Arts médiatiques

Hey Jude | Trafalgar square

Le 30 Avril dernier, au cœur de Londres à Trafalgar square, un événement hors du commun s’est produit. 13 500 personnes (réunies grâce à Twitter, Facebook et Youtube) ont de manière spontanée (mais orchestrée auparavant… par Saatchi&Saatchi) chanté à l’unisson Hey Jude, l’un des mythiques titres de Beattles. T-mobile avait déjà orchestré il y a quelques semaines un autre buzz à Liverpool Street Station. Pour ma part, je trouve très beau ce moment entre humains qui n’ont pas l’air de tricher même si tout ça est prévu en amont par nos cher amis du marketing et de la publicité… On sent bien qu’un besoin de communauté, de rassemblement et d’échange dans nos sociétés est au travail derrière une telle scène, qui renvoie d’ailleurs aux rassemblements des concerts. Mais voilà, quelle est l’intention originelle de cet événement ? Vendre. Promouvoir. Faire du buzz autour de la marque.

T-mobile signe que la vie se partage (life’s for sharing)… et qu’ils sont là pour permettre cet échange grâce à leur technologie et leur service. Alors soit, les avancées technologiques, le progrès, la communication à distance sont réellement de belles avancés pour l’Homme, mais là messieurs, ce que vous montrez, ce avec quoi vous voulez nous charmer ne se fait pas par l’intermédiaire d’un moyen technologique comme msn, un téléphone ou facebook… mais bien dans l’échange actuel (à l’opposé du virtuel, qui lui est défini par la scolastique du moyen âge comme un être ou une chose n’ayant pas d’existence actuelle, c’est-à-dire dans les faits tangibles, mais seulement un état potentiel susceptible d’actualisation) entre individus. Une intention toute moderne, déguisé derrière un émotionnalisme de rigueur en régime de buzz mais qui dit des choses sur le retour des affects et sur la place de l’autre dans cette époque déshumanisée.

À propos de l'auteur

Vincent

Curieux, posé et réflechi Vincent est attaché au travail bien fait. Il suit avec une grande curiosité les évolutions du monde dans tous les grands domaines : écologie, économie, politique, arts, littératures, société, éthique, justice, enseignement, santé, transport, communication.

Il considère qu'un designer doit être ouvert, passionnément curieux du monde dans lequel il vit et engagé pour alimenter sa créativité, être pertinent et éthique. Les enjeux sont grands pour les générations futures et tout le monde a un rôle à jouer et une responsabilité.

Co-créateur de l’atelier de design nun, il s'attache a travailler sur des projets dont la forme est au service du fond, qui sont porteurs de sens et dans les domaines des sciences, du luxe, de la pédagogie, de la culture et des arts.

Enseignant et directeur d'e-artsup Strasbourg, une école de création numérique, la transmission de savoir-faire et de savoir-être aux jeunes générations est centrale à ses yeux.

Commentaires

  • Très touchant :°) Cependant, le coté complètement "programmé" annule par définition la spontanéité et je trouve que d’un point de vue humain, là est toute la différence :s Ces gens ne seraient certainement jamais venu ici si on ne leur avait pas dit de le faire. Le fait d’être filmé a du aussi accroître cet engouement. Je n’ai rien contre les grands rassemblements populaire, surtout quand il s’agît de musique mais la publicité ne refera jamais Woodstock :p Bref, je trouve que la pub utilise bien trop souvent ce besoin d’appartenance à une communauté simplement pour faire du profit. Poudre au yeux, encore une fois 🙂

  • waou… tu est un peu dur.

    C’est vrai que l’on peut arguer que la publicité n’a que des travers, mais elle peut aussi, parfois, avoir d’autres idées en tête. En témoigne les campagne "gratuite", d’image. On ne vends pas de produit, on vend une marque, une philosophie (parfois), un désir d’appartenance.
    Si la publicité permet à des personnes de se rassembler, n’est-ce pas une bonne chose ?
    Autrement dit, est-ce que le moyen importe, lorsque le but est atteint ?

  • J’en avais entendu parler sur le net, mais je croyais que c’était justement spontané. Je l’imaginais comme un événement lancé par une bande de potes qui ont commencé à chanté puis prit à parti quelques passants, jusqu’à obtenir ce nombre de participants.Et en fait non, c’est une magouille "pub". Dommage.

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