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Samedi 17 juillet 2010{ par Sonia }
L ors du sommet de Copenhague en décembre 2009, les représentants internationaux se sont engagés à tout mettre en œuvre pour limiter le réchauffement climatique à 2°C. Le texte ne comporte aucun engagement chiffré de réduction des émissions de gaz à effet de serre, se contentant de prôner la « coopération » pour atteindre un pic des émissions « aussi tôt que possible ».  Un document non contraignant bien en deçà des volontés affichées, un accord sans ambition… et sans contraintes.
Jeudi, Google a intĂ©grĂ© dans Google Earth des options qui prĂ©sente un tour d’horizon des dĂ©gradations environnementales ainsi que d’autres fonctions d’informations d’ordres Ă©cologique et citoyen. Cette carte interactive, illustrĂ©e par de nombreuses vidĂ©os, montre les effets d’une augmentation des tempĂ©ratures de 4°C sur tout le globe. L’hypothèse pessimiste de +4°C permet de donner des exemples frappants, comme l’inondation des Pays-Bas et du Sud-Est de l’Angleterre.
Très pĂ©dagogique, l’outil de Google permet de visualiser les divers impacts du rĂ©chauffement : feux de forĂŞts, sĂ©cheresses, hausse du niveau des mers, cyclones,… Chaque risque est expliquĂ© par un expert du Met Office (le service mĂ©tĂ©orologique britannique) ou par un scientifique ayant collaborĂ© Ă la modĂ©lisation des impacts du rĂ©chauffement. Google a Ă©galement Ă©laborĂ© des partenariats avec le programme environnemental des Nations-Unies , la chaĂ®ne de tĂ©lĂ©vision Discovery Network, le Service des Parcs Nationaux amĂ©ricain et le Jane Goodall Institute , afin de promouvoir le partage des connaissances gĂ©ographiques disponibles.
Voici quelques exemples de contenus disponibles/ou bientĂ´t disponibles :
Le programme environnemental des Nations-Unies , se compose de plus de 100 prĂ©sentations de zones oĂą la dĂ©gradation de l’environnement est extrĂŞme, allant de la dĂ©forestation de l’Amazonie aux consĂ©quences de feux de forĂŞts particulièrement intenses dans l’afrique sub-saharienne pour finir sur l’Ă©vaporation de la mer d’Aral en Asie Centrale.
La tournée mondiale de Discovery Networks : les présentations de la chaîne donneront la possibilité de visiter virtuellement (au sens propre et figuré) presque toutes les attractions mondiales majeures, humaines ou naturelles.
Il y aura en plus des vidĂ©os en streaming, prĂ©sentant des endroits aussi beaux et impressionnants que la tombe du roi Tut dans la VallĂ©e des Rois en Egypte ou encore prĂ©sentant l’histoire du portail du sanctuaire de Itsukushima, au Japon.
L’institut Jane Goodall proposera quant Ă lui de rĂ©server une visite avec Fifi et d’autres chimpanzĂ©s du site naturel protĂ©gĂ© de Gombe et d’en savoir plus sur l’ecosystème des chimpanzĂ©s, ainsi que de suivre leur dĂ©veloppement jour après jour.
…
Combien de simulation les scientifiques devront-ils faire pour qu’il y ait prise de conscience ? Encore combien de temps avant de parler de contrainte ? Pour faire court, combien de temps pour se sortir les doigts du… ?
La préservation de l’environnement est synonyme de sacrifice. Par conséquence cette préservation doit passer par l’éveil d’une conscience écologique soucieuse du respect de la nature, un enjeu planétaire à solidarité obligatoire dans la façon de penser et de se comporter.
–> + d’info : Foreign & Commonwealth Office
Mardi 22 juin 2010{ par Arthur }
L a Déterritorialisation est un concept phare de la philosophie deleuzienne qui illustre à merveille le processus créatif pop. Deleuze et Guattari utilisaient la métaphore zoologique pour en souligner la logique :
“Chez les animaux nous savons l’importance de ces activitĂ©s qui consistent Ă former des territoires, Ă les abandonner ou Ă en sortir, et mĂŞme Ă refaire territoire sur quelque chose d’une autre nature (l’éthologue dit que le partenaire ou l’ami d’un animal « vaut un chez soi », ou que la famille est un « territoire mobile »).” Gilles Deleuze, FĂ©lix Guattari : « Qu’est ce que la philosophie ? »
Mais avant d’en approfondir le fonctionnement, étudions d’abord sa genèse.
Le surréalisme constitue un bon point de départ avec ses agencements improbables, ses scènes oniriques, et ses jeux symboliques. A partir de ce moment l’art ne chercha plus à représenter exactement la nature, ou même la mythologie, mais à peindre de nouveaux mondes, les mondes intérieurs. Dali, acteur fétiche de ce mouvement, peignit selon le processus de déterritorialisation qu’il justifia de la façon suivante :
«Quand, dans l’histoire de la culture humaine, un peuple Ă©prouve la nĂ©cessitĂ© de dĂ©truire les liens intellectuels qui l’unissaient aux systèmes logiques du passĂ© afin de crĂ©er pour son propre usage une mythologie originale, mythologie qui, correspondant parfaitement Ă l’essence et Ă la pression totale de sa rĂ©alitĂ© biologique, est reconnue par les esprits d’Ă©lite des autres peuples, alors l’opinion publique de la sociĂ©tĂ© pragmatique exige par Ă©gard pour elle que soient exposĂ©s les motifs de la rupture avec les formules traditionnelles Ă©culĂ©es ». Salvador Dali, « DĂ©claration de l’imagination et des droits de l’homme Ă sa propre folie »
Dali, Rêve causé par le vol d’une abeille autour d’une pomme-grenade une seconde avant l’éveil, 1931
Dali, déjà , définissait en partie ce concept en évoquant la rupture avec la logique du passé. La cohérence d’un contexte étaient des notions essentielles dans l’art, son non respect valut par exemple à certains de recevoir des condamnations strictes de l’église, comme Véronèse, peintre du 16ème siècle, qui osa introduire des éléments profanes dans une Cène. Mais le 20ème siècle fit table rase de cette obligation et s’amusa à piocher les symboles de son art à la fois dans la culture populaire et classique, comme le fait l’inconscient avec le rêve, alors que la psychanalyse prenait son essor et dévoilait l’existence de l’inconscient. Ce dernier devint le modèle de cette culture, véritable usine à produire de nouveaux mondes et de nouvelles narrations modulables à l’infini. Le capitalisme, en se développant, rompit la cohérence que l’homme introduisit dans la nature avec les “grands récits” religieux et politiques. De cette façon, il devint soudain aisé de désarticuler ce qui à l’époque s’encastrait dans un grand tout inattaquable car fortifié. Mais la déconstruction agit comme un virus sur ces citadelles qui se démembrèrent progressivement et perdirent de leur nature sacrée. Les signes se libéraient enfin de leur enclos.
Car déterritorialiser un symbole c’est l’arracher de son milieu d’origine pour le reterritorialiser dans un environnement différent, et le faire ainsi cohabiter avec d’autres qui, réellement, ne possèdent pas de liens spatiaux ni temporels entre eux. Exposer un urinoir dans un musée c’est l’arracher de son contexte (les toilettes) pour le replacer dans un autre afin de créer une œuvre originale et un symbole nouveau.
La déterritorialisation trouve ainsi son expression musicale dans le sampling, procédé consistant à extraire un son de sa partition d’origine pour l’incorporer dans une nouvelle. Par exemple le titre de Dr Dre sample l’intro de “The edge” (1967) de David Axelrod qui figure sur l’album de David McCallum.
Le collage en illustre également à merveille le procédé, favorisée d’autant plus avec des outils comme Photoshop qui permettent de sélectionner facilement n’importe quel élément d’une photo pour le replacer sur un autre calque (un nouveau territoire). Erró et Warhol incarnent à merveille l’artiste pop.
ErrĂł, Rock and Role, 1996
Selon cette logique le peintre se transformera lentement en graphiste, comme le dj tendra à remplacer le musicien, sous l’influence d’une technique favorisant toujours plus la déterritorialisation. L’artiste évoluera donc en sémiologue à la recherche de la bonne association, du bon agencement. De là à le considérer comme un pirate du symbolique, il n’y a qu’un pas à faire…
Vendredi 11 juin 2010{ par Sonia }
B onjour et bienvenue en Afrique du Sud pour la Coupe du Monde 2010 de football ! Un endroit remarquable, un endroit fait de contrastes d’extrêmes inégalités, un endroit où la Coupe du monde privatise les profits en faisant peser les coûts sur la société. L a FIFA, quel que soit le coût social, veut faire en sorte que le spectacle et les bénéfices soient une réussite. Le capitalisme n’atténue pas l’héritage douloureux de l’apartheid : racisme, pauvreté et inégalités.
On camoufle tous les conflits Ă grand coup de panneau publicitaire pour prĂ©senter aux yeux du monde l’image d’une nation unie et pour renforcer le prestige et la crĂ©dibilitĂ© de ses leaders politiques. L’organisation de la Coupe du monde n’a pourtant que très peu amĂ©liorĂ© le niveau de vie de la plupart des citoyens et particulièrement des plus pauvres. Incapables de pouvoir se payer un billet pour le Mondial, ils vont ĂŞtre rĂ©duits Ă suivre la compĂ©tition parquĂ©s dans des « fans parks » approuvĂ©s par la FIFA et Ă©troitement surveillĂ©s par la police. Il y a aussi les expulsions de milliers de gens qui ont Ă©tĂ© chassĂ©s de leurs foyers vers des bidonvilles, pour faire place aux nouveaux stades et ainsi Ă©pargner aux touristes le triste spectacle de la rĂ©alitĂ©.
Photographies réalisées par Pamela Beukes, secrétaire de la Campagne antiexpulsions de l’ouest du Cap
En dĂ©clarant que la Coupe du Monde Ă©tait un « Ă©vĂ©nement protĂ©gĂ© « , le gouvernement, en accord avec les demandes de la FIFA, a adoptĂ© des lois qui « Ă©noncent les lieux oĂą les gens peuvent rouler en voiture et se garer, oĂą ils peuvent vendre ou ne pas vendre, et oĂą ils peuvent promener leurs chiens . » Expulsions, RĂ©pressions, surveillances… rappellent aux gens le temps de l’Apartheid.
» Toute ma vie je me suis consacrĂ© Ă la lutte pour le peuple africain. J’ai combattu contre la domination blanche, et j’ai combattu contre la domination noire. J’ai chĂ©ri l’idĂ©al d’une sociĂ©tĂ© libre et dĂ©mocratique dans laquelle toutes les personnes vivraient ensemble en harmonie et avec les mĂŞmes opportunitĂ©s. C’est un idĂ©al pour lequel j’espère vivre et que je veux accomplir. Mais si besoin est, c’est un idĂ©al pour lequel je suis prĂŞt Ă mourir. » (1962, Nelson Mandela).
On pouvait pourtant se laisser rĂŞver Ă un « Invictus » , une recherche de symbole et de solution susceptible d’unifier une nation. Pour ceux qui ont eu le plaisir de le voir, le film « Invictus » de Clint Eastwood raconte comment Nelson Mandela se sert du sport pour tenter d’unifier son pays lors de la Coupe du Monde de Rugby en Afrique du Sud en 1995. Nelson Mandela, alors fraĂ®chement Ă©lu Ă la prĂ©sidence de la rĂ©publique après avoir Ă©tĂ© incarcĂ©rĂ© 27 ans, veut Ă©viter la guerre civile dans un pays post-apartheid demeurant profondĂ©ment divisĂ©. Conscient des inĂ©galitĂ©s Ă©conomiques et des fĂŞlures raciales, il va essayer d’unifier son pays avec l’aide du capitaine des Springboks.
Tâche difficile quand on sait que le rugby était presque exclusivement pratiqué par des blancs et que le maillot de l’équipe nationale, représentait jusque-là l’incarnation du régime de l’apartheid.
« Je suis le maĂ®tre de mon destin, le capitaine de mon âme » Extrait de « Invictus », poème de l’Ă©crivain William Ernest Henley de 1875.
Clint Eastwood dès le premier plan installe les fissures ethniques du pays. Il montre un contraste d’inĂ©galitĂ© entre les enfants noirs des bidonvilles et les Afrikaners dans leurs beaux uniformes. Dans un dĂ©sĂ©quilibre qui appelle Ă la haine, il bâtit son histoire, ses personnages puis joue avec les clichĂ©s pour mieux les dĂ©tourner. Le mĂ©rite en revient au jeu d’acteur : un très grand Morgan Freeman ! (Comme toujours sous la direction de Clint Eastwood) qui est d’ailleurs Ă l’origine du projet. Une mise en scène, fluide, efficace avec une trajectoire profondĂ©ment humaniste.
Même s’il impose deux fois plutôt qu’une ses qualités, le film ne restera pas dans les annales. En effet, les aspects moins reluisants de l’évènement sont soigneusement mis de côté. Les scènes finales concernant le match Afrique du Sud/Nouvelle-Zélande reposent sur certains effets un peu maladroits. Les ralentis utilisés excessivement pour l’image, et surtout le ralenti du son, transforme le souffle des sportifs en brouhaha d’animaux sauvages.
Aujourd’hui, le coup d’envoi du mondial 2010 sera donnĂ©. Alors, pourquoi ne pas se laisser prendre au jeu et rĂŞver Ă un « Invictus ». Le PrĂ©sident, Jacob Zuma Ă dĂ©clarĂ© : « La coupe du monde est en train d’unir le pays comme jamais avant « .
Alors il y a peut être un espoir, l’espoir mondial !
Comme le 12 juillet 1998, ou la coupe du monde devenait l’image d’une France multiethnique et victorieuse. Ou le drapeau français Ă©tait fier de se dire « black/blanc/beur « . On assistait Ă un grand dĂ©ferlement de bons sentiments, une avalanche d’optimisme qui ont changĂ© le climat moral du pays. MĂŞme si l’euphorie allait vite retomber, nous rappeler ces valeurs fait du bien.
Tous les quatre ans, un pays est prĂŞt Ă dĂ©penser des milliards pour organiser la Coupe du Monde. L’Afrique du Sud a dĂ» dĂ©penser 3 milliards d’euros pour ce mondial. Alors que l’on nous parle de dĂ©ficit, de crise, de rĂ©duire les dĂ©penses de santĂ©, d’éducation, on se prĂ©pare dĂ©jĂ en France pour l’Euro 2016. Pourquoi ne pas les dĂ©penser pour rĂ©gler les problèmes Ă©conomiques, sociaux et amĂ©liorer l’éducation dans le pays ? Malheureusement nous vivons dans un monde marchand, alors pourquoi dĂ©penser de l’argent pour rĂ©gler les problèmes d’un pays puisque cela n’engendre aucun bĂ©nĂ©fice…
Mais soyons optimiste, Alors 1 et 2 et 3… zéro !
Un article et des photos réalisées par Pamela Beukes, secrétaire de la Campagne antiexpulsions de l’ouest du Cap.
–> http://www.courrierinternational.com/article/2010/05/06/a-l-ombre-des-stades-fleurit-la-misere
Mardi 1 juin 2010{ par Sonia }
Louise Bourgeois - spider, 1997
A u MK2 Beaubourg et au Reflet MĂ©dicis est projetĂ© un beau documentaire film-portrait sur Louise Bourgeois, Louise Bourgeois : l’araignĂ©e, la maĂ®tresse, la mandarine , de la critique d’art amĂ©ricaine Amei Wallach et de la rĂ©alisatrice Marion Cajori.
D’apparence modeste le documentaire est centrĂ© sur cette femme de poigne, filmĂ©e dans l’intimitĂ© silencieuse de son atelier. MĂŞlant films d’archives et interviews dans un dĂ©cor chaleureux Ă son domicile et Ă la fois angoissant par ses crĂ©ations dans son atelier. Louise Bourgeois magnĂ©tise la camĂ©ra par l’intensitĂ© de son franc parler et se livre avec franchise, sans jamais trop en dire. Un juste milieu qui permet de cerner et de dessiner un parcours, celui d’une enfant nĂ©e Ă la veille de la première Guerre Mondiale et dĂ©chirĂ©e Ă jamais par un père revenu transformĂ© du front. Père qui prendra sa gouvernante installĂ©e Ă domicile pour maĂ®tresse.
Louise Bourgeois - Red Room (parents), 1994
NĂ©e en France en 1911 et arrivĂ©e Ă New York en 1938, oĂą elle a suivi son mari, l’historien de l’art amĂ©ricain Robert Goldwater, elle frĂ©quentera les surrĂ©alistes en exil. Traversant le SurrĂ©alisme, l’Expressionnisme abstrait, le Minimalisme. Sa reconnaissance sera tardive, Ă l’âge de 60 ans, bien qu’aujourd’hui elle soit devenue l’une des artistes majeures de la seconde moitiĂ© du 20e siècle et du dĂ©but du 21e siècle avec comme figure emblĂ©matique l’araignĂ©e. Les araignĂ©es gĂ©antes, ces sculptures mĂ©talliques noires monumentales, qu’elle rĂ©alise depuis le dĂ©but des annĂ©es 1990 que l’on peut retrouver aux quatre coins du monde, de Tokyo Ă Londres en passant par Paris, Bilbao, New-York…
Louise Bourgeois - Maman, 1999, aux Tuileries
Le langage personnel et autobiographique de Louise Bourgeois rejoint les pratiques les plus contemporaines, et exerce son influence sur de nombreux artistes. Son acte crĂ©ateur est très proche de la psychanalyse, comme le montrent ses travaux qui renvoient en gĂ©nĂ©ral Ă la famille, aux relations mère-enfant, père-enfant, et a des scènes Ă forte charge Ă©rotique. Avec ses araignĂ©es gĂ©antes, l’Ĺ“uvre d’art a son rĂ´le premier de rejouer les peurs (enfantines et inconscientes) pour les exorciser et transformer l’angoisse en plaisir. Elle associe aussi son propre travail Ă une toile d’émotions et de souvenirs qu’elle tisse et dĂ©tisse et retisse. Ou comme elle le dira dans le titre d’une de ses Ĺ“uvres de 1999-2000 : I do, I undo, I redo, Je fais, je dĂ©fais, je refais . Qui sera la trame narrative et le dĂ©coupage du film. I do, I undo, I redo, parcours chronologique pour dĂ©couvrir des Ĺ“uvres majeures de l’artiste.
Louise Bourgeois - I do, I undo, I redo, 1999-2000
Le procédé essentiel à son travail, est l’enchaînement, l’articulation de différents éléments entre eux se nouant, comme les parties d’une longue phrase visuelle, pour produire un sens nouveau et inattendu. L’assemblage, l’assemblage d’éléments hétéroclites et hétérogènes. Comme le disait Freud en parlant de l’inconscient, « il excelle à rassembler pêle-mêle des éléments hétéroclites ». Non comme les surréalistes, ce procédé ne vise pas à l’étonnement, ou la surprise du spectateur, il est au service de l’inconscient de l’artiste qui met en forme ses peurs et ses affects les plus anciens et les plus refoulés. Comme c’est écrit dans la partie supérieure de Precious liquids et je pense que Freud ne l’aurait pas contredit : « l’art est une garantie de santé mentale ».
Louise Bourgeois - Precious Liquids, 1992
Mardi 25 mai 2010{ par Emeric }
A moins que vous ne viviez dans une cave au fin fond du Groenland entourĂ© par des ours qui vous empĂŞchent de sortir, vous avez sĂ»rement entendu parler de l’iPad . Cet outil est censĂ© « rĂ©volutionner le monde » (rien que ça…). Voyons si l’on peut se rapprocher un tant soit peu du discours commercial d’Apple.
Avant mĂŞme son lancement aux Etats-Unis, un grand journal amĂ©ricain titrait : « la tablette la plus attendue depuis 2 000 ans ! », mettant Steve Jobs en qualitĂ© de Messie. Bien que lĂ©gèrement exagĂ©rĂ©e, cette formule se rĂ©vèle pourtant  assez juste. Il n’y a qu’Ă voir les chiffres : 300 000 iPad vendus dès le premier jour , 1 Million en une seule semaine, et une sortie mondiale dĂ©calĂ©e pour permettre Ă Apple de mieux se prĂ©parer Ă sa sortie internationale (vraiment ?). Mais l’iPad finalement, qu’est-ce que c’est ?
Et bien l’iPad est le dernier gadget (qui sort en France ce vendredi 28 Mai) que la firme de Cupertino veut nous faire acheter. Après les iPod puis la rĂ©volution de l’iPhone , voici le prochain produit « Ă la mode » : l’iPad. Cette tablette tactile bĂ©nĂ©ficie du mĂŞme système d’exploitation fermĂ© que l’iPhone ou l’iPod touch, permettant de jouer, travailler, lire ses mails, surfer sur internet… L’avantage du système mis en place par Apple c’est que « pour chaque chose il y a une application ». Certaines sont gratuites et d’autres sont payantes, mais acheter plein de petites applications Ă 0,99€ revient tout de mĂŞme vite cher, de mĂŞme que remplir les 8/16/32 ou 64Go de mĂ©moire avec de la musique, ou rĂ©cemment des films .
CombinĂ© de toutes les technologies d’Apple, cet appareil rĂ©pond en creux Ă un objectif : sauver la presse Ă©crite .
En effet, cet appareil a Ă©tĂ© dĂ©veloppĂ© en secret (comme d’habitude chez apple) et prĂ©sentĂ© en avant première aux grands quotidiens amĂ©ricains. Ceux-ci se sont empressĂ©s de trouver un modèle Ă©conomique et de refondre leurs portails web respectifs pour se prĂ©parer Ă l’arrivĂ©e de l’iPad. On devrait Ă©galement voir une quantitĂ© d’abonnements « payants » aux quotidiens français, permettant d’exploiter tout le potentiel de l’iPad. Car on le sait tous, la presse Ă©crite est en crise, et c’est (en partie) Ă cause du grand mĂ©chant internet. L’iPad est donc vu comme le messie de la presse en ligne, permettant de consulter des articles enrichis n’importe oĂą (et pas que depuis son canapĂ©).
C onvoquons ici Jean Baudrillard , sociologue et philosophe décédé récemment, et son ouvrage majeur, La société de consommation (qui date de 1970, je le rappelle).
Il cherche au dĂ©but Ă dĂ©finir ce qu’est le gadget, quels sont ses caractĂ©ristiques, comment le reconnaĂ®tre… est-il partout ? ou bien n’est-il nulle part ?
La phrase qui m’a fait Ă©crire cet article est celle-ci :
« … l’objet technique lui-mĂŞme redevient gadget, lorsque la technique est rendue Ă une pratique mentale de type magique ou Ă une pratique sociale du monde. »
C’est exactement le positionnement d’Apple pour cette tablette. Dans la vidĂ©o de prĂ©sentation de cette tablette , on y entend « you know it’s true, when something exceeds your ability to understand how it works , it sort of becomes magical. And that’s exactly what the iPad is. », traduit dans la vidĂ©o par « quand un phĂ©nomène dĂ©passe Ă ce point notre entendement, il en devient magique ». Au diable donc les caractĂ©ristique technique, ou (presque) l’esthĂ©tique Ă©purĂ©e de l’iPad, ce qu’on nous vends ici c’est une manière de faire des choses, d’utiliser des produits . Bref, une manière de vivre . Comme d’habitude chez Apple.
« La machine fut l’emblème de la sociĂ©tĂ© industrielle. Le gadget est l’emblème de la sociĂ©tĂ© post-industrielle. »
Et le pire c’est qua ça fonctionne ! Tout le monde va vouloir son iPad. Pour faire quoi ? la mĂŞme chose qu’avec son iPhone ou son iPod touch (et accessoirement pratiquement n’importe quel smartphone), simplement Ă une rĂ©solution supĂ©rieure. En bref, Apple nous propose une fois de plus une machine sois-disant « rĂ©volutionnaire », mais qui en fait rĂ©utilise les mĂŞmes recettes pour nous vendre le mĂŞme produit. Le monde attendait l’ordinateur Ă Ă©cran tactile d’Apple, il n’y a eut que le grand iPhone . Outre le prix assez exorbitant pour un gadget de ce type, la pleine utilisation de l’iPad nĂ©cessite la souscription d’un forfait (que les opĂ©rateurs français n’ont visiblement pas envie de mettre en avant, tant l’iPhone et consĹ“urs saturent dĂ©jĂ leurs rĂ©seaux 3G) payant, le tĂ©lĂ©chargement d’applications payantes, et les mises Ă jour système seront payantes elles aussi.
Et Jean Baudrillard de conclure « Le gadget se dĂ©finit en fait par la pratique qu’on en a, qui n’est ni de type utilitaire, ni de type symbolique, mais L U D I Q U E « .
Bref, l’iPad n’est peut-ĂŞtre pas lĂ pour rĂ©volutionner le monde une fois de plus, mais peut-ĂŞtre tout simplement pour permettre Ă Apple de continuer sa progression financière et sa mainmise sur les jeunes trendy/fashion, dĂ©veloppant ainsi son mode de pensĂ©e Ă travers le monde.
Et vous, vous pensez en acheter un ? Participerez vous à la révolution du monde selon apple ?
Lundi 17 mai 2010{ par Sonia }
L a plus belle avenue du monde accueillera, le soir du 22 mai pour la Journée Mondiale de la Biodiversité plus de 150 espèces végétales représentant la production agricole et sylvicole de toutes les régions de France. Pendant deux jours et une nuit (22, 23 et 24 mai 2010), des pavés des Champs-Élysées de l’Arc de Triomphe au Rond Point, Nature Capitale investira l’avenue pour la transformer en jardin magique.
Gad Weil (créateur d’art de rue), Laurence Medioni (plasticienne), reprennent le chemin des Champs pour réaliser cette création végétale spectaculaire et éphémère. En une nuit, plus de 600 personnes feront des champs un vaste jardin. Un témoignage de la richesse et de la biodiversité de notre pays. Les matériaux choisis pour exposer, la logique des déplacements comme la réflexion sur l’organisation répondent aux exigences d’une production qui se veut éco-responsable. Nature Capitale est un jardin qui s’offre et se partage, les trois hectares de nature prendront place dans les parcs, les cours d’écoles, les terres privées ou publiques pour y poursuivre leur vie.
Quelques chiffres :
Trois hectares de nature sur la chaussée des Champs-Élysées
8 000 parcelles végétales
150 essences agricoles et forestières issues de l’ensemble du territoire (Dom Tom compris)
150Â 000 Â jeunes plants
11Â 000 jeunes arbres
650 grands arbres
1 mosaïque de cultures agricoles, maraichères et potagères.
Un regard curieux et direct sur ce fragile équilibre entre l’homme et son environnement. Une création poétique qui donnera à la nature façonnée par l’Homme toute son expression de paysage au cœur de la ville.
Le 22, 23 et 24 mai 2010 au Champs Élysées
Vous pouvez participer au projet en devenant « essaimeur » en savoir plus sur : www.naturecapitale.com
Dimanche 16 mai 2010{ par camille2 }
“Ce que j’ai sur le cœur, je l’ai sur les lèvres” , Rosa Luxemburg.
Claire Diterzi dans Rosa la Rouge nous offre (au théâtre du Rond Point jusqu’à vendredi seulement !) un voyage graphique et sonore d’une heure vingt sur la vie de Rosa Luxemburg militante communiste du début du vingtième siècle.
Sourire aux lèvres et tête haute, Rosa Luxemburg s’est battue contre la guerre de 1914-1918 et a fait des années de prison pour avoir toujours assumé ses convictions.
C’est une femme “qui n’a pas peur et qui veut TOUT”
C’est une femme amoureuse et drôle.
C’est une femme qui redonne espoir et espérance à ceux qui ne sont pas physiquement en prison mais qui sont enfermés dans leurs routine consumériste.
C’est une femme qui n’a jamais laissé les armes.
C’est une combattante, une audacieuse, une acharnée, un cœur brûlé, une femme bannie de sa vie pour avoir traduit tout haut ce que son cœur ressentait à l’intérieur d’elle.
Cette femme fût assassinée sauvagement pour avoir laissé place à ses sentiments.
Ses actes resteront mais elle ne laissera pas de grande phrase derrière.
C’est une prisonnière.
C’est un cri à la vie et à la joie, le cri du cœur. “J’ai fait mon devoir alors je reste calme et de bonne humeur”
C’est Zvi-zvi, le seul mot gravé sur sa tombe.
C’est Metropolis et le livre de la jungle en un unique personnage.
C’est une communiste qui clame que:
“La peur, la routine et le crétinisme gouvernemental
qui parasite la vie des autres
n’ont aucune emprise sur moi”
C’est un aigle selon Lenine :
“Il arrive parfois que les aigles volent plus bas que les poules, mais les poules ne parviendront jamais à s’élever à la hauteur des aigles.
En dépit de ses erreurs, elle [Rosa] fut – et elle reste pour nous – un aigle.”
C’est une élévation, comme l’aigle, vers un plus, infini et imaginaire.
Rosa la Rouge, teaser du spectacle
Rosa la Rouge, une épopée musicale,
C’est un spectacle qui regroupe TOUT à la fois : la masse et la solitude, la joie et la douleur, l’amour et la haine, l’industrie et la nature.
C’est un spectacle qui montre bien plus que la simple vie chronologique d’une femme.
C’est un lieu où ses émotions, ses manières de penser et de voir la vie sont retracées. C’est une vision rouge, militante et en même temps verte et douce comme la nature.
C’est un va et viens permanent, une rencontre, un échange, un paradoxe entre nature et monde industriel.
C’est un voyage coloré, rythmé et vibrant.
C’est une optimiste vue par les yeux d’une pessimiste.
C’EST UN CRI ! et ce cri est comme la vie de Rosa Luxemburg : vibrant, puissant, assumé, prenant.
C’est une lutte armée d’instruments et de vidéos.
C’est une expérience, un passage.
Ce n’est pas le portrait de Rosa Luxemburg.
C’est le portrait de son cœur, de ses tripes de ses convictions.
C’est une lutte entre mécanique et organique.
C’est une danse, une élévation lumineuse.
C’est un questionnement sur la notion de liberté.
C’est la masse qui s’exprime d’une seule voix.
“Ce que nous voulons : TOUT”
C’est un univers singulier propre à la chanteuse Claire Diterzi ancienne étudiante d’arts graphiques. À elle seule elle représente le contraste entre nature et société que développe Rosa Luxemburg.
Sa voix est nature et sifflotements d’oiseaux, et ses instruments sont constructions mécaniques et armes d’assaut.
Extrait du spectacle Rosa la Rouge
Rosa la Rouge, un hymne à la vie, une expérience à prendre à cœur.
Attention, cette pièce ne se jouent que jusqu’à vendredi au théâtre du Rond Point.
Jeudi 13 mai 2010{ par Sonia, Marielle & Vincent }
Confidences est un projet artistique pluridisciplinaire, né d’un constat et d’une envie de projet communs entre les différents départements de l’U.F.R. Arts de Paris 8 (danse, arts plastiques, musique, cinéma, philosophie, théâtre, arts et technologies de l’image, photographie).
Laure Peyramayou du département Danse a rencontré Marc Antoine Lahoud du département Arts Plastiques pour tenter de tisser des liens entre les étudiants et les départements de L’U.F.R. Arts. Les étudiants travaillaient dans le même bâtiment mais ne disposaient pas d’espace de rencontres permettant entre autre de faciliter l’initiation du travail commun. Véronique Charmetant a rejoint l’équipe et a bataillé avec Laure pour que naisse l’édition n°0 de Confidences dont la genèse sera mise à disposition des futurs étudiants de l’U.F.R. Arts désirant prendre le relai.
En exclusivité pour xulux, rencontre avec Véronique Charmetant, performeuse et étudiante du département danse de l’Université Paris 8 et co-organisatrice de Confidences.
Durant 10 jours du 5 au 20 mai 2010, Confidences investit le Hall d’exposition de Paris 8. Vous pourrez visiter l’exposition et assister et/ou participer à ses 18 propositions artistiques.
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