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L'homme n'est rien d'autre que la série de ses actes.   {Friedrich Hegel}

Jeudi 30 avril 2009{par Emeric}

La lucidité pour tous !

« la france est dĂ©sormais aux mains d’un clan,
celui de l’argent »

Cette phrase assassine est issue du livre Ă  paraĂ®tre de François Bayrou, « Abus de pouvoir ». Notre ancien « troisième homme » que les deux candidats s’arrachaient lors de l’Ă©lection prĂ©sidentielle de 2007 publie un livre, que dis-je, un pamphlet dans lequel il fustige, il dĂ©nonce, il flagelle de manière cinglante le « sarkozysme », sa politique, ses idĂ©es et ses valeurs, mais non l’homme.

« Pendant la campagne prĂ©sidentielle, les discours de Nicolas Sarkozy Ă©taient rĂ©publicains, presque socialistes, il a convoquĂ© Jaurès, Blum et presque Karl Marx pour exalter les attentes de justice mais, en rĂ©alitĂ©, la politique qu’il a suivie ensuite est une politique, qui au lieu d’aller vers l’Ă©galitĂ©, est allĂ©e vers l’inĂ©galitĂ© ».
C’est un des nombreux passages qui s’en prend directement au chef de l’Etat. La critique de Mr Bayrou apparaĂ®t fondĂ©e, rĂ©flĂ©chie, et aboutie. J’ai regardĂ© son intervention au journal de 20h de France 2 Mercredi 29 Avril et bien qu’il n’ait pas rĂ©pondu Ă  beaucoup de questions, il a nĂ©anmoins dĂ©fendu ses idĂ©es, et mis en place certaines choses. Parmi elles, il dĂ©nonce la main mise sur les mĂ©dias, les connivences avec les grands patrons, la pipolisation du prĂ©sident, son hyperactivitĂ©, mais tout cela, on le savait dĂ©jĂ . Ce que l’on sait moins c’est le sentiment de malaise, que « quelque chose » ne va pas, sans trop savoir quoi, mais que tous les Français ressentent. Et bien François Bayrou nous donne les mots. Pour lui, « Les valeurs de Sarkozy sont incompatible avec la fonction de PrĂ©sident ».

L’ex-candidat Ă  la prĂ©sidence nous parle ensuite du modèle que tente de mettre en place Nicolas Sarkozy, et il n’est pas bien Ă©logieux. AgrĂ©gĂ© de Lettre classiques, je pense que Mr Bayrou connait bien la pĂ©riode des fondements de la RĂ©publique, et des penseurs rĂ©volutionnaires qui ont fait les grands moments de 1789, et je ne peut qu’aller dans son sens lorsqu’il nous dit que le système mis en place court-circuite toute l’action, l’Ă©motion et la volontĂ© des penseurs des Droits de l’Homme et de la RĂ©publique.

« la logique de Sarkozy remet en cause les principes qui sont ceux de notre histoire »

Nous avons Trois valeurs fondamentales ; la libertĂ©, l’Ă©galitĂ©, et la fraternitĂ©.
Nous connaissons tous le terme de libertĂ©, mais peut-on dire aujourd’hui que nous le sommes ? Le serons nous encore demain avec des lois qui nous enferment et nous contrĂ´lent petit Ă  petit (hadopi, interdiction des « bandes » (et leurs extensions)?

L’Ă©galitĂ© n’est-elle plus maintenant qu’un simple mot, qu’un principe, au regard de ce qui a Ă©tĂ© pensĂ© par Rousseau & Montesquieu ? Il y a quand mĂŞme une dimension sociale dans l’Ă©galitĂ© puisqu’elle rĂ©sulte, selon Robespierre, de l’amour de la Patrie et de la RĂ©publique qui ne tolère pas l’extrĂŞme disproportion des richesses. EgalitĂ© d’accès Ă  l’Ă©ducation, d’accès aux soins, Ă©galitĂ© en droit, d’accès au logement ? la seule Ă©galitĂ© qui vaille aujourd’hui est celle face Ă  la mort. Quelque soit le nombre de billets que l’on a accumulĂ©.
La fraternitĂ©… c’est bien elle la pire… est-ce que le système de rĂ©partition, ça vous parle ? la charitĂ© ? l’entraide (en temps de crise surtout) ? Et pour reprendre la phrase de Paul Thibaud, « Autant la libertĂ© et l’Ă©galitĂ© peuvent ĂŞtre perçues comme des droits, autant la fraternitĂ© est une obligation de chacun vis-Ă -vis d’autrui. C’est donc un mot d’ordre moral. »
Le seul mot que l’on entende ces derniers temps, c’est « travail ».
Travail, donc production de richesse. Mais richesse pour qui ?
Pour nous ? Sûrement pas !
Les Français sont parmi les meilleurs Ă©lèves EuropĂ©en en terme de productivitĂ© du travail, et on voudrait nous faire « travailler plus pour gagner plus » ? Autant se tuer Ă  la tâche !
Comment peut-on appeler une sociĂ©tĂ© « Ă©galitaire » lorsque certains travaillent toute leur vie dans la mĂŞme entreprise pour un mĂŞme salaire, se font virer du jour au lendemain, crèvent de faim, et dorment dans la rue, pendant que d’autres restent dans une entreprise pendant 2 mois et partent avec des millions, ou que Monsieur et sa belle vont se pavaner en Espagne, et que l’on n’entende parler que de la robe de Madame, de sa beautĂ©, de son Ă©lĂ©gance, d’un dĂ®ner glamour, et d’un dĂ©corum « digne d’un autre siècle » (dixit france 2).

« Dans le discours de Saint-Quentin, il y a quelques jours Ă  peine, Nicolas Sarkozy a prononcĂ© une phrase qui est pour moi extraordinairement choquante. Une sociĂ©tĂ© Ă©galitaire c’est le contraire d’une sociĂ©tĂ© de libertĂ© et de responsabilitĂ©, avance-t-il. Et bien cette phrase qui attaque directement le coeur du projet français Ă  savoir la longue marche vers l’Ă©galitĂ© au sein de la sociĂ©tĂ© française, est une attaque contre ce que nous avons de plus prĂ©cieux ».
Merci donc Monsieur Bayrou pour cette lucidité que plus de personnes devraient avoir.

commentaires : 2Commentaire

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2 réponses


  1. M. Bayrou est donc la preuve que la luciditĂ© peut, malgrĂ© la phonĂ©tique, rimer avec hypocrisie. Faut-il rappeler que le mouvement qu’il reprĂ©sente vote pour la quasi-totalitĂ© des lois de l’union europĂ©enne qui reprĂ©sente environ 75% des lois françaises ? Faut-il rappeler que les vingt dernières annĂ©es, l’ex-UDF Ă  largement participĂ© aux divers gouvernements ? Au-delĂ  des dĂ©clarations de principes et de la dĂ©magogie inhĂ©rente aux partis de gouvernements lorsqu’ils sont dans l’opposition, je pense qu’il est nĂ©cessaire d’Ă©valuer et de juger une position politique par sa praxis, c’est Ă  dire par le degrĂ© de cohĂ©rence entre la pensĂ©e et l’action de ses adhĂ©rents.

  2. C’est difficile de comparer le vote des lois EuropĂ©ennes et le vote les lois françaises. Par exemple l’amendement au paquet tĂ©lĂ©com visant Ă  faire de l’accès Ă  internet un droit fondamental est acceptĂ© par une très large majoritĂ©, et pourtant nous faisons l’inverse actuellement en france.
    Je pense qu’effectivement il y a une part importante de "volontĂ© d’exister" de la part des personnes en opposition dans chaque gouvernement. D’autant plus que le MoDem est assez minoritaire. Bayrou peut ĂŞtre tentĂ© d’ĂŞtre juste dans la polĂ©mique pour tenter d’exister.
    Donc la praxis… ya que ça de vrai !

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