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	<title>xulux &#124; philo, design &#38; pop-culture &#187; Littérature</title>
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	<description>Décrypter la pop culture à la lumière de notions philosophiques, sociologiques ou graphiques et partager un point de vue engagé et une réflexion subversive et existentielle sur les thématiques les plus diverses, tel est le fil rouge de xulux</description>
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		<title>&#171;&#160;La dictature de l&#8217;urgence&#160;&#187; &amp; &#171;&#160;trop vite !&#160;&#187; &#124; lecture du quotidien sous l&#8217;angle de la vitesse et du culte de l&#8217;instant &#8211; Partie 1</title>
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		<pubDate>Tue, 08 Nov 2011 18:25:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Vincent</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[	<p><img class="alignnone" title="Dictature de l'urgence | Clock man" src="http://xulux.free.fr/blog/imgs/Livre/Urgence/clock_man.jpg" alt="Dictature de l'urgence | Clock man" width="510" height="212" /></p>
	<p><span class="lettrine">U</span>n sentiment éprouvé au quotidien me questionne avec insistance, un sentiment désagréable et envahissant qui s&#8217;insinue dans la plupart des strates de nos vies. <strong>Stressés, fatigués, oppressés, bousculés ?</strong> Normal au XXIe siècle que chaque seconde soit sur-occupée, saturée et optimisée à l&#8217;extrême de <strong>peur de gaspiller le temps qui nous est imparti ici-bas</strong> pourrait-on objecter à ce ressenti désagréable. Pour autant, est-ce inexorable de faire rimer XXIe siècle avec vitesse ? Quelques résistants parviennent à échapper à cet ogre, bien souvent au prix d&#8217;une marginalisation partielle ou totale, mais force est de constater que nous subissons tous les assauts quotidiens d&#8217;un des maux les plus terribles de ces 60 dernières années : <strong>l&#8217;urgence, élevées au range de praxis, c&#8217;est à dire de mode d&#8217;être au monde.</strong></p>
	<p><em>Comment en sommes-nous arrivé là ? Quels sont les visages de cette urgence dans nos vies de tous les jours ? Quelles sont les conséquences présentes et à venir ? Quelles pistes de réflexion envisager pour tenter de retrouver une certaine sérénité par rapport au temps ?</em> C&#8217;est à toutes ces questions que nous allons essayer de répondre en nous appuyant sur 2 auteurs contemporains s&#8217;étant récemment penchés sur ces questions : <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Gilles_Finchelstein" target="_blank">Alain Finchelstein</a>, auteur de &laquo;&nbsp;la dictature de l&#8217;urgence&nbsp;&raquo; et <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Louis_Servan-Schreiber" target="_blank">Jean-Louis Servan-Schreiber</a>, auteur de &laquo;&nbsp;<a href="http://tropvite.fr/" target="_blank">trop vite</a>&laquo;&nbsp;. Notre réflexion s’appuiera également sur plusieurs penseurs ayant consacré tout ou partie de leur vie au rapport qu&#8217;entretien l&#8217;Homme à l&#8217;espace et au temps.</p>
	<h5>L&#8217;héritage de la modernité</h5>
	<p>Pour <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Paul_Virilio" target="_blank">Paul Virilio</a>, auteur de nombre de travaux sur le rapport entre technologie (ou technique) et vitesse, <strong>l&#8217;accélération du temps est une déviance de la modernité</strong> et, partant, du progrès des techniques et technologies. Certes, mais celle-ci procède d&#8217;un appel intérieur et profondément humain : <strong>le désir d&#8217;immortalité</strong>. Aspirer à gagner du temps pour se déplacer, pour communiquer, pour acheter, pour manger, c&#8217;est s&#8217;étourdir dans une quête impossible : <strong>celle ce l&#8217;omniprésence</strong>. C&#8217;est un rapprochement entre l&#8217;Homme et Dieu, par la promesse d&#8217;une maîtrise de l&#8217;espace et du temps, tout comme l&#8217;ultra connexion à l&#8217;information et au savoir nous promet tacitement l&#8217;omniscience. Nul doute que la technologie et les sciences sont l&#8217;une des réponses que l&#8217;homme moderne a trouvé face au gouffre métaphysique laissé par le <a href="http://www.xulux.fr/la-notion-dultramodernite" target="_blank">désenchantement du monde</a>. Gagner du temps pour vivre plus. Pour vivre mieux. C&#8217;est une question profondément existentielle, <strong>celle de supporter la mort.</strong></p>
	<h5>L&#8217;urgence, une acception ancienne et primordialement physique</h5>
	<p>Il convient de démarrer notre investigation par une <strong>étymologie du mot &laquo;&nbsp;urgence</strong>&laquo;&nbsp;. Dans &laquo;&nbsp;Rhétorique de l&#8217;urgence&nbsp;&raquo;, <strong>Raymond Bénévent</strong> explique qu&#8217;urgence vient du latin urgere, dérivé de l&#8217;indo-européen commun uerg, littéralement &laquo;&nbsp;presser&nbsp;&raquo;. A l&#8217;origine, l&#8217;utilisation du <strong>mot était réservée au sens médical</strong> et qualifiait le caractère d&#8217;un cas à traiter. Le nom n&#8217;existait pas et seul l&#8217;adjectif urgent s&#8217;employait. Puis au XIXe siècle, le registre d&#8217;utilisation du mot a été étendu à toutes les sphères et l&#8217;urgence a fait son apparition.</p>
	<h5>Une course effrénée quotidienne</h5>
	<p>La vitesse s&#8217;insinue partout et gagne chaque sphère de nos vies. La volonté d&#8217;aller vite est successivement récupérée, ré-utilisée, réinventée et démultipliée dans nos vies professionnelles (avec le fameux mais non moins récurrent &laquo;&nbsp;<strong>il me faut ça pour hier</strong>&laquo;&nbsp;), dans nos loisirs (&laquo;&nbsp;<strong>ce film ne sera à l&#8217;affiche que 6 semaines, courez-y</strong>&laquo;&nbsp;),  dans les transports (&laquo;&nbsp;<strong>prenez le temps d&#8217;aller vite</strong>&nbsp;&raquo; comme signature du TGV), dans la consommation (&laquo;&nbsp;plus que quelques articles de la collection actuelle avant rupture de stock&nbsp;&raquo;) devenant un véritable but à atteindre. Afin d&#8217;y voir plus clair et de comprendre l&#8217;étendu du phénomène, il convient d&#8217;en pointer quelques manifestations de façon pragmatique. A défaut d&#8217;être exhaustive, cette démarche vise à <strong>rendre intelligible et compacte un problème complexe et diffus.</strong></p>
	<p>L&#8217;alimentation est en tête de liste, certainement parce que l&#8217;art de la table et la réunion autours du repas revêtent une <strong>grande importance traditionnelle</strong> dans notre beau pays. Difficile de passer à côté de la vitesse en restauration : Les fast-food tels que Macdonalds (Explosion de Macdonald&#8217;s dans les années 1960 aux USA et 1re enseigne en France en 1972 à Créteil) ou Subway en sont des représentants de choix. <strong>Pas de service en salle, sandwichs, frites et hamburgers minute, prix abordables</strong> (de moins en moins), horaires très flexibles (avec l&#8217;arrivée de 24/24) et durée effective du repas de 11 minutes en moyenne : le fast-food a révolutionné notre rapport à la &laquo;&nbsp;restauration&nbsp;&raquo; de façon durable. Mais l&#8217;alimentation n&#8217;est pas en reste non plus puisque le surgelé à gagné du terrain depuis une cinquantaine d&#8217;année, <strong>changeant aussi notre rapport à la nourriture à domicile</strong>. Plats tout prêts en barquette ou préparation congelé, quelques minutes au micro-onde et hop, c&#8217;est prêt. Un gain de temps et de travail, au prix d&#8217;un instant de vie pré-mâché et pré-digéré.</p>
	<p><img title="Fast food" src="http://xulux.free.fr/blog/imgs/Livre/Urgence/dictat1.jpg" alt="Fast food" width="510" height="185" /><br />
Le travail est évidemment au cœur de cette accélération avec l&#8217;objectif de gain de productivité sous-jacent à celui du gain de temps. Le <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Capitalisme" target="_blank">capitalisme</a> et l&#8217;<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89conomie_de_march%C3%A9" target="_blank">économie de marché</a> sont passé par là, il ne s&#8217;agit plus simplement de développer des biens et des services en faisant de la qualité, mais aussi et surtout d&#8217;être le plus rentable possible. <a href="http://agora.qc.ca/Documents/Temps--Le_temps_comprime_par_Jacques_Dufresne" target="_blank">Time compression</a>, <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Lib%C3%A9ralisme" target="_blank">libéralisme</a>, <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Taylorisme" target="_blank">Taylorisme</a> et <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Fordisme" target="_blank">Fordisme</a>, autant de noms donnés aux différentes <strong>étapes d&#8217;une même quête : celle du gain maximal</strong>. La pression est évidemment bien plus grande encore pour les entreprises côtés en bourses et dont les actionnaires et autres investisseurs attendent une part du gâteau toujours plus grande. Nul besoin de préciser que la cordialité des relations sociales hiérarchiques peut-être biaisée et toute relative. L&#8217;expression &laquo;&nbsp;<strong>nous ne sommes que des chiffres</strong>&nbsp;&raquo; prend, dans cette perspective de rentabilité et de compétitivité, tout son sens.<br />
Mais il y a plus et Google nous fournit peut-être l&#8217;un des témoignages les plus lumineux. Lorsque <strong>Sheryl Sandberg</strong>, directrice de la publicité, présente ses excuses à <strong>Larry Page</strong> (PDG actuel) pour une erreur qui a couté des millions de dollars à Google, il lui répond : &laquo;&nbsp;Je suis heureux que tu aies fait cette erreur, parce que je veux développer une entreprise où on fait trop de choses trop vite et pas une entreprise où on ne prend aucun risque et où on ne fait rien&nbsp;&raquo;. La vitesse pour multiplier les essais-erreurs, pour avoir le droit de se tromper et recommencer me fait penser à cette extrait de &laquo;&nbsp;Cap au pire&nbsp;&raquo; de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Samuel_Beckett" target="_blank">Samuel Beckett</a> : &laquo;&nbsp;Tout jadis. Jamais rien d&#8217;autre. D&#8217;essayé. De raté. N&#8217;importe. Essayer encore. Rater encore. Rater mieux.&nbsp;&raquo; Puis <strong>Eric Schmidt,</strong> (PDG de l&#8217;époque), de déclarer dans The Economist avoir conseillé à ses employés : &laquo;&nbsp;Faites vos erreurs vite – pour pouvoir faire un autre essai dans la foulée&nbsp;&raquo;. Mais la technologie a aussi son rôle à jouer dans cette mutation : l&#8217;irruption et l&#8217;invasion de l&#8217;informatique dans le travail, puis celle des <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Technologies_de_l%27information_et_de_la_communication" target="_blank">TIC</a> ont pour résultat de permettre un travail collaboratif (avec les mails, visio conférences, conf call etc.) et dé-localisé en même temps que de porter le <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Multit%C3%A2che" target="_blank">multitâches</a> et la <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Culture_strat%C3%A9gique" target="_blank">polychronie</a> à leur apogée. Discuter sur <strong>skype ou messenger, surfer sur internet, répondre au téléphone</strong> ou à la question d&#8217;un collègue, rédiger un rapport, envoyer un sms, écouter de la musique, cette démultiplication des activité sensorielles et cognitives s&#8217;est marquée à l&#8217;extrême, parfois jusqu&#8217;à la crise d&#8217;épilepsie, par l&#8217;imposition technologique issue de notre propre conception.</p>
	<p><img title="Chaplin - modern times" src="http://xulux.free.fr/blog/imgs/Livre/Urgence/dictat2.jpg" alt="Chaplin - modern times" width="510" height="360" /><br />
Les transports laissent apercevoir leur traces de vitesse facilement. Le XXe siècle, souvent qualifié de <a href="http://rleb07.free.fr/satiric/vitesse.html" target="_blank">siècle de la vitesse</a>, nous a laissé cet héritage. Développement de l&#8217;automobile, banalisation de l&#8217;avion et du train. <strong>Arrivée du TGV dans les années 1960</strong> et développement des lignes à grande vitesse, nous voyageons plus vite et plus loin. En témoigne le projet <a href="http://lexpansion.lexpress.fr/entreprise/ce-que-l-on-sait-sur-le-zehst-le-successeur-du-concorde_257398.html" target="_blank">ZEHST</a>, présenté au salon du Bourget en juin 2011. Pour autant, le gain de temps effectif au quotidien n&#8217;est pas tangible, loin de là. La raison ? Une distance moyenne parcourue du 5 kms en 1936 contre 45 kms aujourd&#8217;hui. Il n&#8217;est d&#8217;ailleurs pas rare que des personnes habitant Strasbourg ou Lille viennent travailler chaque matin à Paris, chose évidemment impensable il y a seulement 20 ans.</p>
	<p>Le cinéma n&#8217;est pas en reste avec la nette diminution de la durée d&#8217;un film à l&#8217;affiche. Le délais entre la sortie en salle et la diffusion à la télévision a également été raccourci, avec un <strong>passage de 5 ans jusqu&#8217;à 1980, à 1 an en 1982 puis 4 mois</strong> depuis la loi Hadopi du 12 juin 2009. La sortie en DVD a également été rapproché de la date de sortie au cinéma, une course contre l&#8217;oubli du film sans doute.</p>
	<p>L&#8217;information et les médias ne sont pas en reste. Nul besoin d&#8217;argumenter longtemps pour vous convaincre que la rapidité est le nerf de la guerre. Tout d&#8217;abord, la rapidité pour aller chercher l&#8217;information et la diffuser au monde entier le plus rapidement possible, quitte à ne plus s&#8217;attarder sur l&#8217;analyse. C&#8217;est ce qui a permis de vivre en direct des <strong>scènes telles que le crash du 2e avions dans le world trade center du 11 septembre 2001</strong> ou encore le tsunami du 11 mars 2011 au japon. C&#8217;est également pourquoi <strong>Twitter et son effroyable déluge continu de nouvelles du monde entier</strong> est devenu une plateforme d&#8217;information majeure. Plus précisément, twitter est devenu la plateforme qui permet d&#8217;être au fait en temps réel d&#8217;une immense quantité d&#8217;information. Reste l&#8217;analyse. Et là, twitter ne nous aide pas beaucoup&#8230; Bernard Poulet, dans &laquo;&nbsp;la fin des journeaux&nbsp;&raquo; &#8211; éditions Gallimard &#8211; déclare : &laquo;&nbsp;on ne lit pas, on surfe&nbsp;&raquo;. Il suffit de regarder une chaine telle que BFM Télé ou i-télé pour s&#8217;en convaincre : <strong>chaque espace de l&#8217;écran est optimisé pour faire passer le plus d&#8217;information possible</strong>. De l&#8217;info à consommer rapidement, efficacement. Une course permanente à l&#8217;information. Les affaires se suivent et se chassent les unes les autres de nos écrans. Le modèle,<a href="http://www.liberation.fr/medias/0101336743-la-premiere-chaine-d-information-en-continu-a-vingt-ans-cnn-le-culte-du-direct-permanent-trois-professionnels-de-la-television-francaise-analysent-son-influence" target="_blank"> CNN de chaine d&#8217;information en continu</a> a fait des petits.</p>
	<p><img title="CNN et le 11 septembre 2001" src="http://xulux.free.fr/blog/imgs/Livre/Urgence/dictat3.jpg" alt="CNN et le 11 septembre 2001" width="510" height="388" /><br />
Pour la mode, la vitesse est la aussi un modèle économique qui marche : en témoigne Zara et sa prodigieuse ascension. La recette est simple : <strong>des collections constamment renouvelées et un stock très mince</strong> qui pousse les acheteurs à se rendre à la boutique 17 fois par an en moyenne contre 3 à 4 fois pour les autres concurrents. Les collections se renouvellent plus vite : on est loin du temps de l&#8217;automne-hiver / printemps-été&#8230;</p>
	<p>L&#8217;industrie courre elle aussi après le temps. <strong>Louis Schweitzer</strong> raconte que le cycle de <strong>développement d&#8217;une voiture est passé en quelques années de 5 à 3 ans chez Renault</strong>. Le développement du &laquo;&nbsp;lean production&nbsp;&raquo;, production sans gras est un indice supplémentaire. Cette théorisation des différents moyens d&#8217;accélérer la production a vu le jour chez Toyota et consiste en un certain nombre de process visant à gagner toujours plus d&#8217;efficacité et de temps.</p>
	<p>La justice témoigne elle aussi : la <strong>procédure d&#8217;urgence (appelée désormais procédure accélérée) représente 65% des cas d&#8217;adoption de lois</strong> depuis 2007 contre 10 % entre 1958 et 1968 et 30% entre 1968 et 1981. La tendance de faire de chaque fait divers une loi montre à quelle point la justice est pressée et dans la réaction plutôt que l&#8217;action. Le film &laquo;&nbsp;10e chambre, instant d&#8217;audience&nbsp;&raquo; de Raymond Depardon éclaire ce phénomène et mérite largement d&#8217;être regardé.</p>
	<p>Côté santé, un seul chiffre ô combien parlant : <strong>7 millions de malades traités en urgence en 1990, 11 millions en 98, 18 millions en 2008.</strong></p>
	<p>L&#8217;économie est évidemment une <strong>sphère ou la vitesse est capitale</strong> : les bourses sont ouvertes 24h/24h et 7 jours sur 7/7 via <a href="http://www.tradingsat.com/Marche_gris-lexique-boursier-138.html" target="_blank">le marché gris</a> et permettent des ajustements permanents et extrêmement rapides dans les échanges de capitaux.</p>
	<p><img title="Bourse" src="http://xulux.free.fr/blog/imgs/Livre/Urgence/dictat4.jpg" alt="Bourse" width="510" height="374" /><br />
Les réseaux sociaux tels que Twitter dont j&#8217;ai parlé précédemment sont un exemple très concret de la vitesse à l’œuvre au quotidien. On invente même une unité pour rendre compte de cette masse absolument ahurissante d&#8217;information échangée : <strong>le TPM, ou tweet par minute</strong>. Quelque chiffres sur la question : il s&#8217;échange en moyenne un milliard de tweet par semaine. <a href="http://www.casa.ucl.ac.uk/tom/" target="_blank">Le tweet-o-meter</a> permet de mieux se rendre compte de la vitesse de ces échanges.</p>
	<p>Après avoir identifié clairement des indices de la vitesse, nous allons essayer de décrypter les sources de cette tendance et de proposer une alternative en faisant saillir des phénomènes de résistance.</p>
	<p>Rendez-vous pour la 2e partie de cette étude.
</p>
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		<title>Le vampire : reflet de l’évolution de la société &#124; 1ère partie</title>
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		<pubDate>Wed, 11 May 2011 21:40:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Sonia</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Dante et Virgile, William Bouguereau, 1850 Musée d&#8217;Orsay Depuis son apparition, le vampire sert régulièrement de métaphore sociale. Souvent réduit à tort, à un simple personnage effrayant pour adolescent à la recherche de sensations fortes ; il peut être, un indicateur sociologique et un incroyable témoin de l&#8217;évolution de notre société. « On sait où nous en [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[	<p><a title="Dante et Virgile, William Bouguereau, 1850 Musée d'Orsay" rel="lightbox" href="http://xulux.free.fr/blog/imgs/Litterature/vampires/vampire1-b.jpg"><img class="aligncenter" title="Dante et Virgile, William Bouguereau, 1850 Musée d'Orsay" src="http://xulux.free.fr/blog/imgs/Litterature/vampires/vampire1.jpg" alt="Dante et Virgile, William Bouguereau, 1850 Musée d'Orsay" width="510" height="250" /></a><span style="font-style: italic; font-size: 11px;">Dante et Virgile, William Bouguereau, 1850 Musée d&#8217;Orsay</span></p>
	<p><span class="lettrine">D</span>epuis son apparition, le vampire sert régulièrement de métaphore sociale. Souvent réduit à tort, à un simple personnage effrayant pour adolescent à la recherche de sensations fortes ; il peut être,<strong> un indicateur sociologique et un incroyable témoin de l&#8217;évolution de notre société.</strong></p>
	<p><span style="color: #be0000;"><em>« On sait où nous en sommes en politique. En poésie, nous en sommes aux cauchemars et aux vampires. Si la littérature est toujours l&#8217;expression du siècle, il est évident que la littérature de ce siècle-ci ne peut nous conduire qu&#8217;à des tombeaux ». </em><strong>Charles Nodier, Revue de Paris de juin 1830</strong></span></p>
	<p><strong>Moyen d&#8217;expression artistique</strong> (littéraire, cinématographique, graphique…) <strong>et du peuple</strong> (mythe, légende&#8230;) le vampire est profondément enfoui dans la culture humaine. <strong>Il s&#8217;adapte à l&#8217;évolution des mœurs et transcende les modes à travers les siècles, de manière à toujours être représentatif de la société dans laquelle il vit.</strong> À chaque époque, il prend un visage différent. Les artistes traduisent dans leurs œuvres, l’environnement dans lequel ils vivent et évoluent. Alors, naturellement, quelle que soit l’époque et quel que soit l’état des mentalités, le vampire ne peut que suivre cette évolution. Figure universelle, on trouve trace de récits le concernant sur les cinq continents.</p>
	<p>Le terme vampire <strong>n’a aujourd’hui, qu’un peu plus de deux cent cinquante ans, mais la notion de vampirisme vient du fond des âges.</strong> C’est en 1725, dans un rapport judiciaire rédigé à Belgrade concernant un paysan Serbe accusé de vampirisme<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Peter_Plogojowitz" target="_blank"> (Peter PLOGOJOWITZ)</a>, que le mot allemand <em>&laquo;&nbsp;upier</em>&nbsp;&raquo; se vulgarise. En 1732, il prend la forme &laquo;&nbsp;<em>vampir&nbsp;&raquo;</em> par emprunt au serbo-croate. Il rejoint la langue française, &laquo;&nbsp;<em>oupire</em>&laquo;&nbsp;, issu du tchèque <em>&laquo;&nbsp;upir&nbsp;&raquo;</em>, <strong>pour arriver à sa forme &laquo;&nbsp;<em>vampire</em>&laquo;&nbsp;</strong> dans les écrits de Dom Calmet, <a href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k68180w/f7.image.r=calmet.langEN" target="_blank"><em>Traité sur les apparitions des esprits et sur les vampires ou les revenants de Hongrie, de Moravie, etc.. ,</em> publié en 1751. (Livre sur gallica exemple page 6)</a></p>
	<p><a title="Lilitû - Lilith primitive" rel="lightbox" href="http://xulux.free.fr/blog/imgs/Litterature/vampires/vampire2-b.jpg"><img class="alignleft" style="margin-right: 10px; margin-top: 5px;" title="Lilitû - Lilith primitive" src="http://xulux.free.fr/blog/imgs/Litterature/vampires/vampire2.jpg" alt="" width="200" height="269" /></a><strong>On peut nommer &laquo;&nbsp;vampire&nbsp;&raquo; les créatures démoniaques qui peuplent l’imaginaire avant le XIIIe siècle, que ce soit par leurs activités nocturnes, leur rapport au sang ou leur nature de mort-vivant.</strong> L’une des plus anciennes créatures, Lilitû (également appelée Lilith), démon femelle de la mythologie sumérienne (civilisation de la Mésopotamie (4 000 av. J.-C.), est également évoquée dans la Bible par le prophète Isaïe (deuxième moitié du VIIIe siècle av. J.-C.). Voir l’article très intéressant sur l’histoire de la Lilith. <a href="http://fr.academic.ru/dic.nsf/frwiki/1028266" target="_blank">http://fr.academic.ru/dic.nsf/frwiki/1028266</a></p>
	<p>On retrouvera par la suite, <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Lamie_%28mythologie%29" target="_blank">les lamies,</a> <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Empuse_%28d%C3%A9mon%29" target="_blank">les empuses (Grecques),</a><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Stryge" target="_blank"> les striges (romaines),</a><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Harpies" target="_blank">les harpies (Grecques et romaines)</a> et <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Goule" target="_blank">autres goules (orientales).</a></p>
	<p><a title="The Wood of the Self-Murderers The Harpies and the Suicides, William Blake 1824–27" rel="lightbox[vampire1]" href="http://xulux.free.fr/blog/imgs/Litterature/vampires/vampire3-b.jpg"><img class="aligncenter" title="The Wood of the Self-Murderers The Harpies and the Suicides, William Blake 1824–27" src="http://xulux.free.fr/blog/imgs/Litterature/vampires/vampire3.jpg" alt="The Wood of the Self-Murderers The Harpies and the Suicides, William Blake 1824–27" width="510" height="353" /></a><a title="Enée et ses compagnons combattant les harpies 1946-47 musée du louvre" rel="lightbox[vampire1]" href="http://xulux.free.fr/blog/imgs/Litterature/vampires/vampire3-c.jpg"></a><a title="Les harpies tourmentant des damnés du 7ème Cercle des Enfers (suicidés changés en arbres) devant Dante et Virgile. Illustration de la Divine Comédie probablement par Gustave Doré." rel="lightbox[vampire1]" href="http://xulux.free.fr/blog/imgs/Litterature/vampires/vampire3-d.jpg"></a><a title="Dante Gabriel Rossetti, lady lilith 1868" rel="lightbox[vampire1]" href="http://xulux.free.fr/blog/imgs/Litterature/vampires/vampire3-e.jpg"></a><a title="John Collier, Lilith 1892" rel="lightbox[vampire1]" href="http://xulux.free.fr/blog/imgs/Litterature/vampires/vampire3-f.jpg"></a><span style="font-style: italic; font-size: 11px;">The Wood of the Self-Murderers The Harpies and the Suicides, William Blake 1824–27. Cliquer sur l&#8217;image pour voir la galerie</span></p>
	<p><strong>La symbolique du vampire prend ses origines dans le besoin qu&#8217;a l&#8217;Homme de projeter ses pulsions, et interrogations. </strong>Le vampire se nourrit des angoisses pour incarner les problèmes existentiels, les bouleversements sociaux, économiques et culturels et projeter certaines valeurs idéologiques. Il pose une nouvelle forme de droit à la vie (immortalité) et exauce des désirs interdits à la condition humaine (sexualité, pouvoirs surnaturels&#8230;).<strong> Une dualité intéressante entre ce que nous redoutons le plus et ce à quoi nous aspirons le plus.</strong> La thématique du sang est omniprésente, car elle représente la marque de la damnation, la frontière entre malédiction et miracle de la résurrection.</p>
	<p><span style="color: #be0000;"><em>« Pour l&#8217;homme moderne, les vampires ne sont pas effrayants parce qu&#8217;ils existent, mais parce qu&#8217;ils concrétisent ses craintes et ses désirs les plus secret » </em><strong>Jean Marigny, <a href="http://www.amazon.fr/Sang-pour-sang-r%C3%A9veil-vampires/dp/2070438767/ref=sr_1_1?ie=UTF8&amp;qid=1304378100&amp;sr=1-1" target="_blank">sang pour sang, le réveil des vampires.</a> Découvertes Gallimard, 1993</strong></span></p>
	<p>La littérature victorienne (XIXe siècle en Grande Bretagne) a connu, un enthousiasme sans précédent, pour le mythe du vampire ; avec des auteurs comme <strong>Polidori (The Vampyre, 1819), Le Fanu (Carmilla, 1872) ou Stoker (Dracula, 1897). </strong>Ces auteurs vont suivre la voie empruntée au siècle antérieur par les romantiques allemands. Dans l’esprit des auteurs romantiques, la littérature devait prendre pour sujet la nature humaine dans toute sa complexité, sans exclure ses aspects les plus sombres. Dans cette ambivalence de l’être humain, le vampire est un personnage de choix.</p>
	<p><strong>Les vers de Goethe<a href="http://www.amazon.fr/cent-ans-Dracula-Lovecraft-histoires/dp/2290339504/ref=pd_sim_b_2" target="_blank"> (la fiancée de Corinthe, 1797)</a> restent parmi les plus célèbres.</strong> Il serait un des déclencheurs, de la littérature vampirique qui va suivre.</p>
	<p><span style="color: #be0000;"><em>[…] « Une force me chasse hors du tombeau<br />
Pour chercher encore les biens dont je suis sevrée,<br />
pour aimer encore l’époux déjà perdu,<br />
et pour aspirer le sang de son cœur.<br />
Et quand celui-ci sera mort,<br />
je devrai me mettre à la recherche d’autres,<br />
et mes jeunes amants seront victimes de mon désir furieux. » […]</em><br />
<strong>La fiancée de Corinthe, Goethe, 1797</strong></span></p>
	<h1><strong>Le XIXe siècle</strong></h1>
	<p><a title="La morte amoureuse de Théophile Gautier – Lithographie de Laurens 1904" rel="lightbox" href="http://xulux.free.fr/blog/imgs/Litterature/vampires/vampire4-b.jpg"><img class="aligncenter" title="La morte amoureuse de Théophile Gautier – Lithographie de Laurens 1904" src="http://xulux.free.fr/blog/imgs/Litterature/vampires/vampire4.jpg" alt="La morte amoureuse de Théophile Gautier – Lithographie de Laurens 1904" width="510" height="250" /></a><span style="font-style: italic; font-size: 11px;">La morte amoureuse de Théophile Gautier – Lithographie de Laurens 1904</span></p>
	<p>Pour la France, <strong>Théophile Gautier ne sera pas en reste.</strong> Il écrira en 1836, <strong>une magnifique nouvelle intitulée, <a href="http://www.amazon.fr/morte-amoureuse-Une-nuit-Cl%C3%A9op%C3%A2tre/dp/2290334723/ref=sr_1_1?ie=UTF8&amp;qid=1304377618&amp;sr=8-1" target="_blank"><em>la morte amoureuse</em>.</a> </strong>Dans ce récit à la première personne, Romuald n’a toujours rêvé que d’une seule chose, devenir prêtre. Au moment d’être ordonné, son regard est porté sur Clarimonde. Il accomplit néanmoins son ordination. Commence alors pour lui une terrible descente aux enfers et son esprit ne cessera d’être torturé par cette femme. Cette mystérieuse Clarimonde est une vampire revenue d’entre les morts.<br />
<span id="more-5949"></span><strong>Cet amour va aussi la pousser dans un curieux dilemme, buveuse de sang, si elle se sert aux veines de Romuald, elle le condamne à une mort certaine, mais si elle se nourrit à celles d’un autre, elle commet une infidélité.</strong></p>
	<p><img class="alignleft" style="margin-right: 10px; margin-top: 5px;" title="John William Polidori the vampyre 1819" src="http://xulux.free.fr/blog/imgs/Litterature/vampires/vampire5.jpg" alt="" width="160" height="240" /> Le vampire connaît <strong>sa première grande occurrence dans la littérature anglaise grâce à l’œuvre de John William Polidori.</strong> <a href="http://www.amazon.fr/cent-ans-Dracula-Lovecraft-histoires/dp/2290339504/ref=pd_sim_b_2" target="_blank"><em>Le Vampire</em>, </a>paru en 1819. Lord Byron, les époux Shelley et le docteur Polidori eurent l’idée, un soir d’orage dans l’été 1816, d’un concours de contes d’horreur. <strong>Mary Shelley imagina son <em>Frankenstein</em> et Polidori avec l’aide de Byron son <em>Vampire</em>.</strong> Un certain Lord Ruthven, aristocrate anglais en vacance en Grèce avec son ami Aubrey, qui un jour blessé à mort, devient vampire. <strong>Imité par Charles Nodier un an après, dans une pièce du même nom, le vampire pour la première fois prend les traits d’un gentilhomme s’éloignant de l’archétype proposé par les légendes populaires.</strong> L’ambiance repose sur des non-dits, ce n’est qu’à la fin du récit et de la bouche d’une victime que l’on apprend avec certitude la nature vampirique du personnage. Cas rare dans le roman de vampire, le mal triomphe du bien, symbolisé par les hommes qui n’ont pu le conduire jusqu’au repos éternel.</p>
	<h2><strong>Dracula de Bram Stoker</strong></h2>
	<p><img class="alignleft" style="margin-right: 10px; margin-top: 5px;" title="Bram Stoker, Dracula 1897" src="http://xulux.free.fr/blog/imgs/Litterature/vampires/vampire6.jpg" alt="" width="160" height="235" /><strong>Publié en 1897,<a href="http://www.amazon.fr/Dracula-Bram-Stoker/dp/2266053663/ref=sr_1_24?s=books&amp;ie=UTF8&amp;qid=1304377825&amp;sr=1-24" target="_blank"> <em>Dracula</em></a> de Bram Stoker est le premier roman à apporter suffisamment de renouveau, de détails précis sur le vampire.</strong> Il introduira <strong>plusieurs caractéristiques qui étaient, jusque-là, absentes de la mythologie vampirique ou des précédents ouvrages littéraires.</strong> Il permet de créer une identité propre, en créant le vampire originel. <strong>Le premier vampire créateur de tous les vampires : le comte Dracula.</strong> Se fondant sur des récits mythologiques et d’inspirations historiques pour son personnage (voir le <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Vo%C3%AFvode" target="_blank">voïvode</a> Vlad III Basarab), Dracula est à l’origine d’un engouement qui marquera une étape cruciale dans la littérature fantastique et en particulier celle abordant le thème des vampires. <strong>Il deviendra le vampire de référence pour les générations suivantes.</strong></p>
	<p>Écrit dans <strong>un style épistolaire, sous forme de dossier et de lettres intimes,</strong> Dracula relate les aventures de Jonathan Harker, jeune clerc de notaire fiancé à Wilhelmina « Mina Murray ». Jonathan va aller à la rencontre d’un client étranger, le comte Dracula, dans un château des Carpates, afin de régler l’acquisition de propriétés dans la ville de Londres. Arrivé au château, il se rend compte petit à petit que le comte n’est pas humain et qu’il est en réalité retenu prisonnier. Le comte Dracula va s’installer à Londres où il commence à resserrer son emprise sur les autres personnages du roman.</p>
	<p>Pendant ce temps, à Londres, Mina Murray s’inquiète pour son amie Lucy Westenra qui a de fréquentes crises de somnambulisme et qui tombe soudainement malade. Appelé en renfort par le Docteur Seward qui n’arrive pas à s’expliquer les raisons de la maladie de Lucy, le professeur Van Helsing va essayer de la soigner. Le cas de Lucy empire, et pour compenser à de grandes pertes de sang, le professeur va pratiquer des transfusions sanguines. Lucy meurt, et Van Helsing va affirmer qu’elle a été victime d’un vampire. Le fiancé de Lucy, Arthur Holmwood et ses deux autres prétendants (Quincy P. Morris, le Dr John Seward) vont décider de joindre leurs forces à Van Helsing pour apporter le repos éternel à Lucy, transformé en vampire. Jonathan va s’échapper du château et rentrer à Londres pour rejoindre ses compagnons et épouser sa fiancée, Mina. Pendant que les hommes s’associent dans une lutte contre le mal, Dracula fait sienne Mina et lui fait boire son sang. Menacé et poursuivi par le groupe d’hommes, Dracula reprend la mer en direction de sa terre d’origine. Le lien unissant Mina et Dracula permet à Van Helsing de suivre le déplacement du comte. Sur le point d’arriver au château des Carpates pour se ressourcer sur sa terre natale, Dracula est tué par le couteau de Jonathan sauvant par la Mina, libérée de toute influence vampirique.</p>
	<h2><strong>Le vampire, reflet d’une société blasée </strong></h2>
	<p>Sur fond de crise, de révolution industrielle, d’individualisation et de fortes inégalités sociales,<strong> à grands coups de crocs le vampire va symboliser les peurs sociales et servir d’antidote aux pulsions refoulées.</strong> Dans une société de remise en cause et en pleine mutation, <strong>Bram Stoker va rendre compte de ces frustrations, en créant son personnage et nous donner libre cours à diverses interprétations et hypothèses.</strong></p>
	<p>Traditionalisme et modernisme, religion et science sont des thèmes largement repris dans l’œuvre de Stoker.</p>
	<p><span style="color: #be0000;"><em>« J&#8217;étais là, consignant dans mon journal, en caractères sténographiques, tout ce qui m&#8217;était arrivé depuis que je l&#8217;avais fermé la dernière fois. C&#8217;est bien là le progrès du XIX<sup>e</sup> siècle ! Et pourtant, à moins que je ne m&#8217;abuse, les siècles passés avaient, et ont encore, des pouvoirs qui leur étaient propres et que le “modernisme” ne peut pas tuer » </em><strong>Dracula de Bram Stoker, journal de Jonathan Harker, 1897</strong></span></p>
	<p>Le combat entre Dracula et les autres personnages symbolise la confrontation, l’un tourné vers l’avenir et l’autre écrasé sous le poids du passé. <strong>Les personnages font largement usage des inventions récentes (phonographe, télégraphe…) en opposition au comte et à la Transylvanie du XIXe siècle où règnent le passé, les anciennes coutumes, les superstitions&#8230; </strong>La science, quant à elle, sera en parti inefficace et pour combattre le comte, les personnages se tourneront vers la religion.</p>
	<h2><strong>Le monstre redouté : le vampire figure de l’altérité</strong></h2>
	<p><img class="aligncenter" title="Dracula de Francis Ford Coppola (1993)" src="http://xulux.free.fr/blog/imgs/Litterature/vampires/vampire12.jpg" alt="Dracula de Francis Ford Coppola (1993)" width="510" height="300" /><span style="font-style: italic; font-size: 11px;">Dracula de Francis Ford Coppola (1993)</span></p>
	<p><span style="color: #be0000;"><em>« pour  peu que l’époque soit troublée par une guerre », « une épidémie, une  crise économique, et que la peur s’associe à la misère ou à  l’insécurité, voici que surgissent de toutes parts les monstres  redoutés » </em><strong>Pierre Mannoni, <a href="http://www.amazon.fr/Peur-Pierre-Mannoni/dp/2130415563" target="_blank">La peur, que sais-je ?</a> 1982</strong></span></p>
	<p><strong>Les montres redoutés les vampires ou les étrangers ?</strong> Le comte Dracula, Aristocrate venant de l’est, symbolise l’étranger venu asservir et corrompre la bonne société victorienne. Il va être à l’origine du mal qui va souiller, vicier la société. Encore une fois, <strong>on va retrouver le thème de l’ambivalence de l’être humain, une forme de dualité entre le bien et le mal.</strong> Le vampire peut à la fois être corrupteur et être persécuté.</p>
	<p>Dans le roman de Bram Stoker, <strong>Dracula est peu désigné par son nom, on le nomme « Maître », « le comte », « lui ».</strong> Il <strong>représente le « Il », l’autre. On refuse au vampire l’accès à une personnalité, et surtout à une humanité.</strong> Il sera persécuté, poursuivi, traqué comme le furent les sorcières, les lépreux où les juifs. Il incarne la communauté redoutée, la communauté repoussée. <strong>La symbolique de tous les êtres humains considérés comme « différents » (étranger, hérétiques, malades contagieux, femme, homosexuel…).</strong> Toutes les personnes désireuses de ne plus vivre cachées, mais souhaitant vivre au grand jour. Une communauté qui aspire dans la difficulté, à l’égalité.</p>
	<p>Le vampire a aussi <strong>quelque chose de l’anarchie, en opposition au conservatisme et à ladite droiture.</strong> Par exemple, le terme vampire sera également utilisé par Victor Hugo dans <em>les châtiments</em> pour désigner l’oppression.</p>
	<p><span style="color: #be0000;"><em>[…] « Russie et Sibérie, ô czar ! tyran ! vampire !<br />
Ce sont les deux moitiés de ton funèbre empire ;<br />
L&#8217;une est l&#8217;oppression, l&#8217;autre est le Désespoir. » […]</em><br />
<strong>Victor Hugo, <a href="http://www.amazon.fr/Ch%C3%A2timents-Victor-Hugo/dp/2253016861/ref=sr_1_1?s=books&amp;ie=UTF8&amp;qid=1304378148&amp;sr=1-1" target="_blank">les châtiments,</a> XII carte d’Europe, 1853</strong></span></p>
	<h2><strong>La victime : celle qui s’écarte du droit chemin, la foi</strong></h2>
	<p><a title="Illustration pour The Dark Blue, D. H. Friston pour Carmilla, 1872" rel="lightbox" href="http://xulux.free.fr/blog/imgs/Litterature/vampires/vampire8-b.jpg"><img class="aligncenter" title="Illustration pour The Dark Blue, D. H. Friston pour Carmilla, 1872" src="http://xulux.free.fr/blog/imgs/Litterature/vampires/vampire8.jpg" alt="Illustration pour The Dark Blue, D. H. Friston pour Carmilla, 1872" width="510" height="250" /></a><span style="font-style: italic; font-size: 11px;">Illustration pour The Dark Blue, D. H. Friston pour Carmilla, 1872</span><br />
<strong>La victime sera celle qui cède à la tentation.</strong> Celle qui va s’écarter du droit chemin, la foi, pour sombrer entre autres dans une sexualité dite débridée.</p>
	<p><img class="alignleft" style="margin-right: 10px; margin-top: 5px;" title="Sheridan Le Fanu Carmilla 1872" src="http://xulux.free.fr/blog/imgs/Litterature/vampires/vampire7.jpg" alt="" width="160" height="240" />Fils du pasteur,<strong> Le Fanu trempe naturellement sa plume dans le puritanisme, pour écrire <a href="http://www.amazon.fr/Carmilla-Joseph-Sheridan-Fanu/dp/2253087793/ref=sr_1_1?s=books&amp;ie=UTF8&amp;qid=1304378181&amp;sr=1-1" target="_blank">Carmilla</a> en 1872.</strong> Il innove en dotant son personnage d’une particularité physique qui ne quittera plus le vampire : <strong>les canines pointues.</strong> La narratrice, Laura, s’ennuie un peu en compagnie de son père dans son château de Styrie. Lorsque surgit d’un attelage accidenté la silhouette ravissante de Carmilla. Laura éprouve aussitôt une amitié trouble, faite d’attirance sensuelle et du sentiment qu’il existe entre elles des liens mystérieux. Elle tombe sous le charme de sa belle et mystérieuse invitée qui est hébergée dans le château. Carmilla s’avère être une vampire qui profite de la naïveté de Laura pour la séduire et, la nuit s’abreuver de son sang.</p>
	<p><strong>Métaphore implacable de l’amour interdit, Carmilla figure à la perfection l’héroïne du mal absolu, porteuse d’un sang maudit qui ouvre la voie à la plus perverse des expériences selon Le Fanu : l’écart de la foi et la sexualité sans procréation.</strong> Suggérée plus que décrite, l’homosexualité féminine est néanmoins très perceptible. Entre attraction et répulsion, <strong>la beauté de la femme vampire est indissociable du sentiment de perversité, d’impureté</strong> qui en émane. Laura, va éprouver des sentiments contradictoires.</p>
	<p><span style="color: #be0000;"><em>« Or, à vrai dire, cette belle inconnue m’inspirait un sentiment inexplicable. J’étais effectivement, selon ses propres termes, “attirée vers elle”, mais j’éprouvais aussi une certaine répulsion à son égard. Néanmoins, dans cet état d’âme ambigu, l’attirance l’emportait de beaucoup. Elle m’intéressait et me captivait, car elle était très belle et possédait un charme indescriptible. »</em> <strong>Sheridan Le Fanu, Carmilla (1872)</strong></span></p>
	<p><span style="color: #be0000;"><em>« On eût cru voir se manifester l’ardeur d’un amant. J’en étais fort gênée, car cela me semblait haïssable et pourtant irrésistible. »</em> <strong>Sheridan Le Fanu, Carmilla (1872)</strong></span></p>
	<p><a title="Illustration pour The Dark Blue, Michael Fitzgerald pour Carmilla, 1872" rel="lightbox" href="http://xulux.free.fr/blog/imgs/Litterature/vampires/vampire11-b.jpg"><img class="aligncenter" title="Illustration pour The Dark Blue, Michael Fitzgerald pour Carmilla, 1872" src="http://xulux.free.fr/blog/imgs/Litterature/vampires/vampire11.jpg" alt="Illustration pour The Dark Blue, Michael Fitzgerald pour Carmilla, 1872" width="350" height="501" /></a><span style="font-style: italic; font-size: 11px;">Illustration pour The Dark Blue, Michael Fitzgerald pour Carmilla, 1872</span></p>
	<p>Il faut rappeler que l’attitude de l’église envers la sexualité était très négative. <strong>La relation sexuelle était envisagée uniquement en vue de la procréation et non pour le plaisir.</strong> Des expressions de l’hétérosexualité et de l’homosexualité étaient considérées comme péchés. <strong>L’homosexualité était jusqu’en 1973, officiellement définie comme maladie mentale par l’Association Psychiatrique Américaine</strong> et en France elle sera retirée des maladies mentales beaucoup plus tard en 1981 et en 1990, par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS).</p>
	<p><span style="color: #be0000;"><em>« Sans m’en rendre compte. Je me trouvais à un stade assez avancé de la plus bizarre maladie qui eût jamais affligé un être humain. »</em> <strong>Sheridan Le Fanu, Carmilla (1872)</strong></span></p>
	<p><span style="color: #be0000;"><em>« J’espère que nous ne sommes pas menacés de la peste ou de quelque fièvre maligne »</em> <strong>Sheridan Le Fanu, Carmilla (1872)</strong></span></p>
	<p>La corruptrice, Carmilla, sera évidemment non-croyante. Le Fanu en ferra simplement son combat ou répondra-t’ il à ses simples interrogations ?</p>
	<p><span style="color: #be0000;">« Je m’étais souvent demandé si notre charmante invitée disait ses prières. Personnellement, je ne l’avais jamais vue à genoux. » <strong>Sheridan Le Fanu, Carmilla (1872)</strong></span></p>
	<p><span style="color: #be0000;">« Le Créateur ! Disons plutôt la Nature ! S’exclama Carmilla en réponse à ces douces paroles. Oui, la maladie qui ravage ce pays est naturelle. Tout provient de la Nature, n’est-ce pas ? Tout ce qui existe dans le ciel, sur la terre et sous la terre, agit et vit selon ce qu’ordonne la Nature : telle est ma conviction. » <strong>Sheridan Le Fanu, Carmilla (1872)</strong></span></p>
	<h2><strong>La petite mort</strong></h2>
	<p><strong>Le vampire nous renvoie à deux instincts comme l’explique Jean Marigny</strong> (interview TF1 News pour la sortie du livre : la fascination des vampires). Il <em>« renvoie à la dualité de l’homme et de l’animal, au rut à l’état brut, à l’instinct sexuel. Freud appelle l’extase de l’acte sexuel, la “petite mort. L’instinct sexuel et l’instinct de mort sont intimement liés. Le vampire, situé au carrefour de ces deux instincts, incarne ce qui nous touche le plus intimement : la peur de la mort, le désir sexuel et d’immortalité. »</em></p>
	<p>On peut facilement relier les termes et voir dans le <em>“baiser du vampire”</em> ou <em>“baiser de la mort”</em> (morsure de vampire) ce que Freud appelle la “petite mort”. Il définit le plaisir comme la réduction des tensions, le retour à zéro, à la limite vers l’inanimé, la mort. Un désir de mort, mais un désir de vivre. S’abandonner à ce que la vie a de plus fort. Signe que nous sommes en vie, car en proie au désir. Georges Bataille l’explique dans <a href="http://www.amazon.fr/L%C3%A9rotisme-Georges-Bataille/dp/2707321559/ref=sr_1_2?s=books&amp;ie=UTF8&amp;qid=1304378220&amp;sr=1-2" target="_blank">l’<em>Érotisme</em></a> en s’appuyant sur l’histoire de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9r%C3%A8se_d%27%C3%81vila" target="_blank">Sainte Thérèse d’Avila.</a></p>
	<p><span style="color: #be0000;"><em>« […] toute expérience mystique n’est qu’une sexualité transposée et donc une conduite névrotique. Ce désir de chavirer, qui travaille intimement chaque être humain, diffère néanmoins du désir de mourir en ce qu’il est ambigu : c’est le désir de mourir sans doute, mais c’est en même temps le désir de vivre, aux limites du possible et de l’impossible, avec une intensité toujours plus grande. C’est le désir de vivre en cessant de vivre ou de mourir sans cesser de vivre, le désir d’un état extrême que sainte Thérèse peut-être seule a dépeint assez fortement par ces mots : ‘Je meurs de ne pas mourir’ ! […] Sainte Thérèse chavira, mais ne mourut pas réellement du désir qu’elle eut de chavirer réellement. Elle perdit pied, elle ne fit que vivre plus violemment qu’elle put se dire à la limite de mourir, mais d’une mort qui, l’exaspérant, ne faisait pas cesser la vie. » </em><strong>(Georges Bataille, L’Érotisme, 1957)</strong></span></p>
	<p><a title="Edvard Munch, Le Vampire, 1893" rel="lightbox" href="http://xulux.free.fr/blog/imgs/Litterature/vampires/vampire10-b.jpg"><img class="aligncenter" title="Edvard Munch, Le Vampire, 1893" src="http://xulux.free.fr/blog/imgs/Litterature/vampires/vampire10.jpg" alt="Edvard Munch, Le Vampire, 1893" width="510" height="275" /></a><span style="font-style: italic; font-size: 11px;">Edvard Munch, Le Vampire, 1893</span></p>
	<p>La relation entre le vampire et la petite mort s’éclaire avec le passage de texte de George Bataille, <strong><em>«Un désir de vivre en cessant de vivre ou de mourir sans cesser de vivre».</em></strong> Ne voit-on pas la une belle métaphore du baiser du vampire ? Mourir sans cesser de vivre ? Le Fanu écrit et décrit un magnifique et foudroyant orgasme dans l’une des petites morts de Laura. Entre désir, peur et perte de contrôle totale.</p>
	<p><span style="color: #be0000;"><em>« Parfois, je sentais une main glisser lentement sur ma joue et sur mon cou. Parfois encore, des lèvres brûlantes couvraient mon visage de baisers qui se faisaient plus appuyés et plus amoureux à mesure qu’ils atteignaient ma gorge où se fixait leur caresse. Les battements de mon cœur s’accéléraient ; je respirais plus vite et plus profondément. Puis survenait une crise de sanglots qui me donnait une sensation d’étranglement et se transformait enfin en une convulsion effroyable au cours de laquelle je perdais l’usage de mes sens. »</em><strong>Sheridan Le Fanu, Carmilla (1872)</strong></span></p>
	<p>Concours de circonstances ? Coïncidence ?</p>
	<p>Après la Révolution française, les guerres napoléoniennes, les révolutions industrielles vont bouleverser le paysage européen. Individualisations, inégalités sociales, le développement économique apporte ses transformations sociales, politiques et culturelles. Les aspirations deviennent essentiellement matérialistes et l’appétit de possession reflète déjà notre société actuelle. Tout repère a disparu. <strong>Dans cette nouvelle aventure, l’individu existe-t-il encore ?</strong> Entre espoirs et angoisses, l’intérêt accru pour le mythe du vampire au XIXe siècle prend vie et nous laisse des traces d’une société qui aspire à se libérer d’un carcan puritain.</p>
	<p>Antéchrist, peur de l’autre, perversion sexuelle, péché, mais aussi la rupture de l’ordre politique, les interrogations sur la science, la religion… Comme nous l’avons vu précédemment une dualité entre ce que nous redoutons le plus et ce à quoi nous aspirons le plus.</p>
	<p>Est-ce que la figure du vampire est porteuse de sens ? Une métaphore mouvante dans le temps ? Nous sommes en droit de nous le demander. Et de répondre pour l’instant par un oui timide avant de passer en revue les autres siècles.</p>
	<p>À suivre les XXes et XXIes siècles.
</p>
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		<title>Les textopolitains débarquent dans le métro</title>
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		<pubDate>Thu, 10 Mar 2011 14:43:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Sonia</dc:creator>
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		<description><![CDATA[L&#8217;opération à commencé le 9 mars sur la ligne du tramway T3. Les voyageurs reçoivent un mystérieux petit carnet contenant dix messages et des messages inédits distribués par des agents et comédiens sur les lignes qui mènent au Salon du livre. Tout ce que vous avez toujours rêvé de dire à votre voisin de strapontin [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[	<p><img class="aligncenter" title="textopolitains RATP" src="http://xulux.free.fr/blog/imgs/Actualites/textopolitains/textopolitains.jpg" alt="" width="510" height="200" /></p>
	<p>L&#8217;opération <strong>à commencé le 9 mars sur la ligne du tramway T3.</strong> Les voyageurs reçoivent un mystérieux petit carnet contenant dix messages et des messages inédits distribués par des agents et  comédiens sur les lignes qui mènent au Salon du livre. <strong><br />
</strong></p>
	<h2>Tout ce que vous avez toujours rêvé de dire à votre voisin de strapontin ??</h2>
	<p>&nbsp;</p>
	<p><img class="aligncenter" title="textopolitains RATP" src="http://xulux.free.fr/blog/imgs/Actualites/textopolitains/textopolitains.gif" alt="" width="300" height="100" /></p>
	<p><strong>&laquo;&nbsp;Notre histoire touche à sa fin&#8230; je descends là.&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;Vous me faites lire !&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;Ca a l&#8217;air bien&#8230; Vous me le conseillez ?&nbsp;&raquo; </strong>Les transports en commun, <strong>pourtant lieux de promiscuité, sont devenus des lieux relativement anonymes. </strong></p>
	<p><strong> </strong>À l’occasion du <a title="salon du livre" href="http://www.salondulivreparis.com/" target="_blank">Salon du livre de Paris du 18 au 21 mars 2011 </a>et de la parution des <strong>Textopolitains </strong><strong>d&#8217;Anne Cazaubon</strong>, les Éditions Casterman et la RATP lancent<strong> un Textopolitain spécial Salon du livre.</strong> Un carnet de <strong>10 messages autour de la lecture, à glisser à vos voisins de strapontin. </strong><strong> </strong>Avec ce petit carnet, on vous propose en gardant le silence, d&#8217;échanger, de communiquer dans les transports.<strong> </strong></p>
	<h3>LE CONCEPT EN DETAIL, c&#8217;est quoi un textopolitain ?</h3>
	<p><img class="aligncenter" title="textopolitains" src="http://xulux.free.fr/blog/imgs/Actualites/textopolitains/textopolitains2.jpg" alt="" width="510" height="250" /></p>
	<p><a title="site textopolitains" href="http://www.textopolitans.com/" target="_blank">Derniers-nés de la collection Cause Toujours, dirigée par Claire Faÿ, les Textopolitains sont des petits livres détachables qui servent à semer autour de soi des messages, des clins d&#8217;oeil&#8230;</a> <strong>Deux livres, pour deux thèmes à paraître le 18 mars 2011 :</strong></p>
	<p><strong>T 1 &#8211; Tout ce que vous avez toujours rêvé de dire à votre voisin de strapontin</strong><br />
<strong> T 2 &#8211; Tout ce que vous n’avez jamais osé avouer à votre voisin de strapontin</strong></p>
	<p><strong>L&#8217;auteure Anne Cazaubon</strong> connaît bien le monde du silence pour l’avoir côtoyé lorsqu’elle était interprète en Langue des Signes Française. Devenue journaliste de radio et de télévision, elle s’efforce de tendre son micro vers ceux que l’on n’entend pas. <strong>Elle distribue des Textopolitains au quotidien pour semer des messages. </strong><strong> </strong>&laquo;&nbsp;Vous avez un truc entre les dents&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;j&#8217;adore votre profil&#8230; il est sur facebook ?&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;Alors ce Sudoku&#8230; le compte est bon ?&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;Ceci est un ticket avec moi !&nbsp;&raquo;&#8230;</p>
	<p><strong>Simple opération commerciale ?  Ou volonté de réinventer la communication au quotidien pour sortir du monde du silence ? </strong>Il est difficile de ne pas se poser de question, au vu de la superficialité des messages. Si on arrive à décrocher des sourires, on pourrait peut être se dire que l&#8217;opération est réussie.</p>
	<p><strong> &#8211;&gt; Vous avez déjà reçu un textopolitain, laissez nous vos impressions</strong></p>
	<p><strong><span style="text-decoration: underline;">Retrouvez ces carnets et messages délivrés par des comédiens et agents RATP :</span></strong></p>
	<ul>
	<li>
	<h6>le 9 mars sur la ligne du Tramway T3<br />
(entre Pont du Garigliano et Porte de Vanves) de 10h à 12h et de 14h à 16h.</h6>
	</li>
	<li>
	<h6>le 10 mars sur la ligne de bus 80</h6>
	</li>
	<li>
	<h6>le 11 mars sur la ligne de Tramway T2<br />
(entre Porte de Versailles et La Défense) de 13h à 17h.</h6>
	</li>
	<li>
	<h6>le 12 mars sur la ligne 12 du métro<br />
(entre Sèvres-Babylone et Porte de Versailles) de 13h à 17h.</h6>
	</li>
	</ul>
	<h6 style="line-height:20px;"><strong>Les carnets seront disponibles aux stations suivantes du métro ligne 12,</strong> du 14 au 18 mars : Rue du bac, Rennes, Notre-Dame des Champs, Sèvres Babylone, Convention, Vaugirard, Porte de Versailles.</h6>
	<p>&nbsp;
</p>
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		<title>L&#8217;éloge de l&#8217;oisiveté</title>
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		<pubDate>Wed, 26 Jan 2011 15:45:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Sonia</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Vincent van Gogh (1853-1890) &#8211; La méridienne ou La sieste (d&#8217;après Millet) décembre 1889-janvier 1890 &#171;&#160;Le travail est l&#8217;opium du peuple et je ne veux pas mourir drogué.&#160;&#187; (Boris Vian / 1920-1959) Le travail constitue une valeur fondamentale dans notre société moderne. Aujourd&#8217;hui, il n&#8217;est plus un moyen pour obtenir le nécessaire vital, il est [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[	<p><a title="Vincent Van Gogh - La méridienne ou La sieste" rel="lightbox" href="http://xulux.free.fr/blog/imgs/Pensee/oisivete/vangogh-lameridienne.jpg"><img class="aligncenter" title="Vincent Van Gogh - La méridienne ou La sieste" src="http://xulux.free.fr/blog/imgs/Pensee/oisivete/oisivete.jpg" alt="Vincent Van Gogh - La méridienne ou La sieste" width="510" height="200" /></a><span style="text-align: center; font-style: italic; font-size: 11px;">Vincent van Gogh (1853-1890) &#8211; La méridienne ou La sieste (d&#8217;après Millet) décembre 1889-janvier 1890</span></p>
	<p><span style="color: #be0000;"><em>&laquo;&nbsp;Le travail est l&#8217;opium du peuple et je ne veux pas mourir drogué.&nbsp;&raquo;</em></span><br />
(Boris Vian / 1920-1959)</p>
	<p><span class="lettrine">L</span>e travail constitue <strong>une valeur fondamentale dans notre société moderne.</strong> Aujourd&#8217;hui, il n&#8217;est plus un moyen pour obtenir le nécessaire vital, il est <strong>ce qui permet l&#8217;accumulation et la domination.</strong> Il devient une obligation et une façon naturelle de s&#8217;épanouir. La société a fait de ce qui n&#8217;était qu&#8217;un moyen de subvenir à ses besoins, <strong>une finalité à part entière.</strong></p>
	<p>Et si la recherche du bonheur, la découverte de soi, l&#8217;épanouissement, la culture, les études, la recherche, la réflexion, l&#8217;amitié, l&#8217;amour, la création&#8230; passaient par le loisir, l&#8217;<em>otium</em>, la flemme, l&#8217;oisiveté, la paresse&#8230; <strong>peu importe le nom que l&#8217;on veut lui donner, le résultat étant le même, un temps à soi mis à profit pour le loisir. </strong>J&#8217;entends par loisir <strong>cet héritage lointain de la <em>skholè </em>grecque, de l&#8217;<em>otium </em>romain, de la <em>vita contemplativa</em> chrétienne.</strong></p>
	<p><span style="color: #be0000;"><em>« Celui qui ne dispose pas des deux tiers de sa journée pour lui-même est un esclave, qu&#8217;il soit d&#8217;ailleurs ce qu&#8217;il veut : politique, marchand, fonctionnaire, érudit. »</em></span><br />
(<a href="http://www.amazon.fr/Aurore-Friedrich-Nietzsche/dp/2070325113/ref=sr_1_1?ie=UTF8&amp;qid=1295900148&amp;sr=1-1" target="_blank">Friedrich Nietzsche &#8211; Extrait d’ Humain, trop humain</a>)</p>
	<h3>La valeur travail</h3>
	<p>Dans l&#8217;antiquité, l&#8217;idéal de vie <strong>était un corps sain et un esprit sage</strong> qui se consacre <strong>à la Culture et aux œuvres de l&#8217;esprit.</strong></p>
	<p>Les Romains divisaient la vie en deux activités. L&#8217;<em>otium </em>que l&#8217;on traduit par le loisir et le <em>negotium </em>(<em>neg</em>, <em>otium</em>) par le travail. Le loisir n&#8217;était pas oisiveté, il n&#8217;était pas improductif. Il était avant tout liberté. Le travail était considéré comme <strong>source de dégradation de la nature humaine</strong> et comme <strong>perte de temps pour les activités sociales et citoyennes. </strong>Le travail n&#8217;était bon que pour les esclaves, les hommes libres ne devaient se consacrer qu&#8217;à ce qui était considéré comme la valeur de l’existence proprement humaine : la vie publique, les sciences, les arts&#8230;</p>
	<p><a title="Raphaël - L'Ecole d'Athènes" rel="lightbox" href="http://xulux.free.fr/blog/imgs/Pensee/oisivete/raphael-athenes-big.jpg"><img class="aligncenter" title="Raphaël - L'Ecole d'Athènes" src="http://xulux.free.fr/blog/imgs/Pensee/oisivete/raphael-athenes.jpg" alt="Raphaël - L'Ecole d'Athènes" width="510" height="342" /></a><span style="text-align: center; font-style: italic; font-size: 11px;">Raphaël &#8211; L&#8217;Ecole d&#8217;Athènes (1509-1512) &#8211; Chambre de la Signature &#8211; Musées du Vatican &#8211; Chapelle Sixtine</span></p>
	<p>Il ne s&#8217;agissait pas de mépriser le travail, <strong>mais d&#8217;éliminer des conditions de vie l&#8217;activité de satisfaire aux besoins matériels et aux besoins de survie.</strong> Ces besoins n&#8217;étaient pas valorisés ni valorisant car ils étaient aussitôt <strong>consommés dans un cycle de (re)-production, consommation.</strong></p>
	<p><span style="color: #be0000;"><em>« Dire que le travail et l&#8217;artisanat étaient méprisés dans l&#8217;antiquité parce qu&#8217;ils étaient réservés aux esclaves, c&#8217;est un préjugé des historiens modernes. Les Anciens faisaient le raisonnement inverse : ils jugeaient qu&#8217;il fallait avoir des esclaves à cause de la nature servile de toutes les occupations qui pourvoyaient aux besoins de la vie. C&#8217;est même par ces motifs que l&#8217;on défendait et justifiait l&#8217;institution de l&#8217;esclavage. Travailler, c&#8217;était l&#8217;asservissement à la nécessité, et cet asservissement était inhérent aux conditions de la vie humaine. »</em></span><br />
(<a href="http://www.amazon.fr/Condition-lhomme-moderne-Hannah-Arendt/dp/2266126490/ref=sr_1_1?s=books&amp;ie=UTF8&amp;qid=1295900055&amp;sr=1-1" target="_blank">Hannah Arendt, Condition de l&#8217;homme moderne,</a> Paris, Ed. Calmann-Lévy, 1961, pp 95.)</p>
	<p>Peu à peu, au fil des siècles, l&#8217;<em>otium</em> est <strong>affublé et assimilé à de nombreux synonymes : paresse, oisiveté, délassement, divertissement&#8230;<br />
<span id="more-5269"></span><br />
</strong> La paresse remplacera même l&#8217;acédie (ou la paresse spirituelle) pour devenir l&#8217;un des sept péchés capitaux et être révélatrice de la civilisation du travail comme valeur centrale de notre société.</p>
	<p><span style="color: #be0000;"><em>«La crise morale française porte un nom : c’est la crise du travail.»</em></span><br />
(Nicolas Sarkozy &#8211; Extrait du journal Le Monde &#8211; 23 Janvier 2007)</p>
	<p><strong>On ne doit pas oublier</strong> que les concepts qui ont<strong> mis en mouvement le monde moderne et bouleversés notre conception</strong> viennent du loisir.<br />
L&#8217;<em>otium</em> était <strong>vanté par les philosophes, notamment Sénèque, Montaigne ou encore Nietzsche.</strong> Pour ces philosophes le travail allait<strong> à l&#8217;encontre du développement de la raison (les facultés intellectuelles), de la liberté de conscience</strong> et empêchait d&#8217;accéder <strong>à une réflexion originale et personnelle.</strong> Il ne faut pas oublier que, ne pas travailler, n&#8217;est pas nécessairement synonyme de paresse. Notre rapport au loisir est complexe, et dès notre enfance,<strong> la société nous répète que la paresse est mère de tous les vices, </strong>et le loisir est souvent vécu comme une absence. Une absence de travail, une absence de remplissage du temps qui passe. <strong>Mais si cette paresse pouvait sauver le monde ?</strong> Nous conduire vers les chemins du bonheur ?</p>
	<p><a title="Frontispice de l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert" rel="lightbox" href="http://xulux.free.fr/blog/imgs/Pensee/oisivete/frontispice.jpg"><img class="aligncenter" title="Frontispice de l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert " src="http://xulux.free.fr/blog/imgs/Pensee/oisivete/frontispice-small.jpg" alt="Frontispice de l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert" width="300" height="448" /></a><span style="text-align: center; font-style: italic; font-size: 11px;">Gravure de Bonaventure-Louis Prévost &#8211; Frontispice de l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert représentant la Raison et la Philosophie arrachant son voile à la Vérité rayonnante de lumière, gravé en 1772 d’après le dessin de Cochin datant de 1764.</span></p>
	<h3>L&#8217;éloge de l&#8217;oisiveté</h3>
	<p>Qu&#8217;il s&#8217;agisse de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Bertrand_Russell" target="_blank">Bertrand Russell</a> avec <a href="http://www.amazon.fr/Eloge-lOisivet%C3%A9-Bertrand-Russell/dp/2844850839/ref=sr_1_fkmr1_1?ie=UTF8&amp;qid=1295899930&amp;sr=8-1-fkmr1" target="_blank"><em>« l&#8217;apologie de l&#8217;oisiveté »</em></a> publié en 1932, du concept de la décroissance soutenable mis en avant par certains mouvements anti-productivistes, anti-consumériste et écologistes, <strong>la réduction du temps de travail n&#8217;est pas simplement apologie de l&#8217;oisiveté.</strong> Mais pour <strong>ses objecteurs de croissance il s&#8217;agit d&#8217;une véritable prise de conscience humaniste et écologique.</strong></p>
	<p>Pour B. Russell dans « l&#8217;apologie de l&#8217;oisiveté » la valeur travail est un préjugé moral des classes privilégiées qui estiment que l&#8217;absence d&#8217;activité conduirait la plupart des hommes, surtout ceux des classes les plus pauvres à la dépravation.</p>
	<p><span style="color: #be0000;"><em>« l&#8217;idée que les pauvres puissent avoir des loisirs a toujours choqué les riches. »</em></span><br />
(Bertrand Russell, l&#8217;éloge de l&#8217;oisiveté)</p>
	<p>Il va défendre l&#8217;idée <strong>que quatre heures de travail par jour suffiraient</strong> pour assurer aux populations les ressources indispensables à la vie. Le travail pourrait être partagé équitablement et éviter ainsi que le reste de la population ne sombre dans le chômage et la faim. Les faits et la réalité nous le démontre<strong> mais la croyance en la croissance est toujours plus forte.</strong> On veut toujours avoir plus, combler nos tensions dans l&#8217;accumulation matérielle en espérant pouvoir cesser, cesser quoi&#8230;?<br />
Mais c&#8217;est justement <strong>cette accumulation qui est facteur de tension sociale et de violence dans notre société.</strong> Cette croissance crée plus de miséreux que de personnes à qui elle pourrait donner un revenu décent. Et que dire de la surexploitation des ressources naturelles&#8230; Le reste du temps pour B. Russell serait consacré au loisir, à l&#8217;oisiveté.</p>
	<p><span style="color: #be0000;"><em>« Quand je suggère qu&#8217;il faudrait réduire à quatre le nombre d&#8217;heures de travail, je ne veux pas laisser entendre qu&#8217;il faille dissiper en pure frivolité tout le temps qui reste. Je veux dire qu&#8217;en travaillant quatre heure par jour, un homme devrait avoir droit aux choses qui sont essentielles pour vivre dans un minimum de confort, et qu&#8217;il devrait pouvoir disposer du reste de son temps comme bon lui semble. Dans un tel système social, il est indispensable que l&#8217;éducation soit poussée beaucoup plus loin qu&#8217;elle ne l&#8217;est actuellement pour la plupart des gens, et qu&#8217;elle vise, en partie, à développer des goûts qui puissent permettre à l&#8217;individu d&#8217;occuper ses loisirs intelligemment. »</em></span></p>
	<p>Une oisiveté (forme d&#8217;<em>otium</em>) qui serait consacrée <strong>à toutes les formes de cultures des plus populaires aux plus intellectuelles, de l&#8217;activité sociale à l&#8217;activité citoyenne en prônant une éducation libérée.</strong> Les activités ont été inhibées par le culte du profit. Aujourd&#8217;hui une activité valorisée et valorisante doit être une activité qui rapporte.</p>
	<p><span style="color: #be0000;"><em>« L&#8217;idée que les activités désirables sont celles qui engendrent des profits a tout mis à l&#8217;envers. »</em></span></p>
	<p>En réduisant le temps de travail,<strong> la recherche et l&#8217;originalité ne serait pas entravée.</strong> Car toutes les formes de création de recherche, d&#8217;éducation&#8230; <strong>ne dépendraient pas de nos besoins de survie. </strong>La fatigue nerveuse et la lassitude ne prendraient pas la place du temps libre et selon B. Russell l&#8217;homme serait <em>« plus enclin à la bienveillance qu&#8217;à la persécution et à la suspicion »</em>, il apprendrait le partage, le vivre ensemble et non l&#8217;accumulation et la surexploitation.<br />
<strong>On ne peut que faire le rapprochement entre les idées développées par B. Russell et les pensées de Nietzsche, </strong>sur le travail.</p>
	<p><span style="color: #be0000;"><em>“ Dans la glorification du “ travail ”, dans les infatigables discours sur la “ bénédiction du travail ”, je vois la même arrière pensée que dans les louanges adressées aux actes impersonnels et utiles à tous :à savoir la peur de tout ce qui est individuel. Au fond, ce qu’on sent aujourd’hui, à la vue du travail – on vise toujours sous ce nom le dur labeur du matin au soir -, qu’un tel travail constitue la meilleure des polices, qu’il tient chacun en bride et s’entend à entraver puissamment le développement de la raison, des désirs, du goût de l’indépendance. Car il consume une extraordinaire quantité de force nerveuse et la soustrait à la réflexion, à la méditation, à la rêverie, aux soucis, à l’amour et à la haine, il présente constamment à la vue un but mesquin et assure des satisfactions faciles et régulières. Ainsi une société où l’on travaille dur en permanence aura davantage de sécurité : et l’on adore aujourd’hui la sécurité comme la divinité suprême. – Et puis ! épouvante ! Le “ travailleur ”, justement, est devenu dangereux ! Le monde fourmille d’ “ individus dangereux ” ! Et derrière eux, le danger des dangers – l’individuum !</em></span></p>
	<p><span style="color: #be0000;"><em>[…] Etes-vous complices de la folie actuelle des nations qui ne pensent qu’à produire le plus possible et à s’enrichir le plus possible ? Votre tâche serait de leur présenter l’addition négative : quelles énormes sommes de valeur intérieure sont gaspillées pour une fin aussi extérieure ! Mais qu’est devenue votre valeur intérieure si vous ne savez plus ce que c’est que respirer librement ? Si vous n’avez même pas un minimum de maîtrise de vous-même ?”</em></span><em> </em>(<a href="http://www.amazon.fr/Humain-trop-humain-Friedrich-Nietzsche/dp/2253067156/ref=pd_cp_b_2_img" target="_blank">Nietzsche. Aurores</a> (1881), Livre III, § 173 et § 206,  trad. J. Hervier, Gallimard, 1970)</p>
	<p>Nietzsche ne critique pas le travail en lui-même mais la valeur travail, <em>« la glorification du travail ».</em><strong> Il condamne cette idéologie qui tend à en faire une valeur supérieure et qui pousse à l&#8217;apologie de la croissance économique. </strong>Pour Nietzsche cette survalorisation du travail conditionne l&#8217;individu <strong>et serait une volonté politique de canalisation de révolte et d&#8217;épanouissement. </strong>Elle l&#8217;aliénerait et le <strong>détournerait de sa propre humanité.</strong> L&#8217;énergie individuelle ne serait plus utilisée au service de l&#8217;individu mais au service de la productivité. Il n&#8217;aura plus la force de penser par lui-même ni de se dresser contre l&#8217;État. Car le travail possède une fonction policière qui occupe, soumet, épuise et détourne dans la poursuite d&#8217;autres buts que ceux que la société impose. On pourrait même parler <strong>de valeur Sécurité autant valorisée aujourd&#8217;hui</strong> et érigée en fin en soi au détriment de la liberté individuelle. Est-ce que trop de valeur sécurité n&#8217;est pas égale à un désir de contrôle des individus ?</p>
	<p>Troublant et troublée de retrouver les <strong>2 thèmes phares de notre président : Travail et sécurité.</strong></p>
	<p><span style="color: #be0000;"><em>«Il faut laisser les gens travailler plus, pour gagner plus, c&#8217;est mon programme (&#8230;) Moi je veux être le candidat du travail.»</em></span><br />
(Nicolas Sarkozy &#8211; Extrait du journal Le Monde &#8211; Février 2007)</p>
	<p><span style="color: #be0000;"><em>«On ne dira jamais assez le mal que les 35 heures ont fait à notre pays. Comment peut-on avoir cette idée folle de croire que c’est en travaillant moins que l’on va produire plus de richesses et créer des emplois.»</em></span><br />
(Nicolas Sarkozy &#8211; Témoignage)</p>
	<p><a title="Rembrandt - philosophe en méditation" rel="lightbox" href="http://xulux.free.fr/blog/imgs/Pensee/oisivete/philosophe-meditation.jpg"><img class="aligncenter" title="Rembrandt - philosophe en méditation" src="http://xulux.free.fr/blog/imgs/Pensee/oisivete/philosophe-meditation-small.jpg" alt="Rembrandt - philosophe en méditation" width="510" height="412" /></a><span style="text-align: center; font-style: italic; font-size: 11px;">Rembrandt &#8211; philosophe en méditation (1632)</span></p>
	<p><strong>A tort ou à raison ?</strong> Est ce qu&#8217;il ne dépend pas de notre survie d&#8217;inventer une nouvelle forme de croissance ? On m&#8217;aurait menti, les ressources naturelles ne sont elles pas infinies ? Il est difficile d&#8217;aller vers un changement, vers une baisse de la consommation au sein de notre société quand le bonheur de la consommation, de la<strong> possession matérielle est indice de réussite, d&#8217;épanouissement. </strong>La mesure du bonheur sur terre ne devrait pas seulement prendre en compte la croissance économique. Je ne dis pas qu&#8217;il faudrait travailler quatre heures par jour ou encore ne pas travailler, je dis juste qu&#8217;il faudrait peut être revoir nos priorités et ré-injecter d&#8217;autres valeurs dans la société. Ne dit-on pas qu&#8217;il faut prendre le temps de se poser pour pouvoir réfléchir. Prendre le temps, sortir du tumulte de nos activités pour lézarder un peu, à profit de soi et forcement des autres. Un temps mis à profit de soi <strong>pourrait peut être nous rappeler que nous ne sommes pas tout seul.</strong> Toutes les pistes ne sont pas à exclurent&#8230; <strong>On peut se laisser rêver à un autre monde.</strong></p>
	<p>Je vous laisse à la réflexion et à la paresse&#8230; et la prochaine fois qu&#8217;on vous traitera de paresseux soyez en plus fier car l&#8217;argent ne mesure pas toutes les richesses.
</p>
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		<title>Indignez-vous ! &#8211; L&#8217;appel de Stéphane Hessel pour une insurrection pacifique</title>
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		<pubDate>Sat, 08 Jan 2011 14:39:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Vincent</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Succès immense de la fin d&#8217;année 2010, &#171;&#160;Indignez-vous&#160;&#187; de Stéphane Hessel continue de susciter l&#8217;adhésion en 2011. Ce petit livre de 32 pages, vendu 3€ et écoulé à plus de 500 000 exemplaires est édité par Indigène (maison d&#8217;édition basée à Montpellier et créée 1996 par Sylvie Crossman et Jean-Pierre Barou) dans la collection &#171;&#160;ceux [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[	<p><img class="alignnone" style="padding-bottom: 0px;" title="Indignez-vous - Stéphane Hessel" src="http://xulux.free.fr/blog/imgs/Litterature/Indignez-vous.jpg" alt="Indignez-vous - Stéphane Hessel" width="510" height="239" /><br />
<span class="lettrine">S</span>uccès immense de la fin d&#8217;année 2010, &laquo;&nbsp;<a href="http://indigene-editions.blogspot.com/2010/10/indignez-vous-par-stephane-hessel.html" target="_blank">Indignez-vous</a>&nbsp;&raquo; de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/St%C3%A9phane_Hessel" target="_blank">Stéphane Hessel</a> continue de susciter l&#8217;adhésion en 2011. Ce petit <strong>livre de 32 pages, vendu 3€ et écoulé à plus de 500 000 exemplaires</strong> est édité par Indigène (maison d&#8217;édition basée à <strong>Montpellier</strong> et créée 1996 par <a href="http://www.evene.fr/livres/actualite/interview-sylvie-crossman-soeurs-peau-aborigene-1240.php" target="_blank">Sylvie Crossman</a> et <a href="http://www.evene.fr/celebre/actualite/interview-jean-pierre-barou-sartre-revoltes-488.php" target="_blank">Jean-Pierre Barou</a>) dans la collection <strong>&laquo;&nbsp;ceux qui marchent contre le vent&nbsp;&raquo;</strong>. Passé de belle surprise à franc succès puis à phénomène de société, l&#8217;ouvrage à également trouvé une <strong>place de choix au pied du sapin</strong>. Une grand-mère dans mon entourage l&#8217;a par exemple offert à tous ses petits-enfants. Car oui, &laquo;&nbsp;indignez-vous&nbsp;&raquo; est bien un livre à <strong>destination des nouvelles générations</strong>, celle qui donnera à la France son visage de demain. Il est un <strong>témoin transmis par une figure de l&#8217;ancienne génération</strong> ayant vécu guerre, résistance, déportation puis ayant <strong>donné sa vie à la diplomatie et aux droits de l&#8217;homme</strong>. Un homme engagé et militant, un homme de conviction et de cœur qui force l&#8217;admiration et invite à l&#8217;écoute et à la construction. La <strong>légitimité </strong>donc, qui découle du respect et s&#8217;accompagne de la <strong>confiance </strong>que la personne de Stéphane Hessel inspire. Car oui, l&#8217;attitude, la gestuelle ou encore les expressions du visage sont autant d&#8217;éléments qui accompagnent les mots et, partant, nous <strong>renseignent sur les dessous d&#8217;un discours</strong>. De quoi se douter que quelques entourloupes, pour ne pas dire quelques calembredaines se cachent sous les interventions, publiques ou privées d&#8217;un certain (grand) nombre de nos politiciens à commencer par Monsieur Sarkozy. Une <strong>confrontation entre les deux personnes</strong>, entre les deux <strong>expressions des vœux pour 2011</strong> en dira plus long que je ne pourrai le décrire. Et je ne parle même pas du fond&#8230;<br />
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<span style="font-style: italic; font-size: 11px;">Vidéo de Mediapart réalisée par Edwy Plenel et Sylvain Bourm</span><br />
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	<h5>Quatre idées clés à retenir du livre &laquo;&nbsp;Indignez-vous&nbsp;&raquo;</h5>
	<p><strong>1) Trouver un motif d&#8217;indignation</strong><br />
&laquo;&nbsp;Les raisons de s&#8217;indigner peuvent paraître aujourd&#8217;hui moins nettes ou le monde trop complexe. (&#8230;) Mais dans ce monde, il y a des choses insupportables. Pour le voir, il faut bien regarder, chercher. Je dis aux jeunes: cherchez un peu, vous allez trouver. La pire des attitudes est l&#8217;indifférence, dire &#8216;Je n&#8217;y peux rien, je me débrouille&#8217;.&nbsp;&raquo;</p>
	<p><strong>2) Changer de système économique</strong><br />
&laquo;&nbsp;L&#8217;actuelle dictature internationale des marchés financiers (&#8230;) menace la paix et la démocratie. Nous n&#8217;avons pas su tirer les leçons des erreurs de la crise économique, pourtant dévastatrice. L&#8217;écart entre les plus pauvres et les plus riches n&#8217;a jamais été aussi important: et la course à l&#8217;argent, la compétition, autant encouragée. L&#8217;auteur propose ainsi que l&#8217; &laquo;&nbsp;l&#8217;intérêt général&nbsp;&raquo; prime sur &laquo;&nbsp;l&#8217;intérêt particulier&nbsp;&raquo;, et le &laquo;&nbsp;juste partage des richesses créées par le monde du travail&nbsp;&raquo; sur le &laquo;&nbsp;pouvoir de l&#8217;argent&nbsp;&raquo;.</p>
	<p><strong>3) Choisir la non-violence</strong><br />
&laquo;&nbsp;On peut se dire que le terrorisme est une forme d&#8217;exaspération. Et que cette exaspération est un terme négatif. Il ne faudrait pas ex-aspérer, il faudrait es-pérer. L&#8217;exaspération est un déni de l&#8217;espoir. Elle est compréhensible, je dirais presque qu&#8217;elle est naturelle, mais pour autant elle n&#8217;est pas acceptable. Se dire &#8216;la violence n&#8217;est pas efficace&#8217;, c&#8217;est bien plus important que de savoir si on doit condamner ou pas ceux qui s&#8217;y livrent.&nbsp;&raquo;</p>
	<p><strong>4) Endiguer le déclin de notre société</strong><br />
Des progrès indéniables ont été fait depuis 1948 : la décolonisation, la fin de l&#8217;apartheid, la chute du mur de Berlin&#8230; Mais on constate, depuis les années 2000 une tendance à l&#8217;inversion de cette dynamique bénéfique. &laquo;&nbsp;Les premières années du XXIe siècle ont été une période de recul. Ce recul, je l&#8217;explique en partie par la présidence américaine de Georges Bush, le 11 septembre, et les conséquences désastreuses qu&#8217;en ont tirées les Etats-Unis, comme cette intervention militaire en Irak.&nbsp;&raquo; &laquo;&nbsp;Nous sommes à un seuil, entre les horreurs de la première décennie et les possibilités des décennies suivantes. Mais il faut espérer, il faut toujours espérer.&nbsp;&raquo;</p>
	<h5>Quelques liens sur le phénomène &laquo;&nbsp;indignez-vous&nbsp;&raquo;</h5>
	<p><a href="http://www.marianne2.fr/Indignation-Il-est-urgent-de-refroidir-les-delires_a201326.html" target="_blank">Indignation : Il est urgent de refroidir les délires</a> <em>sur Marianne2.fr</em><br />
<a href="http://www.humanite.fr/30_12_2010-st%C3%A9phane-hessel-%C2%AB%C2%A0pas-de-libert%C3%A9-sans-%C3%A9galit%C3%A9-des-droits%C2%A0%C2%BB-461116" target="_blank">Entretien avec Stéphane Hessel</a> <em>sur l&#8217;Humanité.fr</em><br />
<a href="http://www.humanite.fr/09_01_2011-les-lib%C3%A9raux-insultent-st%C3%A9phane-hessel-par-jean-emmanuel-ducoin-461852" target="_blank">Les libéraux insultent Stéphane Hessel</a> <em>sur l&#8217;Humanité.fr</em><br />
<a href="http://www.lepost.fr/article/2011/01/09/2365141_10-raisons-d-acheter-2-exemplaires-du-livre-de-stephane-hessel.html" target="_blank">10 raisons d&#8217;acheter 2 exemplaires du livre de Stéphane Hessel</a> <em>sur lepost.fr</em></p>
	<h5>Sisyphe Heureux ! Un documentaire sur Stéphane Hessel réalisé par Thierry Neuville et Sophie Lechevalier</h5>
	<p><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="510" height="320" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><br />
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<br/></p>
	<h2>«Le motif de base de la Résistance, c’était l’indignation»</h2>
	<p>Et vous, quels sont vos <strong>vœux pour 2011</strong> et <strong>contre quoi êtes-vous indigné</strong> ?<br/>
</p>
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		<title>Quand 1984, n’est plus un roman de science fiction</title>
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		<pubDate>Tue, 12 Oct 2010 19:39:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Sonia</dc:creator>
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		<description><![CDATA[1984 est le titre d’un roman de George Orwell, écrit en 1948. Il décrit une Grande-Bretagne où s’est instauré un régime de type totalitaire fortement inspiré à la fois du stalinisme et de certains éléments du nazisme. Considéré comme référence du roman de science-fiction, 1984 lance un avertissement contre les mécanismes d’une société totalitaire. George [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[	<p><img class="aligncenter" src="http://xulux.free.fr/blog/imgs/Litterature/1984/1984-eyes.jpg" alt="" width="510" height="169" /><br />
<span class="lettrine">1</span>984 est le titre d’un roman de George Orwell, écrit en 1948. Il décrit une Grande-Bretagne où s’est instauré un régime de type totalitaire fortement <strong>inspiré à la fois du stalinisme et de certains éléments du nazisme.</strong> Considéré comme référence du roman de science-fiction, 1984 lance un avertissement contre les mécanismes d’une société totalitaire. <strong> George Orwell contribua à populariser plusieurs concepts, dont celui de Big Brother.</strong> Concept de société de contrôle et de surveillance.</p>
	<p><a rel="lightbox" href="http://xulux.free.fr/blog/imgs/Litterature/1984/bigbrother.jpg" title="1984comic.com Cafepress Store"><img class="aligncenter" title="blabla" src="http://xulux.free.fr/blog/imgs/Litterature/1984/bigbrother-small.jpg" alt="big brother" width="300" height="450"  /></a><span style="text-align: center; font-style: italic; font-size: 11px; margin-left: 165px;">1984comic.com Cafepress Store</span></p>
	<p><strong>Les « télécrans » dans 1984 sont des systèmes de vidéosurveillance et de télévision</strong> qui diffusent et surveillent simultanément. Ils permettent d’entendre et de voir ce qui se fait dans chaque pièce. Au domicile, sur les lieux de travail et dans les lieux publics les membres du Parti peuvent vous contrôler, vous surveiller, vous observer et vous dénoncer. <strong>Ainsi, la population, déjà soumise à la surveillance permanente, fait également l’objet d’une surveillance intensive de ses pairs. Pour un contrôle « total » de la population, quoi de mieux que la délation.</strong></p>
	<p>George Orwell traduisait son inquiétude face à l’évolution de notre monde,<strong> il craignait la perte de liberté des individus, de toute liberté de jugement et de tout sens critique. </strong>Il aurait été surpris de voir que la Grande-Bretagne, son pays, est le plus équipé aujourd’hui en réseaux de télésurveillance. On compte une caméra pour 15 habitants. <strong>Il aurait été surpris ou accablé par la suite des événements ?!!</strong></p>
	<p><span id="more-3982"></span></p>
	<h2><strong>Où s&#8217;ar­rête la fic­tion et où com­mence la réa­li­té ? </strong></h2>
	<p>Aujourd’hui un site anglais, <a href="http://interneteyes.co.uk/" target="_blank">«Internet Eyes»</a> propose à des volontaires de regarder des images prises par les caméras de surveillance pour traquer d’éventuels délits. <strong>L’internaute surveille en direct des images prises par les caméras de surveillance</strong> sans bouger de chez lui. Pour chaque infraction signalée, il touche de l’argent. <strong>1 100 euros par mois à la clé pour dénoncer ses concitoyens.</strong> L’expérience est ouverte à tous les citoyens européens, français compris.</p>
	<p><img class="aligncenter" title="site internet eyes" src="http://xulux.free.fr/blog/imgs/Litterature/1984/internet-eyes.jpg" alt="" width="510" height="250" /></p>
	<p>Internet Eyes a conçu son système <strong>comme un jeu de surveillance.</strong> Pour chaque délit signalé, l’internaute reçoit des points. Lorsqu’un fait étrange est rapporté, mais qu’il ne s’agit pas d’infraction, il gagne aussi des points. Les signalements erronés sont sanctionnés par la perte de point, et au bout de trois fausses alertes, le volontaire est banni du jeu. Celui qui a reçu le plus de point perçoit les 1 100 euros à la fin du mois. Le système n’inclut que les caméras de vidéosurveillance des magasins ou entreprises qui en font la demande. Mais d’ici la fin de l’année, Internet Eyes espère <strong>pouvoir proposer toutes les caméras du pays, espace publics compris.</strong></p>
	<h2><strong>Une belle dérive de la société de surveillance </strong></h2>
	<p><strong>George Orwell avait pris soin de préciser qu’il n’y avait dans cette anticipation du futur qu’une éventualité.</strong></p>
	<p><span style="color: #be0000;">« Je ne crois pas, écrit-il à un syndicaliste américain, que le type de société que je décris surviendra nécessairement, mais je crois que quelque chose de similaire peut survenir ».</span></p>
	<p>On ne peut qu’être <strong>frappé par toutes les anticipations prophétiques contenues dans 1984.</strong> Les télécrans ne sont justes qu’une sorte de préfiguration des systèmes de vidéosurveillance décrit ci-dessus. <strong>Etre contrôlé, surveillé, observé et … même puni ! Est-ce que ce n’est pas tout simplement  une banalité répandue au quotidien entre autre,  par les jeux de téléréalité ?</strong></p>
	<p>Aujourd’hui la France n’est pas en reste.<strong> L’Assemblée a donné son feu vert avec <a href="http://www.liberation.fr/societe/0101619738-l-assemblee-vote-la-loppsi-2" target="_blank">la LOPPSI2</a> à un recours accru à la vidéosurveillance.</strong> Et  alors que les mentalités demeuraient hostiles à des pratiques de délation qui restaient associées au régime de Vichy ; <strong>explicitement les pouvoirs publics en appellent au civisme de la population pour favoriser l’essor de ces pratiques. Un appel au civisme ? Hum, hum… </strong>un petit canular pour retrouver le sourire : <a href="http://delation-gouv.fr/" target="_blank">http://delation-gouv.fr</a></p>
	<p><span style="color: #be0000;"><em>« La délation est une faute, car elle n&#8217;est pas fondée sur l&#8217;amour de la justice, sur la volonté de protéger les victimes ou les faibles, mais sur l&#8217;intérêt personnel. »</em></span><span style="font-style: italic; font-size: 11px;"><em>( André Comte-Sponville &#8211; Henri Leclerc, La délation peut-elle être civique ? propos recueillis par Anne Vidalie)</em></span><em> </em></p>
	<p><span style="color: #be0000;"><em><em>«Tous les êtres humains (…) doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité.»</em></em></span><span style="font-style: italic; font-size: 11px;"><em><em>( Article premier de la Déclaration universelle des droits de l&#8217;homme)</em></em></span></p>
	<p>Aujourd’hui sous de faux prétexte le gouvernement ne cherche t’il pas simplement à dominer ? En décrétant ce qui est mieux, bon, mauvais pour le peuple, <strong>les masses n’ont plus dès lors qu’à obéir docilement à de nouveaux maîtres.</strong></p>
	<p>George Orwell malgré tout son pessimisme<strong> n’exclut pas l’espoir,</strong> si sombre que soit le pronostic,<em> <span style="color: #be0000;"><strong></strong></span></em></p>
	<p><em><span style="color: #be0000;"><strong>« la morale à tirer de cette situation de cauchemar, conclut-il, est simple : ne vous laissez pas faire. Tout dépend de vous »</strong> </span><span style="font-style: italic; font-size: 11px;">(George Orwell, orwell Archive. Cité par B.Crick, op. cit ., p.565-56)</span></em>
</p>
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		<title>Abd Al Malik : « la guerre des banlieues n’aura pas lieu ».</title>
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		<pubDate>Thu, 22 Apr 2010 01:12:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Sonia</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Après quelques chapitres de lecture, j’ai mis le livre de côté, en me demandant &#8211; « Mais où veut-il bien m’emmener ? ». Je n’arrivais pas à cerner de réponse, à un titre que j’avais pris pour question. Une semaine plus tard, je reprends le livre et me laisse porter par cette musicalité qui se dégage sous [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[	<p><img class="aligncenter" title="Abd Al Malik : la guerre des banlieues n'aura pas lieu" src="http://xulux.free.fr/blog/imgs/Litterature/abdmalik-banlieue.jpg" alt="" width="510" height="169" /></p>
	<p><span class="lettrine">A</span>près quelques chapitres de lecture, j’ai mis le livre de côté, en me demandant &#8211; « Mais où veut-il bien m’emmener ? ». Je n’arrivais pas à cerner de réponse, à un titre que j’avais pris pour question.</p>
	<p>Une semaine plus tard, je reprends le livre et me laisse porter par cette musicalité qui se dégage sous sa plume.<strong> En poète humaniste</strong> <strong>Abd Al Malik laisse à nouveau couler son flow</strong> clairvoyant. Avec un univers éclectique ou se mêle philosophes, rappeurs, grands noms de la littérature et chanteurs, <strong>il nous livre un savant mélange de tradition et de modernité. Il veut défaire les clichés et déconstruire les préjugés </strong>par son message de citoyen engagé dans les problématiques de son temps et de son pays.</p>
	<p>« <a href="http://www.cherche-midi.com/theme/detail-La_guerre_des_banlieues_n_aura_pas_lieu-9782749115122.html" target="_blank"><em>La guerre des banlieues n’aura pas lieu</em></a> » <strong>est un conte populaire présentant un cheminement de vie et offrant un état des lieux sur la France d’aujourd’hui.</strong> Ne voyez pas dans le mot populaire son impopularité. Je l’ai choisi car le conte était souvent appelé conte populaire par les ethnologues et historiens en raison de l’aspect traditionnel et communautaire dominé par la création et la circulation des histoires. <strong>Abd Al Malik nous livre un message de paix. Laissons ce message circuler et se transmettre entre les hommes ! Que ce message re-devienne populaire :</strong></p>
	<p><span style="color: #be0000;"><em>« Ce sont les mêmes objectifs que l’on doit avoir en partage. Objectif commun et règle de vie commune : Liberté, égalité, fraternité. »</em></span></p>
	<p><strong>Comme un griot murmurant à l’oreille il pousse à la réflexion de ce message universel. </strong><strong>Comment faire ?</strong></p>
	<p><span style="color: #be0000;"><em>« comment faire pour que […] chacun de nous puisse être un, sans se défaire de sa différence singulière qui fait le multiple dans l’un et la beauté du lien ? ».</em></span></p>
	<p>En homme de paix et à travers son cheminement spirituel<sup> </sup>il veut conjurer la peur pour éclairer les âmes. <strong>Éclairer les âmes pour ceux qui ne voient l’Islam que par le prisme de l’extrémisme et de la violence. </strong>Il veut <strong>mettre en exergue cette stigmatisation de l’Islam,  cette peur de l’autre instrumentalisée par les leaders politiques.</strong> Il suffit de voir les nombreux débats : débat sur l’interdiction des minarets en France <a href="http://www.xulux.fr/societe/interdire-les-minarets-en-france" target="_blank">(Voir l’article Interdire les minarets en France par Emeric),</a> le débat sur l’identité nationale, le port de la burqa…</p>
	<p><span style="color: #be0000;"><em>« Et si l’humanisme est la nécessité du collectif et le respect de l’individu, alors l’Islam est un humanisme. Mais encore une fois, à chacun sa voie ! Ce sont les mêmes objectifs que l’on doit avoir en partage.[…] C’est la République qui donne le cadre dans lequel chacun pourra sainement trouver sa voie. C’est la république qui orchestre la concordance des différences. Etre universel, c’est s’appuyer sur des références peut-être différentes, mais avoir les mêmes idéaux. Il ne s’agit pas de trouver le remède miracle mais de trouver l’harmonie, entre nous, afin que nous puissions tous ensemble trouver des solutions ».</em></span></p>
	<p><strong>Il montre qu’en travaillant tous ensemble,  nous pourrons donner sa force à l&#8217;identité de notre pays en réunissant les différentes origines et énergies qui le composent.</strong></p>
	<h1>Abd Al Malik vs Dominique de Villepin</h1>
	<p><strong>Mercredi 14 avril 2010, Abd Al Malik est invité par France Inter</strong> pour la promotion de son livre et dans le cadre du débat : <em>l’avenir des banlieues françaises, oubliées de la République.</em></p>
	<p>Il pousse le débat plus loin et tous les messages du livre prennent sens. <strong>En répondant face à Dominique de Villepin</strong> et aux questions de <strong>Jean-François Achilli (chef du service politique de France Inter) et Françoise Fressoz (chef du service politique et société du journal Le Monde)</strong> il va nous guider dans son « I have a dream !». Un rêve fait de respect des lois du pays, de respect de tout être &#8211; homme et femme -, de respect de soi-même, d’écoute, de non-jugement, de dialogue, d’échange, de solidarité, de rassemblement…</p>
	<p>Je vous laisse visionner cet échange, et retrouvons-nous dans les commentaires pour poursuivre et animer le débat !</p>
	<p><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="480" height="360" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><br />
<param name="allowFullScreen" value="true" />
<param name="allowScriptAccess" value="always" />
<param name="src" value="http://www.dailymotion.com/swf/video/xcyb11" />
<param name="allowfullscreen" value="true" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="480" height="360" src="http://www.dailymotion.com/swf/video/xcyb11" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true"></embed></object></p>
	<p><sup><br />
</sup>
</p>
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		<title>Alice au pays des merveilles de Burton</title>
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		<pubDate>Sat, 10 Apr 2010 11:21:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Sonia</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Tim Burton s’attaque à son tour à l’univers d’Alice au pays des merveilles. Depuis la publication de ce conte de Lewis Carroll en 1865 et de sa suite De l’autre coté du miroir en 1871, cette œuvre a imprégné l’imaginaire de générations entières, enfants et adultes. Et d’adaptations en évolutions, elle a fait l’objet d’une [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[	<p><img class="aligncenter" title="alice au pays des merveilles" src="http://xulux.free.fr/blog/imgs/Cinema/alice/alice-bandeau.jpg" alt="alice au pays des merveilles" width="510" height="200" /></p>
	<p><strong><span class="lettrine">T</span>im Burton s’attaque à son tour</strong> à l’univers d’<a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=132663.html" target="_blank"><strong>Alice au pays des merveilles.</strong></a> Depuis la publication de ce conte de <em>Lewis Carroll</em> en 1865 et de sa suite <strong><span style="text-decoration: underline;">De l’autre coté du miroir</span></strong> en 1871, cette œuvre a imprégné l’imaginaire de générations entières, enfants et adultes. Et d’adaptations en évolutions, elle a fait l’objet d’une multitude d’interprétations, de la simple histoire féérique au récit psychanalytique. Carroll va poser dans son œuvre une série de questions propres à alimenter des heures de réflexion. <strong>La réalité est-elle réductible aux apparences ? Le langage ne brouille-t-il pas l’expression de la réalité ? Le temps qui s’écoule est-il le même pour tous ?</strong></p>
	<p><img class="aligncenter" title="alice au pays des merveilles" src="http://xulux.free.fr/blog/imgs/Cinema/alice/alice1.jpg" alt="alice au pays des merveilles" width="510" height="286" /></p>
	<p>Dans cette nouvelle œuvre cinématographique, Alice est désormais âgée de 19 ans. En tombant dans un trou, pour fuir la demande en mariage d’un lord, elle va retourner dans le monde fantastique qu’elle avait découvert quand elle était enfant.</p>
	<p><strong>Le lapin Blanc, la Chenille, le Chat du Cheshire et le Chapelier fou seront de l’aventure. </strong>Aller au cinéma, pour voir Burton nous offrir la suite de ce conte méritait bien une réservation d’urgence. Il pouvait encore, une fois de plus, nous offrir son monde merveilleux. <strong>Alice, un monde particulier, de logique, d’absurde et de poésie qui correspond à ses aspirations et univers.</strong></p>
	<p><strong>Mais……………… !!!!!! En sortant du cinéma, il y a un mais…</strong></p>
	<p><strong>La poésie est absente ! Où sont les devinettes, les mots si bizarres, l’absurde et l’obsession de Carroll pour la logique ? Où est la poésie gothico-romantique de Burton ?</strong></p>
	<p><img class="aligncenter" title="alice au pays des merveilles" src="http://xulux.free.fr/blog/imgs/Cinema/alice/alice4.jpg" alt="alice au pays des merveilles" width="510" height="285" /></p>
	<p>Merci à <a href="http://www.allocine.fr/personne/fichepersonne_gen_cpersonne=68069.html" target="_blank">Linda Woolverton</a> qui signe ici le scénario (elle avait déjà signé le scénario de La Belle et la Bête de Disney). Un scénario non approprié à la poésie de Burton. <strong>Qu’on lui coupe la tête !</strong></p>
	<p>En dépit de son utilisation habile de la trame des deux romans de Carroll (Alice au pays des merveilles et De l’autre coté du miroir), elle enfile consciencieusement toute l’histoire d’Alice avec un rythme au métronome. <strong>Ni les personnages, ni l’histoire n’ont vraiment la possibilité de se déployer. </strong>Pas d’accident, pas de retard, pas de surprise,  il faut que tout soit bouclé pour rentrer dans un format.<strong> Précipitation ? Timing commercial ?  Budget ? Tout simplement Disney… !?</strong></p>
	<p><img class="aligncenter" title="alice au pays des merveilles" src="http://xulux.free.fr/blog/imgs/Cinema/alice/alice3.jpg" alt="alice au pays des merveilles" width="510" height="286" /></p>
	<p>Burton crée pourtant un monde onirique, à l’esthétique presque parfaite. Il  essaye de transcender cette limite en exploitant la moindre des possibilités picturales que lui autorise ce scénario. Mais avec ce manque de poésie qui sous sa plume aurait été empreint au romantisme noir, le film nous laisse un goût amer.  <strong>Burton se trouve freiné et ne peut exploiter complètement ou comme on l’avait souhaité dans nos rêves les plus sombre la réalisation de ce film.</strong></p>
	<p>Il déploie pourtant tout un univers graphique, en <strong>jouant sans cesse de perspectives et d’effets de montage empruntés à l’école expressionniste.</strong> Il va se jouer du scénario pour nous offrir son <em>Wonderland</em>. <strong>Effets d’optiques, proportions et distorsions vont  prolonger la complexité psychologique des personnages.</strong></p>
	<p><img class="aligncenter" title="alice au pays des merveilles" src="http://xulux.free.fr/blog/imgs/Cinema/alice/alice5.jpg" alt="alice au pays des merveilles" width="510" height="286" /></p>
	<p>Bien que Alice penche côté Disney, Danny Elfman fidèle compositeur des films de Burton nous accompagne dans une atmosphère mélodique sombre et envoutante, nous rappelant l’univers si familier du cinéaste. Outre la B.O du film de Elfman, une B.O alternative regroupe 16 morceaux de divers artistes ayant accepté de créer des chansons en rapport avec l’œuvre de Lewis Carroll. <strong>La démarche artistique est intéressante, dommage qu’elle vienne rajouter une fois de plus une dimension purement commerciale.  Qu’on lui coupe la tête !</strong></p>
	<p>Malgré tout, avec un peu de recule on se dit que « ce n’est pas si mal que ça pour un Disney ».</p>
	<p><strong>Alors rêve ou réalité commerciale ?</strong></p>
	<p>Burton lui, dans son adaptation, se garde bien de nous donner une réponse.
</p>
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