Pensée & société

Saint-Valentin ou Saint-Hermès ?

Écrit par Marielle

Voici venu le temps pour tous les amoureux de fêter l’Amour avec un grand A. Mais attention vous n’avez que 24h. Avant de servir de prétexte pour augmenter son chiffre d’affaire la Saint-Valentin est une fête symbolique. Elle véhicule un message profond : Le droit et la joie d’aimer et d’être aimé.

Pour mieux comprendre les origines de cette célébration revenons quelques siècles en arrière.

Tout d’abord dans la mythologie romaine où à cette saison on pratiquait le rite des Lupercales. Il avait comme objectif de faire jaillir la bienveillance et la fécondité de la nature sur la cité. Les sacrifices d’animaux dans un premier temps et les festivités ensuite, se faisait sous la protection de Faunus Lupercus (Faunus du latin favere signifiant le bon, le favorable et lupercus de Lupus, loup), Dieu fertile et protecteur des troupeaux. Les banquets avaient également pour vocation, suivant la légende, de réunir un jeune homme et jeune femme grâce à une « loterie amoureuse » sous le regard bienfaiteur de Junon, déesse du Mariage. Ensuite dans la mythologie grecque, le mois de Gamélion est consacré au mariage sacré de Zeus et de Héra. Il se situe dans la même période que le jour de la Saint-Valentin. Enfin ce n’est que sous le règne de Claude II le gothique (10 mai 214 – août 270 ) que l’on voit apparaitre le nom de Valentin. Valentin est prêtre, Valentin est romain et vit au IIIe siècle. Claude II le Gothique, lui, est alors empereur. Il mène durant son court règne nombre d’hommes en campagnes militaires. Persuadé que les hommes mariés sont moins performants, il interdit le mariage. Mais les jeunes gens continuent à recevoir en secret la bénédiction du mariage, grâce au fameux prêtre Valentin. Cela ne durera pas longtemps. Il fût arrêté et mis en prison. On pense également que l’origine des mots doux viendrait de sa rencontre avec la fille du geôlier dont il tomba sous le charme et avec laquelle il échangea quelques mots tendres, signés bien évidemment « ton Valentin ».

Mais que reste-t-il de tout ceci ? On profite de la saint-Valentin pour montrer de façon ostentatoire qu’on aime, parce que c’est le jour, parce que c’est programmé. Une fois par an, on donne tout et puis le lendemain on retourne à notre quotidien. On oublie qu’aimer est une construction de chaque instant, dans l’effort et la durée. On le résume, ce jour là, à des roses et des bijoux. Et  les commerçants sont là pour vous y encourager.  En exemple, le vin Saint-Amour, bien évidement de circonstance

André Lasagne, propriétaire récoltant de ce beaujolais ne cache pas que son chiffre d’affaire augmente de 25% à la Saint-Valentin :  les vingt mille bouteilles conçues spécialement pour cette fête partent donc comme des petits pains. Cigale : Paris Enquête Saint Valentin Le business de la Saint Valentin

On en profite au passage pour rappeler aux célibataires que personne n’est là pour partager cette jolie fête avec eux. Certains(es) pratiquent alors la chasse à l’amour durant le mois de janvier via internet et les sites de rencontre qui voit le taux de connexion grimper en flèche. On l’aura compris le vieil adage « mieux vaut être seul que mal accompagné » est tout simplement lui aussi, oublié. Cela dit nous pouvons tout de même en tirer une bonne chose : la créativité. Car c’est le jour ou il faut se surpasser, vous prouver à vous Messieurs & Mesdames, que vous avez fait le bon choix.

Mais  même si l’on peut lui reprocher d’être devenue, comme Noël, une fête du commerce elle est pourtant bien utile. Elle nous permet dans une société ou tout va de plus en plus vite, de prendre le temps. Prendre le temps de partager un bon moment avec la personne que l’on aime, prendre le temps de se poser et de regarder le chemin parcouru avec ceux qui nous sont chers. Profitons alors de ce jour pour ce remémorer ce qu’elle est dans l’essentiel : la fête de l’Amour, simple et vrai.

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Marielle

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