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La vie ne se comprend que par un retour en arrière, mais on ne la vit qu'en avant.   {Sören Kierkegaard}

Vendredi 3 avril 2009{par Emeric}

Nos députés sont-ils atteints de gastrimargie?

Bien qu’évincés par le gouvernement et les médias, les débats sur la loi création et internet (loi HADOPI) ont bien eut lieu à l’assemblée. Non content d’avoir un sujet qui nous intéresse forcément, j’ai personnellement suivi les débats grâce au site internet de l’assemblée. Et que dire… que dire ? Pour faire court ; Assemblée vide, 98% des amendements rejetés, débat pour savoir si le droit à Internet était un droit fondamental, peu de rapporteurs du texte présents (Nathalie Kosciusko-Morizet, Franck Riester) à part Christine Albanel, aucune étude ni chiffre sur les résultats de la loi DADVSI, un site « explicatif » financé par des entreprises privées, et des députés de l’opposition (au sens large) tous d’accords pour dire que ce texte est liberticide, ne promeut en rien la création, coûtera très cher à mettre en place, n’est pas adapté, inapplicable, dépassé avant même d’être voté…

Donc voilà, c’est fait, le texte a été voté à l’assemblée nationale, par 16 députés sur 277. Certes il y a eut des modifications, pour calmer les détracteurs. Parmi elles : l’amnistie des téléchargements effectués avant le vote de la loi, « permis » de pirater les artistes évadés fiscaux, ou bien le non paiement de l’abonnement à internet si celui-ci est suspendu.

On peut noter tout de suite l’incohérence de ce texte. L’amnistie est une carotte proposée aux détracteurs du texte afin que la loi soit votée. Avec le permis de pirater les évadés fiscaux, on pourra dorénavant se procurer l’album de Jhonny (entre autres). On constate aussi que RIEN n’a été proposé en matière de promotion de l’offre légale, de meilleure rémunération des artistes, même s’ils sont censés être au cœur de ce texte et des débats. Depuis peu par exemple, le géant Apple et sa plateforme Itunes (première plateforme de téléchargement de musique) ont abandonnés les DRM (même si les fichiers proposés sont marqués, personnels), mais la contre partie a été une augmentation des prix. Au lieu d’un prix fixe à 99 centimes, les prix peuvent se fixer entre 0.69 et 1.29 euros. 69 centimes pour les vieux titres, et 1.29 euros évidemment pour les nouveautés et les morceaux à la mode. Ce qui nous donne souvent des albums à plus de 20 euros, soit plus chers que dans le commerce. Merci, cela va clairement dans le sens du consommateur.

Un point positif tout de même est celui qui réduit la durée qi s’écoule entre la sortie d’un film en salle et sa sortie en DVD ; celle-ci est ramenée de entre 6 à 18 mois, à 4 mois. En revanche un amendemant instaure une « survalorisation des contenus dans les moteurs de recherche ». Cette démarche fait craindre l’instauration d’une « culture officielle », bien représentée dans le moteurs de recherche aux détriments d’autres formes de cultures. Une telle démarche appauvrirait l’offre culturelle et sa diversité.

Mais le gros point noir de cette loi c’est l’instauration de cette Haute Autorité PRIVÉE qui pourra accuser sans preuves valables un internaute soupçonné de téléchargement, qui ne pourra donc pas se défendre. Cet internaute sera ensuite inscrit sur une liste noire, et ne pourra contracter d’abonnement à internet. Pour prouver sa « bonne foi », l’internaute pourra installer un logiciel espion « homologué par le gouvernement » (pour part incompatible avec certains système d’exploitation) qui étudiera son trafic internet. Ce logiciel pourrait être payant. Cette Haute Autorité ne rendra de comptes à personne et est déjà incompatible avec le principe de droit à un procès juste et équitable qui prévaut en droit français, puisque cette entité est indépendante du système judiciaire. Egalement, l’internaute lambda « sera tenu de sécuriser sa connection ». On créera ainsi un plus grand écart, et la fracture numérique s’en ressentira entre ceux qui savent et peuvent mettre en place des systèmes fiables et les autre, sachant que tout réseau est piratable.
En tout cas l’Australie, la Suisse et la Nouvelle-Zélande remettent en cause l’adoption de la riposte graduée, car elle se révèle inefficace.
La musique n’est pas en crise, elle est omniprésent, elle nous entoure, simplement nous ne voulons plus la consommer comme avant. Pourquoi alors vouloir à tout prix conserver un modèle économique obsolète ? Pourquoi ne pas avoir étudié le problème, au lieu de satisfaire quelques intérêts ? Plutôt que de voter des lois innaplicables, liberticides, déconnectées de la réalité, pourquoi ne pas avoir proposer des solutions adaptées/adaptables aux nouveaux usages ?

ET LES ARTISTES DANS TOUT CA ?

En tout cas, les annonces se suivent et se ressemblent, et il me fait de plus en plus peur d’habiter dans un pays qui ne comprend RIEN au monde actuel, qui s’inscrit dans une boulimie de changement, et qui n’est concentré que sur une recherche d’efficacité et de profits. Prenons en exemple la recherche, les universités, l’enseignement, les système fiscal, la télévision, l’économie.
Ce qui me choque le plus c’est l’énorme part de lobbying qui est derrière tout cela, et je serait plus que favorable à sa réglementation. Tout le monde sait que des groupes de lobbies agissent en dehors de tout contrôle, et je pense qu’il serait bon de rendre ce système de l’ombre plus transparent. On voit clairement aujourd’hui que plus rien hormis l’économie ne prévaut dans les décisions gouvernemantale. Je pose donc la question : le gouvernement est-il atteint de peur chronique ? Veut-il tout réglementer, tout contrôler ? Se dirige-t-on vers une démocratie chinoise/nord-coréenne ?

commentaires : 8Commentaire

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8 réponses


  1. Et quid des albums introuvables dans le commerce, et pour lesquels le seul moyen d’obtention est le téléchargement ?

    Je rajouterai qu’il y’a une bonne part d’hypocrisie, et une justice à deux vitesses, comme d’habitude. Vous n’allez pas me dire que parmi tous les votants de cette loi, aucun n’a jamais téléchargé de sa vie. Et si par le plus extraordinaire hasard, tous les votants sont blancs comme neige, je suis certain que cela doit être génétique, et que leurs adolescents le sont également.

  2. Mais même au delà des artistes introuvables, ce que veut imposer le gouvernement, progressivement, c’est un filtrage des réseaux.
    On le sait tous, internet c’est le mal. Le téléchargement sur bitorrent permet d’échanger des fichiers illégaux, mais permet également d’échanger des fichiers open source, des bandes annonces, et divers contenus approuvés et sponsorisés. Il y a une réelle économie qui est se met en place, et on veut la casser.

    Le loi en l’état ne promeut en rien la création, elle est uniquement répressive. On voit que les modèles économiques évoluent vite, et qu les coportements évoluent encore plus vite. Ainsi on passe d’un système de fichiers obtenus à un système d’échange de flux, on ne va plus sur emule, mais sur bitorrent et des newsgroup, on n’utilise plus un réseau simple, mais un réseau SSL crypté, etc. Les exeples sont nombreux, et on a déjà des acteurs majeurs du marché qui annoncent des contre mesures.

  3. Voila. Une nouvelle prise de position du gouvernement complètement en décalage avec les évolutions et les demandes de la réalité. Quelle tristesse… Une loi déjà obsolète le lendemain de son vote. Mais ce n’est pas ça le plus inquiétant : la loi création & internet permet un contrôle TOTAL du réseau et ne respecte plus du tout la liberté de l’individu ni son droit à l’anonymat… Après la prise de position sur le Tibet, le gouvernement n’en finis plus de nous entrainer sur des pentes glissantes qui tireront le pays vers le bas pendant des années et des années… les sens du mot politique avec ces gens la est de plus en plus vidé de son sens originel. Gouverner pour l’intérêt du peuple, pour la vie de la cité ? ah non non très peu pour nous. Nous préférons mettre des buches dans l’âtre dévorante d’un système de profit et d’individualisme dont le mot d’ordre est : "présomption de culpabilité" 

  4. loi hadopi, prise de position sur le tibet, prison française, enseignement, université …

    • le droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne,
    • le droit à l’éducation,
    • le droit de prendre part librement à la vie culturelle,
    • le droit de ne se faire infliger aucune torture, ni peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants,
    • le droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion.

    Je dis juste bravo continuons à rayer la déclaration universelle des droits de l’homme, pour un pseudo profit économique. Merci emeric pour cette article, mais je pense que tu es loin d’être le seul à avoir peur…

  5. Comme tu le dis Emeric, on continue d’appliquer un modèle économique dépassé!

    Et que d’incohérences ! Télécharger c’est mal, mais écouter de la musique en streaming sur Myspace ne l’est pas. En revanche écouter de la musique sur certains sites de streaming ne possédant pas les licences officiels, on redevient un pirate. Internet voit naître chaque jours des startup de partage de musique en ligne (TheSixtyone, Spotify, …) et c’est à l’internaute de savoir faire la différence ?! Si cette loi n’est pas la matérialisation du désir de reporter encore et toujours un peu plus l’ultimatum de la naissance d’un nouveau système de marché, alors qu’est-elle ?

    Rappelons qu’en Chine, Google vient de lancer son site gratuit de téléchargement de musique, réservé aux Chinois… Il va être temps d’accepter que acheter des albums chez le disquaire du coin est un concept qui doit évoluer. En plus d’être inscrit dans une logique générationnelle, il est certain que l’évolution d’internet va déboucher sur un "monde" de libre partage des fichiers musicaux et tant que des sites comme Google music proposeront le téléchargement légal et gratuit de fichiers musicaux, nous refuserons de nous considérer comme coupable pour avoir partagé gratuitement de la musique !

    Quand à télévision, Frédéric Lefebvre, député des Hauts-de-Seine ne sait même pas expliquer le web 2.0, on est en droit de se poser des questions sur l’ensemble des gens qui ont votés la loi Hadopi… Comment créer des lois et appliquer un modèle économique sur le micro-monde qu’est le web sans comprendre les rouages de « l’internet d’aujourd’hui »…

    Hadopi et la vague de mécontentement qu’elle a soulevé ne sont que les échos – pas si lointains – de la déchéance de la modernité.

  6. Au passage Emeric, l’image que tu as choisi pour ton article est juste insupportable lol. Ça vient d’où ?!

  7. L’image vient d’un vieux clip d’un vieux (mais bon) groupe, Silverchair (visible ici).
    Pour moi elle représente bien le fait que certaines personnes veulent s’enrichir en restant sur leurs acquis, en restant sur leur merde, comme des porcs. Ils ne veulent rien changer, à moins que ça soit pour gagner un peu plus d’argent…
    Au passage les paroles datent des années 90, mais sont (comme toujours…) plus que d’actualités.

    Pour ceux qui s’y intéressent, hier soir les députés et sénateurs sont tombés d’accord sur la rédaction du texte qu’ils présenterons en dernier vote à l’assemblé. Dans ce textes ils ont réinscrit la "double peine" (l’internaute paye sont abonnement suspendu), et ils ont supprimé l’amnistie pré-HADOPI (la carotte qui avait pu faire voter la loi), entre autres…
    On voit bien qu’on a été prit pour des CONS jusqu’au bout. On nous promet certaines choses, on accepte de voter une loi même à contre coeur, on se dit "bah… ils ont fait des efforts", et ensuite on nous plante un couteau dans le dos…
    C’est scandaleux !!!!

    J’espère (il faut que j’arrête d’utiliser ce mot qui me déçoit à chaque fois…) que la loi ne sera pas voté en l’état par des députés qui seront, je l’espère aussi, plus de 16 à le faire. On aurait voulu un vrai débat, pouvoir écouter des personnes qui proposent de vrais solutions.

    Lassés je pense, le groupe Radiohead a décidé de venir témoigner CONTRE l’IFPI et la RIAA américaine (Recording Industry Association of America) dans le procès d’un internaute pour piratage. Comme quoi même (et surtout) aux Etats-Unis les choses bougent/changent.
    Pour approfondir, voici un article très intéressant de Jacques Attali. A bonne entendeur…

  8. Je suis tout à fait d’accord avec le fait que cette loi vise à sauvegarder un modèle économique obsolète qui ne peut survivre. Dans les années 70, le même genre de loi essayait de réglementer la copie des disques vinyles sur cassettes : sans aucun résultat.

    L’échantillonnage des données analogiques, réalisée par application du théorème de Shannon, fait que la majorité des échanges (télécom, musical, cinéma, …) sont numériques. La dématérialisation des œuvres musicales et vidéo est un fait. On ne peut plus empêcher le phénomène de diffusion avec un outil "internet" qu’on a promu, vanté, démocratisé pour le déployer rapidement. Pour sauver la création et rétribuer les auteurs, il faut inventer un autre support, un autre modèle.  La réprimande (blocage de l’accès internet, amendes, …) ne va pas empêcher cela. Le phénomène est européen, mondial.Ce qui me choque le plus dans ce sujet, n’est pas le sujet lui-même mais les moyens mis en œuvre pour voter cette loi : 36 députés présents sur 577, c’est un vrai scandale. Il parait que la moyenne de présence maximum se situe autour de 100 députés. Non seulement le salaire de député est d’environ 5000 €uros par mois mais en plus la majorité de ces messieurs ne vient pas Il y a là un vrai problème et un modèle complètement décalé du réel avec des causes multiples : cumul de mandats, peu d’intérêt pour certains sujets, manque de motivation, pas de vrais débats mais un vote discipline parce que tel parti présente le sujet, … Je ne comprends pas pourquoi, la rétribution n’est pas liée aux jetons de présence.
    Pour sauver la crédibilité des représentants du peuple, il faut inventer un nouveau modèle. Des personnes dévouées, actives, présentes, … qui assurent leur activité comme n’importe quel agent dans une entreprise. Dur dur à faire voter cette loi par eux-mêmes ! Ils seront encore plus absents ce jour là !

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