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La notion d’ultramodernitĂ©

La notion d'ultramodernité

Le mot ultramodernité apparaît pour la première fois en 1994, sous la plume d’Anthony Giddens, dans « Les conséquences de la modernité » (l’Harmattan). Mais il est théorisé par le philosophe et sociologue Français Jean-paul Willaime en 1999 dans « Sociologie des religions ». Cette explication sera reprise dans plusieurs articles de « L’encyclopédie des religions », ouvrage publié sous la direction de Frédéric Lenoir.

Quelle est la définition du terme « ultramodernité » tel qu’il apparaît chez Willaime ?
Il faut d’abord penser le préfixe « ultra ». Il veut dire « en même temps », « au-delà de », et « au bout de ».
Ainsi on pourrait dire que l’ultramodernité est une vision du monde allant au bout de la modernité d’une part, la dépassant d’autre part. Dit autrement, l’ultramodernité est une dynamique qui passe par la modernité pour mieux la dépasser.
Il y a bien des façons de définir la modernité. Une interprétation serait de dire qu’elle est d’abord l’intelligence de la conscience, l’apparition d’un sujet autonome créateur de valeur. Un sujet capable de dire « je », capable de poser des choix. Ainsi la modernité commencerait avec Descartes ; « je pense donc je suis ».
L’ultra modernité conserve cette dimension de la modernité. C’est le lieu de la découverte de nouveaux mondes, de nouveaux cieux, et l’invention de techniques nouvelles permettant le diffusion du savoir. Ainsi l’ultra modernité conserve cette dynamique de la découverte.

Les humanismes scientifiques et historico-politiques ont générés au XXème siècle un ensemble de désillusions. L’humanisme scientifique dont le credo était de se rendre maître et possesseur de la nature, tout mettre au service du profit, tout mettre au service d’une domination, ont produit les catastrophes que l’on connaît. Inutile de parler des humanismes historico-politiques qui ont donné lieu aux goulags, à Auschwitz, et aux licenciements économiques.
De là est né un phénomène que l’on a appelé « désenchantement du monde ». Ce sentiment a donné naissance à ce que le philosophe Jean-François Liotard a appelé la « post modernité ».
Cette « philosophie » s’est dĂ©ployĂ©e dans une indiffĂ©rence Ă  la politique traditionnelle, dans le dĂ©ploiement d’une satisfaction hĂ©doniste (plaisir) et aussi de la consommation comme palliatif. La post-modernitĂ© enracinĂ©e dans le terreau du dĂ©senchantement a sonnĂ© le glas des grandes espĂ©rances.
L’ultramodernité c’est la volonté d’en finir avec la rationalité froide, mécanique et glaciale de la modernité, mais aussi avec l’individualisme stérile de la post modernité. Autrement dit, l’ultramodernité c’est la réhabilitation de l’imagination, des affects et du cœur. C’est également, plus globalement la réhabilitation de l’intériorité, soit une réhabilitation de la réflexion sur l’intériorité du sens, et du sens de l’intériorité. C’est aussi une réhabilitation du merveilleux, et donc de la capacité à s’émerveiller. C’est une vision du monde qui affirme que penser c’est être situé à la confluence du cœur et de la raison, et qui affirme qu’il n’y a pas de pensée sans praxis (action).
Au final, l’ultramodernité veut remplacer l’intelligence froide, par une intelligence plus vivante, plus émotionnelle, intelligence que nous qualifions donc de plus instinctive (au sens de cœur, et non de pulsion primaire).
Donc l’ultra modernité serait un humanisme adapté aux temps, qui s’efforce de prendre en charge ses aspirations.

Les Conséquences de la modernité

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1 réponse


  1. Bonjour

    Premièrement, j’espère que ce « petit » site continuera sont bonhomme de chemin.
    Les articles sont toujours intéressants et bien expliqués. Courage et continuez.

    Mais juste au cas ou des lecteurs voudraient approfondir le sujet et lire Anthony Giddens, je crois que son livre s’intitule plutĂ´t : CONSÉQUENCES DE LA MODERNITÉ (LES), toujours chez l’harmattan.

    Voila.
    J’espère ne pas me tromper et vous enduire d’erreur.
    Ciao et bon courage pour la suite.