Cinéma

Avatar – La révolution n’a pas eu lieu en image

Écrit par Emeric

Plutôt que de faire un résumé je vais commencer par la Bande-annonce, qui a mon avis fait très bien comprendre le sujet. Comme ça il n’y aura pas de spoiler…

Alors maintenant les superlatifs : Annoncé comme « la révolution du cinéma numérique« , le film a bénéficié d’un budget de près de 500 millions de dollars, dont 250 millions en publicité. Largement remboursé en un week-end, près de 8 millions d’entrées en France au 8 Janvier, 1 Milliard 150 Million de dollars de recettes mondiale à la même date. Alors oui, le film est bon, mais pas si bon qu’escompté.
Le scénario a mis 10 ans a s’écrire, James Cameron y travaillant seul. Concrètement le scénario est vite résumé, c’est une allégorie de l’histoire des immigrés Américains qui ont exploités et méprisés les Amérindiens. Basiquement on retrouve le thème de l’exploitation du faible par le fort, le mépris du fort envers le faible même. On peut trouver dans le film des similitudes avec les classiques Danse avec les loups, ou Abyss.

Au final quelle est la révolution promise par Cameron ? A part l’utilisation de la 3D pour certaines séquences spectaculaires (le vol sur les Ikran, différentes scènes de combat…) il n’y a vraiment, vraiment pas de quoi crier au génie.
Cette utilisation de la 3D justement, parlons-en : qu’apporte la 3D dans le visionnage d’un film ? actuellement voir un film en 3D coûte 3 euros plus cher que n’importe quel autre projection, ce qui est clairement abusé quand on voit le prix des places à l’heure actuelle. De plus la 3D n’apporte pas vraiment grand chose au film, elle est même parfois dérangeante (surtout 2h40 durant…). Concrètement l’argument 3D est, à mon sens, présent pour palier à la crise (et encore, pas sûr…) que connait le monde du cinéma actuellement. Il agit en sorte comme palliatif en attendant la vraie solution. Car oui, pour l’instant avoir un matériel compatible 3D chez soit revient assez cher à l’heure actuelle, alors qu’avoir un matériel Home Cinema digne de ce nom est presque accessible à tous. Dès lors, pourquoi aller voir un film au cinéma ? Réponse toute faite : pour la 3D. Et pas pour les 30 minutes de publicités (ou plutôt advertainment, ces publicités entrecoupées de bandes annonces) qui nous ont aussi coûté 13 euros pour être assis à côté d’un glouton mangeur de popcorn et autres accros du téléphone ou du commentaire audio « live ».
Mais revenons au film.

Cliquez sur l’image pour voir la galerie.

Ce n’est certainement pas le scénario qui fonctionne dans ce film, ni les plans de caméra déjà vus et revus. Comme le disait Terry Giliam à propos des effets spéciaux « Une vague géante déferle sur la Maison Blanche ? et alors ? ».
En clair ; passés les effets spéciaux, que reste-t-il du film ? Réponse : pas grand chose hormis l’univers de Pandora.
C’est à mon sens l’un des seuls points forts de ce film, la richesse du bestiaire, de la faune et de la flore du monde de Pandora.
Au final cela découle sur une machine marketing bien rodée. Depuis (et même avant) la sortie du film on a une quantité phénoménale de produits dérivés : T-shirts, coffrets, figurines, jouets, jeux vidéos multi-plateforme…
Autant dire que la machine marketing de Cameron est bien rodée : on ne pourra pas échapper à Avatar. L’univers d’Avatar rentrant en collision avec le notre.

Concrètement ce que le film nous donne à voir c’est un monde humain/terrien, emplie de rancœur, de cupidité, d’égoïsme et de chaos face à un monde plein de beauté, de grâce, d’harmonie et de sens. C’est tout de même le point le plus affreux du film : voir qu’en 2154 l’homme n’a pas changé d’un iota. Le constat était le même dans les précédents film du réalisateur que sont Abyss ou Terminator, simplement cette production va plus loin.
On nous parle ici d’initiation : nous voyons et vivons l’évolution du héros. Nous connaissons et ressentons ses doutes, ses peurs, ses aptitudes.  Nous découvrons le monde poétique des Naa’vi qui rentre en collision frontale avec le monde marchand et raisonné des Humains. Pandora est un monde poétique, d’une beauté et d’une imagination sans fin.

Intéressant aussi est « l’objet », le « corps » Avatar. Combinaison de l’ADN humain et Naa’vi, il est un übermensch Nietzschéen. L’avatar combine toute la force la puissance et la grâce d’un corps Naa’vi, et « l’intelligence » et la connaissance d’un Humain. Représente-t-il de facto, physiquement et psychologiquement, l’être idéal ? de liaison entre les cultures ? l’évolution de l’Homme, qui doit retourner vers sa mère (nature)  et redécouvrir la beauté du monde qui l’entoure ?
On peut aussi percevoir les prémices de la sortie au grand public du néo-tribalisme à l’œuvre notamment sur internet (réseaux sociaux). On a en effet une communauté plutôt attrayante de personnages ayant des valeurs, une culture et une histoire, regroupés ensemble et soudés (nous le voyons clairement dans le film). On peut retrouver ici des similitudes avec les jeux massivement multi-joueurs en ligne (WoW notamment), mais par extension tous nos avatars virtuels (facebook, twitter…).

Au final ces deux mondes distincts parviendront-ils à se rencontrer convenablement, à vivre ensemble ? Dans notre monde il faudra attendre, et dans celui de James Cameron aussi, les acteurs principaux ayant signés pour 2 autres films

Et vous, qu’en avez-vous pensé ? vrai révolution ou poudre aux yeux ?

À propos de l'auteur

Emeric

Commentaires

  • Bonjour Ninon,
    En fait c’est à peu près l’inverse que je dit dans mon article : la 3D est inutile pour la plupart des scènes du film, et le scénario est déjà vu et re-vu. L’histoire n’est pas le point fort du film, contrairement à l’univers dans lequel il évolue. Beaucoup de richesse ici, et c’est ce qui nous envoute je pense, ce qui fait qu’on aime quand même ce film (hormis la crédibilité des personnages).
    Sur ton blog je n’ai pas trouvé de critique, extrait ou autre. Je trouve cela dommage de ne pas pouvoir confronter nos points de vue (amicalement, bien sûr) de ce fait. Je t’invite en tout cas à revenir sur ce blog et développer un peu, ou bien à revenir quand quelques printemps auront passé…

    (PS : j’ai édité ton message pour corriger le langage SMS)

  • Comme dirait Slavoj Zizek, on dirait du Joseph Goebbels, il faudrait brûler ce film sur la place publique. En terme moins agressif, on peut dire qu’il est le parangon du film de propagande idéologique. Et ce n’est pas les 250 000 000 $ de budget marketing qui laisseront le champ libre à une contre-argumentation.

  • Je n’ai pas trop compris ton point de vue.

    Ce film est une satyre de la société « capitaliste » (pour faire court…). Il n’y a pas de propagande hormis peut être éventuellement un message de communion avec son prochain, du faible qui l’emporte sur le fort car il a des vrais valeurs, d’un peuple qui respecte les siens et la nature…

    Où est la propagande et pour quoi ?

  • Comme d’habitude pour les films hollywoodiens, il faut faire le lien avec l’histoire de la civilisation occidentale mais également avec le contexte cinématographique dans lequel il s’inscrit. En effet, le scénario d’Avatar n’est qu’un mixte entre Pocahontas et Matrix. Je pourrais également citer Le dernier samouraï ou encore Danse avec le loups. Et c’est sûrement ce dernier qui permet de mettre en lumière le plus facilement l’idéologie.
    Celle-ci consiste à faire l’apologie de la suprématie de la « race » occidentale (techno-industrielle) sur le reste des autres peuples sous couvert de la défense des opprimés et de féérie altruiste. Je m’explique, le shéma quasiment mythique qui est répété à chaque fois est le suivant : il s’agit d’un contexte colonial dans lequel la subjectivité du scénario se pose premièrement du côté des colons. Dans ceux-ci, un homme, le héros, se rend compte de ce que signifie la colonisation et va prendre fait et cause pour les colonisés. Jusqu’ici on pourrai dire que tout va bien, dans le sens où rien ne semble immoral. Mais ensuite, à chaque fois, ce héros va comprendre et s’intégrer immédiatement dans le peuple colonisé (il a une sorte d’omniscience éthnologique qui lui permet de comprendre directement et véritablement les attentes du peuple) pour en devenir le chef. Cette tendance immédiate au pouvoir et à sa légitimité de fait (par sa nature d’occidental ? par sa supériorité ?), va lui conférer la puissance et le charisme suffisant à mener et à diriger ce peuple vers sa libération. C’est à dire, qu’en creux, sans ce héros occidental, le peuple autochtone n’aurait pas pu se libérer.

    Donc, bien que l’occident reconnaisse son caractère impérial, il n’empêche qu’il ne peut se penser autrement que comme tout-puissant et supérieur. Cette hiérarchisation de fait entre les cultures et l’incapacité qu’à le cinéma spectaculaire hollywoodien de s’extraire de cette idéologie de maître du monde est flagrante. Et même si en surface on peut y rencontrer comme tu dis une satyre du capitalisme, ou de la société actuelle, ce n’est pas ce qui compte mais ce qui fait conte (pour faire un jeux de mot rapide…). Parce qu’au fond une critique frontale du capitalisme (j’entends frontale par « à découvert » et en ne faisant que répéter le bon sens, le sens commun – la violence c’est mal, le pillage c’est mal, la fraternité c’est mieux, etc.), ne vaut pas grand chose, ces lapalissades tout le monde les connaît et les vit au jour le jour. Je dirais même que c’est en répétant ces arguments moraux classiques que le capitalisme se renforce car ils nous rendent impuissants.
    Ce n’est pas en assénant le bon sens et la morale commune et universellement partagée qu’elle semblera plus pertinente. Ce qui importe, il me semble, c’est plutôt de déceler ce qui se trame en souterrain dans ces films, ce qui fait lien entre eux et quel fond imaginaire ils véhiculent. Car notre compréhension du monde, c’est à dire notre capacité à la conceptualisation par le symbolique et à la mise à jour des concepts nous permettant de penser le monde, ne peut se faire qu’à partir d’un fond imaginaire qui constitue notre culture et notre identité. C’est à partir d’elle que nous raisonnons, c’est à partir d’elle que nous fondons nos a priori qui permettront de formuler des hypothèses de pensée qui seront ensuites validées. Par conséquent, lorsque cet imaginaire est structuré à partir de mythes, ou tout au moins, de récits répétés, ritualisés par les médias dès notre enfance ; alors ils nous obligent inconsciemment (pas dans le sens freudien, simplement dans le sens où en a pas conscience spontanément) à penser d’une certaine manière qu’on le veuille ou non. C’est pour cela qu’il me semble que ce fond, cette trame idéologique (dans le sens où elle véhicule une certaine conception de l’homme occidentale) caractéristique dans le cinéma spectaculaire américain, est à proscire et à dénoncer. C’est lui qui nous empêche de penser autrement et donc de sortir des prêt-à-penser classiques qui peuvent sembler en surface anticonformistes ou contestataires, mais qui ne font que légitimer le système puisque répétant une même logique sous-jacente.

    Je soutiens donc que le film Avatar, ou en tout cas son scénario, n’est que la répétition rituelle d’un mythe, devenu idéologie puisqu’ayant une fonction politique, qui rappelle, de façon presque masochiste, le génocide à partir duquel s’est fondé les Etats-Unis (mais en fait tout l’occident), non pas pour se repentir, mais pour y assoir le fait que de toute façon, sans l’Occidental, les autres peuples ne sont rien et sont incapable d’autonomie.

  • Bonjour,
    Comme d’habitude, tes commentaires soulèvent bien des questions Michael 🙂
     
    Je n’avais jamais réellement pris conscience de ce mythe dont tu nous parle. En un sens, je trouve que tu as raison et beaucoup de films, dont ceux que tu cite sont la pour appuyé ton commentaire. Par rapport à Avatar, le shéma se répète encore une fois.
     
    Je n’arrive cependant pas à être d’accord avec toi sur le fait que que le héros s’impose par un quelconque don naturel en tant que leader légitime de ce peuple opprimé. Premièrement, le film montre bien qu’il n’est pas tout seul, il y à quelques (rares ?) humains qui sont également de son coté. Deuxièmement, avant d’avoir une quelconque légitimité au sein de ce peuple, il à d’abord du accomplir tout le rite initiatique et c’est quand même pas rien. Rappelons que les Naa’vi ne sont pas non plus des tendres et qu’au moindre faux pas, le héros aurait été tué sans aucun remord. C’est vrai que la narration du film laisse à penser que c’est un peu facile mais c’est la que la longueur du film est justifiée je trouve. Tout ce temps nous permet de comprendre comment il en arrive a se retourné contre sa propre espèce. Tu as très certainement raison de dire que c’est une énième démonstration de la puissance (j’allais dire « roxance » parce que ca résume mieux) naturelle occidentale. Cependant, tu parle d’imaginaire et en tant qu’être humain, ce que ce film m’évoque avant tout, c’est l’envie de partage  et de connaissance des autres cultures de notre propre monde car d’une certaine façon, ce que l’on retrouve sur Pandora, nous pouvons aussi le retrouver sur Terre. En aucun cas, ce film m’évoque une quelconque domination occidentale car je trouve que c’est bien l’ensemble du peuple Naa’vi qui se bat contre l’envahisseur. Certes, c’est le héros qui les as rassemblés mais à la fin du film on voit bien qu’il renonce à son status en libérant sa créature. Il renonce de ce fait à la « dominance » qu’il à acquise pour redevenir simple être vivant. Il y également une scène qui montre que le héros n’agît pas seul. C’est lorsque la mère nature de Pandora, Eiwa, agît à sa manière pour vaincre l’envahisseur. J’ai trouvé cette séquence intéressante car elle transcende justement ce shéma classique que tu évoque, apportant dans notre imaginaire cette espèce de magie qu’on ne comprend pas mais qui fait que parfois, l’union et le respect mutuel fait que certains défis ne sont pas si insurmontable. Voila ce que m’évoque surtout ce film.
     
    Encore une fois, je ne dis pas cela pour contredire tes propos car je ne peux qu’être d’accord avec une grande partie de ton commentaire. Je voulais juste apporter mon point de vue 🙂
     
    Amicalement, Alex

  • Je suis désolé de répondre si tard mais après tes quelques remarques je me suis convaincu d’aller voir le film pour apporter des réponses précises. Première remarque, le film est plus nuancé que l’idée que je m’en étais faite après avoir lu le script. Mais, deuxième remarque, mon argumentation précédente me semble tout de même valable.
    Pour rentrer dans les détails je vais tenter de répondre à chacune de tes remarques. Tout d’abord, le héros. Tu nous dis qu’il ne s’impose pas car il n’est pas seul, il suit un rite initiatique et il renonce à son statut à la fin. Ces trois points me semblent faux. En effet, même s’il suit la formation naa’vi, il n’empêche qu’il est accepté en moins de trois mois, ce qui me semble particulièrement court pour comprendre et intégrer une culture et même une espèce différente. Les récits ethnologiques de Claude Lévi-Strauss ou de Marcel Mauss ne me contrediront pas. Ensuite, il m’a semblé que, malgré les deux autres humains qui sont avec lui, il est le seul à intégrer le peuple naa’vi et c’est grâce à lui que ces deux autres arrivent à renouer le contact. Et enfin, je n’ai pas interprété la fin du film de la même façon que toi, il m’a plutôt semblé qu’il abandonnait son corps d’humain pour devenir pleinement naa’vi, se « marier » avec la fille du chef (mort dans la bataille), et donc sûrement le devenir lui-même.
    En revanche, la remarque que tu fais concernant l’attaque finale portée par eiwa, me semble assez juste. C’est vrai que c’est assez inhabituel de voir un retournement de cette nature/ce genre. Même si on peut retrouver cette idée dans la mythologie contemporaine des films d’animation japonais (en particulier Princesse Mononoké).
    Ensuite, je voulais m’attarder un moment sur le peuple naa’vi, qui m’a semblé très humain en de nombreux points. Sur le plan physique d’abord, alors que la faune est extrêmement variée et diversifiée (même si les chevaux à six pattes semblent plus proches de la chimère que d’une nouvelle espèce), les naa’vi eux sont très anthropomorphiques. Pourquoi les avoir fait si semblables à nous, et surtout, pourquoi ont-ils les mêmes émotions, les mêmes postures, les mêmes sentiments, les mêmes expressions ? Je ne parle même pas de leur organisation politique et sociale qui est exactement la même que n’importe quel clan patriarcal humain. Même sur terre on trouve des cultures beaucoup plus éloignée de la notre que celle des naa’vi. J’ai eut l’impression que les scénaristes ont voulu représenter le stéréotype du peuple sauvage que les occidentaux imaginaient il y a plus de cent ans. Pourquoi n’avoir que travaillé le « folklore » et la mythologie ? Les autres peuples diffèrent de nous uniquement sur ces points ? Ce me semble extrêmement réducteur.  De plus, la naïveté qui ressort de leur comportement face à l’agresseur participe de ce tableau général qui voudrait les rendre incapable de s’organiser ensemble de façon autonome. Sans Jack ils n’auraient pas pensé à s’allier ?
    Tout ceci me porte à persister dans le sens de ma première analyse qui soutenait que ce n’est pas avec Avatar que le cinéma Holywoodien rompra avec son arrogance et son ethnocentrisme. La magie et les costumes ne suffisent pas à prendre conscience de l’autre si celui-ci reste ancré de façon intangible, dans les mêmes codes culturels et psychologiques que nous. Même si l’opposition nature/technologie peut être vue comme une nouveauté dans l’univers hollywoodien, il n’en reste pas moins que le cinéma japonais exploite ce filon depuis des décennies déjà, et que cela n’amène rien de plus qu’un affrontement manichéen stérile car indépassable. Que peut-on tirer d’une morale qui explique que face aux dérives déshumanisantes de la technologie mise au service de la destruction, il suffit de renouer avec l’idée d’une nature sacrée, magique et donc juste ? Le plus flagrant dans le film c’est lorsque la nature prend le parti d’aider la résistance. Cette idée d’une nature/dieu théoriquement neutre qui, d’un coup et sans explication, prend le parti d’aider Jack (vu que c’est lui qui l’a invoqué), montre à quel point nous pensons que tout nous est dû.  Quand nous pillons la nature, celle-ci se laisse faire du fait de sa neutralité essentielle, mais dès que nous sommes de son côté, alors celle-ci décide de nous aider. De vaudrait une attitude préconisant une soumission complète à la nature ? L’alternative se limite-t-elle à : dominer la nature, ou s’y soumettre ?
    En résumé, la réflexion que pourrait susciter Avatar me semble engluée dans des préjugés racistes rappelant l’esprit nauséabond des expositions coloniales du début du 20ème siècle. Sous couvert d’immersion dans une culture autre, on ne la regarde que par le prisme du merveilleux. Ce n’est pas en réduisant la différence de l’autre à une somme de rites et d’accoutrements féériques que nous serons capable de le comprendre et donc de nous comprendre. La nécessaire remise en question de notre mode de vie ne peut et ne doit pas nous conduire à un rejet total de la technique, car cela qui signifierait une soumission complète à la nature et donc la fin de notre civilisation. En tombant dans l’excès, Avatar évacue les questions essentielles qui nous permettraient d’entamer un questionnement utile et salutaire. Le problème doit être plus complexe et plus nuancé, mais peut-être que s’il était posé en ces termes là, il ne permettrait pas de rentabiliser un demi milliard de dollars. Et d’ailleurs, ce n’était sûrement son objectif, mais dans ce cas, quel était–il ?

  • Bonjour, je suis heureux ne pas etre seul à avoir un point de vue qui ne place pas ce film comme autorité créative et ethique; naturellement et sans piocher dans des outils philosophiques lourds notre simple resenti peut très rapidement limiter les qualitée de cette oeuvre qui reste visuellement du plus bel effet; il sufirait juste de regarder la mise en scène classique voir meme attendue qui ne nous jette pas dans une implication personnelle comme a pu le faire Terminator, également de J.Cameron. Mais surtout un passage m’a énormement marqué, c’est la manière dont les Naa’vi dominent littéralement les animaux par la pénétration… j’aurais aimé connaître l’analyse de Freud sur cet acte et celle d’Albert Camus dont on entend beaucoup parler en ce moment pour les 50ans de son prix nobel et qui était si intime avec le concept de révolte.

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