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L'Homme est condamné à être libre, car une fois jeté dans le monde, il est responsable de tous ses actes.   {Sartre}

Samedi 10 avril 2010{par Sonia}

Alice au pays des merveilles de Burton

alice au pays des merveilles

Tim Burton s’attaque à son tour à l’univers d’Alice au pays des merveilles. Depuis la publication de ce conte de Lewis Carroll en 1865 et de sa suite De l’autre coté du miroir en 1871, cette œuvre a imprégné l’imaginaire de générations entières, enfants et adultes. Et d’adaptations en évolutions, elle a fait l’objet d’une multitude d’interprétations, de la simple histoire féérique au récit psychanalytique. Carroll va poser dans son œuvre une série de questions propres à alimenter des heures de réflexion. La réalité est-elle réductible aux apparences ? Le langage ne brouille-t-il pas l’expression de la réalité ? Le temps qui s’écoule est-il le même pour tous ?

alice au pays des merveilles

Dans cette nouvelle œuvre cinématographique, Alice est désormais âgée de 19 ans. En tombant dans un trou, pour fuir la demande en mariage d’un lord, elle va retourner dans le monde fantastique qu’elle avait découvert quand elle était enfant.

Le lapin Blanc, la Chenille, le Chat du Cheshire et le Chapelier fou seront de l’aventure. Aller au cinéma, pour voir Burton nous offrir la suite de ce conte méritait bien une réservation d’urgence. Il pouvait encore, une fois de plus, nous offrir son monde merveilleux. Alice, un monde particulier, de logique, d’absurde et de poésie qui correspond à ses aspirations et univers.

Mais……………… !!!!!! En sortant du cinéma, il y a un mais…

La poésie est absente ! Où sont les devinettes, les mots si bizarres, l’absurde et l’obsession de Carroll pour la logique ? Où est la poésie gothico-romantique de Burton ?

alice au pays des merveilles

Merci à Linda Woolverton qui signe ici le scénario (elle avait déjà signé le scénario de La Belle et la Bête de Disney). Un scénario non approprié à la poésie de Burton. Qu’on lui coupe la tête !

En dépit de son utilisation habile de la trame des deux romans de Carroll (Alice au pays des merveilles et De l’autre coté du miroir), elle enfile consciencieusement toute l’histoire d’Alice avec un rythme au métronome. Ni les personnages, ni l’histoire n’ont vraiment la possibilité de se déployer. Pas d’accident, pas de retard, pas de surprise,  il faut que tout soit bouclé pour rentrer dans un format. Précipitation ? Timing commercial ?  Budget ? Tout simplement Disney… !?

alice au pays des merveilles

Burton crée pourtant un monde onirique, à l’esthétique presque parfaite. Il  essaye de transcender cette limite en exploitant la moindre des possibilités picturales que lui autorise ce scénario. Mais avec ce manque de poésie qui sous sa plume aurait été empreint au romantisme noir, le film nous laisse un goût amer.  Burton se trouve freiné et ne peut exploiter complètement ou comme on l’avait souhaité dans nos rêves les plus sombre la réalisation de ce film.

Il déploie pourtant tout un univers graphique, en jouant sans cesse de perspectives et d’effets de montage empruntés à l’école expressionniste. Il va se jouer du scénario pour nous offrir son Wonderland. Effets d’optiques, proportions et distorsions vont  prolonger la complexité psychologique des personnages.

alice au pays des merveilles

Bien que Alice penche côté Disney, Danny Elfman fidèle compositeur des films de Burton nous accompagne dans une atmosphère mélodique sombre et envoutante, nous rappelant l’univers si familier du cinéaste. Outre la B.O du film de Elfman, une B.O alternative regroupe 16 morceaux de divers artistes ayant accepté de créer des chansons en rapport avec l’œuvre de Lewis Carroll. La démarche artistique est intéressante, dommage qu’elle vienne rajouter une fois de plus une dimension purement commerciale.  Qu’on lui coupe la tête !

Malgré tout, avec un peu de recule on se dit que « ce n’est pas si mal que ça pour un Disney ».

Alors rêve ou réalité commerciale ?

Burton lui, dans son adaptation, se garde bien de nous donner une réponse.

commentaires : 2Commentaire

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2 réponses


  1. une galerie d’art, des personnages de Alice… Très sympa merci Emeric

    http://www.behance.net/Gallery/Alice-in-Wonderland-Character-Designs/503639

  2. Oscars 2011 : Alice aux Pays des Merveilles fait un sans faute en remportant tous les Oscars pour lesquels il était nommé (Costumes et direction artistique (« Décors »)).

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