blog, philosophie, design, ontologie, érotisme, partage, rencontre, échange, transcendance, utopie, sarko, sarkozy, nicolas sarkozy, francois bayrou, bayrou, bush, obama, ségolène, royal, ségolène royal, underground, décrypter, culture, ultramodernité, spiritualité, esprit, spiritus, souffle, expérience, expériri, mystère, sens caché, transmission, émotion, éveil, mythe, symbole, symbolique, imagination, humanisme, humaniste, interpréter, interprétation, herméneutique, lier, religare, religion, athée, chair, enchantement, réenchantemant, altérité, coeur, politique, tibet, nation, hannah arendt, soren kiekegaard, blaise pascal, philosophe, amour, forme amoureuse, paul ricoeur

Il vaut mieux ne pas jouer le rôle du temps, il travaille mieux que nous.   {Vassili Kandinsky}


Mercredi 16 dĂ©cembre 2009{par Sonia}

Louise BOURGEOIS : l’araignĂ©e, la maĂ®tresse, la mandarine

Louise Bourgeois, spider, 1997

Louise Bourgeois - spider, 1997

Au MK2 Beaubourg et au Reflet MĂ©dicis est projetĂ© un beau documentaire film-portrait sur Louise Bourgeois, Louise Bourgeois : l’araignĂ©e, la maĂ®tresse, la mandarine, de la critique d’art amĂ©ricaine Amei Wallach et de la rĂ©alisatrice Marion Cajori.

D’apparence modeste le documentaire est centrĂ© sur cette femme de poigne, filmĂ©e dans l’intimitĂ© silencieuse de son atelier. MĂŞlant films d’archives et interviews dans un dĂ©cor chaleureux Ă  son domicile et Ă  la fois angoissant par ses crĂ©ations dans son atelier. Louise Bourgeois magnĂ©tise la camĂ©ra par l’intensitĂ© de son franc parler et se livre avec franchise, sans jamais trop en dire. Un juste milieu qui permet de cerner et de dessiner un parcours, celui d’une enfant nĂ©e Ă  la veille de la première Guerre Mondiale et dĂ©chirĂ©e Ă  jamais par un père revenu transformĂ© du front. Père qui prendra sa gouvernante installĂ©e Ă  domicile pour maĂ®tresse.

Louise Bourgeois - Red Room (parents), 1994

Louise Bourgeois - Red Room (parents), 1994

NĂ©e en France en 1911 et arrivĂ©e Ă  New York en 1938, oĂą elle a suivi son mari, l’historien de l’art amĂ©ricain Robert Goldwater, elle frĂ©quentera les surrĂ©alistes en exil. Traversant le SurrĂ©alisme, l’Expressionnisme abstrait, le Minimalisme. Sa reconnaissance sera tardive, Ă  l’âge de 60 ans, bien qu’aujourd’hui elle soit devenue l’une des artistes majeures de la seconde moitiĂ© du 20e siècle et du dĂ©but du 21e siècle avec comme figure emblĂ©matique l’araignĂ©e. Les araignĂ©es gĂ©antes, ces sculptures mĂ©talliques noires monumentales, qu’elle rĂ©alise depuis le dĂ©but des annĂ©es 1990 que l’on peut retrouver aux quatre coins du monde, de Tokyo Ă  Londres en passant par Paris, Bilbao, New-York…

Louise Bourgeois, Maman, 1999, aux Tuileries

Louise Bourgeois - Maman, 1999, aux Tuileries

Le langage personnel et autobiographique de Louise Bourgeois rejoint les pratiques les plus contemporaines, et exerce son influence sur de nombreux artistes. Son acte crĂ©ateur est très proche de la psychanalyse, comme le montrent ses travaux qui renvoient en gĂ©nĂ©ral Ă  la famille, aux relations mère-enfant, père-enfant, et a des scènes Ă  forte charge Ă©rotique. Avec ses araignĂ©es gĂ©antes, l’Ĺ“uvre d’art a son rĂ´le premier de rejouer les peurs (enfantines et inconscientes) pour les exorciser et transformer l’angoisse en plaisir. Elle associe aussi son propre travail Ă  une toile d’émotions et de souvenirs qu’elle tisse et dĂ©tisse et retisse. Ou comme elle le dira dans le titre d’une de ses Ĺ“uvres de 1999-2000 : I do, I undo, I redo, Je fais, je dĂ©fais, je refais. Qui sera la trame narrative et le dĂ©coupage du film. I do, I undo, I redo, parcours chronologique pour dĂ©couvrir des Ĺ“uvres majeures de l’artiste.

Louise Bourgeois - I do, I undo, I redo, 1999-2000

Louise Bourgeois - I do, I undo, I redo, 1999-2000

Le procédé essentiel à son travail, est l’enchaînement, l’articulation de différents éléments entre eux se nouant, comme les parties d’une longue phrase visuelle, pour produire un sens nouveau et inattendu. L’assemblage, l’assemblage d’éléments hétéroclites et hétérogènes. Comme le disait Freud en parlant de l’inconscient, « il excelle à rassembler pêle-mêle des éléments hétéroclites ». Non comme les surréalistes, ce procédé ne vise pas à l’étonnement, ou la surprise du spectateur, il est au service de l’inconscient de l’artiste qui met en forme ses peurs et ses affects les plus anciens et les plus refoulés. Comme c’est écrit dans la partie supérieure de Precious liquids et je pense que Freud ne l’aurait pas contredit : « l’art est une garantie de santé mentale ».

Louise Bourgeois - Precious Liquids, 1992

Louise Bourgeois - Precious Liquids, 1992

2 réponses


  1. J’avais dĂ©jĂ  vu un reportage sur cette artiste il y a quelques annĂ©es et dĂ©jĂ  Ă  l’Ă©poque j’avais Ă©tĂ© marquĂ©e par son travail très pĂ©nĂ©trant, dĂ©rangeant, sensible. Je reste troublĂ©e par le caractère abrasif de Louise Bourgeois mais plus encore par la dialectique qu’elle entretien avec les affects. Elle dĂ©gage autour d’elle une telle force ; une Ă©nergie directement issue d’une impulsion intĂ©rieure destructrice qui se libère en un geste crĂ©atif. Ce mouvement est perpĂ©tuel. Ainsi ses crĂ©ations sont d’une vĂ©racitĂ© troublante et la limite entre l’art et elle trop mince pour ĂŞtre visible « La sculpture est le corps, mon corps est ma sculpture ». Comment rester insensible Ă  ce tourment crĂ©ateur…

  2. ...................................................................................................................................................................
  3. Très beau film que celui-ci qui nous plonge dans l’Ĺ“uvre tumultueuse de Louise Bourgeois. Ce qui me marque et me pose question, c’est Ă  quel point les artistes qui ont un discours incisif, un univers hypnotique, une vĂ©ritable Ă©nergie crĂ©atrice et ravageuse sont souvent tourmentĂ©s et habitĂ©s d’un profond mal-ĂŞtre. L’Ă©lan destructeur est indĂ©niablement fĂ©cond et crĂ©ateur. Nous le voyons avec Louise Bourgeois ici, mais le retrouvons aussi avec de artistes tels que Baudelaire, Van Gogh, Beethoven, H.R Giger ou encore Giacometti pour n’en citer que quelques uns…

    Difficile de ne pas se faire aspirer quand on se retrouve face Ă  une telle intensitĂ© dans le propos et la forme qui lui sert d’Ă©crin. Je vous invite Ă  vous intĂ©resser de près Ă  Dionysos, qui par sa profonde ambivalence Ă©claire la dialectique destruction/(re)-crĂ©ation et permet d’approfondir son interprĂ©tation. Merci pour ce beau papier, qui rend hommage Ă  l’Ĺ“uvre exceptionnelle (que l’on aime ou que l’on n’aime pas…) de Louise Bourgeois.

  4. ...................................................................................................................................................................


Réagir au sujet :