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J'entends, je sais. Je vois, Je me souviens. Je fais, Je comprends.   {Confucius}

L’Ă©chelle amoureuse de Jean-Yves Leloup

Cette échelle est empruntée à la tradition judéo-chrétienne et à la tradition bouddhique, mais les termes et les concepts développés ont une origine grecque. Dans son texte, Jean-Yves Leloup précise bien qu’il n’y a pas de forme d’amour supérieure aux autres, mais plutôt certaines formes plus fécondes que d’autres, et qu’une personne peut passer d’un barreau à un autre beaucoup plus haut ou plus bas sans même passer par les intermédiaires.

Cette échelle comprend 10 barreaux, présentés ainsi :

- Agape : on perçoit que l’autre est plus grand que ce qui est plus grand en nous.
- Charis : Changement de mode d’ĂŞtre. Aimer et ĂŞtre aimĂ© devient une grâce.
- Eunoïa : Amour dévouement.
- Harmonia : Amour harmonie.
- Storgé : Amour tendresse.
- Philia : Amour amitié.
- Eros : Amour érotique, entrée du désir.
- PathĂ© : Amour passion. On a l’autre dans la peau.
- Pothos : Amour besoin. L’autre est lĂ  pour combler nos manques.
- PornĂ©ĂŻa : Amour soif. Sans l’autre on ne peut pas vivre.

Du degré 1 jusqu’au degré 10 il y a un mouvement vers l’autre, une envie d’aller vers lui. Mais ce mouvement répond à différentes « pulsions ». Ce mouvement vers l’autre nous permet de devenir ce que l’on aime.

Dans l’amour soif, gourmandise, du niveau 1 à 3, de la pornéïa au pathé, on est clairement dans le manque, dans la pulsion. Dans l’amour pornéïa on a l’image du bébé qui suce littéralement le sein de sa mère. Il a besoin de matière, il veut la contrôler, et il en veut toujours plus. Si l’autre n’est plus là, on va repartir en quête d’un autre sein à téter. En régime de pothos l’autre devient une possession. Ce qui dynamise cette forme d’amour est le besoin de reconnaissance, ce qui traduit une dé-confiance, une insécurité affective. Dans ces moments là on n’a plus rien envie de faire sans l’autre. En ce régime on attend de l’autre un amour total, inconditionnel et réciproque : souffrir c’est aimer et aimer c’est souffrir. L’arrivée d’eros dans la relation va permettre à la relation amoureuse de s’élever un peu plus loin de cette voracité, et ainsi permettre de faire entrer le désir (du latin desiderare = non-voir), la passion dans la relation. L’eros nous aide à quitter l’urgence, l’impatience, et on commence à « choisir », car choisir c’est renoncer.

Un amour érotique va du niveau 5 à 8 (philia jusqu’à l’eunoïa). La philia c’est le moment ou les personnes cherchent du plus fort de leur être ENSEMBLE ce qu’ils sont, ce qu’ils ne sont pas, et ce qu’ils seront. Le premier symptôme de la philia est l’écoute ; dans la philia on n’hésite pas à se mettre à nu devant l’autre, on est réciproquement en confiance. Cette confiance que nous a porté l’autre nous a jeté dans une bonté, une bienveillance qui nous a transformé ; on acquiert alors une forme de tendresse qui se dégage de nous comme une aura, c’est la storgé. On commence à comprendre que notre réalisation ne peut être que dans le service de l’autre, dans le non-désir personnel. L’harmonia, est une intensité passionnelle qui mélange pleinement les amoureux. On a clairement la symbolique du Yin et du Yang. Ici on se construit par rapport à l’autre et réciproquement.

Au niveau 8 on met clairement notre cœur sur la table. La compassion est plus que cela, et on arrive même à la distribuer dans la relation que l’on entretient avec les autres ; on arrive à leur prendre l’oreille et à gagner leur attention. On a été sensibilisé à notre faculté d’accueil, et on donne sans compter, on commence à atteindre le nir-vâna. Charis et agapé représentent la donation à l’état pur, on donne autant que l’on nous donne. L’amour c’est le courage de donner, plus on donne plus on est dans le désir de donner. Cela renvoi à ce qu’il y a de plus humain en nous : notre capacité de transcendance.

Au niveau 10 on part à la conquête du moi introuvable, c’est un oubli de soi qui nous permet d’aller plus loin que nous même. L’autre ne connait pas lui-même ce que l’on aime. Certaines personnes définissent l’agape comme un amour « christique » ou « bouddhique ».

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