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I don't think success can fill you up when you need love.   {Fred durst}

Jeudi 9 avril 2009{par Marielle}

Free hugs : en vaut-il la peine ?

Peut-être avez-vous déjà entendu parler des free hugs, « étreinte gratuite » littéralement en français, qui consiste à proposer spontanément des accolades aux gens dans un lieu public.
Reconnaissable Ă  des kilomètres Ă  la ronde grâce Ă  leurs pancartes oĂą est Ă©crit en gros « free hugs ». Cela ressemble d’ailleurs Ă©trangement aux chauffeurs de taxi qui attendent leurs clients dans les aĂ©roports ou les gares. Rien Ă  voir me direz vous … peut-ĂŞtre. Seulement vous remarquerez que, et peu importe la raison, il y a attente.

Mais justement qu’attendent ces personnes qui dans un lieu public proposent Ă  de parfaits inconnus de venir se poser dans leur bras l’espace de quelques secondes. Besoin d’humanitĂ© ? De casser la morositĂ© de la sociĂ©tĂ© oĂą l’individu est devenu impersonnel ?

C’est Juan Mann (pseudo) qui a lancĂ© le mouvement en 2004, car il avait ressenti le besoin de rentrer en contact avec des personnes, dans une ville qui lui Ă©tait parfaitement Ă©trangère et dans laquelle il ne supportait plus la solitude. Free hugs, le remède  ? Je ne pense pas.

Parce ce que si le mouvement a le mĂ©rite d’avoir ouvert une fenĂŞtre sur les malaises de la sociĂ©tĂ© que sont l’indiffĂ©rence et l‘Ă©gocentrisme, il est parti aussi vite qu’il est arrivĂ©. Il est beau et juste de vouloir rassembler des personnes en un mĂŞme lieu avec l’intention de partager un moment de « bontĂ© dĂ©sintĂ©ressĂ©e », mais qu’en reste-t-il ? Car dĂ©sintĂ©ressĂ©s beaucoup le sont devenus. Plus personne n’en parle, sauf un blog oĂą quelques personnes persistent Ă  vouloir faire exister un mouvement qui finalement n’a pas pu et ne pouvait perdurer. Pas parce que la dĂ©marche n’Ă©tait pas intĂ©ressante, mais parce qu’elle n’a pas fait rĂ©ellement bouger les gens intĂ©rieurement. Elle a fait rĂŞver des milliers de personnes qui pensaient pouvoir sortir de leurs tristes habitudes mais ça n’a Ă©tĂ© qu’une Ă©toile filante. Car ce n’est pas en sortant un après midi dans les rues que notre monde, extĂ©rieur ou intĂ©rieur, entre en mouvement mais c’est dans la difficultĂ© de tous les jours, oĂą chaque petits gestes que l’on pose pour se rapprocher de l’autre nous demande des efforts mais nous empli de joie un jour, une semaines ou des mois après. L’immĂ©diatetĂ© et la superficialitĂ© du concept Ă  montrĂ© ses limites. Après l’excitation de l’innovation est arrivĂ© l’oublie de la rĂ©pĂ©tition. J’ai vu des sites qui essayaient de faire des free hugs mensuels. La plupart des autres n’ont plus d’activitĂ© depuis 2006. MĂŞme le site officiel semble avoir Ă©tĂ© laissĂ© dans la rue, point de dĂ©part du projet.

Alors notre sociĂ©tĂ© est-elle en crise de lien entre les hommes ? Ces câlins gratuits ont-ils rĂ©ellement bouleversĂ©s les gens et les choses ? Juan Mann se sent-il aujourd’hui moins seul ? Avant d’aller voir les milliers de personnes marchant dans la rue pour subtiliser un semblant d’affection, ne devrions nous pas dĂ©jĂ  mettre un pied sur le seuil de notre voisin ?

commentaires : 6Commentaire

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6 réponses


  1. A quand un retour aux "valeurs sĂ»res" ? A l’heure oĂą la conjoncture Ă©conomique a tendance elle mĂŞme Ă  dĂ©prĂ©cier le lien humain et Ă  le vendre comme un marchandise bon marchĂ© (free hugs, site de rencontre louche…). Tout le monde parle d’un retour aux sources, au moment ou les dĂ©sirs humains font dĂ©sordres (une perte de repère, de reconnaissance d’autrui). Ou le sentiment se nĂ©gocie au plus offrant comme une tranche de jambon (site de rencontre). Tant d’hĂ©sitation. Quand la rĂ©ponse peut se trouver chez notre voisin.

  2. On peut encore en croiser lors d’Ă©vĂ©nements tels que la Japan Expo.
    La question que je soulève en assumant est : "pourquoi les filles proposant des free hugs ne sont que trop rarement jolies ? ^^"

  3. je crois que je vais retourner la question… tout en assumant je dirais juste les choses d’une autre façon, il y en avait aucun Ă  mon goĂ»t… 

  4. Dans ce cas je dirai en assumant aussi, est-ce que ce genre de manifestation, dĂ©sir d’Ă©motion – manque d’affection – recherche d’un Ă©motionalisme soudain, serait souvent pratiquĂ© par des gens "pas forcement beau graphiquement" ?haa..  le commentaire de 3h30 du mat…

  5. En mĂŞme temps c’est normal je trouve :Dans une sociĂ©tĂ© ou tout le monde doit ĂŞtre "beau graphiquement" et parfait/performant en tout point, je trouve cela logique que certaines personnes veuillent parler d’autre chose.Je pense qu’Ă  l’origine ce mouvement Ă©tait lĂ  pour Ă©veiller les consciences, mais que cela a vite dĂ©rapĂ© pour devenir un Ă©motionnalisme tragique…Maintenant il n’y a peut ĂŞtre que le pendant Ă©motinnaliste qui s’exprime, Ă  savoir des personnes qui se sentent un peu en dehors de la sociĂ©tĂ© qui veulent s’en rapprocher un peu, ou bien un dĂ©lire commercial (comme des free hugs en boĂ®te de nuit par exemple).

  6. [...] ont eut le vent en poupe l’annĂ©e dernière. Nous en parlions d’abord dans le billet de Marielle sur les free hugs, puis dans le billet de Vincent. Peut-etre avec le retour des beaux jours assisteront nous encore [...]

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