philosophie, design, philo, arts, art, arts graphiques, photo, photographie, littérature, réflexion, décryptage, pédagogie, vulgarisation, explication, événementiel, analyse, politique, écologie, magazine, pub, publicité, culture, expositions, graphisme, cinéma, spirituel, spiritualité, fait religieux, tribu, tribus, musique, musical, utopie, notion, humanisme, humaniste, engagement, engagé, rencontre, altérité, ifer, artdifer, e-art, e-artsup, concept, spectacle, paris, pop culture, popculture, pop-culture, pop, tendance, postmoderne, postmodernité, ultra moderne, ultramodernité, blog
Vivre, c'est naître lentement. Il serait un peu trop aisé d'emprunter des âmes toutes faites !    {Antoine de Saint-Exupéry}

Dimanche 29 mars 2009{par Sonia & Vincent}

Slumdog millionnaire : qui veut gagner des millions ?

Écrire une critique sur un film qui vient de remporter 4 golden globes et 8 oscars, dont celui du meilleur film rend la tache difficile. De nombreux blogs commentent 2 points de vue : j’aime ou je n’aime pas. Avec 8 oscars la nuance dans la critique se fait plus rare. Slumdog Millionaire est l’adaptation britannique d’un roman indien de Vikas Swarup : « Les Fabuleuses aventures d’un Indien malchanceux qui devient milliardaire ».

Le résumé du film semblait donner de grandes indications sur le scénario, Jamal Malik, 18 ans, orphelin vivant dans les taudis de Mumbai, est sur le point de remporter la somme colossale de 20 millions de roupies lors de la version indienne de l’émission Qui veut gagner des millions ? Il n’est plus qu’à une question de la victoire lorsque la police l’arrête sur un soupçon de tricherie.
Sommé de justifier ses bonnes réponses, Jamal explique d’où lui viennent ses connaissances et raconte sa vie dans la rue, ses histoires de famille et même celle de cette fille dont il est tombé amoureux et qu’il a perdue. Mais comment un jeune de la rue, sans parents ni éducation, est capable de répondre à des questions aussi difficiles ?

La question posée donnait plein d’espoir sur ce film, et l’attente se faisait désireuse de «dit moi ce que tu as vécu et je te dirai ce que tu connais ?» ou comment notre parcours va influencer ce que l’on devient, et l’héritage culturel qu’on a pu en tirer.

Malheureusement en décalage avec nos attentes. Le fait d’esthétiser la pauvreté, donne une vision superficielle et artificielle et nous renvoi au principe d’émission télévisé (volontaire, involontaire, ou seulement mercantile ?). La pauvreté, la mort, se veulent belles par l’utilisation de couleurs accentuées, un montage au rythme effréné, une bande son oppressante et omniprésente. Loin du film documentaire, les acteurs sont choisis comme dans une publicité pour lessive, le but n’étant pas de présenter la réalité du bidonville mais une simple vision touristique de l’inde d’une fenêtre de son hôtel 4 étoiles.

Avant de passer pour les grands super intello, aux grandes lunettes abonnées à Télérama ou au Inrocks (voir l’article très critiqué de Vincent Ostria blog les inrocks : « l’arnaque de slumdog millionnaire ? » et aussi l’article « je n’aime pas slumdog » paru dans courrier international, de Arundhati Roy, essayiste et militante elle Å“uvre pour les droits des plus défavorisés).

La critique se fait par rapport aux nombres importants de prix reçu, pour un film qui à notre avis est bien… mais pas top. Une expérience intéressante sur le parcours de vie du jeune homme, une belle histoire d’amour qui fait d’avantage penser à un conte idéaliste à la morale absurde (contradiction entre les valeurs proposées et la fin du film).

En comparaison avec les meilleurs films oscarisés des années précédentes, un sentiment de légèreté prend le dessus. Pour ne citer que :

No country for old man

Concernant l’oscar de la photographie nous pouvons faire un parallèle avec « la cité de dieu » qui nous semble proche sur le traité et sur le thème abordé. Dans slumdog, la misère et la laideur sont enveloppées dans un déguisement rutilant et aseptisé ; dans la cité de dieu, un voile esthétise mais conserve la réalité.

D’ailleurs le travail photographique de Slumdog nous fait aussi étrangement penser à celui d’Anthony Kurz, qui a récemment fait un reportage sur la misère en Inde en utilisant un traité très saturé et contrasté…

?
La question qu’on pourrait se poser, c’est pourquoi le film fait l’objet de toutes les critiques en Inde? Raisons historiques coloniales Danny Boyle étant britannique? quelle morale faut il retirer de ce film? Pourquoi a-t-il eu 8 oscars?

commentaires : 8Commentaire

Partagez cet article

  • Twitter
  • Facebook
  • Google Bookmarks
  • Delicious
  • MySpace

8 réponses


  1. Tout à fait d’accord avec votre point de vue. Pour reprendre la comparaison avec La cité de dieu (et La cité des Hommes), on assiste ici à un complet retour au pure cinéma Hollywoodien, mais pouvait-on attendre autre chose de la part de Boyle qui, ne l’oublions pas, depuis Trainspotting, s’est converti au spectaculaire rentable.Le scénario n’étant pas exceptionnel en soi (du spectacle Bollywoodien au spectacle hollywoodien il n’y a qu’un pas, alors du rêve américain au rêve indien…). La morale étant quelque peu réduite ("c’était écrit"), ne reste plus que l’esthétique. Or, et c’est justement là que la critique doit, je pense, se porter, c’est beau. Pas Beau dans le sens philosophique, non, beau dans le sens spectaculaire. C’est esthétisant, c’est "post-productionné", ça transpire d’effets de lumière, ça dégouline de mouvements de caméra, ça suppure d’effet de montage. Non, comme vous le dites très bien, Slumdog est une esthétisation hollywoodienne de plus de la misère du monde. Larmoyant quand il le faut mais toujours avec le casting et les décors adéquates, stylisé à souhait tel une belle publicité de parrainage pour bourgeois en mal de charité.Plus qu’une poursuite du cinéma hollywoodien, ces multiples oscars sont là pour encourager "le rêve indien". Celui-là même que les films des années 50 promouvaient à la vieille Europe pas encore convertie à l’idéologie américaine faite de gloire, de richesse et d’opulence. Ces valeurs égoïstes toujours compensés par une giclée de pseudo-romantisme faussement affectif. En temps de crise, le cinéma industriel est toujours là pour remettre la population dans le chemin de la servitude volontaire divertissante. Heureusement, en France, il n’y pas que des multiplex vendus à la solde des grands studios de productions, il existe encore de petites salles, anonymes, souvent recluses, flanquées d’une pancarte "Art et Essai" comme pour les muséïfier. Ces petites salles qui continuent, malgré l’époque, malgré les modes, malgré les box-offices, à projeter du cinéma, celui respecte et honore son appellation de 7ème art, celui qui n’usurpe pas sa fonction : questionner, analyser et être un témoin de son époque.Les Césars, malgré les controverses, tentent de garder cet esprit artistique pour ne pas succomber aux chantres de l’industrie, mais pour combien de temps encore ?

  2. J’ai vu ce film récemment, et c’est vrai que je m’attendais à mieux.
    J’avais vu les précédents Oscars, tels que Million dollar baby, la cité de Dieu, Collision, ou le très célèbre Forrest Gump. c’est vrai qu’à chaque fois j’avais ressenti quelque chose.
    Quelle magnifique tranche de vie que celle de Forrest, quel portrait de la misère et de la grandeur cachée des favellas de la cité de Dieu, quels moments envoutant et haletant dans Collision, et que dire du scénario et de la maîtrise de Eastwood dans Million dollar baby…

    Pour tous ces films j’ai été remué, questionné, interpellé, à la fois par l’histoire, et sur moi-même. Mais là… Ce Slumdog Millionaire est à mon goût décevant. Il ne tient pas les promesse des oscarisés précédents, ce n’est pas à mon goût la même continuité.
    L’un des seuls point TRÈS positif est l’esthétique de ce film, les cadrages sont bons et la photo est vraiment très bien gérée. Mis à part ce point, meilleur film, meilleur réalisateur, meilleure adaptation, meilleure musique, meilleure chanson originale, meilleur
    montage sonore, meilleur montag… Pourquoi pas, mais je pense que dans les autres nommés (ou nominés) il y avait quand même du haut niveau…

    Je pense que d’autres films auraient mérité certains de ces oscars. Enfin c’est vrai que depuis quelques temps déjà je trouve que tous ces prix, oscars, césars, etc sont quand même bien "politisés". En tout cas cela ressemble bien à un prix pour récompenser l’Inde et ses efforts dans tous les domaines, la culture Indienne, etc.
    Reste à voir; on nous disait "le jour où la Chine s’éveillera, le monde tremblera". Qu’en est-il de l’Inde ?

  3. C’est vrai qu’il est un peu en rupture  avec les précedents oscarisés, peut-être  n’aurait-il pas dû se trouver là, mais pour moi la légèreté du film est justement son point fort, elle nous permet de rompre avec la dure réalité des bidonvilles et de la pauvreté. La tendance esthétisante et le rythme déchaîné accentué par la musique nous permet là aussi de nous détacher du sérieux de la situation, rythme qui me fait penser à ceux des films d’Emir Kusturica, qui ne sont certes pas les plus extraordinaires, mais appréciables pour leur fraîcheur.
    Même si ce ne sont pas les plus marquants, je pense que les films spectaculaires, quand bien même ils le sont, sont aussi du cinéma. Peut être pas du grand Cinéma (artistiquement/philosophiquement parlant). 

  4. Je suis d’accord sur le fait que le film est léger justement. Et c’est dans ce sens que nous avons écrit le billet. Mérite-t-il réellement ses 8 oscars ?… 8 oscars, cela veut dire que si l’on juge d’après cette récompense (ce qui est évidement un peu court pour juger d’un film mais quand même, les oscars comme le prix Goncourt en littérature, sont censés fixer un certain indice de qualité…), il est le 5ème film le plus primé de l’histoire du cinéma… Voilà de quoi mettre un petit peu en perspective le billet. Ce n’est pas la légèreté du film que nous blâmons mais bien la surenchère esthétisante et le sens tout de même un petit peu simpliste du film. Alors certes, à la base il s’agit d’un conte, le titre en atteste (Les fabuleuses aventures d’un Indien malchanceux qui devint milliardaire – de Vikas Swarup). Certes, l’esthétique n’est pas inintéressante (encore qu’on soit quand même un brin dans l’excès à mon goût…) mais que dire de 8 oscars quand on connaît les challengers qu’étaient Benjamin Button & Harvey Milk… 

  5. je suis sans doute un mauvais critique mais j’ai souvent raison et je suis cohérent. Je n’ai aimé aucun film de Danny Boyle et je traitais déjà son premier film, « Petits meurtres entre amis » de film de décorateur (dans Les Cahiers du cinéma). Pourquoi s’acharner à parler de ce navet anglo-saxon qui n’a RIEN compris à l’Inde, alors qu’il y a des tonnes de chefs d’Å“uvre indiens qui restent inédits ou n’ont aucun spectateurs. Je mets au défi ceux qui critiquent ma critique aille voir un seul film de Ritwik Ghatak – ou même le sublime film sri-lankais sorti cette année : « Gamperaliya, Changement au village », de Lester James Peries. Les gros sabots dickensiens de Danny Boyle, le beauf du cinéma écossais, font un bruit assourdissant.

  6. Désolé je me suis mal relu. Mais évidemment je ne retire rien.

  7. Je précise juste que le Vincent co-auteur de ce billet n’est pas Vincent Ostria. Nous avons lu votre article et l’avons trouvé fort intéressant. De là a nous accuser de vous reprendre mot pour mot… et même de conclure par « je me suis mal relu », comme si notre billet constituait un simple copié/collé de votre point de vue, il y a quand même un grand pas… Et ce n’est pas ce que nous avons fait ici. Vous n’avez pas le monopole de cette critique, et même si nous ne prétendons pas connaître le cinéma sur le bout des ongles, ni même les conditions de vie en Inde, nous avons notre avis. Ce n’est pas parce que nous vous citons, et que nous sommes (étions…) étudiants que nous plagions des billets pour faire de l’audience sur notre blog. C’est un tout petit peu réducteur, et même si ce que vous avez pensé du film est proche de ce que nous en avons nous-même pensé, je trouve dommage que vous ayez pris ce ton. Mais peut-être était-il hostile parce que vous pensiez que nous critiquions votre manière de voir les choses ? Ce n’est pas le cas rassurez vous ! Par contre, à l’avenir si vous revenez sur xulux (ce que je souhaite véritablement) pas la peine de hausser le ton. Nous partageons points de vue et idées en essayant, autant que faire se peut, de ne pas agresser l’autre et de respecter sa vision et son ressenti.

  8. Inde : un vrai « Slumdog Millionnaire » a fait mieux que dans le film : http://www.rtbf.be/info/societe/detail_inde-un-vrai-slumdog-millionnaire-a-fait-mieux-que-dans-le-film?id=7001573

Réagir au sujet