Musique

Michael Jackson n’est plus…

Écrit par Vincent

Michael Jackson n’est plus. L’information tombe,dans une atmosphère pleine de mystère. Délicat, compliqué, glissant, épineux… Dangerous certainement… tels sont sans aucun doute les adjectifs qui pleuvent lorsque l’on veut prendre position sur celui qui était surnommé le « roi de la pop ». Après Elvis en son temps, John Lennon, James Dean, M.J va certainement devenir une légende, dont le statut se cristallise par un départ trop prématuré. Les foules affluent de toute part, les fans sont là, en larmes. On se presse, on crie au désespoir, on rend hommage. Il faut voir ce qui se passe sur le net aujourd’hui… c’est assez extraordinaire et certainement le cas le plus significatif depuis sa création et surtout sont évolution vers le web participatif.

Facebook inondé de «M.J», «Jackson», «Neverland», «king of the pop». Twitter criblé de «légende», «star universelle», «mythe», «Michael». Tous les médias saturés de « souffrance», «tragédie», «solitude», ou encore «contradiction vivante». Michael est partout, et pourtant il n’est plus… Rendons hommage à l’immense cadeau de celui qui nous a quitté tout à l’heure, mais faisons le avec discrétion et pudeur. Il ne sert à rien de déballer son chagrin au yeux de tous, à la face du monde. Cela ne le rend pas plus grand ou ne l’atténue en rien. Ne rentrons pas dans la contagion affective qui impose qu’aujourd’hui, le 26 Juin 2009, le monde doit être endeuillé. Rendons hommage parce que nous sommes touché ou taisons nous… Gardons une place pour M.J dans nos cœurs et dans nos souvenirs si cela nous affecte, pas parce que nos potes envoient 15 vidéos à la seconde sur la toile et s’exclamant «c’était grand», «tu vas nous manquer», ou «Michael était le King»… ce qu’il a fait est immense, c’est incontestable, mais le deuil est personnel et intérieur. Lorsqu’il s’affiche, se starifie et se monte en sentiments du spectacle, il est altéré par autre chose qui me dérange parce qu’il a tendance à la surenchère émotionnelle.

Alors pourquoi observe-t-on ce phénomène qui après tout à toujours existé puisque la communion dans le deuil ne date pas d’hier ?
Mais aujourd’hui, pourquoi les moyens de communication, d’échange et d’informations teintent-ils cette communion d’une parure de paillettes et de strass dégoulinante d’émotionnalisme ?

En tout cas, Merci Michael Jackson, personne toute humaine avec ses forces et ses faiblesses, pour le souffle que tu as donné à l’humanité.

À propos de l'auteur

Vincent

Curieux, posé et réflechi Vincent est attaché au travail bien fait. Il suit avec une grande curiosité les évolutions du monde dans tous les grands domaines : écologie, économie, politique, arts, littératures, société, éthique, justice, enseignement, santé, transport, communication.

Il considère qu'un designer doit être ouvert, passionnément curieux du monde dans lequel il vit et engagé pour alimenter sa créativité, être pertinent et éthique. Les enjeux sont grands pour les générations futures et tout le monde a un rôle à jouer et une responsabilité.

Co-créateur de l’atelier de design nun, il s'attache a travailler sur des projets dont la forme est au service du fond, qui sont porteurs de sens et dans les domaines des sciences, du luxe, de la pédagogie, de la culture et des arts.

Enseignant et directeur d'e-artsup Strasbourg, une école de création numérique, la transmission de savoir-faire et de savoir-être aux jeunes générations est centrale à ses yeux.

Commentaires

  • Plusieurs points de cet événement m’énervent.

    Je trouve çà étrange que tout le monde le pleure quand hier encore, ces mêmes gens pensaient de lui qu’il était une saleté de pédophile oubliant même qu’il avait fait de la musique avant d’être un tripoteur de garçon.
    Parler de Michael J. en bien jusqu’à hier soir était tabou, aujourd’hui c’est tendance. Il n’y a qu’à parcourir votre liste msn ou votre « home » de facebook pour le remarquer. La fin de la vie publique des célébrités a le don de réveiller notre méchanceté et leur mort celui de révéler notre hypocrisie.
    Les médias ont provoqué sa dérive et nous suivons la cadence comme de bons moutons l’alternance entre éloges, ragots et pour finir « hommage malhonnête ». Comme tu l’as dis Vincent, cette hommage est altéré, mais je pense que c’est plus par le mensonge qui a pour but de se racheter de toute les saloperies qui ont été dites et faites.

    Doit on forcement attendre la mort d’un homme pour lui reconnaitre ses qualités? Les personnes qui étalent le plus leur « tristesse » ne sont elles pas les actrices de sa déchéance?

    L’excès de fausses émotions et l’étalage de celle ci par les moyens de communication moderne me fait vomir. En plus de subir celles des médias on doit en plus se taper celles de nos « amis » sur la toile.

  • L’hypocrisie est certainement ce qui reste le plus caractéristique de ce genre d’événement… je pense que les gens, comme de bons moutons, font ce que tout le monde fait. Et puis oui, on cherche à se racheter, à dire que quand même au final c’était un grand Homme et qu’il sera une grande perte… Tout le monde y va de sa phrase larmoyante, de son hommage perso qu’il fait partager à ses potes. Tout ça parce qu’il n’est plus là. J’ai envie de dire, un peu comme Alain Bashung à sa plus petite échelle, qui lorsqu’il est mort a eu des hommages de toutes parts et de toutes sortes… C’est la mort qui donne sa valeur à la vie et qui nous fait le plus prendre conscience de ce que les personnes qui sont encore là nous apportent. De là à être hypocrite et faire l’apologie d’un mort pour faire comme les copains, je trouve ça vraiment écœurant. Un vrai deuil est pudique, discret et personnel.

  • Totalement d’accord avec ce qui a été dit, ce ballet est profondément hypocrite. En particulier dans la sphère Internet où l’on commence à avoir l’habitude de ces nouvelles « communions » virtuelles qui tentent de compenser l’isolement absolu que provoque inévitablement les technologie d’un système individualisant. Cette impression d’appartenir à une Humanité (réduite aux internautes) qui, pour être acceptée doit être idéalisée par le prisme stérile de la rationalité numérique, n’est pas saine. Elle reflète l’inauthenticité de nos relations et l’enfermement de notre époque.
    Au-delà de la contribution musicale et spectaculaire que représente l’icône de la pop culture américaine, je pense qu’il est nécessaire de peser ses mots car les termes de deuil, de peine, de souffrance, etc. doivent garder leur sens et leur profondeur. Que direz vous lorsque vous perdrez un être cher ou une personnalité qui vous a réellement marquée (en tant que personne) ? Nous avons trop tendance à réduire la personne à l’individu, c’est à dire à sa fonction (économique, culturelle, etc.) dans la société. On peut aimer ce qu’a produit et crée Michael Jackson mais peut-on avoir aimé la personne ?

  • mais quels mots utiliser dans ce cas ?
    Nous connaissons tous Michael Jackson, il nous a tous fait partager quelque chose à un moment donné. Nous lui devons quelque chose, alors si lui rendre hommage en utilisant des mots comme « deuil », « peine », « souffrance », et bien moi je suis d’accord.

    On ne peux pas le renier, ce serait comme une négation de son existence. Pourquoi de tels mots ne seraient pas appropriés ? Parce que nous n’avons pas élevés les cochons ensemble ?
    Moi je dit non. Il m’a apporté quelque chose, sa perte n’est pas la fin du monde, mais elle nous affecte d’une manière ou d’une autre.

    Et en parlant de l’émotionnalisme, c’est peut être normal, cette surabondance « d’information » : C’était une star planétaire, le « king of pop ». Vous croyez qu’on va lui laisser 1min au 20h ? Non, il occupera la majeure partie de l’édition, faisant oublier les menaces de guerre atomique en Corée du Nord et les élections en Iran.
    Et demain tout rentrera dans l’ordre, ne vous inquiétez pas…

  • Que chacun rende hommage à Michaël Jackson à sa façon, ne me parait ni choquant, ni réellement intéressant. Comme pour tout deuil, il y a ceux qui ont besoin de s’extérioriser, parfois bruyamment, et ceux qui préfèrent « pleurer de l’intérieur ». Et comme vous le savez, aucune règle dans ce domaine: rien n’est juste ou non, personne n’a raison ou tort!

    Ce qui, par contre, m’interpelle est le mouvement planétaire suscité par cette disparition. Moi-même qui n’ai jamais été une fan inconditionnelle, me sens tout de même peinée, voire chamboulée. Pourquoi?

    – D’abord parce qu’à travers 40 ans de scène ( quand on a 50 ans, c’est déjà un exploit!) Michaël Jackson m’accompagne en toile de fond depuis l’adolescence.J’ai réalisé tout à coup que chaque moment important de ma vie pouvait être relié à l’un de ses succès, un peu comme un « vieil ami » fidèle.

    – Au plan humain, il véritablement révolutionné les moeurs Américaines en imposant pour la première fois des danseurs noirs sur des plateaux de télévision ou des scènes jusqu’alors réservés aux blancs. Elvis Presley, le King avait initié le mouvement en mélangeant les musiques et les rythmes de deux civilisations, mais Michaël Jackson n’a pas hésité à aller encore plus loin…

    – Au plan artistique, il a offert du « jamais vu » par son audace, sa créativité bouillonnante, son sens de la perfection et du détail sans parler de son immense talent. Inutile de développer ici sa discographie; tout le monde a ses titres en mémoire et un « monument » comme Thriller a laissé le monde entier bouche bée.

    – Au plan musical, il a osé faire un « melting pot » de pop, rock, soul, rythm and blues….pour nous adresser souvent des messages de paix, d’amour, de tolérance, de respect vis à vis de l’être humain et de la planète. Quand on écoute attentivement ses paroles, on est loin de la petite chansonnette de variété.

    – Danseur exceptionnel, il nous a subjugués par ses chorégraphies époustouflantes et réglées au millimètre sans compter son fameux « Moon Walk » tout droit inspiré de la tradition hip-hop à laquelle il a offert un beau tremplin.

    – Précurseur du clip, il n’a pas eu peur d’introduire des techniques novatrices telles que le morphing par exemple.

    La liste est longue et je ne prétends pas connaitre suffisamment l’artiste pour tout détailler. Mais de ce que j’en retiens bien modestement, un hommage quel qu’il soit me parait plus que mérité.

    Comment ne pas saluer cette personnalité hors du commun qui a suscité des réactions aux 4 coins du globe?

    Comment ne pas déplorer qu’avec lui, s’éteigne tout ce qu’il avait sans doute encore à nous transmettre?

    Enfin, comment ne pas pleurer l’homme qui, au-delà de ses faiblesses et défauts d’être humain, a su donner un sens profond à sa vie en se consacrant à offrir le meilleur de son art et en se transcendant pour son public?

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