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Rêve de grandes choses : cela te permettra d'en faire au moins de toutes petites.   {Jules Renard}

Lundi 27 juillet 2009{par Emeric}

Terry Rodgers – La luxure, l’émotionnalisme… assumés ?


Choc. C’est le mot qui me vient lorsque je tombe sur cet artiste, au détour d’une page internet. L’artiste est américain, peintre, et expose depuis plusieurs années sa maîtrise. Ses œuvres sont magnifiquement réalisées, d’une justesse incroyable, et le propos… dérangeant. Terry Rodgers dépeint (ou plutôt « peint ») des scènes saisissantes et dérangeantes d’orgies, de fêtes, pas vraiment assumées.

La première chose que l’ont remarque sont les regards : tous fuyant. C’est comme si le spectateur arrivait « après la fête », avec un regard accusateur, et que les fêtards n’assumaient pas leurs actes. Cette débauche d’alcool, de drogues, de luxure dans des endroits clos fait froid dans le dos. On a une impression bizarre en regardant ces toiles, comme si l’exhibitionnisme avait des limites. Les personnes semblent gênées de se montrer. Elles semblent regretter leurs actes, et réfléchir parfois à la futilité de ce qu’elles viennent de vivre.
Ces fêtes semblent connues de tous, tant certains médias nous en parlent. Et pourtant c’est comme si on découvrait « l’envers du décors », la partie que les « stars » n’arrivent pas à assumer. Mais tout le monde aujourd’hui veut être une « star ». Ça en devient presque banal d’ailleurs… et tellement faux, sur-joué.

C’est sûrement cette étonnante banalité, cette « fausseté » que l’artiste met en scène. D’ailleurs les titres des œuvres (« Alternative fictions », « Imaging life », « the artificial boundaries of illusion », « the apothéosis of pleasure »…) sont évidemment sarcastiques. Réussite totale en tout cas !



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2 réponses


  1. Bonjour Emeric! Les peintures de Terry Rodgers, dérangeantes, vraiment? En fait d’orgies, je vois des top model, parfois anorexiques, évadés d’un énième book de mode, qui s’ennuient à mourir parce que la partouze (qui n’a jamais eu lieu) tarde vraiment à commencer…Dans cette série franchement indigeste, on fait semblant de tout (se droguer, boire et coucher), et rien n’est assumé, ce que vous écrivez d’ailleurs. Mais ce qui me gêne le plus, c’est l’indigence de la peinture elle-même, derrière strass et paillettes.   
    Sans remettre en cause son étonnante virtuosité, on peut franchement douter de la capacité du peintre à appréhender ses compositions dans leur ensemble. Ces figures se côtoient en effet artificiellement, sans lien véritablement cohérent – tous fuyant comme vous dites – et  flottent dans une autonomie douteuse. Impression pénible que confirme d’ailleurs la méthode d’investigation de Rodgers: des séances préalables de pose de modèles individuels, photographiés avec les accessoires et tenues supposés d’une orgie, puis une juxtaposition dans un remplissage au fond très arbitraire de l’espace pictural.

    Une peinture chic sans aucun doute, mais choc, j’en doute! Cordialement, François.
     

  2. Regards fuyants ? J’en doute. Décalés, oui. Une peinture est assez caractéristique du jeu des regards : The dimension of ambiguity (ce titre pourrait résumer d’ailleurs une grande partie de l’oeuvre de Rodgers). Le regard du garçon au 2e plan ne fuit pas, mais est fixé sur une femme qui discute avec un autre homme, tandis qu’une autre femme devant lui essaie de capter son attention.
    On peut bâtir des scénarios sur ces amorces ou pauses de parties fines, mais si l’alcool – ou autres produits – peut rendre certains regards flous, il est difficile d’y voir le signe d’une culpabilité. Parfois d’ailleurs les regards sont dirigés vers un point hors de la toile ou masqué  (voir fragrance of immortality et surtout illuminated by night).
    Le décor est souvent kitchissime (cf rapture). Le cadrage surprenant, avec des personnages coupés (jusqu’à les décapiter : voir Morea).
    L’ambiguïté est bien la dominante de son oeuvre, ce qui explique que chacun peut y mettre ses propres préjugés…

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