Musique Pensée & société

le grand « on » d’Apple

Écrit par Emeric

Le lancement en grande pompe du logiciel phare de la société californienne, Itunes 9 en septembre dernier a instauré son lot de nouveauté « révolutionnaires », comme d’habitude (marketing quand tu nous tiens…). Alors on peu se demander pourquoi parle-t-on d’un logiciel d’écoute, de gestion et de téléchargement de musique sur xulux ?
Réponse.

Lancé en 2008 par Apple (avec Itunes 8), la gestion des playslist « Genius » était une petite révolution musicale, qui changeait la manière dont nous pouvions gérer et écouter notre musique. En effet en activant « génie » en français, on pouvait se créer une playlist d’écoute dynamique à la volée. On lance Génie, on met son lecteur audio en aléatoire, ensuite lorsque l’on tombe sur un morceau qui plaît à notre humeur du moment on peut l’ajouter simplement à cette liste de lecture. Cela aboutie donc à des listes de lecture réalisées en fonction de l’humeur et des goûts.

Maintenant, donc un an après cette première version, les morceaux ont étés étudiés et disséqués par Apple (car oui, les informations des listes d’écoutes sont envoyés à Apple), et la société nous « propose », nous créé une liste de lecture dans un genre bien précis en fonction de la musique que l’on a déjà. Une façon d’imposer un peu plus une certaine idée de la culture. Alors c’est sûr, nous avons le choix de passer la chanson « proposée » par Apple. Mais au delà du service, certes pratique, que peut-on attendre de la part d’Apple (leader incontesté de la musique en ligne) quant à l’évolution de cette même culture musicale ?

Les données recueillies n’ont-elles servie qu’à créer des listes de lectures ? Définissent-elles également des tendances d’écoute, et partant, des études sur l’avenir de la musique et des futurs tubes ? En effet rien n’empêche Apple de vendre ces informations à qui elle le souhaite ou d’utiliser ces informations comme elle le souhaite. Et quand on voit comment la société cultive le secret (on se souvient de cette affaire de suicide, ou bien de cette affaire étouffée), voire même le culte de la personne (Steve Jobs absent = une chute de l’action Apple), on est en droit de se demander que deviennent les informations envoyées et surtout, qu’en est-il du respect de l’anonymat. Pourquoi ne pas analyser les titres les plus écoutés pour en créer des version « synthétiques » qui formeront le titre parfait, le plus vendu, le plus écouté et le plus aimé ? Mine de rien, en rapprochant les sons de nos émotions, de nos ressentis, nous pouvons peut-être définir un son qui représenterait une émotion. Nous avons déjà ce cas d’étude avec des images, pourquoi pas des archétypes d’émotions pour tous nos sens ?
Je me souviens d’un projet qui avait déjà pris cette forme il  a quelque temps. Après avoir étudié de nombreux morceaux musicaux dans de nombreux pays, Komar & Melamid avaient composé un « mix » de ce que devait être la meilleure musique du monde, mais aussi la pire musique du monde.

Cette fonctionnalité Genius développée par Apple est certes pratique, mais elle pose tout de même question. A force de nous vendre des innovations révolutionnaires, que l’on utilise sans trop les étudier ou les comprendre, nous ne pouvons plus nous en passer. Arrivera-t-on à une certaine forme de musique, imposée, mais plaisante au plus grand nombre ? et surtout, s’en rendra-t-on compte ? à l’heure où les débats sur le contrôle du net prennent de plus en plus d’ampleur (hadopi 2, loppsi, etc) on peut se demander si nous ne sommes pas en train de se diriger dans une sorte de mondialisation de l’information approuvée et autorisée par certains puissants, qu’ils soient gouvernements, lobby ou bien multinationales. Une forme de culture rentable, étudiant les tendances émotives de la population mondiale, et la restituant pour qu’elle soit reçue, écoutée, digérée,  appréciée… et donc achetée.

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Emeric

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