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Vivre, c'est naître lentement. Il serait un peu trop aisé d'emprunter des âmes toutes faites !    {Antoine de Saint-Exupéry}

Vendredi 11 juin 2010{par Sonia}

l’espoir mondial 2010 ?

Bonjour et bienvenue en Afrique du Sud pour la Coupe du Monde 2010 de football ! Un endroit remarquable, un endroit fait de contrastes d’extrêmes inégalités, un endroit où la Coupe du monde privatise les profits en faisant peser les coûts sur la société. La FIFA, quel que soit le coût social, veut faire en sorte que le spectacle et les bénéfices soient une réussite. Le capitalisme n’atténue pas l’héritage douloureux de l’apartheid : racisme, pauvreté et inégalités.

On camoufle tous les conflits Ă  grand coup de panneau publicitaire pour prĂ©senter aux yeux du monde l’image d’une nation unie et pour renforcer le prestige et la crĂ©dibilitĂ© de ses leaders politiques. L’organisation de la Coupe du monde n’a pourtant que très peu amĂ©liorĂ© le niveau de vie de la plupart des citoyens et particulièrement des plus pauvres. Incapables de pouvoir se payer un billet pour le Mondial, ils vont ĂŞtre rĂ©duits Ă  suivre la compĂ©tition parquĂ©s dans des « fans parks » approuvĂ©s par la FIFA et Ă©troitement surveillĂ©s par la police. Il y a aussi les expulsions de milliers de gens qui ont Ă©tĂ© chassĂ©s de leurs foyers vers des bidonvilles, pour faire place aux nouveaux stades et ainsi Ă©pargner aux touristes le triste spectacle de la rĂ©alitĂ©.

Photographies réalisées par Pamela Beukes, secrétaire de la Campagne antiexpulsions de l’ouest du Cap

En dĂ©clarant que la Coupe du Monde Ă©tait un « Ă©vĂ©nement protĂ©gĂ©« , le gouvernement, en accord avec les demandes de la FIFA, a adoptĂ© des lois qui « Ă©noncent les lieux oĂą les gens peuvent rouler en voiture et se garer, oĂą ils peuvent vendre ou ne pas vendre, et oĂą ils peuvent promener leurs chiens. » Expulsions, RĂ©pressions, surveillances… rappellent aux gens le temps de l’Apartheid.

 » Toute ma vie je me suis consacrĂ© Ă  la lutte pour le peuple africain. J’ai combattu contre la domination blanche, et j’ai combattu contre la domination noire. J’ai chĂ©ri l’idĂ©al d’une sociĂ©tĂ© libre et dĂ©mocratique dans laquelle toutes les personnes vivraient ensemble en harmonie et avec les mĂŞmes opportunitĂ©s. C’est un idĂ©al pour lequel j’espère vivre et que je veux accomplir. Mais si besoin est, c’est un idĂ©al pour lequel je suis prĂŞt Ă  mourir. » (1962, Nelson Mandela).

On pouvait pourtant se laisser rĂŞver Ă  un « Invictus », une recherche de symbole et de solution susceptible d’unifier une nation. Pour ceux qui ont eu le plaisir de le voir, le film « Invictus » de Clint Eastwood raconte comment Nelson Mandela se sert du sport pour tenter d’unifier son pays lors de la Coupe du Monde de Rugby en Afrique du Sud en 1995. Nelson Mandela, alors fraĂ®chement Ă©lu Ă  la prĂ©sidence de la rĂ©publique après avoir Ă©tĂ© incarcĂ©rĂ© 27 ans, veut Ă©viter la guerre civile dans un pays post-apartheid demeurant profondĂ©ment divisĂ©. Conscient des inĂ©galitĂ©s Ă©conomiques et des fĂŞlures raciales, il va essayer d’unifier son pays avec l’aide du capitaine des Springboks.

Tâche difficile quand on sait que le rugby était presque exclusivement pratiqué par des blancs et que le maillot de l’équipe nationale, représentait jusque-là l’incarnation du régime de l’apartheid.

« Je suis le maĂ®tre de mon destin, le capitaine de mon âme » Extrait de « Invictus », poème de l’Ă©crivain William Ernest Henley de 1875.

Clint Eastwood dès le premier plan installe les fissures ethniques du pays. Il montre un contraste d’inĂ©galitĂ© entre les enfants noirs des bidonvilles et les Afrikaners dans leurs beaux uniformes. Dans un dĂ©sĂ©quilibre qui appelle Ă  la haine, il  bâtit son histoire, ses personnages puis joue avec les clichĂ©s pour mieux les dĂ©tourner. Le mĂ©rite en revient au jeu d’acteur : un très grand Morgan Freeman ! (Comme toujours sous la direction de Clint Eastwood) qui est d’ailleurs Ă  l’origine du projet. Une mise en scène, fluide, efficace avec une trajectoire profondĂ©ment humaniste.


Même s’il impose deux fois plutôt qu’une ses qualités, le film ne restera pas dans les annales. En effet, les aspects moins reluisants de l’évènement sont soigneusement mis de côté. Les scènes finales concernant le match Afrique du Sud/Nouvelle-Zélande reposent sur certains effets un peu maladroits. Les ralentis utilisés excessivement pour l’image, et surtout le ralenti du son, transforme le souffle des sportifs en brouhaha d’animaux sauvages.

Aujourd’hui, le coup d’envoi du mondial 2010 sera donnĂ©. Alors, pourquoi ne pas se laisser prendre au jeu et rĂŞver Ă  un « Invictus ». Le PrĂ©sident, Jacob Zuma Ă  dĂ©clarĂ© : « La coupe du monde est en train d’unir le pays comme jamais avant« .

Alors il y a peut être un espoir, l’espoir mondial !

Comme le 12 juillet 1998, ou la coupe du monde devenait l’image d’une France multiethnique et victorieuse. Ou le drapeau français Ă©tait fier de se dire « black/blanc/beur« . On assistait Ă  un grand dĂ©ferlement de bons sentiments, une avalanche d’optimisme qui ont changĂ© le climat moral du pays. MĂŞme si l’euphorie allait vite retomber, nous rappeler ces valeurs fait du bien.

Tous les quatre ans, un pays est prĂŞt Ă  dĂ©penser des milliards pour organiser la Coupe du Monde. L’Afrique du Sud a dĂ» dĂ©penser 3 milliards d’euros pour ce mondial. Alors que l’on nous parle de dĂ©ficit, de crise, de rĂ©duire les dĂ©penses de santĂ©, d’éducation, on se prĂ©pare dĂ©jĂ  en France pour l’Euro 2016. Pourquoi ne pas les dĂ©penser pour rĂ©gler les problèmes Ă©conomiques, sociaux et amĂ©liorer l’éducation dans le pays ? Malheureusement nous vivons dans un monde marchand, alors pourquoi dĂ©penser de l’argent pour rĂ©gler les problèmes d’un pays puisque cela n’engendre aucun bĂ©nĂ©fice…

Mais soyons optimiste, Alors 1 et 2 et 3… zéro !

Un article et des photos réalisées par Pamela Beukes, secrétaire de la Campagne antiexpulsions de l’ouest du Cap.

–> http://www.courrierinternational.com/article/2010/05/06/a-l-ombre-des-stades-fleurit-la-misere

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