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Chaque mot est un préjugé.    {Friedrich Nietzsche}

Samedi 3 avril 2010{par Vincent}

Pâques, Pessa’h, Fête du Renouveau & Aïd el-Kebir

Paques_toutes langues

Pâques. Voilà une tradition véritablement ancrée dans notre civilisation, dans notre histoire. Mais quel est le cheminement de cette tradition, que signifie-t-elle aujourd’hui ? Essayons de comprendre, modestement, comment et pourquoi cette date est fêtée non seulement par les chrétiens, par les juifs, par les musulmans d’une manière assez similaire, mais également par les familles non versées dans la religion.

Pâques est précédé du vendredi saint, jour qui commémore la passion du christ, c’est à dire les supplices et l’exécution de ce dernier. Dans la tradition chrétienne, pâques est la commémoration de la résurrection du christ, 3 jours après sa crucifixion. C’est également la fin du jeun des 40 jours du carêmes, période de préparation rituelle de cette fête. Le mot carême vient d’ailleurs du latin « quadragesima » qui signifie quarantième. Précision importante tout de même, les dimanches ne faisant pas partie du carême, la période s’étale sur 46 jours. C’est pendant la pâque juive, Pessa’h ou « passage », qui commémore l’exode de terre d’Égypte par les esclaves, emmené par Moïse vers la terre promise ainsi que la traversée de la mer rouge, qu’eut lieu selon les évangiles la résurrection de Jésus. Pour les chrétiens, cette fête revêt la symbolique de la vie après la mort.

Les dates de pâques varient selon le calendrier Grégorien qui suit le mouvement des saisons, lui même basé sur un calendrier lunaire. Elles s’étalent du 22 mars au 25 avril.

Pâques étaient également célébré en régime païen comme la célébration de l’arrivée du printemps et donc du renouveau. On peut d’ailleurs faire le lien entre le renouveau païen, la renaissance du christ ainsi que la libération du peuple d’Égypte, tous trois symboliquement le recommencement d’un nouveau cycle.

Bien évidemment, on peut poser la question suivante :

Qu’est ce que le chocolat, l’agneau, les cloches, les œufs ou le lapin ont a voir avec la genèse de cette tradition ?

Après ces quelques précisions, intéressons nous donc à quelques traditions de pâques, à savoir :

Les œufs.

La tradition de s’offrir des œufs pour pâques remonterait à l’antiquité, puisque les égyptiens déjà et les romains ensuite, s’offraient des œufs au printemps, symbole de vie et de renaissance.

Au IVème siècle, l’Église interdit de consommer des œufs pendant le carême. Seulement, les poules, elles, continuent de pondre… Les œufs n’ayant pas été consommé sont alors offerts décorés à la fin du carême, c’est à dire pour pâques. Aujourd’hui le jeun n’est plus aussi respecté globalement mais la tradition d’offrir des œufs est restée. On comprend le lien évident avec la poule, qui souvent s’invite également à nos tables lors de cette fête.

L’agneau

ensuite, possède une très riche symbolique, dans toutes les grandes religions monothéistes. Dans la bible, il est sacrifié en lieu et place du fils d’Abraham. En régime chrétien, l’agneau est l’une des représentation symbolique du christ lui même, l’agneau Pascal représentant parfaitement les notions d’innocence et d’obéissance. L’histoire raconte que Dieu demanda à Abraham de sacrifier son fils, que celui-ci s’exécuta et que Dieu le remplaça au dernier moment par un agneau. L’agneau est depuis invité à la table de pâques, puisqu’il représente l’obéissance et la soumission de l’homme à la volonté divine.

Dans la religion juive, chaque famille avait sacrifié un agneau précédemment à la traversée de la Mer rouge. Mais l’histoire complète mérite d’être contée : La dernière des dix plaies d’Égypte (châtiment infligé par Dieu au peuple d’Égypte dans la tradition judéo-chrétienne) dont parle la bible, prédisait que tous les premier nés seraient exécutés par l’ange exterminateur dans la nuit du 15 Nissan (premier jour de Pessa’h). Dieu ordonna alors à Moïse de faire immoler un agneau mâle par famille dont le sang éviterait la mort. Avec une branche d’hysope, les hébreux marquèrent du sang recueilli sur les agneaux les linteaux de leur porte de maison. L’ange exterminateur épargna les nouveaux nés hébreux. Faisons ici un lien avec le film de M. Night Shyamalan : « Le village ». En effet, les créatures dont on ne parle pas inscrivent de longues trainées rouges sur la porte des habitants. Le mythe ressurgit donc ici avec une étonnante similitude.

On retrouve également chez les musulmans, une célébration similaire en l’événement de l’Aïd el-Kebir (fête du sacrifice), célébration que fait suite à une longue période de jeun (le ramadan). La date se déplace tous les ans, en fonction de la lune. Cette fête commémore la soumission d’Ibrahim à Dieu. Le patriarche acceptait de tuer son fils Ismaël sur l’ordre d’Allah, et celui-ci envoyait au dernier moment un mouton pour remplacer l’enfant. En souvenir de cette soumission totale d’Ibrahim à Dieu, les familles musulmanes sacrifient un mouton ou un bélier a cette date. Étonnante similitude, une fois encore…

Les cloches

Essayons de comprendre maintenant ce que viennent faire les cloches dans cette histoire. L’origine des cloches de Pâques remonte VIIème siècle, date à partir de laquelle l’église interdit de sonner les cloches en signe de deuil entre le jeudi Saint et le dimanche de Pâques. On remplace d’ailleurs la clochette par une crécelle dans les offices. Une légende s’est construite autours de ce fait avéré : Les cloches, pendant cette période, partaient à Rome où elles étaient bénis par le pape pour revenir le matin de Pâques en carillonnant, afin de fêter la joie de la résurrection du Christ. Elle se chargeait également d’œuf de pâques, qu’elles répandaient dans tous les jardins à leur retour.

La symbolique de la cloche dans nos civilisation est très riche, et il convient de donner quelques clés pour bien comprendre ce qu’une telle légende implique. La cloche a des usages très variés :

Appeler les moines aux offices
Informer la population rapidement (construction de beffrois)
Annoncer l’heure à tous (heure du « salve », c’est à dire de la fin de journée, du couvre-feu, etc… donc grande praticité à une époque ou les montres n’étaient pas très très répandues…)
Rassembler la population lors de sinistres, d’invasions ou tout sorte de péril (tocsin).
Avertir la population du passage de troupes, de fêtes, des assemblées de Magistrat…
Guider les voyageurs égarés dans la neige ou le brouillard, lors de soirées de tourmente l’hiver.
Accompagner un événement exceptionnel comme la venue d’une haute personnalité. Il n’y a pas si longtemps, le 2 octobre 1990 à minuit, lors de la réunification de l’Allemagne, toutes les cloches de Berlin ont retenti à l’unisson.
Sonner le glas. « La cloche des morts », permettait d’annoncer à tous les membres d’une communauté la mort de l’un des leurs. Le nombre de coups frappés permettait de connaitre le sexe du défunt (3 fois 3 coups puis la grosse cloche pour les hommes, 2 fois 3 coups et la « grande » volée pour les femmes).

Le lièvre

quant à lui, vient à la base d’une tradition germanique et nordique. Il est l’animal emblématique de la déesse Astre, que les saxons honoraient au printemps ainsi que de la déesse « Ost Ara » (fertilité et printemps) en pays germanique. Ost Ara a d’ailleurs donné son nom à Pâques en anglais « Easter ». Dans la tradition celtique et scandinave, le lièvre était le symbole de la déesse mère. La lièvre a une grande fécondité et symbolise abondance, prolifération, vie, renouveau. La symbolique se retrouve en régime chrétien : le Christ y est parfois représenté par un lièvre aux grandes oreilles afin d’écouter la parole divine.
?

Lorsque que l’on met en lien les symboliques de toutes les traditions, qu’apprend on d’important sur Pâques et sa signification ?

Pâques est incontestablement la célébration d’un renouveau, et ce pour toutes les traditions que nous avons détaillées ici. Passage, renaissance, arrivée de la fertilité (printemps), abondance… les traditions ne sont pas si éloignées que ça les unes des autres, et ce pour une raison majeure. Toutes les grandes religions monothéistes sont des syncrétismes , c’est à dire qu’elles empruntent à plusieurs traditions préalables qui faisaient signe vers le désir de sacré chez l’homme, et ce depuis la nuit des temps.

En cette date symbolique dans bien des traditions et dans le contexte de crise actuelle, il me reste donc à vous souhaiter une période de renouveau qui j’espère fera ressurgir l’abondance, la communauté entre humains, le partage, la vie…

Frédéric Lenoir : Petit traité d’histoire des religions.

commentaires : 4Commentaire

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4 réponses


  1. Mon avis là dessus c’est que, clairement, les religions majeures de notre époque ne sont que de simples syncrétismes de traditions, coutumes ou mythes passés.
    C’est d’ailleurs dommage d’en arriver à manifester de la violence par le non-respect des croyances, et donc des autres. On voit bien que chaque religion puise dans un univers (étoiles, espace ?) commun, que pas grand chose n’est inventé au final, et qu’il n’y a que trop peu d’évolution entre toutes ces religions qui se disent "uniques" chacune à leurs manières.

    De là à enfermer, rejeter, ou bien tuer pour cela… je trouve cela bien dommage.

  2. Petite précision ^^. Ibrahim et Abraham se ressemble, et c’est normal puisque ce sont les MEME PERSONNES : simplement, la consonnance du nom a changé en fonction de la culture (un peu comme Clovis, qui donna son nom à toute une génération de roi de France : Louis, par déformation des lettres ^^). Il s’agit bien du personnage cité par la Bible comme étant le premier croyant, qui aurait édifié la première "maison de Dieu" (aujourd’hui communément appelé la kahaba par les musulmans).Et pourquoi ces similitudes entres les religions : tout simplement par ce que l’Islam reconnait la Bible comme étant un livre saint, (beaucoup de passage du coran en font référence, et un verset entier est consacré à Maryam, c’est a dire Marie) et comme la Torah est issu en partie de l’ancien testament… Après, les conflits qui les opposent sont dictés par des sens banalement humains : l’appat du gain, la volonté de puissance et de contrôle que l’homme désir sur l’homme, et qu’il désirera toujours. Au travers des moyens utilisés pour bouger les foules, qui sont, eux, bien visibles,  on n’aperçoit pas forcément les buts…

  3. Merci pour toutes ces précisions très intéressantes. Effectivement les conflits qui opposent les religions sont issus des vices de l’Homme et de son interprétation des textes originels trop catégorique… quel dommage. Et pourtant la recherche de sacré, commune a tous les humains, pourrait être un lien magnifique et d’une grande fécondité … cela dit, elle l’est quand même parfois, fort heureusement ! 

  4. En ce qui concerne les guerres de religions, il me semble que leur motif principal soit plutôt la détention de la Vérité. Dans le sens où celui qui s’approprie la Vérité détient le pouvoir puisqu’elle lui assure à la fois le contrôle sur le savoir, et également sur la pensée des individus au travers du dogme idéologique (et "phraséologique"). Je doute que les prétendus "vices" de l’Homme ne puissent être mis en cause du fait même qu’ils sont inhérents à un lieu et à un temps donné (civilisation, période historique, etc.). Dans le cas contraire cela impliquerait l’existence d’une nature humaine caractérisée par les penchants négatifs (tels que nous les concevons moralement aujourd’hui) du comportement humain. Or, et je terminerai la dessus, loin de penser que la morale de l’Homme serait uniquement dépendante de son environnement (social, religieux, politique, etc.), j’opte plutôt pour ce que G. Orwell appelle une "common decency" (Jean-Claude Michéa, Orwell Anarchiste tory). C’est à dire une décence commune à tous les Hommes et qui formerait une base morale inée vitale à la vie sociale. Cette décence serait plus ou moins exprimée en fonction des régimes politiques et constiturait un élan de solidarité et de coopération nécessaire à la survie des exploitées face à leurs exploiteurs.

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