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	<title>Commentaires sur : Le capitalisme éthique, une redite ?</title>
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	<description>Décrypter la pop culture à la lumière de notions philosophiques, sociologiques ou graphiques et partager un point de vue engagé et une réflexion subversive et existentielle sur les thématiques les plus diverses, tel est le fil rouge de xulux</description>
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		<title>Par : Michaël</title>
		<link>http://www.xulux.fr/pensee/le-capitalisme-ethique-une-redite/comment-page-1#comment-128</link>
		<dc:creator>Michaël</dc:creator>
		<pubDate>Fri, 17 Apr 2009 17:46:09 +0000</pubDate>
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		<description>Je ne peux qu&#039;aller dans le sens de l&#039;analyse d&#039;Emeric. Pour comprendre le fonctionnement et l&#039;actualité du système économico-politique, il faut lire les ouvrages des économistes classiques et néoclassiques : Adam Smith (&lt;em&gt;La richesse des nations&lt;/em&gt;), Hayek (&lt;em&gt;La route de la servitude&lt;/em&gt;), Freidman (&lt;em&gt;Capitalisme et liberté&lt;/em&gt;), etc... Mais l&#039;aspect &quot;technique&quot; ne suffit pas. Pour réellement cerner la théorie libérale, il faut en comprendre l&#039;anthropologie, c&#039;est à dire sa conception de l&#039;Humain. Dans &lt;em&gt;La richesse des nations&lt;/em&gt;, Adam Smith nous explique que l&#039;intérêt général ne peut être obtenu que par la somme des intérêts privées. Il argumente ceci en soutenant la thèse selon laquelle l&#039;Homme est fondamentalement égoïste et que ses rapports avec les Autres ne sont que de cette nature. Cette anthropologie purement pessimiste de la nature humaine provient d&#039;un autre penseur anglais, Thomas Hobbes qui, en 1651, dans le &lt;em&gt;Léviathan&lt;/em&gt;, expose le célèbre : &quot;L&#039;Homme est un loup pour l&#039;Homme&quot;. De plus, il faut rappeler que cette période de l&#039;Histoire, cette transition entre le régime monarchique et républicain, théocratique et démocratique, est le lieu d&#039;une remise en question totale de la capacité des Hommes à se mettre d&#039;accord sur des valeurs communes. Ceci étant en partie dû aux terribles guerres de religions qui ravagèrent toute l&#039;Europe pendant plusieurs siècles. C&#039;est dans la philosophie des Lumières, pères du libéralisme politique, que l&#039;on retrouve les conséquences de cette remise en question.

En effet, tout le système législatif qui découla de la révolution française est basé sur une axiologie neutre (Jean-Claude Michéa, &lt;em&gt;L&#039;empire du moindre mal&lt;/em&gt; ; &lt;em&gt;La double pensée&lt;/em&gt; ; &lt;em&gt;L&#039;impasse Adam Smith&lt;/em&gt;). C&#039;est à dire que tout est conçu à partir d&#039;un présupposé fondamental : on ne peut pas établir une vérité à partir d&#039;un jugement moral. Or, et c&#039;est là que l&#039;on rejoins le thème central de ce débat, si l&#039;on ne peut pas juger sur une base morale (puisque l&#039;Homme est incapable de se mettre d&#039;accord sur des valeurs communes), nous devons juger sur des bases scientifiques, sur des faits. De là est née le libéralisme politique, puis, sont pendant économique qui exacerba cette logique en réduisant l&#039;économique à un échange de marchandise quantifiables. La raison, politique et économique, sera donc irrémédiablement liée au ratio (calcul). Ce qui est tout à fait commode pour les théoriciens de la fin du XIXème siècle, qui, ayant adhéré au positivisme (Auguste Comte, &lt;em&gt;Discours sur l&#039;ensemble du positivisme&lt;/em&gt;), ne pensent la société qu&#039;au travers du prisme scientifique et donc du fait et du calcul. L&#039;Homme moderne doit et peut, alors, être réduit à un chiffre qui rentrera dans la grande machine du Marché. L&#039;unidimensionnalisation (Albert Jacquard, &lt;em&gt;J&#039;accuse l&#039;économie triomphant&lt;/em&gt;e) de l&#039;Humain, processus nécessaire au Marché pour l&#039;intégrer et donc le contrôler de façon optimum, est alors entamée. Cette réduction, cette prolétarisation de l&#039;Homme, conduit à une perte totale de savoir (Bernard Stiegler, &lt;em&gt;Réenchanter la monde&lt;/em&gt;). Perte de savoir-faire tout d&#039;abord avec la mécanisation et le taylorisme qui réduit l&#039;Homme à un producteur, puis perte de savoir-vivre avec le fordisme qui amorce l&#039;ère de la consommation dûe au fait que les capitalistes aient compris qu&#039;il est plus facile de faire du profit en augmentant la quantité de produit vendu et en abaissant les marges par unité, que l&#039;inverse. Ceci conduit à la constitution d&#039;une classe moyenne.

Cette dernière, au début du XXème siècle, ne comprenant pas l&#039;utilité de la consommation, fut alors l&#039;occasion d&#039;une nouvelle invention purement capitaliste : la publicité et la marketing. Le but étant de contraindre (mentalement) cette classe moyenne à adhérer au modèle consumériste et ainsi permettre au système capitaliste de prospérer. Au troisième stade de la société de consommation (je passe sur les détails), qui émergea au début des années 80, le marketing (dont le nom ne permet aucun doute sur sa fonction) inventa une nouvelle logique pour pallier au déficit moral (on retrouve notre sujet), à la perte de valeur (dû à l&#039;explosion et la remise en question de la morale bourgeoise de mai 68) de la population : les styles de vie (socio-styles). Le branding (Naomi Klein, &lt;em&gt;No logo&lt;/em&gt;), utilisa le concept sociologique de la tribu (Maffesoli, &lt;em&gt;Le temps des tribus&lt;/em&gt;), pour créer de toute pièce des morales de marques, des philosophies de vies. Cette perversion économique de la morale (car inauthentique et absolument cupide) perpétua la logique capitaliste et redonna des &quot;repères&quot;, des valeurs, cette fois-ci hédonistes (&lt;em&gt;carpe diem&lt;/em&gt;), à la population. Ce système de self-service de pseudo-valeurs correspond parfaitement au consumérisme individualiste de la monade capitaliste. Il constitue donc à la deuxième perte de savoir, celle du savoir-vivre. Cette perte à des conséquences beaucoup plus graves qui, cycliquement, amènent à un effondrement. Nous en vivons actuellement un et la particularité de celui-ci c&#039;est sa concordance avec d&#039;autres effondrement, c&#039;est pour cela que l&#039;on peut qualifier la crise d&#039;anthropologique. Je m&#039;explique.

L&#039;effondrement principal, celui qui nous fit prendre conscience de la crise est superficielle et économique, il s&#039;agit de celui à propos duquel les médias de masses nous inondent de logorrhées depuis plusieurs mois. Il est aisément compréhensible si l&#039;on a à l&#039;esprit le fait que la contradiction fondamentale du capitalisme (Marx,&lt;em&gt; Le capita&lt;/em&gt;l) c&#039;est la double nécessité de l&#039;augmentation du profit &lt;em&gt;ad eternam&lt;/em&gt; pour les capitalistes (ceux qui récoltent les plus-values), et l&#039;appauvrissement (physique, moral, économique..) symétrique des prolétaires. Au cours du XXème siècle, le capitalisme inventa (ou céda) plusieurs moyens pour pallier à ce problème (à travers l&#039;Etat providence, etc.), en particulier le crédit. Celui-ci permit aux prolétaires de consommer sans avoir l&#039;argent nécessaire ; puis vient la spéculation (faire de la plus-value sur des prédictions), et enfin, la suite logique, le crédit spéculatif (subprime), c&#039;est à dire la possibilité de faire un crédit ayant pour base la prédiction de l&#039;augmentation de la valeur du bien acheté (grâce à la spéculation immobilière par exemple).
L&#039;éclatement de la bulle spéculative de l&#039;immobilier entraina une perte de solvabilité des créanciers, puis une perte de confiance et donc une perte de liquidité, ce qui conduit logiquement à cet effondrement économique. Le deuxième est d&#039;ordre moral, il est de même nature que celui des années 60, 70 (dont j&#039;ai parlé précédemment) dont on peut retrouver les conséquences dans la mouvance punk (no future). Il fut rapidement compensé par les socio-styles. L&#039;effondrement moral actuel semble moins facilement surmontable (par le capitalisme), car il est issu, d&#039;une part, de l&#039;essoufflement des socio-styles, mais aussi d&#039;un début de prise de conscience dû aux premières manifestations des conséquences écologiques du capitalisme. Cet effondrement moral se caractérise par le fatalisme, la dérision et un manque total de motivation (procrastination, épuisement des désirs et donc surgissement du pulsionnel - du fait de la non transformation de l&#039;énergie libidinale (Freud, &lt;em&gt;Psychologie des foules et analyse du moi&lt;/em&gt;). La tentative des technologies R (pour relationnel) telles que Facebook et consorts, est, je pense, un des derniers avatars capitalistes pour remédier à cet effondrement qui, cette fois-ci, est plus profond car il est issu de la décomposition de la sociabilité, de la perte de la &lt;em&gt;philia &lt;/em&gt;(Aristote) inhérente au Marché. Malheureusement pour lui, même si cet ersatz de sociabilité, cette triste imitation du lien Humain, cette virtualisation du collectif, arrive à compenser la décrépitude du politique intrinsèque au capitalisme, ce sont les limites écologiques qui viendront nous réveiller et cette fois-ci, l&#039;effondrement ne sera plus une crise, &lt;strong&gt;mais une fin&lt;/strong&gt;.

&quot;Serons-nous dupes encore longtemps ?&quot; , était la question initiale. Après ce bref (mais peut-être déjà trop long pour un blog) voyage dans les méandres historiques du capitalisme, peut-être que nous pourrons au moins déceler les leurres, les fourberies, les supercheries, les pantalonnades du système. Ceux-ci se cachent souvent dans la réthorique et dans les manipulations de la langue (Eric Hazan,&lt;em&gt; LQR la popagande du quotidien&lt;/em&gt;), particulièrement au travers d&#039;oxymores (Méheust, &lt;em&gt;La politique de l&#039;oxymore&lt;/em&gt;) tel que &quot;développement durable&quot; (Serge Latouche, &lt;em&gt;Le pari de la décroissance&lt;/em&gt;), &quot;capitalisme vert&quot;, etc.
Mais comprendre les mécanismes de la tromperie, et en fait de la propagande, ne suffira certainement pas. Le capitalisme sera toujours le meilleur système tant qu&#039;il sera hégémonique, et ceci pour une simple raison : rien n&#039;est plus convaincant que le déjà-là (Benasayag, &lt;em&gt;La fatigue d&#039;être soi&lt;/em&gt;). La critique doit être accompagnée d&#039;hypothèses quant à un autre modèle possible (Badiou,&lt;em&gt; L&#039;hypothèse communiste&lt;/em&gt;), en repensant l&#039;Homme dans sa globalité, et en évitant les présupposés des théoriciens libéraux.  Bien que &quot;changer le monde, c&#039;est d&#039;abord se changer soi-même&quot; (Keny Arkana), il ne faut pas oublier que le meilleur moyen de renverser l&#039;individualisme c&#039;est de penser le collectif et de le vivre. C&#039;est par l&#039;échange, la solidarité et la coopération que nous pourrons démontrer l&#039;erreur ontologique de l&#039;égoïsme, de la compétition et de la cupidité comme moteur de l&#039;humanité.N&#039;oublions pas que &quot;L&#039;Homme vivant est un groupe&quot;. &lt;em&gt;Proudhon&lt;/em&gt;</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Je ne peux qu&#8217;aller dans le sens de l&#8217;analyse d&#8217;Emeric. Pour comprendre le fonctionnement et l&#8217;actualité du système économico-politique, il faut lire les ouvrages des économistes classiques et néoclassiques : Adam Smith (<em>La richesse des nations</em>), Hayek (<em>La route de la servitude</em>), Freidman (<em>Capitalisme et liberté</em>), etc&#8230; Mais l&#8217;aspect &quot;technique&quot; ne suffit pas. Pour réellement cerner la théorie libérale, il faut en comprendre l&#8217;anthropologie, c&#8217;est à dire sa conception de l&#8217;Humain. Dans <em>La richesse des nations</em>, Adam Smith nous explique que l&#8217;intérêt général ne peut être obtenu que par la somme des intérêts privées. Il argumente ceci en soutenant la thèse selon laquelle l&#8217;Homme est fondamentalement égoïste et que ses rapports avec les Autres ne sont que de cette nature. Cette anthropologie purement pessimiste de la nature humaine provient d&#8217;un autre penseur anglais, Thomas Hobbes qui, en 1651, dans le <em>Léviathan</em>, expose le célèbre : &quot;L&#8217;Homme est un loup pour l&#8217;Homme&quot;. De plus, il faut rappeler que cette période de l&#8217;Histoire, cette transition entre le régime monarchique et républicain, théocratique et démocratique, est le lieu d&#8217;une remise en question totale de la capacité des Hommes à se mettre d&#8217;accord sur des valeurs communes. Ceci étant en partie dû aux terribles guerres de religions qui ravagèrent toute l&#8217;Europe pendant plusieurs siècles. C&#8217;est dans la philosophie des Lumières, pères du libéralisme politique, que l&#8217;on retrouve les conséquences de cette remise en question.</p>
<p>En effet, tout le système législatif qui découla de la révolution française est basé sur une axiologie neutre (Jean-Claude Michéa, <em>L&#8217;empire du moindre mal</em> ; <em>La double pensée</em> ; <em>L&#8217;impasse Adam Smith</em>). C&#8217;est à dire que tout est conçu à partir d&#8217;un présupposé fondamental : on ne peut pas établir une vérité à partir d&#8217;un jugement moral. Or, et c&#8217;est là que l&#8217;on rejoins le thème central de ce débat, si l&#8217;on ne peut pas juger sur une base morale (puisque l&#8217;Homme est incapable de se mettre d&#8217;accord sur des valeurs communes), nous devons juger sur des bases scientifiques, sur des faits. De là est née le libéralisme politique, puis, sont pendant économique qui exacerba cette logique en réduisant l&#8217;économique à un échange de marchandise quantifiables. La raison, politique et économique, sera donc irrémédiablement liée au ratio (calcul). Ce qui est tout à fait commode pour les théoriciens de la fin du XIXème siècle, qui, ayant adhéré au positivisme (Auguste Comte, <em>Discours sur l&#8217;ensemble du positivisme</em>), ne pensent la société qu&#8217;au travers du prisme scientifique et donc du fait et du calcul. L&#8217;Homme moderne doit et peut, alors, être réduit à un chiffre qui rentrera dans la grande machine du Marché. L&#8217;unidimensionnalisation (Albert Jacquard, <em>J&#8217;accuse l&#8217;économie triomphant</em>e) de l&#8217;Humain, processus nécessaire au Marché pour l&#8217;intégrer et donc le contrôler de façon optimum, est alors entamée. Cette réduction, cette prolétarisation de l&#8217;Homme, conduit à une perte totale de savoir (Bernard Stiegler, <em>Réenchanter la monde</em>). Perte de savoir-faire tout d&#8217;abord avec la mécanisation et le taylorisme qui réduit l&#8217;Homme à un producteur, puis perte de savoir-vivre avec le fordisme qui amorce l&#8217;ère de la consommation dûe au fait que les capitalistes aient compris qu&#8217;il est plus facile de faire du profit en augmentant la quantité de produit vendu et en abaissant les marges par unité, que l&#8217;inverse. Ceci conduit à la constitution d&#8217;une classe moyenne.</p>
<p>Cette dernière, au début du XXème siècle, ne comprenant pas l&#8217;utilité de la consommation, fut alors l&#8217;occasion d&#8217;une nouvelle invention purement capitaliste : la publicité et la marketing. Le but étant de contraindre (mentalement) cette classe moyenne à adhérer au modèle consumériste et ainsi permettre au système capitaliste de prospérer. Au troisième stade de la société de consommation (je passe sur les détails), qui émergea au début des années 80, le marketing (dont le nom ne permet aucun doute sur sa fonction) inventa une nouvelle logique pour pallier au déficit moral (on retrouve notre sujet), à la perte de valeur (dû à l&#8217;explosion et la remise en question de la morale bourgeoise de mai 68) de la population : les styles de vie (socio-styles). Le branding (Naomi Klein, <em>No logo</em>), utilisa le concept sociologique de la tribu (Maffesoli, <em>Le temps des tribus</em>), pour créer de toute pièce des morales de marques, des philosophies de vies. Cette perversion économique de la morale (car inauthentique et absolument cupide) perpétua la logique capitaliste et redonna des &quot;repères&quot;, des valeurs, cette fois-ci hédonistes (<em>carpe diem</em>), à la population. Ce système de self-service de pseudo-valeurs correspond parfaitement au consumérisme individualiste de la monade capitaliste. Il constitue donc à la deuxième perte de savoir, celle du savoir-vivre. Cette perte à des conséquences beaucoup plus graves qui, cycliquement, amènent à un effondrement. Nous en vivons actuellement un et la particularité de celui-ci c&#8217;est sa concordance avec d&#8217;autres effondrement, c&#8217;est pour cela que l&#8217;on peut qualifier la crise d&#8217;anthropologique. Je m&#8217;explique.</p>
<p>L&#8217;effondrement principal, celui qui nous fit prendre conscience de la crise est superficielle et économique, il s&#8217;agit de celui à propos duquel les médias de masses nous inondent de logorrhées depuis plusieurs mois. Il est aisément compréhensible si l&#8217;on a à l&#8217;esprit le fait que la contradiction fondamentale du capitalisme (Marx,<em> Le capita</em>l) c&#8217;est la double nécessité de l&#8217;augmentation du profit <em>ad eternam</em> pour les capitalistes (ceux qui récoltent les plus-values), et l&#8217;appauvrissement (physique, moral, économique..) symétrique des prolétaires. Au cours du XXème siècle, le capitalisme inventa (ou céda) plusieurs moyens pour pallier à ce problème (à travers l&#8217;Etat providence, etc.), en particulier le crédit. Celui-ci permit aux prolétaires de consommer sans avoir l&#8217;argent nécessaire ; puis vient la spéculation (faire de la plus-value sur des prédictions), et enfin, la suite logique, le crédit spéculatif (subprime), c&#8217;est à dire la possibilité de faire un crédit ayant pour base la prédiction de l&#8217;augmentation de la valeur du bien acheté (grâce à la spéculation immobilière par exemple).<br />
L&#8217;éclatement de la bulle spéculative de l&#8217;immobilier entraina une perte de solvabilité des créanciers, puis une perte de confiance et donc une perte de liquidité, ce qui conduit logiquement à cet effondrement économique. Le deuxième est d&#8217;ordre moral, il est de même nature que celui des années 60, 70 (dont j&#8217;ai parlé précédemment) dont on peut retrouver les conséquences dans la mouvance punk (no future). Il fut rapidement compensé par les socio-styles. L&#8217;effondrement moral actuel semble moins facilement surmontable (par le capitalisme), car il est issu, d&#8217;une part, de l&#8217;essoufflement des socio-styles, mais aussi d&#8217;un début de prise de conscience dû aux premières manifestations des conséquences écologiques du capitalisme. Cet effondrement moral se caractérise par le fatalisme, la dérision et un manque total de motivation (procrastination, épuisement des désirs et donc surgissement du pulsionnel &#8211; du fait de la non transformation de l&#8217;énergie libidinale (Freud, <em>Psychologie des foules et analyse du moi</em>). La tentative des technologies R (pour relationnel) telles que Facebook et consorts, est, je pense, un des derniers avatars capitalistes pour remédier à cet effondrement qui, cette fois-ci, est plus profond car il est issu de la décomposition de la sociabilité, de la perte de la <em>philia </em>(Aristote) inhérente au Marché. Malheureusement pour lui, même si cet ersatz de sociabilité, cette triste imitation du lien Humain, cette virtualisation du collectif, arrive à compenser la décrépitude du politique intrinsèque au capitalisme, ce sont les limites écologiques qui viendront nous réveiller et cette fois-ci, l&#8217;effondrement ne sera plus une crise, <strong>mais une fin</strong>.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Serons-nous dupes encore longtemps ?&nbsp;&raquo; , était la question initiale. Après ce bref (mais peut-être déjà trop long pour un blog) voyage dans les méandres historiques du capitalisme, peut-être que nous pourrons au moins déceler les leurres, les fourberies, les supercheries, les pantalonnades du système. Ceux-ci se cachent souvent dans la réthorique et dans les manipulations de la langue (Eric Hazan,<em> LQR la popagande du quotidien</em>), particulièrement au travers d&#8217;oxymores (Méheust, <em>La politique de l&#8217;oxymore</em>) tel que &quot;développement durable&quot; (Serge Latouche, <em>Le pari de la décroissance</em>), &quot;capitalisme vert&quot;, etc.<br />
Mais comprendre les mécanismes de la tromperie, et en fait de la propagande, ne suffira certainement pas. Le capitalisme sera toujours le meilleur système tant qu&#8217;il sera hégémonique, et ceci pour une simple raison : rien n&#8217;est plus convaincant que le déjà-là (Benasayag, <em>La fatigue d&#8217;être soi</em>). La critique doit être accompagnée d&#8217;hypothèses quant à un autre modèle possible (Badiou,<em> L&#8217;hypothèse communiste</em>), en repensant l&#8217;Homme dans sa globalité, et en évitant les présupposés des théoriciens libéraux.  Bien que &quot;changer le monde, c&#8217;est d&#8217;abord se changer soi-même&quot; (Keny Arkana), il ne faut pas oublier que le meilleur moyen de renverser l&#8217;individualisme c&#8217;est de penser le collectif et de le vivre. C&#8217;est par l&#8217;échange, la solidarité et la coopération que nous pourrons démontrer l&#8217;erreur ontologique de l&#8217;égoïsme, de la compétition et de la cupidité comme moteur de l&#8217;humanité.N&#8217;oublions pas que &quot;L&#8217;Homme vivant est un groupe&quot;. <em>Proudhon</em></p>
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