philosophie, design, philo, arts, art, arts graphiques, photo, photographie, littérature, réflexion, décryptage, pédagogie, vulgarisation, explication, événementiel, analyse, politique, écologie, magazine, pub, publicité, culture, expositions, graphisme, cinéma, spirituel, spiritualité, fait religieux, tribu, tribus, musique, musical, utopie, notion, humanisme, humaniste, engagement, engagé, rencontre, altérité, ifer, artdifer, e-art, e-artsup, concept, spectacle, paris, pop culture, popculture, pop-culture, pop, tendance, postmoderne, postmodernité, ultra moderne, ultramodernité, blog
Rêve de grandes choses : cela te permettra d'en faire au moins de toutes petites.   {Jules Renard}

Lundi 12 dĂ©cembre 2011{par Sonia}

Au fil des Araignées

Au fil des Araignées© Photos : MNHN

« C’Ă©tait horrible, elle Ă©tait lĂ , dans le coin, avec ses (elle compte)…ses huit grosses pattes velues et… » Odile Deray, La CitĂ© de la peur, 1994

Horrifiée, mais pleine de courage (cachée derrière mon écran), je décide de m’intéresser à la nouvelle exposition du Muséum national d’Histoire naturelle : Au fil des Araignées.
Je parcours la page d’accueil du site, en pestant, et en me méfiant de la petite araignée qui monte et descend en suivant ma souris. Rassurée par le décalage et le côté insolite de cette présentation ; je range de côté pour un temps, mes préjugés et ma phobie.

Jusqu’au 2 juillet 2012, les araignées tissent leurs toiles dans la Grande Galerie de l’évolution du Jardin des Plantes. Enfin, une occasion de ranger ses tatanes et de vaincre ses appréhensions pour en savoir un peu plus sur cette reine de la chasse au rôle essentiel dans l’écosystème. L’exposition s’attaque aux clichés qui ont forgé la mauvaise réputation des araignées et explore les caractéristiques de ce maillon important de la chaîne alimentaire. En abordant le sujet de manière insolite, l’exposition emmène à la découverte de l’univers de cet animal, depuis les aspects surprenants de son anatomie jusqu’aux mythes qui lui sont liés.

Au fil des AraignéesLes araignées-crabes (ici Thomisus onustus) © Photos : Alain Canard

Le parcours est conçu comme une découverte progressive pour mieux faire connaissance avec les araignées, sans omettre la part d’imaginaire et les raisons, réelles ou mythiques, de la peur qu’elles, inspirent. Malgré les fantasmes et les peurs irrationnelles suscitées, les araignées ne méritent pas leur mauvaise réputation. Elles sont inoffensives pour l’homme, à quelques exceptions près : en effet, sur 41 000 espèces répertoriées dans le monde, une centaine seulement peuvent provoquer une réaction chez l’être humain, et moins d’une dizaine sont véritablement dangereuses. La morsure est, chez elles, une attitude de défense utilisée en dernier recours. La plupart sont incapables de percer notre peau.

Écoutez l’interview de Frédérik Canard, chef de projet de l’exposition.

Des zones, bien définies par la scénographie, montrent l’aspect effrayant des araignées, en prenant soin d’avertir le visiteur. L’exposition aborde le monde des araignées de façon ludique, artistique et bien sûr scientifique dans une ambiance claire et lumineuse. L’objectif étant de développer l’intérêt de tous les publics pour ces animaux surprenants par leurs comportements et leurs capacités, non de nous effrayer.

Au fil des AraignéesLe mâle d’Eresus cinnaberinus © Photos : Bernard Le Garff

Un prédateur utile

Si les araignées sont victimes des animaux – oiseaux, lézards, petits mammifères insectivores… –, des hommes – qui les écrasent volontairement ou par inadvertance – et des insecticides pulvérisés sur les cultures, elles nous débarrassent d’un grand nombre d’insectes agressifs ou dangereux (moustiques, tiques, puces…). Chaque année, en France, elles en avalent plus de quatre cents millions par hectare. D’ailleurs, différentes études ont été menées pour évaluer l’importance de leur rôle.

De précieux alliés qui mériteraient sans doute, moins de mépris !

La peur vient de l’inconnu, du manque d’information… Pourtant, je n’ai toujours pas franchi le cap, mĂŞme si l’on me dit que les araignĂ©es sont des ĂŞtres adorables.
Venez partager votre expérience et donner du courage au plus frileux ! Avez-vous aimé l’exposition ? Avez-vous eu peur ? votre peur a-t-elle disparu ? Changé d’intensité ?

Exposition du 5 octobre 2011 au 2 juillet 2012, Jardin des Plantes – Grande Galerie de l ’Évolution
Site officiel : http://araignees.mnhn.fr/

commentaire : aucunCommentaire

Partagez cet article

  • Twitter
  • Facebook
  • Google Bookmarks
  • Delicious
  • MySpace


Vendredi 2 dĂ©cembre 2011{par Vincent}

RSA Animate – De l’impact de l’image

The RSA animate
Une dĂ©couverte très intĂ©ressante me conduit Ă  me pencher sur la question de l’impact de l’image dans une dĂ©marche de communication. RSA Animate l’a bien compris en produisant ces films sur des sujets divers. Je ne vais pas me lancer maintenant dans une longue analyse sur la force des images pour communiquer, je garde ça pour plus tard…

Quelques petites choses quand même, pour introduire ces films (dont les sujets sont, en passant, très intéressants et méritent réflexion) :
RSA animate, est une branche de The RSA (pour Royal Society for the encouragement of Arts, Manufactures and Commerce) qui met en image les rĂ©flexions de divers intervenants : psychologues, auteurs, philosophes, politiques, sociologues sur des sujets variĂ©s. L’Ă©ducation, le fonctionnement du cerveau, le capitalisme, internet etc. sont dĂ©cryptĂ©s selon un angle propre Ă  l’intervenant, en gĂ©nĂ©ral assez subversif et critique, puis illustrĂ©. C’est prĂ©cisĂ©ment l’intĂ©rĂŞt graphique de ces vidĂ©os qui m’interpelle (au delĂ , je le rĂ©pète du grand intĂ©rĂŞt des problĂ©matiques posĂ©es) car je suis intimement convaincu de son impact. Un sujet sur lequel je reviendrai Ă  n’en pas douter. Pour l’heure et pour faire court, voici quelques mots encore sur la RSA : elle se donne pour mission de « trouver des solutions innovantes et pratiques aux problĂ©matiques sociales d’aujourd’hui« . Cherchant Ă  comprendre et Ă  optimiser les capacitĂ©s humaines, RSA tente de « franchir le fossĂ© entrer la rĂ©alitĂ© du quotidien et les espoirs portĂ©s par le peuple, pour un monde meilleur« . Une tâche, convenons-en, louable mais immense et diffuse.

Je vous laisse maintenant en tête à tête avec ces vidéos sur cette citation de Confucius :
« Une image vaut mieux que mille mots »

Et vous, considérez-vous que l'illustration d'un discours a un réel impact ?

Loading ... Loading ...

+ Lire la suite

commentaire : 1Commentaire

Partagez cet article

  • Twitter
  • Facebook
  • Google Bookmarks
  • Delicious
  • MySpace


Mercredi 30 novembre 2011{par Sonia}

Journée mondiale de lutte contre le sida : Objectif zéro

Avec plus de 33,4 millions de personnes infectées par le virus du sida (rapport de l’Organisation Mondiale de la Santé), xulux ne pouvait passer à côté de la journée mondiale de lutte contre le sida.

La journée mondiale du sida, organisée le 1er décembre, est une occasion d’agir et de développer la solidarité face à l’épidémie de VIH/sida. Elle a pour but de sensibiliser et mobiliser le grand public et les acteurs des milieux politique, sanitaire et social à l’échelle internationale, nationale ou locale. Elle a été créée en 1988 à l’initiative de l’OMS (Organisation Mondiale de la santé).

La journĂ©e mondiale a pour thème entre 2011 et 2015 « Objectif : zĂ©ro. ZĂ©ro nouvelle infection Ă  VIH. ZĂ©ro discrimination. ZĂ©ro dĂ©cès liĂ© au sida. » Ce thème correspond au Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida (ONUSIDA) dont la stratĂ©gie, adoptĂ©e par le Conseil de coordination du Programme en dĂ©cembre 2010, « vise Ă  rĂ©volutionner la prĂ©vention du VIH, accĂ©lĂ©rer la prochaine phase des traitements, des soins et du soutien, et promouvoir les droits humains et l’égalitĂ© des sexes ».

Le VIH/sida demeure un problème majeur de santé publique à travers le monde malgré les progrès accomplis dans de nombreux pays. Grâce à de nombreuses associations comme Act Up, Aides, Sidaction… qui se battent depuis plus de 25 ans en France et dans le Monde, poing levé, contre nos dirigeants. Je voudrais rappeler la chance ou la malchance que nous avons de vivre dans un « pays riche »… Le VIH tue dans le monde 6 000 personnes par jour. 15 000 personnes sont tuées quotidiennement par le sida, le paludisme et la tuberculose. Une situation dramatique liée aux promesses non tenues des leaders des pays riches, qui s’étaient engagés en 2005 à financer l’accès universel aux traitements contre le VIH, le paludisme et la tuberculose pour 2010.

« À une semaine du 1er décembre, journée mondiale de lutte contre le sida, le premier bailleur de traitements antirétroviraux au monde, le Fonds Mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, créé en 2002 pour permettre aux malades des pays pauvres d’accéder à un traitement, a pris mardi lors de son conseil d’administration au Ghana une décision historique. En l’absence de financements et sous la pression des pays donateurs, le conseil d’administration a en effet pris la décision de supprimer son 11e tour d’appel à projet. Ce qui signifie que de très nombreux malades des pays en développement, en théorie éligibles aux traitements (c’est-à-dire étant en dessous de 200 CD41 selon les recommandations de l’OMS) ne pourront pas y avoir accès, et sont aujourd’hui sur liste d’attente. » (source : Act-Up Paris)

La décision prise compromet les efforts et condamne à mort des millions de malades des pays pauvres. Alors que l’on sait aujourd’hui comment espérer contrôler l’épidémie. Il faut réveiller et obliger les dirigeants à se réunir et renflouer les caisses. La crise économique ne peut servir de prétexte pour faire mourir des millions de personnes.

La pandĂ©mie a ses coupables… les dirigeants et le sexe sans capote ! « Objectif : zĂ©ro. ZĂ©ro nouvelle infection Ă  VIH. ZĂ©ro discrimination. ZĂ©ro dĂ©cès liĂ© au sida. »  Non Monsieur le Pape, ce ne sont pas les rapports sans ĂŞtre mariĂ©s, les homosexuelles, ou les droguĂ©s… Les Ă©trangers non plus Monsieur Le Pen… Ce n’est pas comme le nuage de Tchernobyl : le Sida passe les frontières, il est aussi chez nous, en France. Oublions les prĂ©jugĂ©s et basons-nous sur les chiffres ! Par exemple, en France on pourrait rĂ©duire le VIH dans les prisons, avec une distribution de prĂ©servatif ou le PES (programmes d’échange de seringues), mais « non » dit le gouvernement, il n’y a pas de sexe ni de drogue en prison, voyons Messieurs !

Peut-on parler de crime contre l’humanité ? Est-ce que la responsabilité n’est pas engagée qu’elle soit politique, morale, éthique ou pénale ?? Messieurs les grands dirigeants de votre profit.  Doit-on courber l’échine devant vos laboratoires pharmaceutiques ??? Messieurs les médecins, vous n’oubliez pas votre serment d’Hypocrite (désolé pour la faute de frappe…)

Au fil des Araignéesaffiche 1er décembre 2011 Act Up Paris © Graphisme : Carole Peclers

Une série de manifestations et d’évènements aura lieu dans toute la France : 

1Lors de la contamination par le VIH, le virus envahit un type de globules blancs (cellules qui aident votre corps à combattre les infections et les maladies) appelé lymphocyte T CD4. Le bilan CD4 détermine le nombre de cellules CD4 présentes dans votre sang. Il est un bon indicateur de votre santé générale, de vos capacités de défense contre le VIH et de la progression du virus. Plus votre taux de CD4 est bas, plus vous êtes vulnérable aux infections. Si votre taux de CD4 est inférieur à 200 (ou inférieur à 15% des lymphocytes totaux), vous risquez de devenir particulièrement vulnérable à certaines infections.

commentaire : aucunCommentaire

Partagez cet article

  • Twitter
  • Facebook
  • Google Bookmarks
  • Delicious
  • MySpace


Mardi 8 novembre 2011{par Vincent}

« La dictature de l’urgence » & « trop vite ! » | lecture du quotidien sous l’angle de la vitesse et du culte de l’instant – Partie 1

Dictature de l'urgence | Clock man

Un sentiment Ă©prouvĂ© au quotidien me questionne avec insistance, un sentiment dĂ©sagrĂ©able et envahissant qui s’insinue dans la plupart des strates de nos vies. StressĂ©s, fatiguĂ©s, oppressĂ©s, bousculĂ©s ? Normal au XXIe siècle que chaque seconde soit sur-occupĂ©e, saturĂ©e et optimisĂ©e Ă  l’extrĂŞme de peur de gaspiller le temps qui nous est imparti ici-bas pourrait-on objecter Ă  ce ressenti dĂ©sagrĂ©able. Pour autant, est-ce inexorable de faire rimer XXIe siècle avec vitesse ? Quelques rĂ©sistants parviennent Ă  Ă©chapper Ă  cet ogre, bien souvent au prix d’une marginalisation partielle ou totale, mais force est de constater que nous subissons tous les assauts quotidiens d’un des maux les plus terribles de ces 60 dernières annĂ©es : l’urgence, Ă©levĂ©es au range de praxis, c’est Ă  dire de mode d’ĂŞtre au monde.

Comment en sommes-nous arrivĂ© lĂ  ? Quels sont les visages de cette urgence dans nos vies de tous les jours ? Quelles sont les consĂ©quences prĂ©sentes et Ă  venir ? Quelles pistes de rĂ©flexion envisager pour tenter de retrouver une certaine sĂ©rĂ©nitĂ© par rapport au temps ? C’est Ă  toutes ces questions que nous allons essayer de rĂ©pondre en nous appuyant sur 2 auteurs contemporains s’Ă©tant rĂ©cemment penchĂ©s sur ces questions : Alain Finchelstein, auteur de « la dictature de l’urgence » et Jean-Louis Servan-Schreiber, auteur de « trop vite« . Notre rĂ©flexion s’appuiera Ă©galement sur plusieurs penseurs ayant consacrĂ© tout ou partie de leur vie au rapport qu’entretien l’Homme Ă  l’espace et au temps.

L’hĂ©ritage de la modernitĂ©

Pour Paul Virilio, auteur de nombre de travaux sur le rapport entre technologie (ou technique) et vitesse, l’accĂ©lĂ©ration du temps est une dĂ©viance de la modernitĂ© et, partant, du progrès des techniques et technologies. Certes, mais celle-ci procède d’un appel intĂ©rieur et profondĂ©ment humain : le dĂ©sir d’immortalitĂ©. Aspirer Ă  gagner du temps pour se dĂ©placer, pour communiquer, pour acheter, pour manger, c’est s’Ă©tourdir dans une quĂŞte impossible : celle ce l’omniprĂ©sence. C’est un rapprochement entre l’Homme et Dieu, par la promesse d’une maĂ®trise de l’espace et du temps, tout comme l’ultra connexion Ă  l’information et au savoir nous promet tacitement l’omniscience. Nul doute que la technologie et les sciences sont l’une des rĂ©ponses que l’homme moderne a trouvĂ© face au gouffre mĂ©taphysique laissĂ© par le dĂ©senchantement du monde. Gagner du temps pour vivre plus. Pour vivre mieux. C’est une question profondĂ©ment existentielle, celle de supporter la mort.

L’urgence, une acception ancienne et primordialement physique

Il convient de dĂ©marrer notre investigation par une Ă©tymologie du mot « urgence« . Dans « RhĂ©torique de l’urgence », Raymond BĂ©nĂ©vent explique qu’urgence vient du latin urgere, dĂ©rivĂ© de l’indo-europĂ©en commun uerg, littĂ©ralement « presser ». A l’origine, l’utilisation du mot Ă©tait rĂ©servĂ©e au sens mĂ©dical et qualifiait le caractère d’un cas Ă  traiter. Le nom n’existait pas et seul l’adjectif urgent s’employait. Puis au XIXe siècle, le registre d’utilisation du mot a Ă©tĂ© Ă©tendu Ă  toutes les sphères et l’urgence a fait son apparition.

Une course effrénée quotidienne

La vitesse s’insinue partout et gagne chaque sphère de nos vies. La volontĂ© d’aller vite est successivement rĂ©cupĂ©rĂ©e, rĂ©-utilisĂ©e, rĂ©inventĂ©e et dĂ©multipliĂ©e dans nos vies professionnelles (avec le fameux mais non moins rĂ©current « il me faut ça pour hier« ), dans nos loisirs (« ce film ne sera Ă  l’affiche que 6 semaines, courez-y« ),  dans les transports (« prenez le temps d’aller vite » comme signature du TGV), dans la consommation (« plus que quelques articles de la collection actuelle avant rupture de stock ») devenant un vĂ©ritable but Ă  atteindre. Afin d’y voir plus clair et de comprendre l’Ă©tendu du phĂ©nomène, il convient d’en pointer quelques manifestations de façon pragmatique. A dĂ©faut d’ĂŞtre exhaustive, cette dĂ©marche vise Ă  rendre intelligible et compacte un problème complexe et diffus.

L’alimentation est en tĂŞte de liste, certainement parce que l’art de la table et la rĂ©union autours du repas revĂŞtent une grande importance traditionnelle dans notre beau pays. Difficile de passer Ă  cĂ´tĂ© de la vitesse en restauration : Les fast-food tels que Macdonalds (Explosion de Macdonald’s dans les annĂ©es 1960 aux USA et 1re enseigne en France en 1972 Ă  CrĂ©teil) ou Subway en sont des reprĂ©sentants de choix. Pas de service en salle, sandwichs, frites et hamburgers minute, prix abordables (de moins en moins), horaires très flexibles (avec l’arrivĂ©e de 24/24) et durĂ©e effective du repas de 11 minutes en moyenne : le fast-food a rĂ©volutionnĂ© notre rapport Ă  la « restauration » de façon durable. Mais l’alimentation n’est pas en reste non plus puisque le surgelĂ© Ă  gagnĂ© du terrain depuis une cinquantaine d’annĂ©e, changeant aussi notre rapport Ă  la nourriture Ă  domicile. Plats tout prĂŞts en barquette ou prĂ©paration congelĂ©, quelques minutes au micro-onde et hop, c’est prĂŞt. Un gain de temps et de travail, au prix d’un instant de vie prĂ©-mâchĂ© et prĂ©-digĂ©rĂ©.

Fast food
Le travail est Ă©videmment au cĹ“ur de cette accĂ©lĂ©ration avec l’objectif de gain de productivitĂ© sous-jacent Ă  celui du gain de temps. Le capitalisme et l’Ă©conomie de marchĂ© sont passĂ© par lĂ , il ne s’agit plus simplement de dĂ©velopper des biens et des services en faisant de la qualitĂ©, mais aussi et surtout d’ĂŞtre le plus rentable possible. Time compression, libĂ©ralisme, Taylorisme et Fordisme, autant de noms donnĂ©s aux diffĂ©rentes Ă©tapes d’une mĂŞme quĂŞte : celle du gain maximal. La pression est Ă©videmment bien plus grande encore pour les entreprises cĂ´tĂ©s en bourses et dont les actionnaires et autres investisseurs attendent une part du gâteau toujours plus grande. Nul besoin de prĂ©ciser que la cordialitĂ© des relations sociales hiĂ©rarchiques peut-ĂŞtre biaisĂ©e et toute relative. L’expression « nous ne sommes que des chiffres » prend, dans cette perspective de rentabilitĂ© et de compĂ©titivitĂ©, tout son sens.
Mais il y a plus et Google nous fournit peut-ĂŞtre l’un des tĂ©moignages les plus lumineux. Lorsque Sheryl Sandberg, directrice de la publicitĂ©, prĂ©sente ses excuses Ă  Larry Page (PDG actuel) pour une erreur qui a coutĂ© des millions de dollars Ă  Google, il lui rĂ©pond : « Je suis heureux que tu aies fait cette erreur, parce que je veux dĂ©velopper une entreprise oĂą on fait trop de choses trop vite et pas une entreprise oĂą on ne prend aucun risque et oĂą on ne fait rien ». La vitesse pour multiplier les essais-erreurs, pour avoir le droit de se tromper et recommencer me fait penser Ă  cette extrait de « Cap au pire » de Samuel Beckett : « Tout jadis. Jamais rien d’autre. D’essayĂ©. De ratĂ©. N’importe. Essayer encore. Rater encore. Rater mieux. » Puis Eric Schmidt, (PDG de l’Ă©poque), de dĂ©clarer dans The Economist avoir conseillĂ© Ă  ses employĂ©s : « Faites vos erreurs vite – pour pouvoir faire un autre essai dans la foulĂ©e ». Mais la technologie a aussi son rĂ´le Ă  jouer dans cette mutation : l’irruption et l’invasion de l’informatique dans le travail, puis celle des TIC ont pour rĂ©sultat de permettre un travail collaboratif (avec les mails, visio confĂ©rences, conf call etc.) et dĂ©-localisĂ© en mĂŞme temps que de porter le multitâches et la polychronie Ă  leur apogĂ©e. Discuter sur skype ou messenger, surfer sur internet, rĂ©pondre au tĂ©lĂ©phone ou Ă  la question d’un collègue, rĂ©diger un rapport, envoyer un sms, Ă©couter de la musique, cette dĂ©multiplication des activitĂ© sensorielles et cognitives s’est marquĂ©e Ă  l’extrĂŞme, parfois jusqu’Ă  la crise d’Ă©pilepsie, par l’imposition technologique issue de notre propre conception.

Chaplin - modern times
Les transports laissent apercevoir leur traces de vitesse facilement. Le XXe siècle, souvent qualifiĂ© de siècle de la vitesse, nous a laissĂ© cet hĂ©ritage. DĂ©veloppement de l’automobile, banalisation de l’avion et du train. ArrivĂ©e du TGV dans les annĂ©es 1960 et dĂ©veloppement des lignes Ă  grande vitesse, nous voyageons plus vite et plus loin. En tĂ©moigne le projet ZEHST, prĂ©sentĂ© au salon du Bourget en juin 2011. Pour autant, le gain de temps effectif au quotidien n’est pas tangible, loin de lĂ . La raison ? Une distance moyenne parcourue du 5 kms en 1936 contre 45 kms aujourd’hui. Il n’est d’ailleurs pas rare que des personnes habitant Strasbourg ou Lille viennent travailler chaque matin Ă  Paris, chose Ă©videmment impensable il y a seulement 20 ans.

Le cinĂ©ma n’est pas en reste avec la nette diminution de la durĂ©e d’un film Ă  l’affiche. Le dĂ©lais entre la sortie en salle et la diffusion Ă  la tĂ©lĂ©vision a Ă©galement Ă©tĂ© raccourci, avec un passage de 5 ans jusqu’Ă  1980, Ă  1 an en 1982 puis 4 mois depuis la loi Hadopi du 12 juin 2009. La sortie en DVD a Ă©galement Ă©tĂ© rapprochĂ© de la date de sortie au cinĂ©ma, une course contre l’oubli du film sans doute.

L’information et les mĂ©dias ne sont pas en reste. Nul besoin d’argumenter longtemps pour vous convaincre que la rapiditĂ© est le nerf de la guerre. Tout d’abord, la rapiditĂ© pour aller chercher l’information et la diffuser au monde entier le plus rapidement possible, quitte Ă  ne plus s’attarder sur l’analyse. C’est ce qui a permis de vivre en direct des scènes telles que le crash du 2e avions dans le world trade center du 11 septembre 2001 ou encore le tsunami du 11 mars 2011 au japon. C’est Ă©galement pourquoi Twitter et son effroyable dĂ©luge continu de nouvelles du monde entier est devenu une plateforme d’information majeure. Plus prĂ©cisĂ©ment, twitter est devenu la plateforme qui permet d’ĂŞtre au fait en temps rĂ©el d’une immense quantitĂ© d’information. Reste l’analyse. Et lĂ , twitter ne nous aide pas beaucoup… Bernard Poulet, dans « la fin des journeaux » – Ă©ditions Gallimard – dĂ©clare : « on ne lit pas, on surfe ». Il suffit de regarder une chaine telle que BFM TĂ©lĂ© ou i-tĂ©lĂ© pour s’en convaincre : chaque espace de l’Ă©cran est optimisĂ© pour faire passer le plus d’information possible. De l’info Ă  consommer rapidement, efficacement. Une course permanente Ă  l’information. Les affaires se suivent et se chassent les unes les autres de nos Ă©crans. Le modèle, CNN de chaine d’information en continu a fait des petits.

CNN et le 11 septembre 2001
Pour la mode, la vitesse est la aussi un modèle Ă©conomique qui marche : en tĂ©moigne Zara et sa prodigieuse ascension. La recette est simple : des collections constamment renouvelĂ©es et un stock très mince qui pousse les acheteurs Ă  se rendre Ă  la boutique 17 fois par an en moyenne contre 3 Ă  4 fois pour les autres concurrents. Les collections se renouvellent plus vite : on est loin du temps de l’automne-hiver / printemps-Ă©tĂ©…

L’industrie courre elle aussi après le temps. Louis Schweitzer raconte que le cycle de dĂ©veloppement d’une voiture est passĂ© en quelques annĂ©es de 5 Ă  3 ans chez Renault. Le dĂ©veloppement du « lean production », production sans gras est un indice supplĂ©mentaire. Cette thĂ©orisation des diffĂ©rents moyens d’accĂ©lĂ©rer la production a vu le jour chez Toyota et consiste en un certain nombre de process visant Ă  gagner toujours plus d’efficacitĂ© et de temps.

La justice tĂ©moigne elle aussi : la procĂ©dure d’urgence (appelĂ©e dĂ©sormais procĂ©dure accĂ©lĂ©rĂ©e) reprĂ©sente 65% des cas d’adoption de lois depuis 2007 contre 10 % entre 1958 et 1968 et 30% entre 1968 et 1981. La tendance de faire de chaque fait divers une loi montre Ă  quelle point la justice est pressĂ©e et dans la rĂ©action plutĂ´t que l’action. Le film « 10e chambre, instant d’audience » de Raymond Depardon Ă©claire ce phĂ©nomène et mĂ©rite largement d’ĂŞtre regardĂ©.

Côté santé, un seul chiffre ô combien parlant : 7 millions de malades traités en urgence en 1990, 11 millions en 98, 18 millions en 2008.

L’Ă©conomie est Ă©videmment une sphère ou la vitesse est capitale : les bourses sont ouvertes 24h/24h et 7 jours sur 7/7 via le marchĂ© gris et permettent des ajustements permanents et extrĂŞmement rapides dans les Ă©changes de capitaux.

Bourse
Les rĂ©seaux sociaux tels que Twitter dont j’ai parlĂ© prĂ©cĂ©demment sont un exemple très concret de la vitesse Ă  l’œuvre au quotidien. On invente mĂŞme une unitĂ© pour rendre compte de cette masse absolument ahurissante d’information Ă©changĂ©e : le TPM, ou tweet par minute. Quelque chiffres sur la question : il s’Ă©change en moyenne un milliard de tweet par semaine. Le tweet-o-meter permet de mieux se rendre compte de la vitesse de ces Ă©changes.

Après avoir identifié clairement des indices de la vitesse, nous allons essayer de décrypter les sources de cette tendance et de proposer une alternative en faisant saillir des phénomènes de résistance.

Rendez-vous pour la 2e partie de cette étude.

commentaires : 2Commentaire

Partagez cet article

  • Twitter
  • Facebook
  • Google Bookmarks
  • Delicious
  • MySpace


Mardi 2 aoĂ»t 2011{par Emeric}

My Tribe Is My Life – Michel Maffesoli Ă  l’ère d’internet


Partons Ă  la rencontre des tribus musicales Ă  l’ère d’internet. Comment se sont-elles adaptĂ©es aux nouveaux moyens de communication ? Comment les utilisent-elles ? OĂą se retrouvent-elles sur la toile ? Voici les questions que soulèvent ce documentaire interactif proposĂ© par le NFB (National Film Board  of Canada).

PrĂ©sentons tout d’abord le NFB, cet organisme financĂ© par l’Etat Canadien fondĂ© en 1939 et ayant pour objectif « de produire et distribuer du contenu audio-visuel qui provoque des discussions et des dĂ©bats sur des sujets qui intĂ©ressent l’audience Canadienne et les marchĂ©s Ă©trangers; qui explorent le potentiel crĂ©atif des mĂ©dias audio-visuels; et qui atteignent la reconnaissance pour leur excellence, pertinence et innovation. »

My Tribe Is My Life est donc un documentaire interactif qui nous emmène dans les univers de huit fans de musique pour comprendre comment internet transforme leurs relations interpersonnelles et les aide Ă  forger leur identitĂ©, quel rapport entretiennent les tribus musicales et internet ? Comment se crĂ©ent les communautĂ©s ? OĂą (sur quels sites) se regroupent-elles ? Michel Maffesoli semble nous parler Ă  travers ce projet. En effet, celui qui a introduit la notion de « tribu » ou « nĂ©otribu » pour dĂ©signer la rĂ©union d’un groupe donnĂ© (d’initiĂ©s) autour d’images qui agissent comme des vecteurs d’une communautĂ© en ce qu’elles permettent « d’Ă©prouver des Ă©motions en commun » pourrait nous parler d’internet comme nouveau « totem » autour duquel se regroupent ces tribus. L’imaginaire d’une musique particulière (metal, techno, hip-hop…) se propage et se partage d’une manière inĂ©dite grâce Ă  Internet : il devient simplissime de partager et de vivre sa passion avec les initiĂ©s. Et cela, les groupes ET les communautĂ©s de fans l’ont bien compris Ă  la fois sur les forums, les pages officielles, puis Myspace, et maintenant Facebook et Twitter).

Sur le site vous avez donc le choix : dĂ©couvrir et suivre des initiĂ©s de chaque tribus Ă  travers de courts films retraçant le parcours de chaque personne, ou bien crĂ©er votre propre « personnage » en rĂ©pondant Ă  un questionnaire (sans fin ?) qui vous apprendra de nombreuses choses intĂ©ressantes sur la musique, les rĂ©seaux sociaux, le mode de consommation des mĂ©dias, etc.

C’est d’ailleurs une initiative des plus intĂ©ressantes tant au niveau sociologique que marketing. Certaines rĂ©ponses tordent le cou Ă  des idĂ©es reçues et mettent Ă  mal ce que certains mĂ©dias et distributeurs essayent de nous vendre Ă  grand coup de publicitĂ© et d’advertainment. Une façon de plus de montrer que la culture « Mainstream » n’est clairement pas la seule et qu’elle n’est pas forcĂ©ment si « dominante » qu’on veut bien nous le faire croire…

« Internet re-créé des tribus : sexuelles, musicales, religieuses, sportives… Ces multiples petites tribus se regroupent autour d’une icĂ´ne, d’un totem » – Michel Maffesoli

Et vous, de quelle tribu faites-vous partie ? …Et donc quel est votre Totem ?

commentaire : aucunCommentaire

Partagez cet article

  • Twitter
  • Facebook
  • Google Bookmarks
  • Delicious
  • MySpace