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Un grand homme ne fait pas de grands discours, il excelle dans ses actes.   {Confucius}

Jeudi 22 avril 2010{par Sonia}

Abd Al Malik : « la guerre des banlieues n’aura pas lieu ».

Après quelques chapitres de lecture, j’ai mis le livre de côté, en me demandant – « Mais où veut-il bien m’emmener ? ». Je n’arrivais pas à cerner de réponse, à un titre que j’avais pris pour question.

Une semaine plus tard, je reprends le livre et me laisse porter par cette musicalité qui se dégage sous sa plume. En poète humaniste Abd Al Malik laisse à nouveau couler son flow clairvoyant. Avec un univers éclectique ou se mêle philosophes, rappeurs, grands noms de la littérature et chanteurs, il nous livre un savant mélange de tradition et de modernité. Il veut défaire les clichés et déconstruire les préjugés par son message de citoyen engagé dans les problématiques de son temps et de son pays.

« La guerre des banlieues n’aura pas lieu » est un conte populaire présentant un cheminement de vie et offrant un état des lieux sur la France d’aujourd’hui. Ne voyez pas dans le mot populaire son impopularité. Je l’ai choisi car le conte était souvent appelé conte populaire par les ethnologues et historiens en raison de l’aspect traditionnel et communautaire dominé par la création et la circulation des histoires. Abd Al Malik nous livre un message de paix. Laissons ce message circuler et se transmettre entre les hommes ! Que ce message re-devienne populaire :

« Ce sont les mêmes objectifs que l’on doit avoir en partage. Objectif commun et règle de vie commune : Liberté, égalité, fraternité. »

Comme un griot murmurant à l’oreille il pousse à la réflexion de ce message universel. Comment faire ?

« comment faire pour que […] chacun de nous puisse être un, sans se défaire de sa différence singulière qui fait le multiple dans l’un et la beauté du lien ? ».

En homme de paix et à travers son cheminement spirituel il veut conjurer la peur pour éclairer les âmes. Éclairer les âmes pour ceux qui ne voient l’Islam que par le prisme de l’extrémisme et de la violence. Il veut mettre en exergue cette stigmatisation de l’Islam,  cette peur de l’autre instrumentalisée par les leaders politiques. Il suffit de voir les nombreux débats : débat sur l’interdiction des minarets en France (Voir l’article Interdire les minarets en France par Emeric), le débat sur l’identité nationale, le port de la burqa…

« Et si l’humanisme est la nécessité du collectif et le respect de l’individu, alors l’Islam est un humanisme. Mais encore une fois, à chacun sa voie ! Ce sont les mêmes objectifs que l’on doit avoir en partage.[…] C’est la République qui donne le cadre dans lequel chacun pourra sainement trouver sa voie. C’est la république qui orchestre la concordance des différences. Etre universel, c’est s’appuyer sur des références peut-être différentes, mais avoir les mêmes idéaux. Il ne s’agit pas de trouver le remède miracle mais de trouver l’harmonie, entre nous, afin que nous puissions tous ensemble trouver des solutions ».

Il montre qu’en travaillant tous ensemble,  nous pourrons donner sa force à l’identité de notre pays en réunissant les différentes origines et énergies qui le composent.

Abd Al Malik vs Dominique de Villepin

Mercredi 14 avril 2010, Abd Al Malik est invité par France Inter pour la promotion de son livre et dans le cadre du débat : l’avenir des banlieues françaises, oubliées de la République.

Il pousse le débat plus loin et tous les messages du livre prennent sens. En répondant face à Dominique de Villepin et aux questions de Jean-François Achilli (chef du service politique de France Inter) et Françoise Fressoz (chef du service politique et société du journal Le Monde) il va nous guider dans son « I have a dream !». Un rêve fait de respect des lois du pays, de respect de tout être – homme et femme -, de respect de soi-même, d’écoute, de non-jugement, de dialogue, d’échange, de solidarité, de rassemblement…

Je vous laisse visionner cet échange, et retrouvons-nous dans les commentaires pour poursuivre et animer le débat !



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3 réponses


  1. Le règne du sens commun. Comme d’habitude, les « poètes » et les intellectuels médiatiques ne produisent que des logorrhées moralisantes. Liberté, égalité, fraternité. Bravo, le débat va avancer avec ça. Abd Al Malik n’est pas idiot, mais il pêche par excès de modération. La défense des idéaux républicains ne peut suffire. Il faut encore les actualiser, les retravailler non pas pour les accommoder avec le présent, mais pour les rendre opératifs dans l’avenir. Le monde actuel est total, notre vie quotidienne n’est pas traversée par une seule problématique, nous n’appartenons pas à la seule composante politique ou spirituelle. Penser aujourd’hui c’est articuler toutes les dimensions de la vie et donc repenser toutes les sphères de la vie. Face à une violence permanente, qu’il décrit timidement, la pensée doit être forte et combative. Abd Al Malik prend la figure du sage, du poète tempéré qui aurait compris le danger d’un discours radical. Mais cette posture ne tient pas. La sagesse n’est pas la tempérance et la justice n’est pas la République. L’humanisme ce n’est pas qu’un Gandhi spirituel et non-violent. C’est aussi un engagement pour des idées et le courage de les porter en dehors de toute complaisance. Dans un monde déshumanisé, être humain signifie se battre pour la réhumanisation. Être humain aujourd’hui c’est lutter pour des idées qui sont à l’opposé de celles portées par le système. Il s’agit donc d’une lutte qui doit prendre une forme radicale car le problème est bien à la source de la Modernité. Alors, plutôt que de me prosterner devant des postures et de beaux discours creux et multi-séculaires, je préfère penser sans avoir peur de sortir de la bienpensance. Aimer et apaiser sont de beaux mots mais sont théories philosophiques, car c’est bien de ça qu’il s’agit, ils ne veulent rien dire. Pour penser à nouveau, il faut redonner du contenu à nos paroles, il faut redéfinir et réarticuler leurs significations, c’est-à-dire dépasser leur sens commun, sortir de leurs acceptions actuelles. Abd Al Malik sait manier les mots, mais n’arrive pas à leur donner du sens, il les agence mais oublie de les critiquer.
    «philosopher à coups de marteau (Nietzsche) ne suffit plus, il est temps de poétiser à coup de masse dans les ruines du monde à réinventer ». Yannis Youlountas.

  2. Prix de la littérature politique Edgar Faure 2010 pour Abd Al Malik !

    Créé en 2007 par l’association Edgar Faure, ce prix récompense le meilleur livre politique de l’année, selon le jury qui comprend notamment Elisabeth Guigou, Pierre Moscovici, Gérard Miller, Roland Dumas ou encore Olivier Dassault.
    Le prix a été remis au lauréat par Rodolphe Oppenheimer, petit-fils d’Edgar Faure, et Roland Dumas au mercredi soir, précise Le Cherche Midi dans un communiqué.
    En 2009, le prix avait récompensé Mathieu Laine pour « Post politique » (JC Lattès).

  3. Il y a du vrai dans ce que dit Yannis mais j’ai l’impression qu’il a lu l’article et n’a pas regardé le débat qui est beaucoup plus révélateur de la position d’Abd al Malik.
    L’action oui, c’est certain, mais un autre problème de la modernité qui va croissant et ce dans tous les domaines c’est l’incapacité à penser, agir, créer avec nuance. Manquer de nuance c’est aussi ne voir que deux solutions lorsqu’il y en a des dizaines, c’est se cantonner au mécanisme d’action réaction, foncer dans le mur ou tomber dans le trou. Bien sur la nuance est également de plus en plus mal vue, on considère que l’on joue sur les mots, qu’ils sont vides de sens, abstraits. Parce que notre époque est l’avènement de la facilité et de l’immédiateté, on veut de l’efficacité et tout de suite, alors on raisonne à court terme, on simplifie toute situation parce qu’on veut des réponses simples, prémâchées qui pour cette même raison ne sont jamais justes. Il y a le blanc, le noir et les différentes nuances de gris qu’il y a entre… où sont passées les autres couleurs ?
    Notre monde actuel est total comme le dit Yannis, il est systémique et donc très difficile à changer. Une différence de structure ne suffit pas, la forme sans le fond voilà le véritable creux. Le véritable champ de bataille se trouve dans la tête de tout un chacun et j’applaudis cet artiste et son message humaniste qui vont en ce sens, il nous apporte de la nuance et Dieu sait que nous en avons besoin. Changer les choses prend du temps, il n’y a pas de raccourcis, du moins aucun qui ne débouche sur une impasse. Bien sur ce n’est pas spectaculaire, pas de feux d’artifices et de flon-flon, pas de miracle. Cela demande bien davantage d’efforts, d’actions, pour des résultats moins visibles mais pour un changement véritable, en profondeur.

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