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Je ne sais pas comment enseigner la philosophie sans devenir un perturbateur pour la religion établie. {Baruch Spinoza}
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Our Body : Exposition scientifique ? artistique ? pédagogique ? commerciale ? Polémique autour du corps humain.

L’exposition Our Body, exposée depuis le 12 février à l’espace 12 Madeleine à paris, fait parler d’elle. Parcourant le monde, elle s’est vue recevoir un avis négatif du comité consultatif national d’éthique (CCNE) à Paris en 2008. En effet l’exposition de corps plastinés soulève de nombreuses questions. Est-ce une exposition à visée scientifique ? Peut-on considérer qu’elle appartient au monde artistique ? Existe-t-il une réel dimension pédagogique ? ou la société commence-t-elle à changer les défunts en objets commercial ? A vous d’y répondre.
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Mercredi 11 mars 2009 à 0 h 34 min Marielle à répondu:
Dans une dynamique similaire je vous propose le livre d’Éric-Emmanuel Schmitt « Lorsque j’étais une Å“uvre d’art ». Édition Albin Michel.
Voici la 4e de couverture :
Qui n’a jamais rêvé de devenir un objet ? Mieux même, un objet d’admiration ?
Tel est le pacte que scellent un artiste excentrique et un jeune homme désespéré. Le premier, avide de scandale, propose au second, avide d’exister, de le transformer en Å“uvre d’art.
Après tout, il n’y a rien à y perdre, sinon la liberté.
Mercredi 11 mars 2009 à 2 h 07 min Vincent à répondu:
J’avoue que pour l’instant, je ne sais pas trop quoi penser de cette exposition. Entre curiosité et répulsion… Peut-être qu’il est tard et que j’y verrai plus clair demain. Ce qui est sur en tout cas c’est qu’elle ne me laisse pas indifférent :
Comment se situer dans une posture de respect vis à vis du défunt lorsque l’on regarde ses organes, sa peau, ses yeux même, que le souffle de la vie a habité et animé toute ses années ? Est-il possible de regarder ces corps comme de simples enveloppes charnelles, délestés de leur âme et retombés du même coup au rang de simple objet…
Je vous invite en tout cas aussi à lire « lorsque j’étais une Å“uvre d’art » qui pose avec force la question des frontières entre liberté et esclavage, entre être vivant et objet, nous réinterroge sur la valeur de la possibilité du choix et nous invite certainement a interpréter « Our Body » à une lumière nouvelle.
Mercredi 11 mars 2009 à 15 h 56 min Emeric à répondu:
Personnellement ça ne me choque absolument pas.
Je trouve ça très bien qu’on puisse voir comment le corps humain est fait, comment les muscles sont composés et arrangés dans notre corps.
Je vois l’aspect très utile pour tous les dessinateurs, character designers en particuliers, mais aussi pour une certaine « curiosité ». C’est sur, ces gens sont morts, mais de toute façon leur corps ne leur sert plus à rien.
Alors ok, je suis d’accord sur l’aspect un peu choc de l’expo, et surtout sur l’origine des corps, mais cela ne me dérangerais pas de retrouver un proche dans cette exposition par exemple.
Pour moi, comme pour de nombreuses personnes à travers le monde, le corps n’est qu’une enveloppe, une coquille. Au final notre corps ne nous servira guère après notre mort, donc s’il peut servir à d’autres, dans le sens de tout autre (personne, science…) alors pourquoi pas.
Mercredi 11 mars 2009 à 22 h 18 min Rougenoirblanc à répondu:
Cela me fait penser aux étudiants qui pré-vendaient leur corps à la science, afin de financer leurs études, il y a quelques temps déjà .
Pourquoi s’attacher à quelque chose qui ne nous servira plus une fois mort. Certes la notion de respect des défunts entre en jeu, mais dans le cas d’un abandon volontaire de son corps, je n’ai rien à redire.
Et sans les quelques scientifiques qui ont osé braver les tabous religieux, et disséquer dans l’ombre quelques cadavres afin de comprendre le fonctionnement du corps humain, la médecine en serait-elle là où elle en est aujourd’hui ?
Si l’utilisation de corps morts peut profiter à celui des vivants, cela me semble justifié.
Mercredi 11 mars 2009 à 23 h 52 min misscatas à répondu:
répétitions, répétitions, répétitions…
Si l’utilisation du corps peut profiter à la science, offrir une dimension pédagogique à un public d’étudiant en médecine ou en art ou… cela me semble justifié. Mais qu’en est il sur un public en manque de voyeurisme, en manque de sensation forte ?
Que l’on montre des corps découpés, écorchés, violentés n’aurait il pas pour effet de nier la mort, de la banaliser ?
Un petit effort de mémoire…
Si l’on remonte un peu en arrière, entre 5 et 8 ans, souvenez vous… si si vous pouvez… Quand on regardait, une série, un film, les informations, la mort d’un enfant était toujours suggérée, cachée, c’était un sujet tabou.
Aujourd’hui à force de répétition, cette imagerie fait partie du quotidien autant que de manger son dessert devant la guerre d’Iraq. Certains disent déjà houalallalalalla que fais-tu de la liberté d’expression, de la presse, de l’actualité… oui je pousse un peu dans mon exemple… Ou un autre exemple, par manque de sensation forte, ou voyeurisme encore une fois des personnes s’envoient des mails avec des vidéos d’exécutions, de lapidation, de pendaison (Sadam). Ou encore des films comme Saw (saw=avoir vu en anglais) ou Hostel ou l’on doit pousser l’horreur au maximum pour encore se faire peur.
Mais moi, ce qui me fait peur c’est l’utilisation de vrai corps à des fins commerciales alors que l’on pourrait utiliser d’autres techniques. L’exposition ferait-elle autant d’entrée… Je terminerais par…
A force de banaliser la mort et la violence ne va t’ont pas banaliser la vie ? si ce n’est déjà fait.
Vendredi 13 mars 2009 à 15 h 38 min Emeric à répondu:
Mais justement Sonia !! C’est parce que ce sont de vrais corps que cette exposition a du succès !!!
Imagine que si on avait utilisé des modèles fabriqués, avec des images 3D, des choses de ce genre, l’expo aurait été des plus banale.
C’est justement parce que de vrais corps sont utilisé, détournés, voire même mutilés, que l’expo fait parler d’elle.
Cette exposition rentre parfaitement dans notre pulsion de mort et dans notre rapport à la mort.
Certains seront choqués, d’autres pas du tout. Je suis d’accord sur le fait qu’aujourd’hui il en faut énormément plus pour dégouter les gens, leur faire peur etc… mais au delà , quand tu te questionne quand à l’utilisation à des fins commerciales du corps humain, j’ai envie de dire que malheureusement, dans notre société, TOUT s’achète et TOUT se vend.
C’est parfois triste, mais parfois pas. Je vous laisse seuls juges des mères porteuses, des dons d’organes, du don de sang rémunéré ou non, et aures choses de ce genre
Samedi 14 mars 2009 à 17 h 17 min misscatas à répondu:
Je suis dévoilé maintenant mdr.
Même si je sais que c’est plutôt vrai ce que tu dis, je ne veux pas me résigner… à tout s’achète et tout se vend… La vie ne devrait pas avoir de prix.
J’aime beaucoup ta réponse
lol car tu me conforte dans mon opinion…
Dimanche 15 mars 2009 à 0 h 10 min Emeric à répondu:
Oui mais justement, ici on parle de mort, et non pas de vie.Je suis d’accord avec toi pour dire que la vie n’a pas de prix.Mais là nous sommes dans la sphère de la mort, c’est donc différent
Dimanche 15 mars 2009 à 11 h 45 min Marielle à répondu:
Est ce que la mort n’est pas ici la perte de tout ce qui fait que nous sommes Homme et non être vivant. Est ce que notre rapport à la mort détermine pas celui à la vie ?
Dimanche 15 mars 2009 à 14 h 19 min misscatas à répondu:
On ne parle pas que de mort, on parle de vie, les personnes qui vont voir l’expo lol sont bien vivante… et je parlais à chaque fois des vivants, car le problème c pas les morts ils ne peuvent pas nous donner leurs avis (sauf de donner son corps à la science, enfin j’espère que oui…). Mais oui je pense que notre rapport à la mort détermine celui de la vie, (un peu plus au dessus je parlais de l’évolution du rapport à la mort et à la vie. Mais la mort pour moi n’enlève pas ce qui fait de nous " des hommes". L’homme reste ce qu’il est, par l’histoire et ce qu’il a posé de son vivant. Mais dans cette expo, justement je ne retrouve pas l’homme, mais un objet ayant juste pour but de satisfaire la curiosité morbide, et surtout de faire plus d’entrée.
Dimanche 15 mars 2009 à 18 h 13 min Vincent à répondu:
C’est surtout ça qui est triste. Parce que si l’intérêt n’était que scientifique pour une meilleure compréhension du corps humain, pourquoi aurait-t-on besoin de mettre des vrais corps ? Là justement, les personnes attirées par le côté scientifique vont y trouver un intérêt évident, mais que dire du public qui aura été attiré par la polémique qui gravite autours de l’exposition ? Pourquoi pas une exposition de cadavres d’ici quelques temps, conservés dans du formol ? Je suis entièrement d’accord pour dire que c’est le rapport à la mort qui donne toute la valeur de la vie. D’ailleurs n’est pas lorsque l’on est confronté à la mort que l’on se pose immanquablement les questions les plus essentielles ? Alors bien sûr, ce sont des corps, bien sûr ils sont immobiles, innanimés et sans vie mais il n’en reste pas moins qu’il sont une confrontation avec l’image de la mort. Parce qu’un corps que l’on sait avoir été vivant n’est pas un simple objet à mon sens. Il a été Homme. Une chaise, un tableau ou un bloc de résine n’a pas été vivant, encore moins Homme. L’Homme veut-il se rassurer, contemplant la mort symboliquement emprisonnée dans un objet ? Si l’on fait sauter une à une toutes les limites de pudeur et de réserve, comment trouver notre mesure et nos repères ?
Au passage, je souligne également le prix exhorbitant de l’exposition : 15.5 €. (pourquoi une exposition "culturelle et scientifique" serait-elle aussi élitiste ?)
Qui me conforte dans l’idée que le profit s’appuyant sur la polémique et le voyeurisme morbide est plus au travail derrière tout ça qu’une volontée de portée culturelle, scientifique et existentielle.
Dimanche 22 mars 2009 à 18 h 24 min cedo à répondu:
ha! il y a même des débats philosophiques ici!! "Est ce que la mort n’est pas ici la perte de tout ce qui fait que nous sommes Homme et non être vivant. Est ce que notre rapport à la mort détermine pas celui à la vie ?" ……… attends….euh…non là je vois pas. Moi j’en reste sans voix, plutôt contre. Je sais plus qui le disais mais c’est justement parce que ce sont des personnes vivantes que l’expo intrigue et c’est ça qui est gênant. Vous êtes tous passé à côté d’un accident de la route, et vous avez déjà vu le monde qui s’amasse autour des ambulances. C’est ce même côté voyeur qui me gène dans cette expo.
Jeudi 26 mars 2009 à 19 h 26 min misscatas à répondu:
En lisant le 20 minutes ce matin petit article sur l’expo je vous le fais partager…
En tournée depuis près d’un an en France, l’exposition polémique
« Our Body, à corps ouvert » n’avait pas encore été attaquée en
justice. C’est chose faite. Deux associations, Ensemble contre la peine
de mort (ECPM) et Solidarité Chine, ont annoncé hier avoir assigné
l’organisateur de la manifestation, présentée à l’Espace 12 Madeleine
(9e) depuis le 12 février. Les plaignants, alertés tardivement de son
contenu, ont déposé une requête en référé « en fin de semaine dernière
» devant le tribunal de grande instance de Paris, qui jugera l’affaire
le 1er avril.
L’exposition, présentée à Lyon et à Marseille, présente de vrais
corps humains d’origine asiatique conservés selon une technique
remplaçant les tissus biologiques par du silicone. « A notre
connaissance, ces personnes étaient des jeunes Chinois. Leurs familles
sont-elles seulement au courant ? s’interroge Cécile Thimoreau,
directrice de l’ECPM. Nous demandons à ce que les organisateurs
prouvent l’origine de ces corps et qu’il s’agissait bien de dons à la
science. » « Il y a une atteinte évidente à la dignité de ces cadavres
éviscérés, en raison notamment de l’aspect mercantile. Cette exposition
n’a par ailleurs pas de valeur scientifique, contrairement aux écorchés
de Fragonard, qui sont entrés dans l’histoire », précise Richard
Sédillot, avocat des deux associations. Actuellement en Amérique du
Sud, l’organisateur, Pascal Bernardin, a tenu à réagir. « Ces corps
sont entrés en France avec tous les justificatifs nécessaires. Il
s’agit bien de dons légaux faits en Chine et qui sont devenus par la
force anonymes. » Avec cette requête, les deux associations espèrent
faire interdire l’exposition.
Vendredi 27 mars 2009 à 1 h 22 min Vincent à répondu:
A suivre donc… Elle fait beaucoup de bruit en tout cas cette expo…
Vendredi 27 mars 2009 à 10 h 45 min Emeric à répondu:
J’ai trouvé ça aussi, dans le même genre…
http://philosophie.blogs.liberation.fr/noudelmann/2009/03/lart-au-marteau.html
Et Marielle, j’ai bientôt fini ton livre "lorsque j’étais une oeuvre d’art". Je repasserais faire un tour ici pour te dire ce que j’en pense !
Samedi 4 avril 2009 à 19 h 52 min Ipecac à répondu:
Peut être vous est-il arrivé de voir une personne proche, voir très proche, dans son cercueil ouvert. Cela m’est arrivé. Personnellement et étrangement, je n’avais pas l’impression de voir la personne que je connaissais. C’était elle, mais ce n’étais plus elle. Ce n’était pas un objet mais ce n’était plus l’Homme que j’avais connu. Et tout en étant triste, je n’étais pas choqué de voir ce corps. C’est pourquoi cette exposition me laisse assez froid, sans jeu de mots scabreux, car les corps exposés ainsi sont encore moins proches du vivant que le corps reposant en son cercueil. Qui plus est, et contrairement à ce que faisait les activistes viennois dans les 60′s (mouvement artistiques que je ne condamne pas, contraire), il n’y a pas de dégradation ou d’humiliation du corps. Cela reste très "médical". C’est très "tiède" artistiquement. Pour reprendre une thématique qui vous est "chère" (et vous l’écrivez comme vous voulez, spéciale dédicace), on est ici plus dans le domaine de l’émotionalisme, que dans celui de l’émotion. On y repense le lendemain, la semaine au mieux et puis c’est terminé… Des 4×3 partout dans le métro, une polémique alimentée par des associations, une contre-indication du comité d’éthique, voilà plusieurs justifications au prix (15euros) du "mini-frisson-en-plastique".
Dimanche 5 avril 2009 à 14 h 54 min Emeric à répondu:
Exactement, je suis complètement d’accord.
Il m’est arrivé aussi de voir une personnée décédée, et je ne sais pas si c’est que j’avais conscience de cela ou "autre chose", mais j’avais l’impression que c’était une autre personne présente. Je ne ressentais RIEN, un corps inerte fait une drôle d’impression. Bien sûr j’ai été extrèmement touché et bouleversé par la mort de cette personne très proche, mais le fait de voir son corps était très perturbant.
A la fois on a l’impression de savoir, de connaitre cette personne, mais au plus profond de nous on na la connais pas, car elle semble complêtement différente.
Cette exposition montre des formes, des objets exposés, ce ne sont plus des êtres humains car ils ne snt plus vivants, ils n’ont d’ailleurs plus grand chose "d’humanité", car ce ne sont que de la matière transformée et complètement vidée d’essence. Alors certes les associations crient au scandale, mais je pense qu’effectivement, après le court instant de frissons, on passe à autre chose. D’ailleurs ça a même été le cas dans ce débat ; on est passé à l’exposition durant laquelle une personne tue des animaux à coup de marteaux…
Mardi 21 avril 2009 à 17 h 27 min misscatas à répondu:
Interdiction de l’expo, 24 heures pour suspendre la manifestation :
Un juge des référés parisiens a interdit ce mardi 21 avril l’exposition
anatomique "Our Body", laissant 24 heures aux organisateurs pour
suspendre la manifestation qui présente au public, depuis le 12 février
à Paris, de vrais corps humains.
Lien vers l’article complet
Mardi 21 avril 2009 à 18 h 57 min Emeric à répondu:
30 millions de visiteurs à travers le monde et on interdit l’expo ???
Bravo…
Moi qui voulais aller la voir.
Vendredi 6 novembre 2009 à 10 h 50 min Superfree à répondu:
les corps étaient ceux de condamnés à mort chinois, des traces de balles dans le crâne ont été relevées.
Samedi 7 novembre 2009 à 2 h 12 min misscatas à répondu:
Bah moi qui pensais qu’il fallait arrêter cette exposition, ca confirme encore l’atrocité de mettre ces corps à la vue d’un public… bravo !
où as-tu trouvé cette information ????
Mardi 20 juillet 2010 à 12 h 46 min Rencontre à répondu:
Quelqu’un sait-il, plusieurs mois après cette expo, si ces corps, plastinés, étaient accompagnées d’un véritable didacticiel, si je puis dire, afin de transformer une occasion de faire parler de soi en quelque chose de réellement utile et pas juste un étalage d’hommes morts ?
Lundi 15 novembre 2010 à 14 h 08 min Marielle à répondu:
Disons que cela pose encore beaucoup de questions mais plus tant sur l’exposition elle même. C’est surtout tout ce qui gravite autour et notamment la question de la dignité et du respect de l’homme après sa mort. Voici un article récent sur une des polémiques autour de sujet :
http://www.rue89.com/2010/11/15/body-worlds-des-cadavres-a-vendre-sur-un-site-web-allemand-175610