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Le bonheur est en quelque sorte, ce qui met un point d'arrêt à la fuite en avant du désir.   {Paul Ricœur}

Samedi 6 juin 2009{par Emeric}

Home – Yann Arthus Bertrand

Hier soir nous Ă©tions Ă  la projection de « home« , le film Ă©vĂ©nement de Yann Arthus Bertrand (produit par Luc Besson) sur le Champ de Mars. Après un peu plus d’une heure trente, le film/documentaire se termine sur une note d’optimisme. Vraiment ?



La bande annonce. Pour voir le film intégralement rendez-vous ici : http://www.youtube.com/homeprojectfr.

Yann Arthus Bertrand nous livre depuis pas mal de temps dĂ©jĂ  de magnifiques images de la Terre, notre planète. Il s’est surtout fait connaĂ®tre par le livre « la terre vue du ciel », qui a connu un succès planĂ©taire. Depuis peu il nous inondait d’images magnifiques en rĂ©alisant une sĂ©rie de documentaires sur l’Ă©tat de la planète, l’Ă©tat de ses ressources, ce que nous en faisons, le climat… LĂ  il pousse le projet encore plus loin, puisque le film a Ă©tĂ© diffusĂ© mondialement le 5 Juin, Ă  l’occasion de la journĂ©e mondiale de l’environnement. Il est diffusĂ© gratuitement sur internet, et sur un format plus long (2h) sur DVD et dans les cinĂ©mas. Les bĂ©nĂ©fices sont intĂ©gralement reversĂ©s Ă  l’association Good Planet, fondĂ©e par Yann Arthus Bertrand.

20h30
21h50
Le film commence…

Après ce petit constat, parlons du contenu de ce film : Sans rĂ©volutionner quoi que ce soit, le film nous propose de belles images, de très beaux paysages, et de grandes erreurs humaines. La voix off est celle de Jacques Gamblin, et il nous tutoie. Certains trouvent cela dĂ©rangeant, mais je pense que c’est plus pour « impliquer » le spectateur, plutĂ´t qu’autre chose. Le film nous montre les limites du dĂ©veloppement des villes, de l’agriculture, la dĂ©forestation, la pauvretĂ©, mais surtout, il nous fait comprendre comment, en quelques annĂ©es, l’Homme a BOULEVERSÉ son habitat naturel. Le discours est lĂ©gèrement accusateur, mais il faut bien comprendre que tout le monde Ă  jouĂ© un rĂ´le pour que nous arrivions lĂ  oĂą nous en sommes.
Au cours du documentaire, l’espoir semble s’Ă©vanouir, et il ne reste qu’environ 20 minutes lorsque Yann Arthus Bertrand nous dit que tout n’est pas perdu, et nous parle des solutions mises en places, et des acteurs « engagĂ©s ». Et c’est lĂ  oĂą Ă  mon avis le bas blesse : la solution ne semble pas entre les mains des peuples.
La fin du film est consacrĂ©e Ă  ce que font les gouvernements, les industriels, les pays divers concernant ces changements climatiques, de modes de vie, mais le peuple ne semple pas y jouer grand rĂ´le. A quoi cela sert-il alors de manifester ? Ă€ quoi cela sert-il que des associations se crĂ©ent et demandent Ă  tous d’agir pour protĂ©ger l’environnement ? Pourquoi faire un film si Ă©mouvant alors ? Pour se faire plaisir ? Pour pouvoir continuer Ă  faire des reportages Ă  travers le monde grâce Ă  goodplanet.org ?

commentaires : 10Commentaire

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10 réponses


  1. Le discours des hĂ©licologistes n’est qu’Ă©cotartufferie. L’esthĂ©tisation et la spĂ©ctacularisation de la nature n’ont comme seules consĂ©quences une dĂ©politisation totale de l’Ă©cologie. Le discours induvidualisant induit un fort sentiment de culpabilitĂ© Ă  l’Ă©gart de la sphère personnellle, ceci pour Ă©viter tout questionnement sur les causes d’ordres Ă©conomiques ou politiques. Le problème Ă©cologique ne peut ĂŞtre compris que dans son contexte politique, Ă©conomique, gĂ©opolitique, gĂ©ologique et thermodynamique. Mais peut-ĂŞtre que les financiers de ces messieurs (Hulot et compagnie) ne leurs permettent pas de telles rĂ©flexions.En attendant, la Crise (de l’) empire.

  2. Je ne partage pas l’avis d’Emeric

    Le fait d’avoir programmé un tel événement le même jour dans 120 pays a permis de toucher un maximum de personnes. C’était HISTORIQUE et cela a sensibilisé des millions (milliard) d’habitants aux nombreux risques que la civilisation moderne fait porter sur toute la planète terre.

    Le contenu du film est, à mon avis, bien articulé avec

    - une première partie qui trace l’histoire de humanitĂ© et l’importance de l’eau et du soleil sur les Ă©quilibres
    - une deuxième partie qui liste les comportements actuels et les consĂ©quences dramatiques sur l’environnement et sur les hommes -> alerte, on va vers une catastrophe …
    - une troisième partie qui présente les nombreuses actions déjà en cours à travers le monde, et la prise de conscience qui se fait progressivement dans les pays. Certains font quelque chose -> on peut sauver le système ….

    La fin est un magnifique catalogue des pays visités, qui montre la diversité, la beauté des peuples et des paysages. Chacun peut se dire qu’il peut agir : individuellement (déchets, usage des transports, énergie, …), collectivement (habitation, entreprise, quartier, …) -> on est tous concernés, on peut tous agir à son petit niveau, les petites contributions pour servir une grande cause : notre survie …

    La musique a une part importante dans l’exposĂ© et elle contribue Ă  l’émotion. La terre est belle, il faut la sauver …

    En résumé, je ne pense pas que la finalité du projet soit pour les auteurs de se faire plaisir ou de faire un coup pour en vivre et voyager. Je crois plus à l’honnêteté, à la motivation, à l’énergie des réalisateurs et producteurs qui souhaitent mobiliser les peuples avec pédagogie. Depuis vendredi, on en parle beaucoup, on échange, on disserte, on lance des idées, on élabore des solutions, on réagit au film, … c’est un premier pas et c’est déjà beaucoup. A nous de jouer : le destin de la maison Home est dans la main des Hommes qui la peuplent.

  3. merci du fond du coeur pour ce documentaire qui apporte des rĂ©ponses Ă  l’homme qui a tout bouleversĂ©, oĂą tout va trop vite, de magnifique vues aĂ©riennes du monde entier, notre planète est en danger et chacun a le devoir de la respecter

  4. Voyant que le plus grand coup de propagande de l’histoire moderne (diffusĂ© dans tous les pays, dans tous les formats, sur tous les supports avec l’aide des Etats des multinationales, des principaux acteurs politiques et Ă©conomiques de la planète, etc.), a Ă©tĂ© plus qu’efficace, je ne continuerai pas un argumentaire qui, de toute façon, risque Ă  peine d’Ă©gratigner votre bĂ©atitude symptomatique d’un tel Ă©vĂ©nement. Je vous laisserai simplement un lien vers une Ă©mission de radio, LĂ -bas si j’y-suis, consacrĂ© Ă  cet Ă©vĂ©nement. http://www.la-bas.org/article.php3?id_article=1719
    En espérant que votre esprit critique et votre intégrité aient gardé un minimum vital de scepticisme, et se posera au moins cette question : Pourquoi ne cherchent-ils jamais les causes ?

  5. Mais Mickaël, on sait tous quelles sont les causes: nous.

    Depuis tout temps l’Homme n’a de cesse de transformer son environnement, pour le rendre meilleur, l’amĂ©liorer… Et cela passe parfois par le pire, avant d’atteindre le meilleur.
    Je rappel quand même que depuis toujours nous faisons la guerre, nous détruisons les autres en cherchant à nous protéger, et nous détruisons notre planète.
    Ce n’est peut ĂŞtre qu’une pĂ©riode, avant un âge meilleur ?

    La question que je pose ici est « peut-on connaĂ®tre ce qu’est la libertĂ© sans en avoir jamais Ă©tĂ© privĂ© ? »
    Autrement dit, la thèse est que peut ĂŞtre que l’homme doit dĂ©truire son environnement, et se dĂ©truire lui mĂŞme pour accĂ©der Ă  une autre conscience de son environnement, d’oĂą il vient, et jusqu’oĂą il peut aller. En restant humble.

    Hormis la question très anarcho-rĂ©volutionnaire visant Ă  criminaliser toutes les entreprises, je pense qu’il vaut mieux prendre sur nous et ne pas participer Ă  des achats qui contiennent trop de plastiques, Ă  des voitures qui consomment trop…
    Mais après on arrive vite Ă  se mordre la queue : comment fait-on pour sortir d’un mode de vie qui nous rĂ©git Ă  99,9% ? Surtout en pĂ©riode de crise, comment fait-on pour rester fidèle Ă  ses principes de vie sans dĂ©penser une Ă©norme somme pour une voiture non polluante, ou bien des produits bio/Ă©quitable… plus chers ?
    Que propose-tu MickaĂ«l ? Parce que c’est bien de critiquer, mais quelles sont tes solutions (rĂ©alistes et rĂ©alisables)?

  6. Cette conception de l’Homme destructeur de la nature me semble terriblement occidentalo-centriste. Que dire des milliers de peuples qui vivent en harmonie avec la nature depuis des millĂ©naires ? Sont-ils Ă©galement responsable ? ArrĂŞtons l’hypocrisie, la cause n’est certainement pas l’Homme, mais la conception qu’en vĂ©hicule la pensĂ©e occidentale depuis Descartes. « L’Homme maĂ®tre et possesseur de la nature », voilĂ  la cause. Mais attention, je ne prĂ´ne pas une soumission Ă  la nature oĂą Ă  un quelconque ordre supĂ©rieur sous lequel nous devrions nous plier. Non, ce que je veux exprimer c’est simplement l’idĂ©e qu’il ne faut plus penser l’Homme en dehors de la nature. Nous devons comprendre que nous en faisons partie, que notre vie est d’abord biologique et s’inscrit donc dans des cycles thermodynamiques dĂ©finis. La rĂ©flexion Ă©cologique doit absolument repenser l’Homme et ce qui le caractĂ©rise, la civilisation. Or, pour sauvegarder la libertĂ©, nous devons nous interroger sur une anthropologie Ă©cologique qui se concrĂ©tise par des actes politiques ! Quand j’utilise ce terme ce n’est pas dans une optique politicienne et encore mais dans le cadre d’un système parlementariste. Je l’utilise en son sens Ă©tymologique et dans une perspective de dĂ©mocratie radicale. Le changement salutaire n’arrivera ni d’en haut ni d’en bas si nous restons dans le cadre actuel, c’est pourquoi notre civilisation sera Ă©cologique que lorsqu’elle aura rompu avec le capitalisme et le libĂ©ralisme. L’Ă©cologie est incompatible avec une logique croissanciste alimentĂ©e par la compĂ©tition et le profit. La prioritĂ© est donc de faire Ă©merger une pensĂ©e en rupture avec cette logique destructrice ayant pour base l’Ă©galitĂ© politique rĂ©elle entre les citoyens au travers d’une conception humaniste (oĂą l’Homme passe avant sa fonction). A partir de lĂ , nous devons avoir confiance en sa capacitĂ© Ă  inventer pour qu’il puisse se rapproprier sa vie (sa situation dirait Benasayag – après Guy Debord) selon ces nouvelles valeurs et pour ainsi Ă©viter tout dogmatisme ou programme prĂ©conçu qui risquerait de perpĂ©trer les erreurs passĂ©e.
    C’est donc en ce sens que je rĂ©cuse toute forme de dĂ©veloppement durable, capitalisme vert et autre oxymore qui n’ont pour but que de « polluer moins pour polluer plus longtemps » (Paul Ariès). Nous ne pouvons agir qu’en tant que citoyen car en tant que consommateur nous ne sommes que des sujets du MarchĂ© sans libertĂ© et sans Ă©galitĂ©. Il ne s’agit pas de choisir, il s’agit de faire le choix du choix, celui qui nous caractĂ©rise en tant qu’ĂŞtre Humain. Le choix de ne pas participer Ă  cette mascarade aveuglante qui veut nous faire croire que les profiteurs du système veulent en changer. Notre unique voix de sortie est celle de l’indiffĂ©rence face au système, pour reconstruire Ă  cĂ´tĂ© Ă  partir de nos valeurs celles qui valent la peine d’ĂŞtre vĂ©cues.
    Bien entendu, tu penses que tout ceci n’est pas « rĂ©aliste », que ce ne sont que des errements d’ »anarcho-rĂ©volutionnaire » comme tu te plais Ă  le dire. Il n’empĂŞche que la crise (Ă©cologique, Ă©conomique, etc.) que nous vivons ne se rĂ©sume pas Ă  un problème d’ajustement structurels, la crise est intrinsèque Ă  la structure, elle en est l’ultime Ă©vĂ©nement. Et pour Ă©viter le pire, il ne suffira pas d’en modifier l’architecture, ni mĂŞme de la dĂ©truire, il nous faudra en construire une autre, mais avant de le faire, nous devons en concevoir l’IdĂ©e directrice ; et je pense que ce blog en est une des prĂ©mices.

  7. Les exemples choisis sur les peuples sont Ă©difiants ; comment faire alors, on revient Ă  une communion avec la nature ? que faire de nos villes ? de nos « envies » de shopping ? de nos Iphone ? de la mĂ©decine ? des transports en commun ? des Ă©nergies ? des voyages dans l’espace ?
    On ne peux pas casser radicalement nos modes de vie. Il faut un changement dans le temps, et c’est ce qu’essayent de faire ce genre de reportages. La meilleure faon de changer le monde est d’Ă©duquer les enfants/les gens.

    Les financiers n’arrĂŞterons probablement jamais leurs logiques croissanciste, alors plutĂ´t que d’appeler Ă  casser le système, c’est Ă  dire l’arrĂŞter brutalement, changeons le, progressivement. Je suis d’accord pour dire que le libĂ©ralisme croissanciste ACTUEL n’est pas viable, car il ne tiens pas compte des ressources limitĂ©es de la planète. Mais il est encore trop tĂ´t pour que l’on en tienne compte de manière viable. ArrĂŞter toute forme de croissance serait anti-naturel et anti-progrès ; l’humanitĂ© ferait du sur-place.
    De toute façon il est et il sera trop tard. Les changements nous les subirons. Il faut juste que l’Homme s’adapte Ă  ce qu’il a fait subir Ă  la Terre.

    Je suis d’accord avec la pensĂ©e utopiste que tu dĂ©veloppe. Seulement tu fait partie des quelques personnes qui peuvent percevoir et anticiper sur ce que sera peut ĂŞtre l’humain… dans quelques dĂ©cennies si tout va bien, pour l’instant je ne l’estime pas prĂŞt. Mais ce n’est pas pour autant qu’il ne faut rien faire.

    Et je te rassure, les « profiteurs du système » veulent changer, c’est juste qu’il faut qu’ils le fassent ensemble pour que cela fonctionne. Mais ils ne l’ont pas encore compris car ils sont en concurrence. Ils peuvent nous imposer des emballages non polluants ou je ne sais quoi d’autre. mais ils doivent le faire ensemble et en mĂŞme temps pour Ă©viter une perte de clients trop important, et donc un effondrement de leur entreprise. C’est typiquement Français que de croire que tout est « green painting ».

  8. Je pense que notre point de dĂ©saccord se situe dans notre conception du changement. Il me semble clair que la situation actuelle nĂ©cessite une rupture paradigmatique (« la structure des rĂ©volutions scientifiques », Khun), c’est Ă  dire une profonde transformation de notre conception anthropologique de l’Homme. Et ceci ne peut ĂŞtre fait par en haut. C’est un travail personnel, intĂ©rieur, spirituel qui ne peut ĂŞtre initiĂ© que par le dialogue, le conflit et le dĂ©bat dans un contexte Politique. « Les gens de ce reportage » n’essayent pas d’Ă©duquer la population Ă  ce genre de changement, ils essayent de lui faire comprendre qu’il faut faire confiance aux dirigeants (politiques et Ă©conomiques) et attendre que ceux-ci nous proposent des lois, des produits que nous pourront choisir. L’Ă©ducation que je propose est populaire, elle doit venir d’en bas, elle doit se construire entre les personnes, elle doit ĂŞtre crĂ©atrice de curiositĂ© et d’inventivitĂ©. Ce n’est pas en faisant des constats alarmistes et en dĂ©blatĂ©rant des solutions pour con-sommateurs que l’on avancera.
    Je n’appelle pas Ă  casser le système, j’appelle Ă  le laisser s’effondrer car il est irrĂ©formable, ses bases philosophiques (Descartes, Hobbes, Smith, etc.), cristallisent les ingrĂ©dients de la crise actuelle. Nous devons construire sur d’autres bases, comme lors de la chute de l’empire romain ou pendant la rĂ©volution française.
    Si tu considères que l’arrĂŞt de la croissance serait anti-naturel et anti-prorgès, je suppose alors que tu penses que l’idĂ©ologie qui la sous-tend est d’ordre naturel. Cette conception typiquement libĂ©rale (je revois Ă  mon article sur Facebook), fait partie des logiques Ă  dĂ©construire. Le progrès, tel qu’il a Ă©tĂ© pensĂ© par les Lumières, ne se rĂ©duit pas Ă  l’accumulation et encore moins Ă  celle du profit, de la marchandise ou de la technique ! La dĂ©croissance (telle que pensĂ©e par Ariès, Latouche, etc.), est au contraire le moyen de repenser le progrès pour reconfigurer nos envies dans une logique non-destructrice qui reposerait sur un nouveau paradigme. Le bonheur (ce Ă  quoi tend le progrès), n’est pas synonyme de propriĂ©tĂ©, d’avancĂ©e technologique, d’Iphone ! Toi qui t’intĂ©resse aux philosophies orientales, regarde le Bouthan ! Ils ont remplacĂ© le PIB par le BNB (bonheur national brut). VoilĂ  une dĂ©marche intĂ©ressante et rĂ©volutionnaire ! Il faut rompre avec l’idĂ©ologie ambiante pour repenser nos vies sur d’autres bases et d’autres conceptions. Ceci ne peut se faire dans le cadre du système ; il ne s’agit pas de s’adapter, il s’agit de commencer autre chose sans attendre nos dirigeants qui de toute façon sont tellement engluĂ© dans un pragmatisme vide de sens qu’ils sont incapable de penser diffĂ©remment. Et nous y gagneront car en construisons ensemble nous comprendrons que l’Ă©change Humain est extrĂŞmement fĂ©cond, que de la coopĂ©ration et de la gestion commune Ă©galitaire peut Ă©merger une multitude d’expĂ©riences politiques intensĂ©ment riches et crĂ©atives d’oĂą nous pourront penser un nouveau vivre-ensemble. Si les profiteurs veulent changer, ce n’est que pour garder leur statut de profiteur, et n’oublions pas que nous en faisons partie. Si nous voulons dĂ©fendre une conception humaniste et Ă©galitaire de la Vie nous devrons nĂ©cessairement baisser notre production et donc notre consommation, ce sont les lois thermodynamiques (4ème loi de l’entropie) qui nous l’apprennent et ce n’est pas une mauvaise nouvelle, au contraire, cela nous dĂ©saliĂ©nera du matĂ©rialisme et nous laissera le temps au spirituel.

  9. C’est une belle utopie. Il y a des choses avec lesquelles je suis d’accord, et d’autres moins.
    Je ne suis pas sĂ»r qu’il faille un dĂ©sastre tel que la chute de l’empire romain ou autre pour que nous changions.
    De plus, le changement ne peut se faire Ă  mon avis « qu’ensemble », c’est-Ă -dire par le bas, et aussi par le haut comme tu dis.
    Les politiques anticiperont et utiliseront les mouvements Ă  leur avantage. Ils ne seront donc pas larguĂ©s (donc rĂ©Ă©lus) mais entre temps le monde et les gens auront changĂ©s (je l’espère).
    Le problème est de savoir quand et en combien de temps cela va se passer.

    Soit cela se passe « vite » et « par le bas » comme tu dis, donc lĂ  c’est la chute, la rĂ©volution, le chaos…
    Ou alors cela se passe en s’Ă©talant dans le temps, progressivement, et avec tout le monde.

    C’est bien beau d’annoncer que l’homme va penser diffĂ©remment. Mais encore faut-il que beaucoup, beaucoup de monde doit penser la mĂŞme chose au mĂŞme moment pour que cela se produise. Il y a trop de moyens de « contrĂ´les » afin d’endiguer des mouvements aussi massifs.Regardons ce qui se passe par exemple lors des sommets Ă  Davos, avec les alter-mondialistes… Les mouvements ne prennent pas car ils sont dĂ©crĂ©dibilisĂ©s par les Etats, ils sont provoquĂ©s, et du coup ils se radicalisent, sont mieux surveillĂ©s… et du coup ils ne prennent pas.

    Et même si cela se passe rapidement, avec par exemple une révolution comme en 1789, je pense que cela ne changera rien, ou pas grand chose, car plus personnne, plus un pays ne peut agir SEUL sans retomber dans une période de crise profonde amenant à un retour en arrière brutal.

    Donc d’accord pour « plus de spirituel », mais chacun Ă  son Ă©chelle, et chacun Ă  son rythme.
    Au bout de 2009 ans la religion chrĂ©tienne est toujours prĂ©sente, mais on ne peut pas en dire autant de l’empire ottoman, de l’empire romain, ou de la RDA/RFA.
    Comme quoi l’histoire Ă  besoin de temps pour se faire. Il en est de mĂŞme pour les Homme je crois.

  10. Bien sĂ»r qu’il faille du temps pour entamer un changement aussi radical, je ne le nie pas, ce que je veux simplement dire c’est que cela ne doit pas ĂŞtre un prĂ©texte pour attendre ou pour s’adapter (on voit l’Ă©volution entre JaurĂ©s et Aubry…). Et je suis tout Ă  fait d’accord lorsque tu expliques qu’il faille que l’on soit ensemble pour changer, mais il faudra un Ă©vĂ©nement dĂ©clencheur, une rĂ©volution. Je ne suis pas entrain de faire l’apologie romantique du grand soir, le terme rĂ©volution a Ă©tĂ© tellement souvent galvaudĂ© qu’il est difficile de l’utiliser, ce que je veux dire en prononçant ce mot c’est qu’il nous faut insuffler un nouvel esprit, une nouvelle pensĂ©e qui fasse tâche d’huile en Ă©tant rappropriĂ©e de façon vernaculaire pour Ă©viter tout dogmatisme. Cette rĂ©volution a dĂ©jĂ  Ă©tĂ© tentĂ©e, en 1871 Ă  Paris, en 1917 Ă  Kronstadt, en 1936 en Espagne, en 1956 Ă  Budapest, en 1968 en France, en 1994 au Mexique. A chaque fois, il s’agissait de se rapproprier un lieu, une situation par le politique. Il s’agit d’installer un système autogĂ©rĂ© Ă©mancipateur qui donne les conditions politiques et Ă©conomiques pour reconstruire une sociĂ©tĂ©. Ces Ă©vĂ©nements se sont quasiment tous terminĂ©s par un massacre de grande ampleur ordonnĂ© par le pouvoir en place. Mais ces hommes et ces femmes, Ă  travers leur lutte, Ă  travers leur rĂ©volution, nous ont prouvĂ© au cours de l’Histoire qu’un autre monde est possible (3 millions de personnes pendant 10 mois en Espagne 1936 vivaient en autogestion). Cette tradition doit nous Ă©clairer, par ses rĂ©ussites et ses Ă©checs, par ses inventions et ses pratiques, Ă  la prĂ©paration de la prochaine tentative qui, on l’espère sera durable. Or, ce qu’il nous manque Ă  l’heure actuelle ce n’est pas le courage, ni l’envie, c’est la pensĂ©e. Nous sommes dans une pĂ©riode charnière ou nous devons tout repenser fondamentalement, nous devons rĂ©flĂ©chir intensĂ©ment pour rebâtir conceptuellement une nouvelle idĂ©ologie (système d’idĂ©e) cohĂ©rent et praticable. Pour cela nous ne devons pas attendre un gĂ©nie ou un messie, nous devons tous au quotidien crĂ©er les situations favorables Ă  l’Ă©mergence de pensĂ©es nouvelles qui permettront d’articuler pratiques et concepts dans l’optique d’un monde radicalement nouveau. La rĂ©volution n’est donc pas synonyme de violence ou de chaos, elle est simplement un Ă©lan qui concilie pratique et thĂ©orie (praxis) dans l’espoir de crĂ©er une nouvelle situation oĂą l’Homme pourra se rapproprier son quotidien. Il n’est donc pas nĂ©cessaire que tout le monde pense de la mĂŞme façon au mĂŞme moment, les poches de rĂ©sistances (je pense Ă  l’AmĂ©rique latine en ce moment ou Ă  tous les lieux alternatifs dans le monde) expĂ©rimentent en permanence. Les conditions du renversement viendront d’elles-mĂŞmes et ce ne sera pas forcĂ©ment brutal, car cela sera principalement une rĂ©volution Ă©ducationnelle . La rĂ©volution ce n’est que la dĂ©sertion du système (idĂ©ologique) en place.

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