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Life is worth much more than gold.   {Bob Marley - Jamming}

Dimanche 3 octobre 2010{par Vincent}

Banksy le pochoiriste : Bristol ou la fécondité de l’urbanité perdue

Banksy | Urbanité perdue et Bristol
Depuis que xulux a vu le jour, nous avons partagé, analysé, confronté nos points de vue sur bien des sujets. L’un des domaines qui revient forcément de façon récurrente est le street art ou art de rue. D’une grande fécondité à la fois esthétique et existentielle, le street art est une branche extrêmement subversive et explosive d’une mouvance qui l’est non moins et que nous avons déjà longuement détaillé ici : le hip-hop. Ainsi, « women are heroes« , easteric, ou encore « né dans la rue« ont trouvé une place de choix dans cet espace public d’expression, de réflexion et de partage qu’est xulux : le blog. Bien sur, notre démarche se veut la plus ouverte et globale possible. Bien sur, nous nous efforçons de couvrir les sujets et les champs les plus vastes. En matière de street art subsistait une carence de taille : une anthologie de l’art du pochoir avec son histoire, ses représentants, ses codes, les liens entretenus avec la mouvance hip-hop qui me tient particulièrement à cœur. L’article qui suit constitue l’entame de cette entreprise et présente un pochoiriste de grand talent, j’ai nommé Banksy.

Banksy est un artiste de Bristol, né en 1974 et dont l’œuvre est à la fois complexe et multiple. Bristol a un rôle important dans l’éclosion de nouveaux talent en Grande-Bretagne. Berceau du trip-hop avec les deux groupes phares que sont Massive Attack et Portishead, Bristol entretien une relation privilégiée avec la scène artistique underground. Le terreau d’une telle fécondité est certainement a chercher du côté d’une culture underground métissée, qui a su absorber et faire vivre des influences africaines, jamaïquaines, indiennes… Véritable melting pot portuaire et populaire débordant de créativité, dont Banksy est l’un des enfants chéris, Bristol est un chaudron bouillonnant. Avant de rentrer plus en profondeur dans l’œuvre de Banksy, nous allons nous intéresser a une notion forgée par la philosophie des lumières et qui peut venir abreuver la réflexion sur les quartiers populaires et la réinvention de l’urbanité : l’urbanité perdue.

Dock et drapeau de Bristol

En cette matière, je vous propose un lien : Inventer l’urbanité | Europan 10 qui rentre dans la complexité et la profondeur de la notion d’urbanité. Europan 10 est un concours, dont la thématique était justement la réinvention de l’urbanité, avec tout ce que cela implique. Comme vous le savez maintenant, l’urbanité n’est pas seule affaire de construction et d’agencement spatial mais aussi de sociabilité, de densité culturelle, d’étalement urbain ou encore de relation entre spatial et social. On pourrait dire encore : designer l’espace public des villes.

Car il n’est plus question de penser la vie en société à partir du « politis« , règle de la cité, mais du « polemos« , combat à vivre ensemble.
Le vivre ensemble, n’est ce pas une thématique récurrente dont la publicité à fait maintes fois la récupération ?

Fort de ces quelques clés de lecture, intéressons nous maintenant à l’œuvre de Banksy. Engagé, l’artiste l’est indiscutablement. En témoigne ce projet, « santa’s ghetto« , réalisé en 2005 et dont l’intention est d’habiller le mur entre Israël et la Palestine pour redonner un peu d’espoir et permettre aux habitants de s’évader l’espace de quelques instants.

santa's ghettoCliquez sur l’image pour voir la galerie.


Un an auparavant, en 2004, autre cause et autre lieux : L’artiste réalise de faux billets de 10 pounds dans le cadre du carnaval de Notting Hill en remplaçant la reine d’Angleterre pas Lady Diana et transforme la mention « bank of England » en « Banksy of England ». Le but ? Dénoncer les conditions mystérieuses de l’accident de la princesse et inviter les foules à se poser des questions.

Lady Diana Banksy - Notting HillAutre endroit, autre coup d’éclat : L’œuvre nu, à Park Street, Bristol , Angleterre.
L’œuvre a failli être enlevée par la ville, mais le conseil à voté à l’unanimité pour la garder. Petite anecdote amusante, cette oeuvre fut peinte sur le mur d’une clinique sexuelle.

Nude - Park Street, Bristol

En 2006, c’est à Paris Hilton, icône mondiale de la jet-set débauchée doublée d’une very important papagirl, que Banksy s’attaque. Il remplace 500 copies du disque de la jet-setteuse par ses disques « maisons ». Les titres sont changés : « pourquoi je suis célèbre ? » – « A quoi suis-je utile ? » – « Qu’ais-je fais ? » etc.
Paris Hilton figure seins nus en couverture et se métamorphose en femme à tête de chien qui sort d’une voiture luxueuse et enjambe un groupe de sans-abris à l’intérieur du boitier. Quelques copies ont été vendus à l’époque, aucune n’a été retourné…

Banksy V.S Paris Hilton


Et plus récemment, Banksy s’illustre encore en revisitant le générique des Simpson : celui de l’épisode 3 de la saison 22. 1 min sur les coulisses de la confection des Simpson par des asiatiques assommés par leur condition de travail inhumaine. Ces asiatiques, prisonniers symboliques de la chaine américaine 20th Century fox, remplissent leur tâche tant bien que mal, usés par le temps, rongé par la fatigue et les produits toxiques qu’ils utilisent. Les symboles sont là : panda, licorne, tête de poisson, travail à la chaine, jeune enfant s’exposant aux produits toxiques (biohazard), rat qui emporte les ossements de travailleurs tués à la tâche, éclairage à la bougie, emprisonnement… Une dénonciation sans concession en même temps qu’une bonne dose de recul pour la chaine. Nul doute que le buzz sera de taille. Mais est-ce vraiment une prise de position ou une nouvelle étape dans la monstration du trash aux foules afin de conserver leur adhésion ?

On peut tisser toute sorte de liens entre Banksy et d’autre pochoiristes notoire : Blek le rat, Ernest Pignon-Ernest pour ne citer qu’eux.
A propos du premier, Banksy dit lui-même : « À chaque fois que je peins quelque chose, je découvre que Blek le Rat l’a déjà fait. simplement 20 ans avant ! ».

Un revendicateur qui n’a pas froid aux yeux, provoque et pose des questions. Qu’elles soient caustiques, poétiques ou humoristiques, ses interventions sont toujours réfléchies et incisive, détournant les codes de l’imaginaire collectifs : Icônes contemporaines, symboles religieux, logos publicitaires, sentences lapidaires ou encore situation type. Jouant toujours avec l’endroit qui accueille sa peinture, le support mais surtout le contexte spatial font partie intégrante de l’œuvre et lui donnent toute sa dimension.

J’espère que ce voyage dans l’œuvre de Banksy vous a plus et qu’il vous aura donné un autre regards sur l’urbanité et l’univers du street art.
Banksy, qui garde soigneusement secrète son identité, continue de pousser des coups de gueules dans les règles de l’art du graffiti c’est à dire dans le plus pur secret. C’est l’humain, et toute sa richesse mais aussi toute sa bêtise, qui reste sa source d’inspiration la plus importante. Une source inépuisable…

Autre lien multimédia






commentaires : 7Commentaire

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7 réponses


  1. Héhé. Banksy fera toujours autant parler de lui. Il fut l’un des premiers artistes dont je m’étais décidé à présenter sur mon blog. Mais tu as su trouver des mots plus forts (et plus nombreux) que les miens de l’époque. Si tu souhaites jeter un œil à mon article qui contient d’ailleurs plusieurs vidéos (que tu pourrais intégrer ici d’ailleurs ;) ) et quelques précisions sur son « projet » autour de Paris Hilton.
    http://www.rougenoirblanc.com/blog/?p=16
     
    Mon commentaire ressemble tellement aux spams qui pullulent sur la blogosphère… Désolé pour ça ^^

  2. Merci pour tes encouragements et de partager ton lien ! Je vais peut-être compléter cet article avec des vidéos. Mes recherches m’ont appris que Banksy avait même réalisé un film. Ne t’inquiète pas pour ton commentaire, il propose d’autres sources d’informations pour ceux qui veulent et il crée du lien. C’est exactement ce que l’on souhaite sur xulux. En plus, tu glisse un petit mot d’encouragement alors… c’est parfait ^^ Merci pour ta fidélité !

  3. Cool cet article… j’adore Banksy! C’est tout pour le moment… ;)

  4. Visiblement, il suffit de parler de lui pour qu’il agisse à nouveau.
    http://www.youtube.com/watch?v=DX1iplQQJTo
    Il semblerait qu’il s’agisse du vrai générique du dernier épisode (22×03). Cela signifie que la série sait combien elle est indispensable pour la chaine qui l’héberge, et peut se permettre de se moquer d’elle aussi ouvertement. Excellente idée que d’avoir fait appel à Banksy pour cela.

  5. Bonjour, au fait super l’article, je dois faire une recherche en français
    c’est en quoi l’oeuvre du mur de la palestine de BANKSY est-elle une oeuvre engagée.
    Pouvez-vous m’aidez SVP ?

  6. Bonjour Alice et merci pour tes encouragements. Pour expliquer en quoi l’œuvre « Santa’s Ghetto » de Banksy est une œuvre engagée, on peut commencer par chercher l’étymologie d’ »engagement » et en décortiquer le sens. Évidement, il faut se documenter sur le conflit Israélo-Palestinien pour comprendre son historique, ses enjeux ainsi que ses problématiques. Fort de tout cela, on cherchera à saisir la portée politique, existentielle et /(donc) artistique de Santa’s Ghetto. Au passage, il est important aussi de comprendre le sens du nom de ce travail.

    >> Un petit conseil de lecture aussi : La condition de l’Homme moderne d’Hannah Arendt et les notions de travail/œuvre/action

    Bon courage et à bientôt sur xulux.fr

  7. [...] http://www.xulux.fr/pensee/banksy-le-pochoiriste-bristol-ou-la-fecondite-de-lurbanite-perdue [...]

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