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Regarder en arrière est le seul moyen de créer le futur.    {Vivienne Westwood}

Mardi 1 septembre 2009{par Emeric}

« COCO » comme figure de la modernitĂ©


Gad Elmaleh joue et rĂ©alise le film COCO. Sous l’apparence d’une « comĂ©die familiale » nous avons en fait ici un film qui aurait pu ĂŞtre utilisĂ© lors du festival des 36 heures pour illustrer l’Homme « moderne ». Attachons-nous Ă  faire jaillir brièvement le sens cachĂ© de ce film.

Coco, c’est l’histoire d’un père, puissant industriel, qui veut organiser la « BM » (bar mitzvah) de son fils. Partit de rien, immigrĂ© en France il y a 15 ans, Simon Ben Soussan a une idĂ©e de gĂ©nie, qui va rĂ©volutionner la manière dont nous consommons notre eau. Il est l’inventeur de « l’eau frĂ©tillante », concept marketing puissant, sur lequel il a bâtit sa fortune. On remarque tout de suite la banalitĂ© navrante de l’objet, bien que dans la symbolique l’eau soit source de toute vie, elle purifie, lave les pĂŞchĂ©s, etc. Coco lui, en bon archĂ©type de la ModernitĂ©, en fait commerce.
Le film s’ouvre donc sur la remise par un membre du gouvernement de la rĂ©compense la plus haute de l’Etat français, la LĂ©gion d’Honneur. Ainsi c’est l’occasion de dĂ©couvrir le personnage et son univers fait d’excentricitĂ©s notoires et de ce qu’on appel communĂ©ment maintenant show-off. Le but de la soirĂ©e qui s’en-suit : nous « Ă©clater ». L’histoire s’installe après avoir dĂ©couvert l’univers (impitoyable) dans lequel Ă©volue Coco, et on survole pendant tout le film le sujet, Ă  savoir l’organisation de la « BM » de Samuel, le fils de Coco. On note qu’en hĂ©breu « Samuel » peut se traduire par « celui qui vient de dieu ». Etonnante coĂŻncidence ou volontĂ© assumĂ©e de la part des scĂ©naristes ?
La vision d’une photo de lui et son dĂ©funt père (lĂ  d’oĂą il vient) va provoquer un choc Ă©motionnel si fort que Coco va vouloir avancer la BM de son fils, et lui offrir la plus grande BM que le monde ait jamais connu. A partir de lĂ  les choses s’accĂ©lèrent et Coco dĂ©cide de tout, si bien qu’il ne fait  mĂŞme plus attention Ă  sa famille, Ă  son fils et Ă  ses envies. En fait cette bar mitzvah reprĂ©sente l’occasion de concrĂ©tiser le sacre de « Coco » Ben Soussan.

S’en suivent des dĂ©goulinantes scènes de mĂ©galomanie pathologiques plus extravagantes les unes que les autres. Le personnage a beau ĂŞtre un tant soit peu attachant (heureusement), il suinte la non-modestie, et veut Ă  tout prix montrer (avant de mourir ?) qu’il est le plus grand, la meilleure personne que la Terre ait portĂ©, qu’il peut faire ce qu’il veut. Bref, il incarne parfaitement bien les travers de l’Homme moderne, Ă  savoir une mĂ©galomanie latente, un non-respect des origines des choses, une extravagance insolente et des actes de toute façon jugĂ©s inconsĂ©quents.
C’est seulement lorsqu’il a Ă©puisĂ© tous ses moyens d’actions, tout son « savoir », toute sa « richesse », et qu’il n’a pas trouvĂ© de solution miracle qu’il va enfin comprendre. Une seule chose Ă  faire pour exister aux yeux et dans le cĹ“ur de ceux qui lui sont chers/chair : Ă©couter son fils. C’est pourtant simple, mais Coco est un « self-made man », il s’auto-construit, croyant que lui seul peut rĂ©soudre ses problèmes et mener sa vie. Il n’a pas besoin d’autre sanction que sa propre pensĂ©e. Mais peut-on vraiment mener une vraie vie sans s’ouvrir Ă  l’altĂ©ritĂ© ? sans prendre en compte le fait qu’il existe autre chose que notre personne, et que peut-ĂŞtre, Ă©ventuellement, ĂŞtre Ă  l’Ă©coute peut nous amener plus loin que nous mĂŞme ?
Comment en effet exister aux yeux des autres si on ne s’y confronte pas ? Coco ne s’en rend malheureusement compte que brièvement, mais il est dĂ©jĂ  sur le chemin, et ce qui importe c’est bien la route, et non le but.



Coco © StudioCanal – les images et les vidĂ©os prĂ©sentĂ©es sont la propriĂ©tĂ© de StudioCanal

Si vous avez vu ce film n’hĂ©sitez pas Ă  rĂ©agir et Ă  dĂ©battre sur cette modernitĂ© Ă©rotique.

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