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Free hugs : en vaut-il la peine ?

Écrit par Marielle

Peut-être avez-vous déjà entendu parler des free hugs, « étreinte gratuite » littéralement en français, qui consiste à proposer spontanément des accolades aux gens dans un lieu public.
Reconnaissable à des kilomètres à la ronde grâce à leurs pancartes où est écrit en gros « free hugs ». Cela ressemble d’ailleurs étrangement aux chauffeurs de taxi qui attendent leurs clients dans les aéroports ou les gares. Rien à voir me direz vous … peut-être. Seulement vous remarquerez que, et peu importe la raison, il y a attente.

Mais justement qu’attendent ces personnes qui dans un lieu public proposent à de parfaits inconnus de venir se poser dans leur bras l’espace de quelques secondes. Besoin d’humanité ? De casser la morosité de la société où l’individu est devenu impersonnel ?

C’est Juan Mann (pseudo) qui a lancé le mouvement en 2004, car il avait ressenti le besoin de rentrer en contact avec des personnes, dans une ville qui lui était parfaitement étrangère et dans laquelle il ne supportait plus la solitude. Free hugs, le remède  ? Je ne pense pas.

Juan Mann

Parce ce que si le mouvement a le mérite d’avoir ouvert une fenêtre sur les malaises de la société que sont l’indifférence et l‘égocentrisme, il est parti aussi vite qu’il est arrivé. Il est beau et juste de vouloir rassembler des personnes en un même lieu avec l’intention de partager un moment de « bonté désintéressée », mais qu’en reste-t-il ? Car désintéressés beaucoup le sont devenus. Plus personne n’en parle, sauf un blog où quelques personnes persistent à vouloir faire exister un mouvement qui finalement n’a pas pu et ne pouvait perdurer. Pas parce que la démarche n’était pas intéressante, mais parce qu’elle n’a pas fait réellement bouger les gens intérieurement. Elle a fait rêver des milliers de personnes qui pensaient pouvoir sortir de leurs tristes habitudes mais ça n’a été qu’une étoile filante. Car ce n’est pas en sortant un après midi dans les rues que notre monde, extérieur ou intérieur, entre en mouvement mais c’est dans la difficulté de tous les jours, où chaque petits gestes que l’on pose pour se rapprocher de l’autre nous demande des efforts mais nous empli de joie un jour, une semaines ou des mois après. L’immédiateté et la superficialité du concept à montré ses limites. Après l’excitation de l’innovation est arrivé l’oublie de la répétition. J’ai vu des sites qui essayaient de faire des free hugs mensuels. La plupart des autres n’ont plus d’activité depuis 2006. Même le site officiel semble avoir été laissé dans la rue, point de départ du projet.

Alors notre société est-elle en crise de lien entre les hommes ? Ces câlins gratuits ont-ils réellement bouleversés les gens et les choses ? Juan Mann se sent-il aujourd’hui moins seul ? Avant d’aller voir les milliers de personnes marchant dans la rue pour subtiliser un semblant d’affection, ne devrions nous pas déjà mettre un pied sur le seuil de notre voisin ?

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Marielle

Commentaires

  • A quand un retour aux "valeurs sûres" ? A l’heure où la conjoncture économique a tendance elle même à déprécier le lien humain et à le vendre comme un marchandise bon marché (free hugs, site de rencontre louche…). Tout le monde parle d’un retour aux sources, au moment ou les désirs humains font désordres (une perte de repère, de reconnaissance d’autrui). Ou le sentiment se négocie au plus offrant comme une tranche de jambon (site de rencontre). Tant d’hésitation. Quand la réponse peut se trouver chez notre voisin.

  • On peut encore en croiser lors d’événements tels que la Japan Expo.
    La question que je soulève en assumant est : "pourquoi les filles proposant des free hugs ne sont que trop rarement jolies ? ^^"

  • je crois que je vais retourner la question… tout en assumant je dirais juste les choses d’une autre façon, il y en avait aucun à mon goût… 

  • Dans ce cas je dirai en assumant aussi, est-ce que ce genre de manifestation, désir d’émotion – manque d’affection – recherche d’un émotionalisme soudain, serait souvent pratiqué par des gens "pas forcement beau graphiquement" ?haa..  le commentaire de 3h30 du mat…

  • En même temps c’est normal je trouve :Dans une société ou tout le monde doit être "beau graphiquement" et parfait/performant en tout point, je trouve cela logique que certaines personnes veuillent parler d’autre chose.Je pense qu’à l’origine ce mouvement était là pour éveiller les consciences, mais que cela a vite dérapé pour devenir un émotionnalisme tragique…Maintenant il n’y a peut être que le pendant émotinnaliste qui s’exprime, à savoir des personnes qui se sentent un peu en dehors de la société qui veulent s’en rapprocher un peu, ou bien un délire commercial (comme des free hugs en boîte de nuit par exemple).

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