, art, arts graphiques, photo, photographie, littérature, réflexion, décryptage, pédagogie, vulgarisation, explication, événementiel, analyse, politique, écologie, magazine, pub, publicité, culture, expositions, graphisme, cinéma, spirituel, spiritualité, fait religieux, tribu, tribus, musique, musical, utopie, notion, humanisme, humaniste, engagement, engagé, rencontre, altérité, ifer, artdifer, e-art, e-artsup, concept, spectacle, paris, pop culture, popculture, pop-culture, pop, tendance, postmoderne, postmodernité, ultra moderne, ultramodernité, blog
Le bourgeois n'a d'autre rêve que de posséder alors que l'artiste n'a d'autre possession que ses rêves.   {Manu Larcenet}

Mercredi 1 avril 2009{par Emeric}

Théophilosophie ou économie ? Good vs. Evil ?


« La France mesure pleinement l’importance et la sensibilité de la question du Tibet et réaffirme qu’elle s’en tient à la politique d’une seule Chine et à selon laquelle le Tibet fait partie intégrante du territoire chinois, conformément à la décision prise par le général de Gaulle qui n’a pas changé et ne changera pas ».


« Dans cet esprit et dans le respect du principe de non-ingérence, la France récuse tout soutien à l’indépendance du Tibet sous quelque forme que ce soit ».

Parlons un peu de courage et d’engagement.
Ce communiqué de presse est conjointement écrit par la France et la Chine en vue d’une rencontre lors du G20. On connait donc maintenant clairement la position de la France face à la question du Tibet.
Cette position me déçoit. Je pense qu’à la fois cette clarification du statut de la province du Tibet vis-à-vis de la Chine est conforme à ce que demande le Dalaï lama, à savoir qu’il ne demande plus l’indépendance de son pays natal, mais qu’en même temps c’est d’un soutient venant de la communauté internationnale dont le Tibet et ses représentants ont besoin. Si personne ne prend position en faveur du Dalaï lama, cette culture, cette religion, cette société risque de s’éteindre sous peu, comme l’annonce déjà depuis longtemps « l’océan de sagesse ». Peut-on encore aujourd’hui fermer les yeux sur cette tradégie, parmi d’autres ? A-t-on le droit d’annexer des provinces par la force et d’y faire regner un ordre brutal et une discrimination afin d’imposer ses vues ?

Personnellement ce genre de situation me rappel une situation pas si lointaine, durant laquelle un pays avait été envahit, privé de sa liberté, de son égalité, et même de sa fraternité (quoique…). Un pays qui fut coupé en deux, avec une partie qui refusait ce changement, et une partie qui acceptait tant bien que mal, voir même qui acceptait tout court. Un pays dans lequel une différence d’origine pouvait être fatale, dans lequel une différence de pensée l’était assurément.
Il y a toutefois des pays qui se sont soulevé contre cette mascarade incroyable, de pays qui ont dit NON, qui ont pris position, qui ont prit des risques. La fin de cette histoire fut probablement plus maleureuse qu’heureuse. Mais ce qui est sûr c’est que le dénouement de cette histoire aurait pu être bien pire, si quelques grand Hommes, comme le De Gaulle précédemment cité, n’avaient pas été courageux.

L‘histoire du peuple Tibétain, à laquelle je m’intéresse depuis longtemps, me passionne, et je ne comprend pas comment rien ne peut être fait par personne pour aider ce peuple. Les Tibétains vivent depuis des millénaires selon leurs coûtumes et leurs traditions. Ils n’ont pas d’armée, n’ont que rarement envahit d’autres pays, ou fait du tort à qui que ce soit. Ils ne vivent que pour devenir de meilleurs êtres humains, ce sont eux qui maintiennent en vie et développent l’une des sagesses qui me semble les plus pertinentes pour affronter notre monde moderne, bien qu’eux même, avant l’invasion chinoise, n’aient étés que des pré-modernes, voire des « primitifs » pour certains. Ils n’ont cessé d’êtres des experts reconnus dans leurs domaines (astrologie, médecine…), et pourtant aujourd’hui, d’autres veulent les réduire au silence. Il est loin le temps où le Dalaï lama recevait le prix nobel de la paix.
Evidemment ce n’est pas avec Hu Jintao, impliqué dans la mort « inattendue » du 10ème Panchen Lama en 1989, et instigateur et exécuteur des répressions tibétaines la même année, que la situation va s’améliorer. Et ce à la fois pour le peuple tibétain, mais également pour d’autres provinces musulmanes (Xinjiang) annexées de la Chine.

La question sous-jacente est qu’en ces temps de crise, est-on prêt à TOUT sacrifier au dieu économie encore aujourd’hui ?
N’est-ce pas vous, Monsieur Sarkozy, qui appeliez de vos mots à un capitalisme éthique ?
Selon la définition de wikipedia, l’éthique « vise à répondre à la question : comment agir au mieux ? ».

Et bien, Monsieur le président, permettez-moi de vous dire que laisser mourir des personnes sans défense aucune face à un oppresseur bien trop puissant pour eux, ce n’est pas un acte de courage, et ce n’est pas une preuve d’éthique. Évidemment on pouvait s’y attendre, après que vous ayez choisit d’assister à la cérémonie d’ouverture des JO de Pékin, après que vous ayez refuser d’agir en rencontrant le Dalaï lama lors de sa venue en France, laissant cette tâche à votre épouse. J’espérait que vous le rencontriez, pour qu’il vous touche au cœur. Cela n’a pas été le cas, mais le principal c’est qu’une femme, dans la figure quelle représente l’a au moins fait, et je me réjouis qu’au moins une personne ait eut cet immense honneur.

Alors certes, la France n’a peut-être pas le rôle quelque peu orgueilleux d’imposer la démocratie au monde entier, et je comprend parfaitement que les exigences en terme de démocratie et de liberté ne soient pas les mêmes en Occident, en Europe, en Afrique ou en Asie, mais nous pouvons au moins prendre le parti de sauver une culture, son passé, et ainsi lui offrir un avenir. D’autant plus que le gouvernement tibétain en exil est largement plus démocratique que celui présent en Chine.

Le courage c’est aussi savoir renoncer, renoncer c’est agir, agir c’est créer.
D’autres l’ont fait avant vous, et d’autres le ferons après vous, si vous même ne vous en sentez pas capable.

Petite mise à jour du 2 Avril:
Selon l’agence officielle chinoise, Hu Jintao a salué mercredi « l’adhésion » de la France à la politique chinoise dans le dossier du Tibet et a souhaité que les deux pays intensifient leurs échanges à haut niveau et leur coopération « dans divers secteurs ».

commentaires : 2Commentaire

Partagez cet article

  • Twitter
  • Facebook
  • Google Bookmarks
  • Delicious
  • MySpace

2 réponses


  1. Tout comme toi, Aymeric, je suis révoltée par le sort réservé au peuple Tibétain. Moi aussi je m’intéresse depuis longtemps à leur culture, à leur civilisation, à leur philosophie fondée sur l’amour, la compassion et la tolérance. Ce sont leurs seules armes….mais sans doute une vraie réponse à un monde mercantile et individualiste.De quel droit tenter de les faire taire? et surtout comment notre pays, celui de la liberté,de l’égalité, et de la fraternité peut-il accepter de se ranger aux côtés de ses tortionnaires? Il est évident qu’au vu de la crise que le monde dit "civilisé" traverse, nous sommes loin d’avoir trouvé la voie de la sagesse. Alors pourquoi ne pas écouter un autre message que celui du profit et de la compétition? jusqu’à quand refuserons-nous de suivre la voie du coeur?

  2. Mille fois oui !!!! Il est honteux de voir les présidents se plier aux exigences d’un pays qui ne respecte pas les droits de l’homme. Et encore plus honteux de voir qu’aujourd’hui paris cède aux exigences de pékin, la France qui aux yeux du monde défendait la démocratie et les droits de l’homme. Mais il faut continuer à notre échelle, même si malheureusement le 10 mars on fêtait déjà les 50 ans du soulèvement tibétain. Les choses commencent à bouger même si parfois cela semble minime. Je veux espérer, que les choses avancent très rapidement, le Dalaï Lama étant fatigué et (malade ?).

    Je suis inquiète car comment trouver un successeur, un homme de paix, quand le 11ème Panchen Lama est retenu prisonnier, et que l’enfant n’a pas accès à l’éducation complète qu’il devrait recevoir. Plus simple, on designe un autre Panchen Lama et on force le peuple à l’accepter. Encore un exemple scandaleux de la politique chinoise, qui vise à obtenir le contrôle total de la population tibétaine et la destruction de sa culture.

    "c’est en parvenant à nos fins par l’effort, en étant prêt à faire le sacrifice de profits immédiats en faveur du bien-être d’autrui à long terme, que nous parviendrons au bonheur caractérisé par la paix et le contentement authentique". Le dalaï Lama

Réagir au sujet