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L'homme n'est rien d'autre que la série de ses actes.   {Friedrich Hegel}

Campagne athéiste : Nouveau terrain divertissant de provocation publicitaire ? Intrusion honteuse dans la sphere privée ? Choc necessaire à nos sociétés ?


« There’s probably no god. Now stop worrying and enjoy your life. »
« il n’y a probablement pas de Dieu alors cessez de vous tourmenter et profitez de la vie »

Cette campagne est été exposée sur tous les bus de Westminster (Londres) en octobre dernier à l’initiative de la British Humanist Association, association qui représente les laïcs au Royaume Uni et défend les droits de l’Homme, la démocratie et l’égalité. Imaginée par Ariane Sherine, journaliste et auteur de comédie télé en réaction a une campagne de publicité biblique, cette communication a beaucoup fait parler d’elle.

Dépasse-t-on les limites en touchant au religieux dans la publicité ? A-t-on une réelle portée sur les croyances de l’humain avec la communication et est-ce sain ? Peut-on tout transformer en sujet de communication ? Doit-on s’attendre à voir arriver en France les mêmes pratiques ?

Quand la publicité touche à l’une des spheres ultra-personnel de l’invidividu qu’est la croyance, quelle sont les valeurs ? quelles sont les limites ?
A vous d’en débattre.

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12 réponses


  1. Et pour ouvrir ce débat je vous propose une citation de Blaise Pascal tirée du fragment 427 des pensées :

     » Comme je ne sais d’où je viens, aussi je ne sais où je vais ; et je sais seulement qu’en sortant de ce monde je tombe pour jamais ou dans le néant, ou dans les mains d’un Dieu irrité, sans savoir à laquelle de ces deux conditions je dois être éternellement en partage. Voilà mon état plein de faiblesse et d’incertitude. »

  2. Plutôt qu’un agnosticisme frileux je proposerai pour ma part un athéisme tranché en sollicitant Bakounine :
    « Si Dieu est, l’Homme est esclave. Or, l’Homme peut et doit être libre. Donc Dieu n’existe pas. Nous défions qui que ce soit de sortir de ce cercle ; et maintenant qu’on choisisse… »
    Dans, « Dieu et l’Etat ».

    Et en ce qui concerne le débat sur ce type de publicité, il me semble clair, et je rejoins le point de vue du rédacteur de l’article, qu’il s’agit d’une avancée supplémentaire du mode spectaculaire dans la sphère du spirituel et donc d’une nouvelle source d’appauvrissement et d’avilissement de l’Humain. Bien que je ne pense pas que la croyance doive restée une sphère « ultra-personnel », du fait de ces conséquences sociétale ; je suis tout autant convaincu que ce n’est pas par la propagande (terme initial avant sa transformation en « relation publiques » ou « communication » ou « publicité »), que les individus pourront se questionner rationnellement et donc se faire une opinion argumentée et psychologiquement solide.

  3. Si Michaël tu cite Bakounine, permets-moi de convoquer la notion de « Dieu caché », et de répondre grâce à Pascal (frag 144):
    « Il n’est pas vrai que tout découvre Dieu et que tout cache Dieu, mais il est vrai tout ensemble qu’il se cache à ceux qui le tente, et qu’il se découvre à ceux qui le cherchent »

    Ainsi Dieu laisse le choix de le chercher ou non. Il est assez absent pour ne pas s’imposer comme évident, mais assez présent pour qu’on soit tenté de le chercher.
    Cela renvoi à la notion d’érotisme. Donc je pense qu’en ce cas, l’Homme CHOISIT d’être esclave ou non, pour reprendre les termes de Bakounine.

    Concernant la compagne de pub j’ai envie de dire ENFIN !!.
    Enfin une campagne de publicité qui représente les athés, agnostiques, etc.
    Mais j’ai aussi envie de mettre en garde les travers de ce genre de discours invitant à l’émotionnalisme… Donc à l’exacerbation d’une culture de l’instant, et de la recherche d’émotions tout azimuth.

    Personnellement j’approuve et je comprend cette publicité, mais ce n’est que communication. En effet, qui est derrière cette campagne? que nous vends-on ?
    Le buzz est en fait rondement mené, et créer un étonnement voire un soulèvement contre, est une très bonne idée pour faire parler de soi.
    Le message en lui-même est bien évidemment contestable, et montre bien les limites de la démocratie.
    (au fait, cette campagne a été interdite dans de nombreuses villes américaines)

  4. Pour continuer le débat, et par la-même contribuer à la vie de ce blog, je contre-argumenterais à Emeric la réflexion suivante :
    Dans ton explication de la notion de dieu-caché, il me semble que tu prends comme présupposé l’existence de dieu. En effet, lorsque tu dis que « l’Homme CHOISIT d’être esclave ou non », c’est à dire de rechercher dieu ou non, cela implique son existence préalable. Or, ce que veut dire Bakounine c’est que son existence même, indépendant du fait que l’Homme le cherche ou non, aurait pour conséquence l’aliénation éternelle de l’Homme et son impossibilité à être pleinement Humain (dans le sens où seul un Homme qui peut espérer d’être libre, même s’il ne l’est pas encore, peut-être considéré comme tel).

    Et pour continuer également la discussion sur le thème principal de ce débat, je tiens ma position en affirmant que ce type d’initiative ne peut être que néfaste à la fois pour la cause qu’ils défendent, et pour la société en général. Ceci pour deux raisons :
    Premièrement, la publicité en tant que moyen de communication est intrinsèquement aliénant. Son caractère envahissant (en l’occurrence l’espace publique) et unilatéral (la publicité refuse de fait un droit de réponse) clos tout débat et donc toute pratique démocratique. De ce fait, cette campagne enferme son objectif (convaincre) dans un non-sens rhétorique symptomatique de notre société qui refuse le conflit et préfère utiliser le spectacle (en tant que système émotionnaliste) plutôt que la discussion.
    Et deuxièmement, je doute que les athées ou les agnostiques aient besoin d’une quelconque campagne de publicité pour exister. Au contraire, le fait d’utiliser un moyen coercitif tel que la publicité va à l’encontre du but premier de l’athéisme qui est l’émancipation.

  5. Je pense que le débat sur le dieu-caché n’en n’a pas fini, mais je voudrais préciser ceci:
    Certes, peut-être, en sa qualité de chrétien, Pascal part peut être du principe que Dieu existe, même s’il l’a beaucoup cherché (le cantique des cantiques 3-1)
    « Sur ma couche pendant la nuit, j’ai cherché celui que mon cœur aime. Je l’ai cherché et je ne l’ai point trouvé. Il faut que je me lève, que je fasse le tour de la ville, que je cherche celui que j’aime. »

    Il faudrait ainsi définir « Dieu ». Qu’est-il ? Qui est-il ? A-t-il un rôle à jouer dans l’Humanité ? N’est-il qu’une conception, qu’une création de l’Homme ?
    Je pense que si dieu existe alors il vaut la peine d’être recherché, mais que s’il n’existe pas, à quoi bon le rechercher. et c’est le tout le propos : y croire ou pas est un choix personnel. Nous ne sommes plus dans un diktat moyen-ageux, et chacun est libre (dans les pays dans lesquels cette campagne est diffusée) de croire en un Dieu ou non.

    Je comprends tout à fait la notion « d’Homme libre » que défends Bakounine, mais je pense que les temps ont changé, et que la notion de liberté revêt énormément de sens. Quelle liberté ? Liberté d’action ? Liberté de parole ? Liberté de déplacement ? Liberté de choisir un Dieu ?
    Je pense que le raisonnement de Bakounine se replie sur lui-même: il parle de liberté, mais il ne comprend pas ce que Dieu représente. Dieu laisse le libre arbitre (ce pourquoi il est « caché » pour Pascal), et Dieu n’impose donc rien à l’Homme. Tout ce que Dieu nous offre c’est l’espoir d’un autre monde meilleur. Une forme de Paradis est présente dans chaque religion. Et il me semble qu’il est bon d’espérer, en un Paradis ou non, une forme de liberté, et c’est cet espoir, cette confiance qui nous fait avancer.
    De là à dire que l’espoir est forme d’esclavage, je t’entends déjà venir…

  6. Pour partir à la recherche d’un Dieu il faut être convaincu qu’il y a quelque chose à trouver. Lorsque l’on ne veut rien trouver on ne cherche rien. Mais Bakounine nous explique que l’existence d’un Dieu rendrait du même fait l’homme esclave. Esclave pourquoi ? Parce qu’on admet en reconnaissant une force supérieure que l’homme n’a pas la toute puissance sur sa vie, sur ses choix ? Pourtant il faut quand même bien admettre que pas mal de chose en ce monde nous dépasse infiniement. A commencer par le sens de notre existence. Est-ce nécessairement une négation de la liberté que de partir à la recherche d’un Dieu ? Tout dépend, je pense de ce que l’on met en face de ce mot… Si l’on voit en « Dieu » un horizon, une direction personnelle qui nous conduit vers l’autre et nous pousse à nous dépasser pour trouver du sens dans la vie, je ne pense pas qu’on puisse y voir une entrave à la liberté individuelle. Si l’on y voit un Dieu qui nous fait passer la porte soit du paradis, soit de l’enfer en fonction de la somme des mauvaises actions dont nous sommes les auteurs, alors peut-être…

    Quant au débat initial sur la campagne elle-même, je suis convaincu avec Michaël que les athées n’ont pas besoin d’une telle campagne pour être sûr de leur choix. Et que ceux qui ne le sont pas ne le seront pas plus après une telle campagne. On en arrive donc a des campagne stériles, empêtrées dans une glorification narcissique de la performance du buzz et qui servent une société du spectacle qui nous invite au replis satisfait sur nous-même plutôt qu’à la rencontre avec l’autre.

  7. Il est vrai que ce type de débat peut durer éternellement, mais le but ici n’est pas nécessairement de convaincre mais simplement de converser. C’est donc avec joie que je m’en vais défendre Bakounine et avec lui, toute la tradition athéiste libertaire.

    Pour ce qui est de l’existence ou l’inexistence du dieu chrétien au sens classique du terme (omnipotent, omniscient, inifiment bon, etc…), je me permet de renvoyer au livre de Sébastien Faure « Douze preuves de l’inexistence de dieu« . Bien qu’un peu datées, certaines des « preuves » peuvent être encore intéressantes.

    En revanche, en ce qui concerne l’existence de dieu, dans sa définition la plus globale qui me semble être celle du Créateur de toute chose, il est vrai que certaines questions persistent. Mais la problème devient plus cosmologique que religieux et entrer dans ce débat serait s’écarter de notre discussion.

    Pour en revenir à l’idée de « choix personnel », je suis d’accord avec toi pour dire que dans nos sociétés « démocratiques », notre liberté d’opinion religieuse permet d’écarter cette question dans la sphère privée. Mais je me permet tout de même une réserve sur le fait que cela impliquerai un désengagement total de la société et donc du débat publique sur la question. Bien que le choix de croire est clairement personnel, ses conséquences, elles, débordent la personne et peuvent faire l’objet de choix publiques. Je m’explique, le débat démocratique engage des personnes qui argumentent telle ou telle proposition en fonction de leurs valeurs et leurs croyances. Celles-ci entraînent des positionnement fermes sur des questions éthiques, morales, sociales ou culturelles qui, pour être tranchées, doivent être débattues. Or, lorsque des déïstes argumentent leur position par leur croyance, le débat est biaisé et là s’arrête la démocratie en tant que système décisionnel. Comme exemple, je prendrai Mme Boutin (notre actuelle ministre du logement) qui avait amené une bible dans l’assemblée nationale pour contre-argumenter lors des débats sur le PACS. Bien qu’extrême cet exemple nous montre comment des choix relevant de la sphère privée peuvent enrayer le débat démocratique. C’est pourquoi, il me semble que l’idéal démocratique (je parle ici d’un système basé sur une démocratie directe, non représentative), nécessite une société qui accepte, bien entendu, les choix religieux personnels, mais qui, en revanche, se base sur une sphère publique athée. C’est à dire une sphère publique qui fasse le choix de la non-existence de dieu. Car si la société se refuse à prendre parti sur cette question, elle prend le risque de biaiser son système décisionnelle en permettant des débats faisant appels à des arguments non rationnel. On voit très bien les dérives de la société américaine qui, bien que démocratique et théoriquement laïc, se laisse totalement dépasser par les valeurs morales déïstes de ces citoyens. La France est un des rares pays où la notion de dieu n’est jamais convoquée par le politique et je pense que l’athéisme du XIXème siècle y est pour beaucoup. Mais, on voit très bien aujourd’hui que la notion de laïcité risque d’être bien faible face aux valeurs morales divines qu’exhibent nos dirigeants. C’est pourquoi, il nous faut repenser la laïcité en fondant la politique sur des valeurs morales débattues et définies par l’ensemble de la population. Cette morale devra être humaniste, c’est à dire non-utilitariste et non-religieuse. Il me semble que c’est la seule solution pour éviter démocratiquement les dérives des passions personnelles.

    Pour finir, car j’ai bien peur d’avoir déjà été un peu long, quelques mots sur la notion de liberté. La tradition libertaire, comme son nom l’indique, s’ancre pleinement dans sa défense et dans son épanouissement et y donne une définition philosophique tout autre que celle propagée par le système capitaliste à savoir : « ma liberté s’arrête où commence celle des autres », ou encore « la liberté c’est l’absence de contraintes ». En effet, en réponse à ces définitions teintées d’individualisme et de démesure, Bakounine dit ceci : « Ma liberté s’enrichit de celle des autres et ne sera complète que lorsque tout Homme pourra en jouir ». L’écosocialisme contemporain y ajoute : « La liberté c’est la capacité à comprendre, fixer et respecter, en commun, nos contraintes ».
    Or, ta définition de la liberté à partir de dieu, est contradictoire. D’une part tu expliques que dieu ne nous impose rien et d’autre part tu dis qu’il nous laisse le libre-arbitre. Or, et je me permet d’emprunter cette réflexion à M. Bischoff, ce qui est important ce n’est pas le choix, mais le choix du choix. Dans ton raisonnement, ce choix initial, celui de donner la liberté, c’est dieu qui le fait et non l’Homme. C’est en ceci que ta contradiction entre le fait que Dieu « n’impose pas », mais « donne » supprime inévitablement toute liberté réelle.
    De plus, tu nous dis que dieu nous offre l’espoir d’un autre monde (un Paradis), ce qui présuppose déjà une séparation entre l’esprit et le corps (présupposé contestable), et limite encore une fois la liberté de l’Homme à ne pouvoir que la recevoir de la part de dieu. L’esprit humaniste libertaire, lui, pense que c’est à l’homme et à lui seul, de prendre sa liberté, non pas d’en attendre une hypothétique, mais de la construire aujourd’hui grâce à sa capacité à s’organiser avec ses semblables et à promouvoir ses convictions de solidarité et d’égalité.

    Je conclurai sur un point d’accord, celui de l’espérance. Car bien, que l’on diverge sur sa source : tu la penses divine (Paradis, liberté donner par dieu) et moi Humaine (capacité à conquérir sa liberté par la solidarité et l’auto-organisation) ; on se retrouve sur sa nécessité et sa fonction: dépasser le déjà-là.

  8. Michaël, j’aime bien quand même que tu cite Bakounine, car son propos est ambigüe.
    Je suis allé voir à droite à gauche qui il était et ce qu’il avait fait, car j’avoue, je ne le connais pas bien.
    Visiblement Bakounine a pratiquement dédié sa vie à une idée révolutionnaire. Vivant dans la Russie de la fin du 19ème siècle c’est normal je trouve. Ensuite, visiblement il n’a jamais « terminé » une œuvre, et certaines d’entre elle ont été modifiées après sa mort.

    L’idée d’une pensée révolutionnaire, de non soumission à une autorité est très louable, surtout à l’époque des Tsars Russes, et je pense que Bakounine a largement participé à l’avènement de la révolution d’octobre 1917, ainsi qu’à la naissance du Marxisme et l’avènement de la classe prolétarienne.
    Donc pour moi, son propos est « extrême » car il voulait que son peuple quitte le joug des Tsars. J’entends son argument ainsi: Si Dieu même ne peut pas nous rendre esclave (car il n’existe pas), alors comment vous, Tsars de Russie, gouvernements, pourriez vous nous dominer ?
    En tout cas l’idée de confronter un penseur mathématicien/philosophe chrétien et un révolutionnaire athée est certes une idée à exploiter.

    J’ai bien aimé aussi le lien vers « les 12 preuves de l’inexistence de Dieu ». Ça m’a fait bien rire…
    Dans le premier argument on peut lire « Le geste créateur est un geste impossible à admettre et une absurdité » car, selon l’auteur, rien ne peut être créé à partir de rien.
    Je pense que l’auteur confond les concepts de Rien et de Néant.
    De plus comment les athés expliquent-ils le fait que quelque chose existe en ce moment même ? Vivons-nous dans une Matrice, comme dans un film ? Un univers qui n’existe pas ? Comment justifient-ils l’arbre que je voit, la personne qui est à côté de moi ? D’où vient tout cela ? N’a-t-il pas été créé ? Qui/Quoi a fait cela ?

    C’est cette question qui m’importe. Comment expliquer ce qui existe ?
    Je veux bien admettre qu’une entité divine n’existe pas, mais il y a bien « quelque chose » (avec tous les guillemets nécessaire) qui a créé ce qui nous entoure.

    Dans un autre argument, il y a marqué « La multiplicité des Dieux atteste qu’il n’en existe aucun ». Permet moi de revenir à Pascal.
    Ce que nous dit Pascal c’est que Dieu est en chacun de nous. Il est donc différent en chacun de nous.
    Je dirais que « Dieu » est en fait ce que chaque personne se fait comme idée sur « le sens de la vie », et cela permet de répondre aux questions « d’où venons nous ? » et « où allons nous ? ».
    Donc la multiplicité des Divinités pour ma part s’explique par le fait que chaque être humain a besoin de croire en quelque chose.
    Un paradis, le Valhalla, l’au-delà, un panthéon quelconque, la réincarnation, et même pour les athées pourquoi pas, la liberté.
    Poussant mon raisonnement à l’extrême, on pourrait même dire que le « libertanisme » serait une religion.

    Donc au final je pense que l’on tombe d’accord sur le fait que la religion relève d’un choix personnel.
    Dans ton précédent message tu parle de Mme Boutin qui brandissait une Bible pour contre-argumenter sur le PACS. Je pense aussi que nous somme d’accord pour condamner les extrémismes de tous bords. À la fois les extrémismes des créationnistes par exemples, des musulmans intégristes, et des athées (je n’ai pas d’exemple actuellement).
    Enfin vers la toute fin de ton texte, tu parle de la notion de Paradis. Nous sommes d’accord sur ce point il me semble. Il faut prendre sa liberté et non pas se dire ‘bof, de toute façon je serais libre au paradis ». ce n’était pas mon propos, et je pense bien que chacun doit conquérir sa liberté et se battre pour elle, et non pas se figer dans une attente. Mais cette attente est espoir, et c’est cet espoir qui nous pousse à nous battre s’il le faut. La boucle serait bouclée.

    Concernant la campagne de publicité (le sujet quoi…), j’ai appris hier soir que cette campagne était une réponse à une précédente campagne de publicité réalisée par une paroisse Londonienne ayant pour but (je pense) de recruter des fidèles.
    Il serait bien de réussir à la retrouver, et à en discuter en ce lieu même.
    En tout cas, l’église orthodoxe Russe de Londres a répondu à cette campagne par le slogan « There is a God. BELIEVE. Don’t worry and enjoy your life ».
    Donc finalement tout le monde est d’accord: « ENJOY YOUR LIFE ! »

  9. A propos de Bakounine, je me permettrai juste de clarifier quelques points.
    Premièrement, il n’était absolument pas marxiste, au contraire. Lors de la Première internationale, c’est justement l’opposition vigoureuse entre Marx et Bakounine (entre la pensée autoritaire et la pensée antiautoritaire) qui scinda inexorablement le socialisme en deux mouvements séparés et même opposés. En effet, au début de la révolution d’octobre 1917, l’armée rouge a assassiné la plupart des forces anarchistes et étouffée toutes les révoltes antiautoritaires qui prenaient forment dans les conseils ouvriers (Kronstadt, l’Ukraine de Makhno, etc.).
    De plus, Bakounine a très peu vécu en Russie du fait de son expulsion précoce ; et son idéal révolutionnaire s’est concrétisé dans le Jura Suisse avec la création des coopératives autogérées des premiers horlogers Suisses (éh oui, les montre suisses sont nées grâce à un anarchiste). Ta lecture de ses théories et donc erroné, car il me semble que son athéisme est plus profond qu’une simple extension de sa volonté d’émancipation des peuples du joug de leur dirigeant. Je pense que l’idée libertaire en général repose plutôt sur le refus de toute soumission et de tout autoritarisme. Cette tradition vient en partie de la notion de servitude volontaire développée par La Boétie au 16ème siècle qui nous explique que notre soumission à l’autorité est purement volontaire et que notre liberté dépend uniquement de notre volonté d’émancipation. Est libre celui qui le veut et se bat pour cela. Le mouvement libertaire, enrichi du socialisme utopique initié par Charles Fourrier et Pierre-Jospeh Proudhon au XIXème siècle, actualise cette pensée pour développer l’anarchisme, c’est à dire l’absence de toute forme de pouvoir et d’autorité. De là, la pensée théorique de ce mouvement interroge toutes les formes d’autorité et en conclue, en utilisant La Boétie, que la notion de dieu, du fait de l’impossibilité d’en prouver l’existence, doit être abandonnée. Puisque l’anarchisme propose une société ne nécessitant aucune aliénation non consentie (imposée hiérarchiquement), pourquoi garder les vieilles « méthode » d’organisation qui utilisent l’autorité (étatique, militaire, religieuse, économique) ? C’est donc cette lutte contre l’autorité en général qui, par l’éducation, par la construction de lieux non autoritaire, etc, permettra l’avènement de l’anarchisme (qui exista pendant plus d’un an en Espagne 1936). Pour en revenir plus précisément à l’hypothèse dieu, elle devenait de fait inutile et même contre-productive puisque d’une part sa définition acceptée par une grande majorité de la population (et c’est vrai encore aujourd’hui) conduit à une soumission ; et d’autre part, si l’on déplace la notion de foi et de sacré non plus d’une une entité transcendante et hypothétique, mais dans chaque Homme, alors la force du mouvement d’émancipation sera beaucoup plus grande et fraternelle.

    A propos de l’œuvre de Sébastien Faure, j’ai bien précisé qu’il fallait le remettre dans son contexte et que seulement quelques arguments son encore intéressant. Et pour ce qui est de ton questionnement sur la Création et sur la différence entre rien et néant, permet-moi d’orienter le débat sur leur pendant scientifique qui est le vide. Les lois de la physique et de la chimie depuis Lavoisier sont formelles « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme ».
    La théorie du big bang (développée initialement par un prêtre) peut naïvement permettre de garder l’hypothèse d’un début et donc d’un acte créateur, or, la physique quantique contemporaine modifie considérablement la notion de vide. En effet, le vide quantique diffère du rien et du néant en ce qu’il est un potentiel d’énergie. Dans les accélérateurs de particules, comme le futur LHC, nous avons déjà pu observer des couples de particules/anti-particules surgir du vide. Ce vide quantique n’est pas continu, ses interstices atemporeles et aspatiales nous donne une toute autre vision de la réalité qui diffère radicalement de notre conception macroscopique du monde. De ce fait, certaines théories qui exposent l’idée qu’il y aurait plus que quatre dimensions, peuvent nous permettre de comprendre le big bang, non pas comme une création mais comme une transformation d’un état en un autre. Je vais m’arrête ici sur ce sujet car il serait trop long d’en expliquer toutes les notions techniques mais, personnellement je reste persuadé que c’est en travaillant et comprenant cette notion du vide, à la lumière de la physique moderne que nous tenons une compréhension du monde et une cosmologie qui ne nécessite pas l’hyptohèse dieu.

    Lorsque tu pousses ton raisonnement à l’extrême et que tu dit que le libertarisme serait une religion, je me doit de contre-argumenter, et pour ceci, j’utiliserai la différence entre religion et religiosité. Bien que je comprenne et que j’entende vos arguments sur la possibilité de l’existence d’un dieu tel que vous le définissez, je pense en revanche que cette définition ne rentre pas dans le cadre d’une religion. Une religion est, je pense, un ensemble de croyance idéologiques ou théologiques constitués en dogmes absolues qui permettent d’accéder à la Vérité. Or, c’est cette Vérité qui me dérange. Car celui qui dit détenir la Vérité n’entendra jamais les arguments de ceux qui en défend une autre (même si lui, ne la pense pas absolue). C’est ce « fixisme » (pour reprendre un terme utilisé lors des débat entre le darwinisme et le créationnisme) de l’esprit qui est pour moi une impasse et une négation de la puissance intellectuelle de l’Homme. Le religion économique sous sa forme capitaliste et croissanciste actuelle, nous montre bien à quelle point elle peut être néfaste et aveuglante pour la société, comme l’était celle du christianisme pendant le moyen-age. Or, il me semble que votre position correspond plus à une religiosité fondée sur la recherche de la vérité plutôt que sur la défense d’une vérité absolu et révélée. C’est sur ce point que nous nous retrouvons et que nous pouvons comprendre des mouvements tels que l’anarchisme mystique développé par Tolstoï ou Gustav Landauer. Cette forme de croyance non figée est, je pense, un moteur de l’évolution de la pensée et permet la remise en question et le renouvellement des concepts. C’est pour ceci que je récuse le terme de religion et je préfère celui de religiosité, car la religiosité peut revêtir une forme athée.

    Cette dernière remarque me permet de faire le lien avec la réponse de Vincent, car sa définition de dieu me semble convaincante et me permet de m’y rapprocher. Même si, dans l’acceptation de cette définition, je me demande pourquoi il faille encore utiliser le terme de dieu puisque on pourrait très bien y substituer le terme d’Homme. Pourquoi faire appel à une entité transcendante pour parler d’horizon, de dépassement, et de direction personnelle ? On pourrait très bien également y substituer le terme utopie.
    « Quand je fais deux pas vers elle, elle s’éloigne de deux pas. Je fais dix pas, elle est dix pas plus loin. J’ai beau marcher, je ne l’attendrai jamais. A quoi sert l’utopie? Elle sert à ça : à avancer ». (Eduardo Galeano).
    C’est en ce sens que ma foi en l’utopie rejoint la tienne en dieu. Mais je reste convaincu que l’hypothèse dieu n’y est pas nécessaire et que pour s’inscrire dans le monde, la puissance de l’Homme doit être canalisée par sa conscience et non par sa recherche d’une conscience supérieur.

  10. De façon toute bête et moins philosophique. Je vois pas en quoi le fait que Dieu existe ou non change quelques choses sur le fait de profiter de la vie…Voilà, je trouve cette campagne de publicité drôle à la rigueur mais complètement idiote sur le fond comme sur la forme.  

  11. AH si quand même, je voulais juste réagir. Je pensais que dans notre société et on l’avait presque cru Dieu était mort : "Dieu est mort" a dit Nietzsche, "Nietzsche aussi" lui a répondu Dieu.  Et oui pourquoi mettre en relation la jouissance de la vie avec l’existence d’un Dieu. Bien sûr qu’il faut profiter de la vie si Dieu existe, et bien sûr qu’il faut profiter de la vie si Dieu n’existe pas. Maintenant la problématique c’est : c’est quoi profiter de la vie ? c’est baiser, boire, fumer, s’instruire, dépenser de l’argent, se reposer, prendre le soleil, faire du sport, être avec ses amis, vivre d’amour et d’eau pollué, se cacher, partager, travailler, s’occuper de ses enfants, faire la révolution, tuer, donner naissance,…Le problème c’est que pour profiter de la vie, il faut savoir qu’est ce qui me rend heureux ? C’est quoi le sens de ma vie ? As-t-elle un sens ? et merde j’empiète un peu sur nouveau testament… sur Jésus et tout ça tout ça. Et moi ce que j’adore c’est le "Probably" par ce que l’on ne sait jamais s’il existe faudrait pas avoir l’air trop bête. C’est qu’avec Dieu, il y a toujours un doute. (un espoir ou plutôt une espérance ? )“No matter if god exist. Keep on worrying and enjoy your life.”

  12. Merci pour vos discours qui me plaisent. Je doute cependant pour les non croyants qu’ils le soient réellement jusqu’au bout. Car peu avant de mourir, si le temps vous est donné de le savoir, je doute, que vous n’espériez pas autre chose chose que le néant total. Vous vous accrocherez à l’idée que ça continue, et que dieu existe, j’en donne ma main à couper, et je vous embrasse. Croire, est une chance.

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