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J'entends, je sais. Je vois, Je me souviens. Je fais, Je comprends.   {Confucius}

Vendredi 17 juin 2011{par Eddie}

Rencontre & Nomadisme #4 | Linda Bortoletto : d’un extrĂŞme Ă  l’autre (1ère partie)

the goutte d'or par Martin Parr© Photos : Linda Bortoletto –  » Cliquez pour l’image en grand »

J’ai eu le plaisir de rencontrer Linda Bortoletto peu avant son aventure pour le Kamchatka et la mer de Béring, le 5 juillet 2011.

« Lors d’une reconnaissance de 10 jours au Kamchatka Ă  Petropavlovsk en avril / mai dernier, je prends soudainement conscience que je suis Ă  11000 km de Paris, avec l’impression paradoxale d’être chez moi, c’est le ressenti d’un instant, le sentiment d’avoir vĂ©cu ici, de connaĂ®tre. Me sentir chez moi au Kamchatka et Ă©trangère chez moi… ».

Suite à une rencontre ainsi qu’au besoin de s’immerger au milieu de la nature et de ses êtres authentiques, seule et sans autre influence, Linda a choisi le Kamchatka et les îles Aléoutiennes au cœur de la mer de Béring pour réaliser son désir d’aventure. Elle ralliera l’extrême orient russe à l’extrême occident américain en Alaska…à pied et en bateau.


Rencontre & Nomadisme / Linda Bortoletto© Photos : Linda Bortoletto / Cliquez pour l’image en grand

L’élément déclencheur est un changement de cap professionnel, Linda est capitaine de gendarmerie et travaille au ministère du budget en détachement depuis maintenant 3 ans. Ce break est l’occasion de répondre à une envie profonde de voyage, de découverte de la simplicité et de la complexité du monde. Durant 4 mois de totale liberté elle va pouvoir fouler ces régions peu explorées.

« Je connais encore très peu de choses sur cette partie de la Russie. Le Kamchatka est composé à 80% de russes allochtones, et 20% de peuples autochtones dont les Koriaks, Itelmènes, Evènes, Tchouktches, quelques Aléoutes, etc… Ma première idée était de traverser le Kamchatka d’ouest en est, un itinéraire jamais réalisé mais cela avait peu d’intérêt car très marécageux. J’ai rencontré des géologues, des géophysiciens sur place, et nous avons défini un itinéraire au nord sur le district Koriak. Géographiquement la zone est intéressante car elle combine montagne, mer, plaine et rivière, sachant que la toundra est dominante ».
Son but est surtout de rencontrer les Koriaks qui vivent dans des zones inaccessibles par les routes. Le climat rude ne concède que deux mois cléments, en juillet août, où les températures n’excèderont pas 15/20 degrés.
« D’après des témoignages que j’ai recueillis, certains jours un brouillard intense empêche de voir le bout de sa main tendue devant soi. Le GPS et la boussole seront essentiels à ma survie ».

Par bateau Linda ira à la découverte du peuple Aléoute, Unangan dans leur propre langue, être témoin de leur mode de vie, de leurs traditions au sens large, leur perception de la vie et la nature, de la spiritualité au travers des rites chamaniques.
« Mon attente est notamment de constater les points communs entre ces deux peuples, proches géographiquement mais avec des langues et origines  différentes ».
Pour communiquer avec eux, Linda a appris quelques mots de russe durant ces dix jours au Kamchatka.
« En arrivant dans l’aéroport minuscule de Petropavlovsk, je pensais trouver des indications, certes en Cyrillique mais également en anglais, malheureusement j’ai dû me débrouiller comme j’ai pu devant cet alphabet si différent. J’ai tout de même réussi à trouver un guide parlant anglais. Grâce à la générosité des russes et leurs aptitudes aux langues étrangères, j’ai réussi à communiquer et apprendre les bases de la langue. »
Depuis son retour Linda étudie le russe pour pouvoir se débrouiller seule et converser plus profondément.

A moins d’un mois du départ, et malgré le labyrinthe de l’administration russe pour obtenir visas et laisser passer, l’organisation se met en place petit à petit. Pour se rendre aux îles Aléoutiennes, il n’existe pas de liaison par cargo ou bateau de pêche, et prendre l’avion vient à l’encontre de l’esprit de ce voyage. Durant son court séjour de reconnaissance, Linda a rencontré sur place un capitaine de voilier russe, Alexander Solomatin, qui accepte de l’acheminer spécialement jusqu’en Alaska par les îles à bord du « Wild ».

Linda sera équipée d’un sac à dos de 20 kilos contenant le minimum à sa survie quotidienne, elle devra composer avec des aléas comme les animaux sauvages.
« Les ours bruns du Kamchatka, entendent très bien et voient très mal, d’où l’utilité de chanter en marchant pour les effrayer, d’être équipée de feux de Bengale. Le seul réel danger serait de me retrouver entre une maman et son petit, ce qui l’obligerait à m’attaquer. Et puis j’hésite encore entre la balise et le téléphone satellites, même si ces moyens de communication m’éloignent du côté aventurier de ce voyage…»

Dès son retour au mois de novembre 2011, Linda Bortoletto nous fera partager sa marche à travers cette nature encore sauvage, ainsi que la traversée mouvementée de la mer de Béring, sans oublier sa rencontre avec les peuples Aléoutes et Koriaks.
Pour en savoir plus, la soutenir ou la sponsoriser, rendez-vous sur son site :

« Linda Bortoletto, De l’extrême à l’extrême ».

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Mardi 14 juin 2011{par Sonia}

Entre humanitaire, musique et spectacle vivant : Neb | Jasmin Rouge

À l’ère de la surconsommation et du superflu, nous avons cessé de donner de l’importance à la nature et à l’être humain pour concéder plus d’importance à l’argent. L’engagement humanitaire musical ne passe plus obligatoirement par une pléiade d’artistes accordant plus d’importance à leur image qu’à une action de terrain. xulux est parti à la rencontre de Nébil, du groupe Neb pour vous parler de Jasmin Rouge. Échange, partage et solidarité forment le socle de ce projet.

Neb puise sa musique aux confins du Jazz et de la pop, de la poésie et du spoken words avec une authenticité et une inspiration poétique dépassant les frontières. Après deux années de tournées au Maroc et en France, Nébil désire enregistrer un album en Tunisie auquel participeront des musiciens tunisiens. Mais surtout, il souhaite inscrire son action autour d’ateliers gratuits offerts aux enfants pour les initier à l’univers musical, au cirque, à la percussion et au théâtre. Partager bénévolement un savoir-faire artistique avec les enfants des quartiers à Tunis et La Marsa et créer des passerelles simples, mais fortes entre nos continents.

Entre humanitaire, musique et spectacle vivant, le groupe Neb a choisi le site Ulule.com pour promouvoir et financer son projet. Ulule.com est un service de financement communautaire qui permet de créer des collectes de fonds en ligne. Les internautes financent leurs projets préférés en échange de contreparties originales. 2 000 euros sont nécessaires pour le financement du projet Jasmin Rouge. Mp3, album, concert ou coproduction de l’album seront votre contrepartie en échange d’un financement allant de 3 à 500 euros.


En vĂ©ritable poète urbain, NĂ©bil DAGHSEN s’épanouit Ă  travers les diffĂ©rentes formes d’oralitĂ©s et les actions qu’elles impliquent. Ă€ l’origine du premier collectif Slam en France, il est, avec Monsieur GĂ©rard Mendy, Ă  l’initiative de la crĂ©ation du premier spectacle Slam en France, « les gens et moi » jouĂ© en 2001 Ă  la Villette. La transmission Ă©ducative de l’écriture Rap & Slam et des valeurs hip-hop auprès des jeunes fait partie de ses prioritĂ©s. Il prouve une nouvelle fois, que le hip-hop n’est pas un concept vide de sens, mais bel et bien l’expression d’un mode de vie, de toute une communautĂ© avec comme fondement : la solidaritĂ©, le partage, l’échange, la morale et la recherche de la connaissance.

Neb | Voyage

- Pourquoi avoir choisi le titre Jasmin Rouge pour ton projet ?

Depuis des siècles, le jasmin est considéré en Orient comme le symbole de la beauté et de la tentation féminine. La poésie et la langue sont mon jasmin.
Quant au « rouge », cette couleur contient en elle autant l’amour absolu, que cette violence inhĂ©rente Ă  l’humanitĂ©, ce besoin de chaos pour voir naĂ®tre l’espoir. Le printemps arabe en est un exemple. Les sentiments humains sont mon rouge.
Jasmin rouge est l’expression la plus juste Ă  mes yeux pour dĂ©crire ce projet.

- Comment as-tu vécu la révolution de Jasmin | Révolution pour la dignité ? Étais-tu à Paris où en Tunisie ? As-tu senti le démarrage de cette révolution ? Comment perçois-tu son évolution ?

J’ai senti son dĂ©marrage avec les Ă©vĂ©nements de Sidi Bouzid, je jouais aux Colombiers, la pièce de théâtre de Jean Genet, SPLENDID… Chaque pause Ă©tait prĂ©texte Ă  aller sur le net.
Le 14 janvier, je jouais « l’âme orale de l’histoire » en Province. Je suivais les Ă©vènements dans les coulisses sur le tĂ©lĂ©phone. Beaucoup d’Ă©motion…
Le 15, j’Ă©tais Ă  Paris, place de la RĂ©publique… M’Ă©gosillant, Ă©mu par un rĂŞve que je ne pensais plus vivre… Inquiet pour mes proches… En colère contre la France; lucide sur le fait que c’Ă©tait un moment historique. Jasmin Rouge est pour moi une façon d’en ĂŞtre un acteur. Un cocktail d’Ă©motions…

- Quel a été l’élément déclencheur du projet ? Le projet est-il né de ton envie, ou d’une envie commune du groupe ?

Cette aventure est très personnelle. Elle est devenue collective car le groupe est une entitĂ© qui a toujours su s’approprier mes envies pour les rendre belles….
Ă€ travers cette aventure humaine, je souhaite rendre Ă  un pays qui m’a offert sa tendresse durant l’enfance, un peu de mon art.

- Tu parles d’un album-passerelle, au confluent de deux-cultures, jazz hip-hop et musique traditionnelle. Peux-tu nous en dire un peu plus ? Le titre « voyage » pourrait-il représenter l’album ? en fera-t-il partie ?

Sans doute…. « Voyage  » est une chanson qui m’est apparue comme une Ă©vidence. Je suis un enfant du vent, un nomade. Incapable de me considĂ©rer propriĂ©taire de quoi que ce soit, mĂŞme de mon verbe. Voyage est Ă  mon image….Ă  l’image de mon travail….Ă  la fois Ă©phĂ©mère…et intemporel.
Nous travaillons en ce moment en studio pour dĂ©finir les routes que nous allons tracer. « Neb », mon groupe tient Ă  rester au croisement de nos diffĂ©rences pour être une musique riche. Des grands musiciens tunisiens me feront aussi l’honneur d’ĂŞtre prĂ©sent sur ce projet….
Oui en effet, un album passerelle.

- Tu souhaites inscrire ton projet autour d’ateliers gratuits offerts aux enfants pour les initier à l’univers musical, au cirque, à la percussion et au théâtre. Comment comptes-tu t’y prendre ? Créer une association ? Travailler avec des associations locales ? Pérenniser le projet dans le temps ? …

En effet, à Tunis, notre souhait est non seulement d’enregistrer cet album éponyme, mais surtout d’inscrire notre action autour d’ateliers gratuits offerts aux enfants pour les initier à l’univers musical, au cirque et à l’art.
Nous ne pouvions pas imaginer vivre une aventure musicale sans rĂ©flĂ©chir Ă  un partage de nos savoir-faire. Le projet jasmin rouge sera portĂ© par l’association ma quete concept. www.maqueteconcept.com.
Des valeurs d’échange, de partage et de solidarité forment le socle de ce projet. En effet, impossible de rester indifférents aux événements récents qui ont secoué ce pays. Il est pour nous important de partager avec ce peuple et notamment ses enfants des instants de joie, d’apprentissage, de discipline artistique nouvelle; et pouvoir ainsi créer des passerelles simples, mais fortes entre nos continents. De citoyen à citoyen, leur offrir un savoir-faire artistique qui saura participer à leur ouverture d’esprit.

Sur place, nous travaillerons avec la MAISON DES JEUNES DE LA MARSA et son directeur, Mr. Mohammed. Il sera invitĂ© par le Conseil GĂ©nĂ©ral du Val de Marne en Novembre Ă  Paris pour tĂ©moigner de notre action auprès d’autres associations…
EL TEATRO, lieu de théâtre contemporain et sa directrice Zayneb Farhat qui ont fait appel Ă  moi afin d’animer une master classe pour des groupes de musiques actuelles tunisiens…

Enfin, nous avons comme projet dans le long terme d’animer pour l’annĂ©e 2012,  une caravane Ă  travers l’ensemble de la Tunisie autour des musiques actuelles…

JASMIN ROUGE est le premier projet artistique post révolution de cette ampleur faisant passerelle entre ses deux continents qui nous lient

+ d’infos :

- sur ulule.com
- sur facebook

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Lundi 6 juin 2011{par Sonia}

Entre faits divers et recherche de la peur : les légendes parisiennes

le manoir de Paris© Photos : le manoir de Paris

Les légendes font partie intégrante de l’histoire de la ville de Paris. Ruelle, impasse, quartier, catacombe,  monument… Un Paris mystique, mythique, mystérieux qui a traversé le temps nous offrant sous le mode littéraire ou oral son lot de légende et de mystère. xulux est parti à la rencontre du manoir de Paris, un concept inédit en France, un site d’animation qui veut faire revivre treize légendes parisiennes. Vous pensez connaitre Paris ? Les lignes suivantes vous démontreront, sans doute, le contraire !

Légendes ou mythes, quelles différences ?

Issu du latin legenda (ce qui doit être lu), legere (lire) la légende peut être définie comme un récit imaginaire, élaborée à partir de faits historiques réels et destinée à magnifier un personnage ou un événement passé. La légende mélange donc, le vrai et le faux en entretenant un rapport privilégié avec un ou plusieurs faits réels.

Le terme s’appliquait aux récits lus pendant les services religieux, des récits édifiants la vie des saints et des martyrs. Il se modifia au cours des siècles dans le langage courant et on en vint à appeler légendes tous les récits fabuleux d’un événement passé. La légende puise souvent ses inspirations aux sources traditionnelles, populaires et folkloriques, elle peut aussi être la création originale d’un conteur, poète ou publicitaire imprégnée des formes d’imagination et de diffusion de son temps.

Le mythe est un récit fondateur de l’histoire des hommes, enraciné hors de l’histoire, dans des origines indistinctes où les dieux, les êtres et le monde cherchaient à établir leurs places respectives.

Dans le langage courant, le mot mythe relève d’une relation équivoque avec la réalité. Il est comparable au rêve. Il dénonce une illusion, évoque l’image idéalisée, exaltée d’une personne, d’une situation ou d’un événement.

Ă€ la diffĂ©rence, le mythe est donc reprĂ©sentĂ© dans l’atemporel. MĂŞme lorsqu’il raconte des Ă©vĂ©nements prĂ©cis, il se place toujours dans un temps mythique qui est toujours au-delĂ  de celui des hommes, tandis que la lĂ©gende se place toujours dans un temps qui est Ă  l’échelle de celui des hommes. (Larousse.fr)

Les récits légendaires ont une double détermination. Événementielle et mythique. L’événement procure un point d’ancrage dans le réel, et le modèle mythique impose une structure.

le manoir de Paris© Photos : le manoir de Paris

Pourquoi aime-t-on avoir peur ?

Il s’agirait d’une forme de jeu. On se trouve devant un péril,  en sachant pertinemment qu’il ne s’agit que d’une apparence. (Maison hantée, film d’horreur). On prend un risque engageant sa personne tout en ayant l’assurance que notre vie n’est pas en jeu. On se raconte, on modifie des histoires pour se sentir plus vivant que jamais. Un reflet de nos peurs et inquiétudes, qui touchent à des éléments du quotidien derrière lesquels le danger viendrait se cacher. Les peurs sont culturelles, elles se basent sur des valeurs communes ou des stéréotypes partagés par l’ensemble de la communauté qu’elles réunissent. Beaucoup d’entre elles ont des issues morales et dépendent de la manière dont on nous a appris à voir le monde.

le manoir de Paris© Photos : le manoir de Paris

Les légendes parisiennes et le manoir de Paris

Hébergé rue du paradis, dans une demeure classée monument historique, le manoir de Paris veut ressusciter 13 légendes parisiennes dans un décor qui s’inspire du réel. Sur près de 1 000 m2, à travers 23 salles entre histoires souterraines et récits terrestres,  il entend faire revivre le Paris mystérieux, celui où l’histoire croise les légendes comme celui où les légendes croisent l’histoire. Le manoir de Paris transpose le concept des maisons hantées que l’on trouve aux États-Unis avec la volonté de l’adapter à la culture et à la sensibilité française entre musée et attraction.

Nous sommes partis à la rencontre du manoir de Paris mû d’une double curiosité. Découvrir ce nouveau concept parisien et plonger dans 13 légendes parisiennes. Dans le hall d’accueil, l’ambiance se fait rapidement sentir. Deux comédiens grimés en personnages effrayants évoluent autour du visiteur. Les cris se font entendre et la peur monte progressivement. Dès le début du parcours, le visiteur est plongé dans l’obscurité. Comédiens, monstres automates, bruits effrayants la nouvelle attraction joue avec les sentiments de ses visiteurs. Les effets sont réussis et efficaces, malgré le jeu des comédiens sur un registre un peu trop unique.

MusĂ©e ou attraction ? Le visiteur se voit remettre lors de l’achat de son billet, une brochure rĂ©sumant les lĂ©gendes. Un prix de billet jugĂ© excessif, rĂ©servant l’attraction Ă  une certaine catĂ©gorie de personne (EntrĂ©e : 20 euros,  Tarif rĂ©duit : 18 euros (jeunes de moins de 18 ans, Ă©tudiants, chĂ´meurs…) Tarif enfant : 15 euros (jeunes entre 10 – 15 ans)). Un prix expliquĂ© par les dĂ©cors poussĂ©s et le nombre de comĂ©diens prĂ©sent dans chaque salle. Malheureusement, le passage est un peu trop rapide pour goĂ»ter aux lĂ©gendes parisiennes et le manque de salle rĂ©servĂ© Ă  la dĂ©couverte des lĂ©gendes se fait sentir. Documents d’époques, textes de tĂ©moignages, photographies auraient permis de rajouter une dimension de musĂ©e Ă  cette attraction.

Frisson garanti ! L’attraction est très bien réalisée et vous fera passer un bon moment. Une visite peu ordinaire, qui vous donnera peut-être l’envie d’effectuer des recherches et de découvrir un Paris mystique.

le manoir de Paris© Photos : le manoir de Paris

Zoom sur les treize légendes
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Mercredi 18 mai 2011{par Eddie}

Rencontre & Nomadisme #3 | Featherfoot

© Photos : Eddie Mittelette / Cliquez sur l’image pour l’image en grand

Nous sommes rĂ©unis autour du feu avec Clarrie et sa famille pour le dĂ®ner. Avec une autre femme, Lizzie fait cuire des petits « Damper » – le pain aborigène traditionnel - sur un vieux grillage converti en grille de cuisson Ă  bonne hauteur pour ne pas brĂ»ler la viande et les autres aliments. Au mois de juin, l’hiver austral, l’amplitude de tempĂ©ratures est Ă©levĂ©e au cĹ“ur du dĂ©sert.
Une dizaine de paires de mains en éventail s’alignent autour de la lumière orangée et dansante, pour capter la chaleur et tenter de réchauffer les corps engourdis. La nuit est fraîche et pendant que les yeux regardent fixement les flammes envoutantes, tout le monde est affamé et fatigué de sa journée. Les enfants se regardent avec des sourires en coin, chuchotent et rient silencieusement, mais aucun n’ose perturber ce moment familial important. Les plus anciens ont revêtu leurs épaules de plaids poussiéreux, tandis que mon unique t-shirt pour la semaine me fait regretter mon insouciance. Je me lance alors dans un tournoiement lent sur moi-même, destiné à me chauffer comme un gibier en broche.
Depuis que j’ai démontré ma capacité à allumer un feu très rapidement, je suis officiellement en charge de l’alimenter lorsqu’il faiblit. Je m’éloigne vers le désert pour collecter de petites branches mortes, guidé par la clarté lunaire. Les spinifex, très piquants, griffent très légèrement mes mollets découverts, n’encourageant pas à la précipitation. Déjà à quelques mètres du camp, je me sens enveloppé par un silence épais qui m’isole des autres, tel un passage dans un autre monde. Cette séparation naturelle, invisible et silencieuse, me fait prendre un peu plus conscience de l’importance de l’esprit communautaire aborigène qui les protégeaient des dangers depuis des milliers d’années dans cet habitat nourricier et incertain.
Après avoir trouvé le combustible, dont des épines sèches et jaunies, j’entends des bruits non loin de moi mais décide de ne pas y prêter attention, sachant qu’une vie nocturne étonnamment riche s’épanouie tout autour de moi. Je reviens calmement sur mes pas, vers la promesse d’une chaleur humaine confortable. Paradoxalement, l’isolement imposé par ce lieu nourrit mes fantasmes et des envies de solitude, me replonge dans mes lectures passées de contes et fables aborigènes où rêve et réalité sont intimement mêlés pour raconter avec poésie le « Dreamtime ».
Cette horizontalité paisible est guidée vers le centre du continent par de longues dunes de sables parallèles. Nous sommes à 600 kilomètres au sud-est de Port Hedland, la ville la plus proche. Ici à Punmu, nous nous trouvons en plein cœur du « Great Sandy Desert », lové sur les bords du Lac Dora, aride ou humide suivant les précipitations, et perdu le long d’une piste rouge interminable qui rejoint Alice Springs au cœur de l’Australie.

Rencontre & Nomadisme / Lac Dora© Photos : Eddie Mittelette / Cliquez sur l’image en grand

A peine revenu près des miens et mes frissons apaisés, une complainte presque humaine retentie de l’immensité sombre, je reconnais immédiatement un dingo, le chien sauvage qui peuple les alentours. Un silence glaçant s’installe, je regarde les visages apeurés, adultes et enfants retiennent leurs souffles. L’instant d’après, l’autre femme se lève rapidement malgré son embonpoint, de sa main gauche saisie les pains à peine cuits, et de l’autre attrape sa petite Shakarnie qu’elle cale sous son bras. Tout le monde se met à courir vers l’autre feu qui se trouve à quelques mètres en direction de la communauté. Dans la précipitation, un pain tombe dans le sable, mais personne n’y prête attention. Nous rejoignons les autres, nous posons nos pains sur leur grille et élargissons le cercle pour que tout le monde puisse se réchauffer.
« C’est Featherfoot » s’écrit Clarrie, « il pleure car il est seul !!! Il vient pour prendre les enfants et les emmener très loin dans un endroit secret ». Une femme poursuit en disant qu’il revêt n’importe quelle forme, humaine ou animale, parfois celui de l’émeu, et qu’il porte un couvre-chef de forme ronde. Je les écoute avec respect, je connais ces légendes qui font partie intégrante de leur quotidien. « Featherfoot » signifie littéralement : Pied Plumé.

Rencontre & Nomadisme / Featherfoot© Gordon Syron – No Trees – Here Comes The Red (Featherfoot) / Cliquez pour l’image en grand

Durant une chasse que j’ai effectuĂ© auparavant avec Clarrie et sa famille, « Featherfoot » Ă©tait dĂ©jĂ  au centre des discussions lorsque la pĂ©nombre tombait et que le feu crĂ©pitait. Ce soir-lĂ  il prenait la forme d’un homme mĂ»r, habillĂ© normalement et coiffĂ© d’un morceau de tissus rouge nouĂ© autour du chef, se dĂ©plaçant sur l’une des Ă©toiles filantes qui perçaient le ciel. A ce moment prĂ©cis je pensais que ces fables servaient Ă  alimenter une crainte pour obtenir l’ordre et la discipline de leurs enfants, mais ce nouvel Ă©pisode me dĂ©montre que c’est la structure et l’ordre mĂŞme de la communautĂ© entière qui est rĂ©gie par cette croyance.
A la communauté de Karntimarta, où nous vivons tous, c’est une vieille maison abandonnée qui est habitée la nuit par « Featherfoot ». Les enfants ne s’y aventurent pas au coucher du soleil, ni moi-même, partagé entre le respect de leur foi et ce doute qui s’est installé en moi, convaincu par tant de ferveur.

Suivant les groupes et les différents endroits du pays, la définition de « Featherfoot » diffère légèrement. Il est par exemple dit que cet esprit ne marche pas sur le sol, mais dans les airs à la vitesse du vent, peut traverser les murs ou les objets. Il peut toutefois être bon, mais la plupart du temps il apparaît pour effectuer une tache punitive. Il ne laisse pas de traces mais peut retrouver instinctivement une personne qui a enfreint une loi, et la tuer.

Il est très important d’appréhender la spiritualité aborigène de façon différente et dépasser nos schémas de pensée occidentaux. J’ai très vite compris en passant du temps près de mes amis aborigènes que m’obstiner à appliquer ma propre logique me fermerait les portes de la compréhension.

Il est difficile de trouver des ouvrages en français qui couvrent les différents aspects de la culture aborigène. Je ne peux qu’encourager la lecture de ces trois livres de A.W REED, en anglais.




A.W. REED / ABORIGINAL MYTHS

 

 

 

 

 

 

 

A.W. REED / ABORIGINAL MYTHS, LEGENDS & FABLES

 

 

 

 

 

 

 

A.W. REED / ABORIGINAL STORIES

 

 

 

 

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Mercredi 4 mai 2011{par Sonia}

10 mai 2011 : journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions

10 mai 2011 : journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions

Le 10 mai 2011 est la sixième journĂ©e nationale des mĂ©moires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions et du dixième anniversaire de la reconnaissance par la France de la traite et de l’esclavage en tant que crime contre l’humanitĂ© (loi Taubira de 2001).  Cette loi importante a dĂ©fini l’esclavage comme crime contre l’HumanitĂ© et a instaurĂ©, tous les 10 mai, une journĂ©e de commĂ©moration.

La RĂ©publique française reconnaĂ®t que la traite nĂ©grière transatlantique ainsi que la traite dans l’ocĂ©an Indien d’une part, et l’esclavage d’autre part, perpĂ©trĂ©s Ă  partir du xve siècle, aux AmĂ©riques et aux CaraĂŻbes, dans l’ocĂ©an Indien et en Europe contre les populations africaines, amĂ©rindiennes, malgaches et indiennes constituent un crime contre l’humanitĂ©. (Article 1, Loi n°2001-434 du 21 mai 2001 tendant Ă  la reconnaissance de la traite et de l’esclavage en tant que crime contre l’humanitĂ©)

Nous ne devons pas, oublier cette période de l’histoire ou l’Homme, légalement était sélectionné et acheté comme une vulgaire marchandise. Il faut se souvenir des massacres, de la séparation des familles, des conditions de voyage à fond de cale, du travail forcé, des sanctions, des mutilations, des viols, de l’impossibilité de conserver sa langue originelle et sa culture… Sans oublier qu’aujourd’hui l’esclavage perdure dans de nombreuses régions du monde.

Une page de l’histoire qui ne renvoie en rien à une quelconque volonté de culpabilisation, d’autoflagellation comme l’affirment certains politiciens ou chroniqueurs d’émissions de télévision. Mais une réflexion qui se veut partagée sur l’histoire et sur le devoir de mémoire.

l'Arbre de l'Oubli - Ouidah, au BĂ©nin, la Route de l’esclavel’Arbre de l’Oubli – Ouidah, au BĂ©nin, la Route de l’esclave. Rituel au cours duquel les esclaves tournaient autour de l’arbre afin d’oublier leur patrie. Les hommes tournaient autour de l’arbre 9 fois, les femmes – 7 fois. + d’infos : UNESCO la route des esclaves

Sans racines, l’Homme se meurt. Ce qui lui manque, c’est « le plaisir que l’arbre prend à ses racines, le bonheur que l’on éprouve à ne pas être nés de l’arbitraire et du hasard, mais sorti d’un passé, héritier, floraison, fruit – ce qui excuserait et justifierait même l’existence». (Friedrich Nietzsche, Seconde considération intempestive 1874)

Faut-il oublier pour se donner la possibilité d’un avenir ? « Quand le sens historique ne conserve plus vie, mais qu’il la momifie, c’est alors que l’arbre se meurt» (Friedrich Nietzsche, Seconde considération intempestive 1874). Comme dans une psychanalyse, l’événement refoulé doit passer de l’inconscient au conscient afin de ne plus encombrer notre psychisme et nous empêcher de vivre normalement, d’aller en avant. Est-ce que pour être assumé il doit autant être dépassé, oublié ? On ne construit soi-disant rien avec le passé ? On nous répète souvent : Oublie le passé pour avancer, concentre-toi sur le présent. Le passé c’est du passé.

Pourquoi vouloir oublier ? L’Homme sans passĂ©, sans hĂ©ritage, bĂ©atement dĂ©racinĂ©, devient surtout la proie de toutes les tentatives de manipulation, qu’elles soient politiques ou commerciales comme le prĂ©cise philomag (dans Faut-il oublier le passĂ© pour se donner un avenir ?) et de poursuivre « Dans La Condition de l’homme moderne, Hannah Arendt redoute l’avènement de cette dĂ©saffiliation qui se fait passer pour une nouvelle innocence. DĂ©tachĂ© de ses racines, dĂ©goĂ»tĂ© des leçons du passĂ©, le consommateur contemporain risque, perdu dans l’infini des possibles, de n’avoir plus rien de prĂ©cis Ă  se donner. Si la mĂ©moire paralyse, l’oubli dĂ©sintègre. Il faut donc dĂ©couvrir une conception de la mĂ©moire qui Ă©chappe Ă  ces Ă©cueils. »

La différence est notable entre ne pas être écrasé par le poids du passé, ne pas réussir à s’en extirper, mais être capable à la fois de vivre avec et de savoir en tirer des leçons. Cette dimension de devoir de mémoire est à mon sens un devoir collectif, elle permet de lier passé individuel et collectif. La lutte pour la reconnaissance, pour une place assumée et acceptée dans la société passe par un regard sur le passé. C’est la reconnaissance publique des crimes du passé, qui détermine la sortie de l’état de victime. Ce que rappellent les historiens, c’est que le devoir de mémoire, ne doit pas pour autant oblitérer le travail de mémoire. L’histoire est là pour développer une connaissance, pas pour faire de la morale. La discussion pourrait être interminable autour de la notion de morale. Mais sommes-nous aujourd’hui, incapables de reconnaître que l’on ne doit pas oublier certains crimes pour ne pas les commettre à nouveau ? Ne pas oublier des évènements historiques afin d’éviter qu’ils ne se reproduisent ? Discuter, se réunir, pour éviter une sorte de prêt à penser dogmatique, conduisant aux dérives ?

Malheureusement, la sixième journĂ©e nationale des mĂ©moires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions Ă  l’air de passer en quelque sorte Ă  la trappe, par manque de communication et de relais des mĂ©dias. Outre la journĂ©e nationale du 10 mai, le calendrier officiel des commĂ©morations comporte :

  • Les journĂ©es fĂ©riĂ©es cĂ©lĂ©brant la fin de l’esclavage dans les territoires d’outre-mer : le dĂ©cret n°83-1003 du 23 novembre 1983 relatif Ă  la commĂ©moration de l’abolition fixe le 27 avril pour Mayotte, le 22 mai pour La Martinique, le 27 mai pour la Guadeloupe, le 10 juin pour la Guyane et le 10 dĂ©cembre pour la RĂ©union.
  • La journĂ©e Ă  la mĂ©moire de la souffrance des esclaves le 23 mai ;
  • Les journĂ©es internationales du 23 aoĂ»t (« journĂ©e internationale du souvenir de la traite et de son abolition » initiĂ©e par l’UNESCO en 1998) et du 2 dĂ©cembre (« journĂ©e internationale pour l’abolition de l’esclavage » de l’ONU en rĂ©fĂ©rence Ă  l’adoption de la « Convention pour la rĂ©pression et l’abolition de la traite des ĂŞtres humains et l’exploitation de la prostitution d’autrui » adoptĂ©e le 2 dĂ©cembre 1949)

Vous trouverez ci-dessous, des informations et évènements proposés. N’hésitez pas à nous faire part d’autres évènements.

  • Colloque de l’association SOS Racisme : « 10 mai, enfin une loi pour tous ? » Lundi 9 mai 19h00-21h00, Sciences Po – Amphi Boutmy, 27, rue Saint Guillaume
  • France 3 esclavage, la nuit de l’abolition 23h50. Ă©mission spĂ©ciale, constituĂ©e de quatre documentaires relatant l’histoire de l’abolition de l’esclavage, entrecoupĂ©s de conversations entre Christiane Taubira, Daniel Maximin, Lilian Thuram et un enfant de 10 ans curieux des questions d’esclavage, d’abolition et de mĂ©moire.
  • Le site du ComitĂ© pour la MĂ©moire et l’Histoire de l’Esclavage (CPMHE) qui Ă©dite le 10 mai une exposition « L’esclavage, un crime contre l’humanité » ainsi qu’un livret Ă©ducatif
  • La marche des esclaves 2011 Ă  Nantes, 17h30 sur le parvis de la CathĂ©drale St Pierre. MarquĂ©e par la participation de Malaak Shabazz, fille de Malcom X

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