L’utopie et Albert Rouet
L’existant homme n’est jamais une fois pour toute quelque part. En ce sens il n’est jamais qu’une utopie (a-topos = sans lieu) dans la mesure où il est toujours condamné à être autre. L’utopie apparaît alors comme l’horizon de sens du désir, si on définit ce dernier comme son creusement même.
«En se plaçant dans cet écart, elle se distingue radicalement du rêve, car elle prend en compte la réalité avec contingence, ses contraintes et ses règles. Mais elle se refuse à ne voir là que fatalité et lois inévitables. Parce qu’elle sait que tout système procède d’une’ construction humaine, elle postule aussitôt qu’avec les mêmes données et sur les mêmes bases, l’homme pourrait construire autrement. Pire ou mieux, qu’importe» «La réalité est-elle autre chose qu’une utopie en partie réalisée, qu’un désir partiellement institué ? L’utopie n’est donc pas l’opposé du réel, mais le cœur de la réalité même, avant qu’elle ne se rétracte dans une réalisation limitée»
Extrait de L’homme inachevé, éd. de l’Atelier, Paris, 1998, p. 124.





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